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Station spatiale Orbicella
Station spatiale Orbicella
L'équipage de la station Orbicella est en péril. Le Commodore DeVilleroy va devoir prendre des décisions dignes du Roi Salomon...




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 Mirakle 06 janvier 2008 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Entre les mondes d'Aldebarran et de Ganymède IV, se trouve le secteur 7. Dans ce secteur, la Confédération Humaine n'a qu'une présence symbolique : la station spatiale Orbicella. Cette monumentale toupie tourne en permanence sur elle-même pour assurer la gravité aux 852 personnes qui composent son équipage. Outre un détachement militaire d'une centaine d'individus, ce qui est la norme pour toute base de cette importance, le personnel est essentiellement constitué de scientifiques, de techniciens et de mineurs.

Pour la Confédération Humaine, le choix de ce type d'implantation dans cette portion du vide sidéral est double : assurer un point de support pour les vaisseaux éventuellement en difficulté et étudier un curieux phénomène qui, jusqu'à présent, n'a jamais été observé ailleurs dans l'univers : une sorte de palpitation dimensionnelle. Le Commodore William DeVilleroy est le responsable de la station. A son poste depuis onze années, il est apprécié et respecté par tout l'équipage. Il a maintes fois donné la preuve de ses compétences et de son courage car la gestion d'une station isolée, à plus de 5,6 parsecs de toute autre base humaine, requiert de solides connaissances et une personnalité hors norme. C'est du reste le cas de tout le personnel. Celui-ci a été trié sur le volet car les capacités de résistance et de survie sont très sollicitées. Ainsi, tous les militaires sont des vétérans des anciennes campagnes d'exploration menées par la Confédération Humaine.

Chacun se souvient de ces phases de découvertes aux confins des systèmes stellaires connus et des nombreuses « rencontres inamicales » faites à ces occasions : la maladie du Dévor qui pousse les malades à ingérer leur propre corps, les Myrions sorte d'animaux parasites qui se greffent sur les membres et qui les remplacent progressivement. Le Major Sandorz, l'officier en second, est d'ailleurs un ancien de la première rencontre avec les Myrions. Il en a gardé une particularité remarquable : 3 des 5 doigts de sa main droite (le pouce, l'index et le majeur) sont des Myrions accoutumés au Major. Ce trio lui confère une « pince » d'une force redoutable. En revanche l'esthétique n'est plus au rendez-vous car les Myrions sont des tubes souples velus de couleur rouge. Grâce aux progrès médicaux, la progression des Myrions chez les sujets atteints a pu être stoppée. Enfin, il est à noter qu'en presque trois siècles d'exploration spatiale, pas une seule intelligence extraterrestre n'a pu être mise en évidence.

Le poste de commandement d'Orbicella est localisé au sommet de l'axe de la station. C'est une vaste salle circulaire dont les parois permettent d'admirer tous azimuts le vide galactique. Chacun y rentre toujours avec l'impression d'être en suspension, au ralenti. Le centre de la pièce repose sur un disque capable de tourner et ainsi d'orienter le personnel vers n'importe quel point d'intérêt en dehors de la station. Le Commodore DeVilleroy ne s'assoit jamais lorsqu'il est présent au poste de commandement. Il passe son temps à interroger les officiers pilotes, à lire des comptes rendus et à donner ses directives. La plupart du temps, la vie à bord d'Orbicella est calme et sans surprise. C'est pourquoi l'arrivée d'un vaisseau de ravitaillement est toujours vécue comme un grand moment qui brise la routine.

« - Le vaisseau cargo Uridium 17 est en approche, Commodore. Il transporte du fret alimentaire en provenance de Malatar. Le code d'identification est correct.
- Merci Lieutenant, permission d'arrimage accordée. Convoquez le commandant de l'Uridium 17 dans mon bureau dès qu'il aura débarqué.
- Entendu Commodore. Uridium 17, permission d'arrimage accordée au sas n°8.
- Station Orbicella, entendu. Nous entamons la procédure d'accostage. »

 Mirakle 12 janvier 2008 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
L'Uridium 17 est un vaisseau de classe U. Cette dénomination est caractéristique de la forme de l'engin. Les deux branches du U se terminent par des réacteurs ioniques et procurent une très grande maniabilité au vaisseau. A moins de cent mètres du sas n°8, l'Uridium 17 bascule sur lui-même pour présenter son flan droit et sortir le tunnel de connexion. Celui-ci se fixe aisément au sas d'Orbicella. C'est par ce relativement court couloir que les personnels pourront effectuer des va-et-vient entre le vaisseau et la station. Pour compléter la manúuvre, quatre bras télescopiques amovibles viennent solidariser les deux corps. L'arrimage a pris moins de cinq minutes.

Lorsqu'un vaisseau, quel qu'il soit, accoste la station, une inspection sanitaire automatique est enclenchée. Elle s'appuie sur une analyse fine de l'atmosphère du vaisseau étranger et sur le passage au spectrographe biologique de tous les individus susceptibles de débarquer. Le Commandant Minamoto Charubka n'échappe pas à ce contrôle qui s'impose à tous sans distinction de rang. C'est le Lieutenant Flint qui l'accueille :
« - Bienvenu Commandant Charubka dit Flint,
- Merci Lieutenant, je suppose que le Commodore souhaite me voir ?
- En effet Commandant. Il m'a chargé de vous dire qu'il vous attend dans son bureau. Je peux vous y conduire immédiatement si vous le souhaitez.
- Entendu. Mon second, le Capitaine Ishiwa se chargera des formalités liées à notre cargaison. Je vous suis. »

Une dizaine de niveau au dessus, dans les quartiers scientifiques de la station, Lansz Jacob penché sur une drôle de machine pousse un cri de surprise. L'analyse qu'il vient de répéter pour la huitième fois est formelle. Il s'agit d'un résultat tout simplement sidérant qui dépasse de loin les attentes de tout le personnel scientifique de la station. S'il ne doit y avoir qu'une raison d'être à Orbicella, il vient de la découvrir. Il faut qu'il prévienne son supérieur hiérarchique le Professeur Lentilly et qu'ensemble, ils aillent porter la nouvelle au Commodore. Lansz rassemble ces documents, se saisit de son ordinateur et se dirige vers l'intercom, le système de communication de la station. Il permet de joindre n'importe quel espace habité d'Orbicella. Ce dispositif, attenant au mur du laboratoire, est constitué d'un mini-clavier et d'un écran cubique holographique de 30 cm d'arête. Lansz compose le numéro du Professeur Lentilly mais rien ne semble se produire. Intrigué, il renouvelle vainement sa tentative. De guerre lasse, Lansz décide de se rendre directement chez le professeur. Après tout, c'est ce qu'il aurait dû faire dès le début se réprimande-t-il.

Pour l'avoir parcouru des milliers de fois, Lansz connaît parfaitement le trajet de son laboratoire vers celui de Lentilly. Accaparé par ses pensées, il ne remarque pas tout de suite un voyant lumineux qui clignote au-dessus d'un sas d'accès à l'extérieur d'Orbicella. De tels sas sont répartis en plusieurs endroits de la station. En situation d'urgence, ils permettent aux vaisseaux de secours de se connecter et d'évacuer les éventuels personnels qui seraient coincés dans une section dont l'intégrité n'est plus assurée ; une section à condamner.

 Mirakle 04 février 2008 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Lorsque Lansz finit par se rappeler la signification de ce voyant lumineux, il est déjà trop tard : une cloison d'étanchéité surgit devant lui et une autre coulisse sur ses pas comme pour lui interdire toute fuite. Lansz se retrouve dans une portion isolée de la station. Une voix synthétique retentit pour lancer un compte à rebours :
- Dans 5 minutes, cette portion sera évacuée. Ajustez et vérifiez correctement vos combinaisons. La porte extérieure n°G47 sera ouverte à l'issue de ce laps de temps.
- Non ! Hurle Lansz. Ne faites pas cela, je n'ai pas de combinaison, c'est une erreur !
Pris de panique, il se dirige d'un intercom à l'autre pour se manifester mais aucun ne semble actif.

Lorsque le Lieutenant Flint frappe à la porte du Commodore, celui-ci est plongé dans la série de rapports du jour.
- Entrez ! Lance DeVilleroy
- Commodore, le Commandant Charubka. Dit Flint.
DeVilleroy se lève, contourne son bureau en verre irisé et vient à la rencontre de Charubka pour lui serrer la main.
- Bienvenue Minamoto, ça me fait plaisir de te revoir.
- Plaisir partagé William. Ca fait quoi, au moins 10 ans qu'on ne s'est vu, non ?
- Je crois bien que la dernière fois c'était durant le stage de survie organisée par l'amirauté. Tu te rappelles, sur Asymar ?
- Oui c'est bien cela. Je me souviens encore de ce moment et de ta formidable performance : me porter sur près de 20 Km avec dans le sang du venin de Narwal.
- Je te devais bien ça, tu m'avais empêché d'être dévoré par l'entité carnivore locale...
- Un bon coup de phaser à disruption et la bête n'était plus ! Dit en rigolant Charubka.
- Flint, je vous présente un de mes plus vieux amis et un des plus grands navigateurs stellaires de tous les temps : Minamoto Charubka.
- Enchanté de faire votre connaissance Commandant. Répond Flint avec une pointe d'admiration.
- Moi aussi.
Cette ambiance de retrouvaille est soudain gâchée par une sirène d'alarme : le signal de perte d'intégrité de la station. DeVilleroy bondit vers l'intercom mural et contacte la salle de contrôle.
- Ici DeVilleroy, que se passe-t-il ?
- Ici le Major Sandorz, une section du niveau -14 est passée en mode abandon.
- Pourquoi ? Avons-nous été heurté par une météorite ?
- Non Commodore, ce déclenchement est pour l'instant inexplicable. Oh, par Saint-Lovendorf !
- Quoi encore Sandorz ?
- Il semble qu'il y ait un personnel dans la section et la porte n°G47 va s'ouvrir dans 5 minutes ! Le bougre n'a pas de combinaison, c'est Lansz Jacob !
- Annulez la condamnation de cette section si son intégrité est normale.
- Impossible Commodore. Le système ignore nos commandes.
- Dans ce cas je ne vois qu'une solution : il faut prendre un Balbuzzard et venir le fixer à la porte n°G47 avant qu'elle ne s'ouvre !
- C'est une idée Commodore, mais il ne reste que 4 minutes 30 à présent. Je ne vois pas comment nous pourrions intervenir à temps.
- Je m'en charge ! S'écrie DeVilleroy.
- Je t'accompagne William. Lance Charubka déjà sur les talons du Commodore.

Le bureau du Commodore se trouve au niveau du pont des Balbuzzards de catégorie III ; ceux destinés à la défense d'Orbicella. Au pas de course, les deux hommes franchissent le dédale des couloirs laissant médusés la plupart des membres de l'équipage qu'ils croisent. La porte du pont ne fait aucune difficulté au Commodore, elle s'ouvre dans un léger chuintement et révèle une douzaine de Balbuzzards. Ces vaisseaux polyvalents permettent d'assurer la défense ainsi que le transport d'hommes et de matériel. Le Commodore monte dans le Balbuzzard 88, le premier à sa portée et s'installe aux commandes tandis que Charubka, après avoir verrouillé le sas d'entrée, prend la place du co-pilote.
- Major, ici DeVilleroy. Je suis à bord du B88 avec le Commandant Charubka. Libérez-nous l'espace pour le décollage.
- A vos ordres Commodore, je fais évacuer le pont.
Pendant que le personnel de piste s'écarte pour laisser passer le B88, ce dernier s'aligne sur la trajectoire d'envol : un long tunnel circulaire rouge luminescent.
- C'est bon Commodore, vous pouvez-y aller.
- Entendu.
Le B88 est littéralement catapulté dans le tunnel de sortie. Ce tunnel a un rôle de sas entre l'intérieur de la station et le vide stellaire. Il garantit la conservation d'une atmosphère sur le pont d'envol.

 Mirakle 22 avril 2008 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Instantanément, le B88 retrouve le vide galactique qui à chaque fois, émeut tout pilote même parmi les plus chevronnés. DeVilleroy connaît parfaitement la conformation d'Orbicella ; sans hésiter, il oriente le vaisseau sur la gauche puis plonge en avant. Le temps défile à une vitesse impossible. Les minutes s'égrènent en même temps que les possibles derniers instants de Lansz ; plus que deux minutes... Depuis l'extérieur, DeVilleroy repère rapidement le contour de la porte G47 qui scintille en rouge afin de faciliter son repérage dans la nuit sempiternelle. Il décide de présenter le ventre du B88 face à la porte. En effet, sur cette partie de sa coque, le Balbuzzard dispose d'une ventouse magnétique en guise de sas universel.

- Il ne reste qu'un peu plus d'une minute William, remarque Charubka
- Ne me complique pas les choses Minamoto. Je suis concentré pour ajuster notre fixation à la porte. Rends toi plutôt utile en t'apprêtant à ouvrir le sas et en recueillant le malheureux Lansz Jacob.
- Je t'ai connu davantage maître de tes nerfs Commodore.
- Je ne me suis pas amélioré en vieillissant. Trêve de bavardage, nous sommes quasiment arrimés. Fonce Minamoto !

Le Commandant Charubka se détache et consulte le panneau de confirmation d'iso-pression de part et d'autre du sas. Le voyant est encore rouge mais une graduation indique que son basculement sur le vert est imminent. C'est l'affaire de dix secondes. Charubka tourne la tête vers DeVilleroy toujours rivé sur les instruments de vol. Soudain, sa tête heurte la paroi violemment alors qu'une terrible secousse ébranle tout le vaisseau. Même le Commodore, pourtant attaché est fortement secoué.
- Par Saint-Lovendorf ! Commodore !? Commodore, m'entendez-vous ? S'époumone le Major Sandorz à travers l'intercom du B88.
- N'hurlez pas Major. Je suis toujours là. Répond DeVilleroy alors qu'il se retourne pour prendre des nouvelles du Commandant Charubka.
- Minamoto, ça va ?
Charubka gise inconscient sur le plancher en matière synthétique de la cabine, tout près du sas toujours hermétiquement clos. DeVilleroy avise soudainement que le B88 dérive dans l'espace. Très sûr de lui, il branche le robot-pilote automatique et lui demande un état des lieux.
- Robot88, je veux un rapport complet sur l'état du vaisseau et prends les commandes.
- Entendu Commodore. Répond une voix masculine sensuelle et rassurante.
Puis, après avoir désactivé sa ceinture magnéto-corporelle, DeVilleroy bondit de son siège au chevet de son ami.
- Sandorz, faites-moi un rapport de la situation. Que s'est-il passé ?
- Commodore, la section que vous alliez secourir vient d'être exposée au vide galactique. Apparemment, la porte G47 a explosé. Lansz Jacob n'est plus de ce monde. Toutefois, l'intégrité de la station est conservée.
- Comment est-ce possible ? Pourquoi la porte aurait-elle explosé ?
- Pour l'instant, je n'ai pas de réponse Commodore.
- Commodore, ici Robot88, le vaisseau a surmonté le choc mais il mérite de nombreuses réparations. La coque répond encore à sa fonction. Le système photonique de propulsion ne fonctionne plus qu'à 57,441%. Ces conditions sont suffisantes pour rentrer à la maison.
Robot88 semble heureux de sa dernière formulation. C'est du moins ce que DeVilleroy croit percevoir.
- Major, prévenez l'hopitalerie, le Commandant Charubka est sonné mais je ne repère aucune lésion apparente. Robot88, ramène-nous au bercail.
- Entendu Commodore.
Le B88, baignant dans une nuée de débris flottant au ralenti, s'éloigne de la brèche béante qui déchire le niveau -14 d'Orbicella. Le silence qui règne dans le vide galactique jette un voile de paix sur ce tragique événement. Il ramène le drame qui vient de se jouer à sa plus simple expression : un épiphénomène dans un univers infini, froid et impitoyable...

 Mirakle 29 avril 2008 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Pour des raisons de sécurité en cas de dommage à un niveau de la station, l'hopitalerie d' Orbicella est répartie sur tous les étages du complexe. En théorie, chaque niveau est indépendant. Il serait plus juste de préciser que chaque niveau peut être rendu autonome. Néanmoins, en l'absence de situation de crise, le niveau -4 constitue le poste de commandement du service médical. C'est dans ce lieu névralgique qu'a été conduit le Commandant Charubka.

Malgré ses protestations, le Dr Linda MacMahon ausculte le Commandant Charubka avec un scanner neuronal pour déceler un éventuel trauma crânien. L'appareil a la forme d'un carré de tissu synthétique qui est déposé sur le visage du patient et qui, en en épousant les formes, permet un diagnostic précis.
- Je vous dis que je vais parfaitement bien, se plaint Charubka
- Commandant, vous êtes l'hôte d'Orbicella et le Commodore a été formel : je dois faire un check-up complet.
- Sachez Docteur que le Commodore et moi nous avons subi des chocs plus impressionnants dans notre passé commun. Mon crâne est d'une résistance absolue.
- Je n'en doute pas mais, ici à l'hopitalerie, c'est MOI qui commande.
A travers les siècles, les traditions asiatiques ont perduré et ont toujours fait partie de l'éducation de Minamoto Charubka. L'affront et l'esclandre sont à éviter, à tout prix. Aussi, le Commandant décide-t-il d'obtempérer ; plus par éducation que par conviction...

Au centre de contrôle, William DeVilleroy discute avec l'ingénieur en chef, Rahib Ibn Chouya. Ils examinent scrupuleusement une maquette holographique qui représente la station afin de repérer les impacts de l'explosion au niveau -14. L'ensemble luminescent trône sur un table ronde qui sert traditionnellement aux points journaliers.
- Les niveaux -13 et -15 sont eux aussi endommagés mais à des degrés moindres, explique Ibn Chouya.
- C'est réparable ? Demande DeVilleroy
- Oui, ce sera l'affaire de 2 jours. Je vais mettre mes équipes sur ce travail. Quant au niveau -14, je propose que nous injections dans la cavité du polystyrcate expansible. Le but est de remplir tout l'espace béant avec ce matériau. Une fois solidifié, le polystyrcate renforcera toute la structure pour qu'elle soit aussi robuste qu'auparavant.
- Ca me paraît une excellente idée. Mais j'aimerais que nous laissions le temps au Major Sandorz de mener son enquête sur les lieux de l'explosion. J'espère qu'il pourra nous fournir des éléments de réponse concernant les causes de ce terrible événement.
- C'est tout à fait envisageable mais il faudrait que notre réparation soit engagée d'ici 2 ou 3 heures, pour pouvoir garantir la pérennité et l'efficacité de la réparation. Mais je ne l'ai pas vu depuis votre retour Commodore.
- Il m'a accueilli sur le pont et il est immédiatement parti inspecter les lieux avec le Lieutenant Flint.
- Bien, prévenez-moi lorsqu'ils seront de retour. Nous commencerons les travaux illico.
- Parfait. Conclue le Commodore.

Le Balbuzzard utilisé par Sandorz et Flint flotte en vol fixe. Ce qui signifie qu'il reste à la même position relativement à la station spatiale. Le Major a choisi de le laisser à une quinzaine de mètres de l'orifice produit par la déflagration de la porte G47. Avec leurs scaphandres souples en kervalyan, les deux hommes examinent les parois d'Orbicella et les quelques débris qu'ils ont pu collecter. Derrière la visière rétro éclairée, Sandorz scrute l'intérieur de la station. Il a son idée sur la cause de l'explosion et il cherche une preuve.
- Je ne vois rien d'exploitable Major, indique Flint
- Tu juges trop vite mon garçon. Flint éprouve de l'affection pour le Major et il aime bien lorsque Sandorz l'appelle ainsi. Sans se l'avouer, le Major évoque le père défunt du Lieutenant. Un des premiers à avoir rencontré les Myrions et à y avoir laissé la vie.
- Vous avez une idée ?
- Pour sûr... Ce type de déflagration me rappelle...
- Vous rappelle ? Major ? Qu'est-ce qui vous arrive ?
- Par Saint-Lovendorf ! Voilà la preuve que je cherchais...

 Mirakle 11 mai 2008 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Pour une raison connue du seul ingénieur-architecte concepteur d'Orbicella, les niveaux de la station sont numérotés de 1 à -30. Lors de son affectation, DeVilleroy s'était posé la question mais il avait rapidement remarqué que les niveaux 1 et 0, au sommet de la station, étaient les mieux protégés de toute la structure. En effet, ils reposent directement sous la « coiffe » qui orne Orbicella. Un sorte de dôme en mercurium qui encapsule l'intégralité des deux premiers niveaux. Le reste de la station évoque un long appendice de trente étages dont la protection repose sur le bouclier vibro-magnétique produit par la « coiffe » elle-même. C'est précisément au niveau 0, dans la salle du Conseil que s'est regroupé l'état-major de la station.

La porte massive de la salle du Conseil masque une scène peu courante. Les quinze personnes qui constituent l'équipe de direction d'Orbicella sont réunies et font face au Commodore qui vient leur annoncer les conclusions de l'enquête menée par le Major Sandorz et le Lieutenant Flint.
- Mes chers amis, suite au tragique événement qui a coûté la vie au regretté Lansz Jacob, j'ai demandé au Major Sandorz de mener une enquête approfondie sur les conditions du dysfonctionnement de la porte G47.
Debout sur la plate-forme de présentation, le Commodore marque une pause pour asseoir la solennité de l'événement.
- J'invite le Major à nous faire part de ses conclusions. Se faisant, il rejoint sa place autour de la grande table oblongue, au revêtement irisé, qui trône au centre de la salle. Sandorz se lève, place un curieux objet sombre sur le vidéo projecteur 3D puis après s'être éclairci la voix, prend la parole.
- Merci Commodore. Sur les lieux de l'explosion, Flint et moi avons été méticuleux. Nous avons notamment trouvé ceci.
Le Major presse un bouton du pupitre ; une projection en trois dimensions de l'objet apparaît au-dessus de la table du Conseil. L'hologramme représente un composant électronique très détérioré. Il tournoie sur lui-même pour que l'assemblée l'examine attentivement sous toutes les coutures.
- Ceci est le testeur de pression de la zone qui a explosé. Ce composant est responsable du terrible accident que nous avons vécu. C'est lui qui détermine si la pressurisation à l'intérieur d'une zone est conforme. Selon toute vraisemblance, il a considéré qu'il y avait un défaut de pression et a transmis l'information au système de sécurité de la section.
- Avons-nous des traces informatiques de cette supposition ? Demande le Capitaine Corbin en charge de la flotte des Balbuzzards.
- Malheureusement, la déflagration a détruit le système informatique local si bien que nous n'avons pas les détails qui précédaient l'accident. En revanche, le système central a bien enregistré ce défaut d'intégrité. Nous pensons que la fissure ou le dysfonctionnement qui menaçait l'intégrité de la section a provoqué sa dislocation sous le jeu de la pression et de la force gravitationnelle artificielle. Et cela juste avant l'arrivée du Commodore.
- Major, j'ai examiné les dégâts du B88 et selon moi, ils sont dus à une véritable explosion, pas un simple déchirement de la carlingue de la station. Réplique Corbin.
- Vous avez raison Capitaine. Mais il s'agit du dispositif de mise à feu des portes ! Les portes extérieures sont munies de charges explosives pour accélérer leur ouverture en cas de problème extrême. Répond Sandorz.
- J'ignorais ce détail, somme toute peu rassurant. Acquiesce Corbin.
- Notre conclusion est donc sans appel : il s'agit d'un accident. A l'heure où je vous parle, l'ensemble des portes extérieures est en cours d'inspection. Je vous ferai un compte rendu dans la soirée.
- Merci Major pour ces précisions. Dit le Commodore en se dirigeant vers le pupitre et en invitant Sandorz à regagner sa place.
- Chers tous, une journée de deuil sera instaurée après-demain, en l'honneur de notre disparu : Lansz Jacob. Une cérémonie úcuménique se tiendra à l'office temporel demain après-midi. Enfin, je ferai un discours à l'ensemble du personnel de la station demain matin. Il sera diffusé sur l'intercom. Si vous n'avez pas de question, vous pouvez disposer.

DeVilleroy observe chaque membre de l'état-major dans les yeux, comme pour sonder leurs interrogations. La plupart n'ose pas soutenir le regard du Commodore, seuls les deux commissaires du Gouvernement Stellaire restent à le fixer sans sourciller. Ces deux personnages sont les représentants gouvernementaux sur Orbicella. Il convient de préciser ici que la station a un statut mixte : militaire et scientifique. Néanmoins, cette disposition est contrôlée par des personnels administratifs Ė les deux commissaires Ė qui ont pour obligation de veiller aux objectifs de la station. En quelque sorte, ils font office de contre pouvoirs à la tutelle du Commodore. Ce pouvoir n'est pas fictif car ils peuvent le déchoir de son autorité s'ils obtiennent le vote qualifié des membres de l'état-major. Ce sont des individus réputés méticuleux, très intelligents, peu loquaces et parfaitement inflexibles.

La nature de leurs fonctions les a conduits accepter des greffes de composants bioélectroniques sur leur organisme. Le but de ces éléments est de les aider dans la maîtrise de leurs émotions et ainsi, d'augmenter la rationalité de leurs décisions. Ces ajouts ne sont pas obligatoires statutairement mais ils révèlent les commissaires ambitieux car dans les faits, les plus hauts administrateurs du gouvernement sont quasiment devenus des bio-cyborgs ; à la limite entre humanité et ordinateur.

 Mirakle 20 mai 2008 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Alors que le dernier membre de l'état-major quitte la salle, DeVilleroy retient Sandorz.
- Major, attendez quelques instants, je voudrais revoir avec vous les mesures de contrôle que vous avez indiquées.
- Entendu Commodore.
Sandorz referme la porte : DeVilleroy et lui se retrouvent seuls dans la salle du Conseil. Sandorz sort un curieux appareil de sa poche, une sorte de télécommande. Dans le mutisme le plus total, il se met à parcourir la pièce, auscultant les murs et le mobilier. De son côté, DeVilleroy vérifie l'état de l'intercom. Après plusieurs minutes d'investigation, les deux hommes se rejoignent au fond de la salle, à l'opposé de la porte d'entrée.
- Major, je vous ai trouvé très convaincant.
- Merci Commodore. Personnellement, je n'ai pas trouvé ma performance très au point. D'ailleurs, je pense que les commissaires ne sont pas dupes.
- Il est vrai qu'ils sont insondables mais cela tient plus à leur morphologie qu'à leur compétence. Leurs casques cybernétiques masquent constamment leur visage et leurs prunelles.
- Brrr... Ces types me font froid dans le dos. J'aime bien savoir à qui j'ai à faire mais avec eux, les relations sont froides et... administratives.
- Ce sont les règles de l'Administration Centrale. Leurs homologues sont présents sur toutes les bases spatiales de la Fédération. Mais je suis d'accord avec vous Sandorz, les relations avec eux sont d'une extrême pauvreté émotionnelle.
- Bon, reprend le Commodore, je pense que notre mensonge a été gobé. Je suis ennuyé d'avoir dû dissimuler la vérité mais la situation m'y oblige.
- En effet Commodore, ce sabotage indique que ses auteurs sont prêts à tout pour obtenir quelque chose ou plutôt pour dissimuler quelque chose.
- Oui et il nous faut les découvrir avant que leur folie ne compromette la survie de la station. Ibn chouya m'a indiqué sous le sceau du secret, que l'explosion aurait pu détruire Orbicella si l'armature interne avait été atteinte.
- C'est pourquoi je soupçonnerais bien les commissaires car seuls des gens froids comme eux auraient pu vouloir courir le risque de mourir pour cacher quelque chose.
- Pas de jugement trop hâtif Major. Pour l'instant, seuls Flint, vous et moi avons connaissance de la preuve du sabotage que vous avez découvert. J'ai une parfaite confiance en vous deux et je vous demande de garder cette découverte secrète jusqu'à nouvel ordre.
- Entendu Major. Vous pouvez compter sur le Lieutenant et moi-même.
- Merci Sandorz. A présent dîtes-moi ce que vous savez de LA preuve.
- Mon expérience militaire dans les artificiers m'a conduit à reconnaître la nature des explosifs en fonction des déflagrations ou des dégâts produits. Dans notre cas, j'ai tout de suite reconnu la marque du Kamvor qui crée une destruction en étoile à huit branches. Ce qui est extraordinaire, c'est que plus personne n'utilise cet explosif depuis plus de trente ans, depuis qu'il n'en existe plus aucun stock !
- Pourquoi cela ?
- Parce que personne n'a jamais su le synthétiser. Les « gisements » de Kamvor ont été découverts sur la planète Kamvoria et nulle part ailleurs dans l'univers connu. Apparemment, l'explosif a été trouvé sous forme de sphères, d'environ un mètre de diamètre, dans les entrailles de la planète. D'après les anciens, cette configuration démontre qu'elles étaient le fruit d'une intelligence qui n'a jamais pu être mise en évidence. La dernière guerre trans-fédérale a eu raison des derniers gisements puisque Kamvoria elle-même a été détruite lors de l'explosion d'un des stocks de Kamvor.
- Je me souviens de cette histoire. Pourquoi dites-vous qu'on ne sait pas le fabriquer ?
- C'est un fait scientifique. Aucun procédé connu n'a pas pu produire cette matière. D'ailleurs, compte tenu de son instabilité, les essais ont tous été l'occasion d'accidents mortels. Commodore, le Kamvor est l'explosif le plus puissant que nous connaissons.
- Et concernant la preuve ? Demande DeVilleroy.
- Il s'agit du dispositif d'amorçage de l'explosif. C'est très caractéristique car pour exploser le Kamvor nécessite d'être parcouru d'électricité et d'être soumis à un champ magnétique intense. Et voici les restes de l'engin que j'ai trouvé avec Flint.

Sandorz exhibe un ruban de quinze centimètres de tissu métallique dont le toucher évoque une sorte de liquide huileux.
- C'est le matériau qui enferme la parcelle de Kamvor qui doit exploser.
- Il n'a pas été détruit par l'explosion ? Demande DeVilleroy.
- C'est une partie de la mèche, sans doute celle qui était fixée au détonateur. Elle devait être placée relativement loin de l'explosif lui-même.
- En somme Sandorz, vous êtes en train de me dire que nous avons à faire à des gens capables de synthétiser du Kamvor ou qui en auraient des stocks préservés depuis la guerre ?
- Ca peut se résumer à cela.

 Mirakle 30 mai 2009 à 00:54 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Après une nuit agitée et dominée par les émotions de la veille, la quasi intégralité de l'équipage se trouve réunie au niveau -3, le plus vaste de la station. Il est 7h00. Seuls les personnels d'astreinte sont absents pour assurer leurs missions quotidiennes. La cérémonie mortuaire en l'honneur de Lansz Jacob débute par le morceau de Schumann préféré du défunt : la symphonie n°1 en si bémol majeur opus 38.

La musique, jouée par le robot orchestre MZIK2, se diffuse en stéréo par les enceintes réparties tout autour de l'amphithéâtre. L'effet émotionnel des ondes sonores est amplifié par une émission synchronisée d'ondes alpha. Les membres de la station restent debout, face au cercueil de Lansz Jacob, dans une sorte de transe affective. La tristesse est palpable car Lansz était apprécié pour sa gentillesse et son humour. Peu de gens comprenaient son sujet d'étude mais il restait un homme sociable. Le personnel de l'Uridium 17 a lui aussi été convié.

MZIK2 aborde le dernier couplet en faisant jouer ses générateurs de sons cristallins. La musique est d'une pureté inégalée et les âmes les plus sensibles ne peuvent retenir leurs larmes. DeVilleroy monte sur l'estrade et patiente jusqu'à la dernière note.

Sa mission achevée, le robot se replie et, lentement, se dirige en roulant vers une sorte de trappe murale derrière l'estrade. Après l'avoir suivi machinalement des yeux, le major Sandorz reporte son regard sur le Commodore. Celui-ci active le pan-écran qui permet aux personnes les plus éloignées de la scène de le voir. Il s'éclaircit la voix et commence son allocution.

- Mes chers amis, c'est une bien triste occasion pour nous réunir. Nous sommes ici en l'honneur de feu le docteur Lansz Jacob, mort au service de la Confédération et pour l'édification scientifique de l'Homme. Je crois que chacun ici connaissait Lansz et sa perte nous affecte tous. Cet accident malheureux nous rappelle notre fragilité et notre dépendance les uns envers les autres. C'est particulièrement vrai sur une station spatiale isolée comme Orbicella. Néanmoins, je fais appel à votre esprit de pionnier pour retrouver le calme qui sied à notre mission et pour continuer de l'avant.

DeVilleroy baisse la voix et regarde avec intensité mais douceur l'équipage qui l'observe posément. Sans même sans rendre compte, ses yeux d'acier se rivent avec dureté sur les deux commissaires au premier rang ; les deux seules personnes assises.
- Nous n'oublierons pas Lansz ni tous les hommes morts pour l'avancée de l'Homme aux confins de l'univers. Nous continuerons de faire front commun face à l'adversité, qu'elle soit le fruit des forces de la Nature ou qu'elle vienne des plus profondes turpitudes de l'âme humaine ou... cybernétique, si elle existe.

 Mirakle 11 septembre 2009 à 20:34 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Après 48 heures de travail intensif, l'équipe de maintenance vient d'achever les travaux de consolidation de la station. Le quart de la partie détériorée par l'explosion qui coûta la vie à Lansz Jacob est définitivement condamnée. L'intégralité de son volume a été rempli par une mousse qui en durcissant s'amalgame aux structures existantes pour les rendre complètement solidaires. A l'extérieur, Ibn Chouya, dans son scaphandre contemple les finitions qui colmatent l'orifice laissé par l'explosion. Il est en rapport direct avec la plate-forme de commandement.
- Commodore ? Demande Ibn Chouya.
- Oui Rahib. Je vous écoute.
- La situation est rétablie. Toute la structure a été emplie avec du polystyrcate. La façade a été elle aussi revue. Une nouvelle cloison a été posée et soudée sur l'intégralité de son pourtour. Par sécurité, j'ai placé des capteurs capables de nous dire si la structure continue de travailler ou si les éléments sont bien tous définitivement solidaires.
- Excellent Rahib. Je vous félicite ainsi que vos hommes.
- Merci Commodore. Si vous le permettez, je vais laisser un homme en surveillance à bord d'un Balbuzzard pendant les prochaines 24 heures.
- Entendu. A présent, rentrez vous reposer.
- A vos ordres.
Ibn Chouya fait signe à ses quatre assistants.
- Allez les gars, on rentre. Vous avez fait du bon boulot.

Les cinq spationautes actionnent leurs rétrolanceurs de façon à se rapprocher de l'écoutille Z12, placée à un niveau au-dessus de leur position. Ce dispositif est extrêmement maniable et n'a cessé d'évoluer depuis que l'Homme voyage dans le vide sidéral. Dans un silence total pas même dérangé par leur propre respiration, en file indienne les cinq membres d'équipage s'alignent en face du sas. Ibn Chouya étant le plus proche, il présente son transpondeur devant un capteur fixé sur la porte. Rapidement, cette dernière pivote légèrement pour se positionner en retrait à l'intérieur de la station, puis elle s'escamote dans la cloison. Le petit couloir qui constitue le sas s'illumine instantanément comme pour inviter à pénétrer les lieux. Ibn Chouya entre le premier suivi de ses acolytes.
- Chef ! Je ne vois pas Mathis. S'écrie soudainement le dernier entré, Wolf Lignard.
- Comment ? Il était juste derrière toi il y a quelques secondes.
- Je sais bien mais il n'y est plus !
- Sors jeter un oeil !!
Wolf bondit dans le vide, tournoyant sur lui-même pour embrasser au plus vite la situation extérieure.
- Alors Wolf, que vois-tu ? S'époumone Ibn Chouya.
Pas de réponse. Pourtant tous voient Wolf en rotation devant le sas. Il semble figé mais toujours entrainé par le mouvement de spin qu'il a impulsé lorsqu'il s'est jeté au-dehors.
- Wolf !! Que t'arrive-t-il ?
Sans perdre plus de temps, Ibn Chouya se lance lui aussi dehors, au chevet de Wolf. La stupeur est totale si bien qu'il n'est même pas suivi par ses autres hommes.
- Bougez-vous les gars ! Donnez-moi un coup de main bordel !
En peu de secondes, le reste de l'escouade rejoint Wolf et parvient à le saisir pour l'immobiliser et comprendre ce qui lui arrive.
- Wolf ! C'est Rahib ! Tu m'entends !?
La visière du casque de Wolf lui permet d'être protégé des rayons cosmiques. Pour ce faire, elle a l'aspect d'une glace sans tain. Ce qui masque complètement le visage derrière.

Toujours sans réponse de Wolf, Ibn Chouya ordonne à ses deux autres hommes de chercher Mathis. Quant à lui, il tracte Wolf jusqu'au sas.
- Plate-forme de commandement ? Ici Ibn Chouya.
- Ici DeVilleroy. Je croyais vous avoir invité à rentrer Rahib.
- En effet, Commodore mais... Nous avons un très gros problème...

 Mirakle 29 novembre 2009 à 22:58 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Des ondes roses et virevoltantes qui s'étirent en filets mouvants. Des rayons obliques d'une lumière improbable. Une sorte de kaléidoscope qui va au-delà de la simple perception visuelle et qui mélange plusieurs sens, l'ouïe, la vue bien sûr mais aussi le toucher. Un picotement dérangeant mais pas désagréable au niveau de la peau. Voilà un florilège de ce que ressent Mathis Stein.

Il ne comprend pas ce qu'il vit depuis qu'il pense avoir ouvert les yeux. La gravité semble inexistante dans ce mælstrom de sensations si bien que Mathis ne sait pas s'il est debout ou même couché. A dire vrai, il ne sait pas s'il est recroquevillé ou étiré. Il a l'impression de flotter sur ou dans du coton. En fait, mis à part les picotements, il ne perçoit pas son corps et ne contrôle aucun de ses membres : il est comme désincarné.

Alors que cette pensée troublante germe dans son cerveau comateux, une voix résonne en lui.
- Vous êtes « extracorporalisé ».
La voix est métallique avec de légers trémolos. Il n'y a pas d'accent, juste un ton sans aménité. Les mots lui parviennent mais il ne les entend pas vraiment. C'est plutôt comme s'il perçoit l'idée indépendamment des termes employés.
- Votre corps nous appartient ; il n'est plus le vôtre.
Mathis cherche à déterminer qui lui parle. Cette personne tient des propos manifestement incohérents. Il se dit que son enveloppe corporelle ne peut avoir été volée. C'est tout bonnement impossible ou alors, c'est qu'il est mort. Mais si c'est le cas, pourquoi pense-t-il ? Pourquoi entend-t-il ? Est-il en enfer ?

Mathis fournit un effort pour se concentrer et essaie d'ouvrir plus grand ses yeux. Mon Dieu ! S'écrit-il intérieurement car il ne peut pas parler. Il vient de réaliser qu'il ne peut pas piloter ses paupières ! La panique le saisit instantanément. Ses pensées se bousculent, se mêlent et se délitent tout à la fois. Il n'est plus lui-même : il n'a plus d'emprise sur la réalité.

- Vous commencez à comprendre. La voix s'insinue à nouveau dans son esprit.
- Qui êtes-vous ? Parvient à penser Mathis.
- Voilà une question dont la réponse ne vous sera d'aucune utilité, Humain.
C'est alors que dans le tumulte de ses ressentis, Mathis arrive à discerner comme un flot d'images, comme un film...

Il voit sont corps en suspension à environ un mètre d'une surface qu'il pense être le sol. Tout autour, il n'y a pas de profondeur : il fait sombre ou flou. La vision est sans cesse perturbée par des filaments ondoyants de lumière. Il est nu et son torse est... ouvert ! Il voit son cúur battre et sa poitrine se soulever. Une machinerie, dont la technologie ne lui évoque rien, semble connectée à son ventre. Les matériaux qui composent le dispositif sont étranges. La scène est prise depuis un angle impossible. Mathis songe qu'il pourrait être dans une autre dimension ou qu'il est en plein cauchemar.

Il y a peu, il était encore avec les membres de son équipe à réparer Orbicella. Ce souvenir lui parait lointain et pourtant vivace. Comme s'il faisait partie d'un présent à peine révolu.

Soudain, une protubérance calleuse et sombre, d'une couleur intermédiaire entre le carmin et le mauve, sort de nulle part et se saisit du cúur de Mathis. Pourtant, il ne sent rien...
- Nous devinons votre étonnement. Si vous ne ressentez rien, c'est parce que vous n'êtes plus dans votre corps. Vous êtes là-dedans.

La vision de Mathis semble alors se recentrer en un point de la scène jusqu'ici insoupçonné. Une seconde protubérance exhibe une forme oblongue et vitrée puis la dépose tout près du corps inerte de Mathis. Apparemment, elle ne fait pas plus de trois à cinq centimètres de long...

 Mirakle 10 janvier 2010 à 16:45 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Lorsque Rahib Ibn Chouya ouvre le sas d'accès à la plate-forme de commandement, il est tout à la fois inquiet pour Mathis et anxieux à l'idée d'affronter le Commodore. Depuis qu'il s'est engagé dans la Compagnie Astrale, il y a une quinzaine d'année, c'est la première fois qu'il perd un homme en mission. Toutes les procédures ont pourtant été respectées, chacun sait sa nature scrupuleuse. Comment Mathis a-t-il pu disparaître en si peu de temps, sans laisser la moindre trace, y compris électromagnétique ? En effet, les deux autres membres de l'équipe ont parcouru en long et en large les abords du sas, passé au scanner électro-magnéto-adnéique toutes les cloisons avoisinantes, en vain. Pourtant, cette dernière technique est généralement capable de repérer une personne cachée derrière des obstacles épais de plusieurs mètres, y compris en matériaux traditionnellement opaques aux ondes courantes.

Quant à Wolf, son état n'est guère encourageant même si ses jours ne semblent pas en danger. Il est profondément plongé dans une sorte de catalepsie dont l'équipe médicale ne parvient pas à l'extraire, pour l'instant. Il est totalement insensible à la moindre stimulation sensorielle. Pour Rahib, il est évident que Wolf a dû vivre quelque chose, en rapport avec la disparition de Mathis, qui l'a traumatisé.

A son entrée, toute la passerelle est saisie d'un instant de flottement et chaque personne présente se tourne vers Rahib. Il peut lire dans leurs yeux la peine et l'inquiétude face à la situation. Mathis ne brille pas particulièrement par ses compétences mais il est apprécié pour sa jovialité. Chacun se remémore la dernière fois qu'il l'a vu plaisanter.

- Rahib, quelles sont les nouvelles ? Demande DeVilleroy. Sa question, son ton rappellent à tous qu'il faut faire face à la réalité de la vie dans l'espace et qu'il faut garder la tête froide pour résoudre ce type de problématique.
- Pas de trace de Mathis malgré toutes nos recherches. Je n'ai pas encore d'information de l'escouade Delta partie pour le trouver. Pour Wolf, la situation est stable mais il ne réagit à aucun stimulus.
- J'ai envoyé le Major Sandorz mener les recherches à la tête de l'escouade. Allez vous reposer Rahib.
- Commodore, sauf votre respect, je souhaiterais retourner sur place pour suivre l'évolution de...
- Rahib... Ne culpabilisez pas. Les sorties dans le vide sidéral sont toujours des actions dangereuses et le risque zéro n'existe pas, surtout à plus de 5 parsecs de toute planète peuplée. Vu comme vous êtes fatigué, je préfère ne pas perdre un second membre de mon équipage. Le Major Sandorz et l'escouade Delta sont les mieux qualifiés pour ce type d'intervention.
- Oui, vous avez raison mais prévenez-moi dès qu'il y aura du nouveau, je vous prie.
- Bien entendu. Reposez-vous dans vos quartiers.

Les vingt hommes de l'escouade Delta et le Major Sandorz sont déployés sur le théâtre des opérations de recherche. Sandorz a ordonné à chacun de se positionner selon un maillage tri-dimensionnel et de s'éloigner itérativement de sa position initiale comme si une sorte de bombe humaine explosait ; chaque débris représentant un membre de l'escouade. A chaque itération, chacun doit procéder à une batterie de tests multi-directionnels.
- Itération n°1 ! Lance Sandorz dans le communicateur de son casque.
La grappe humaine semble alors se déployer un peu. L'équipe procède alors aux tests du protocole de recherche. Après quelques instants, les résultats sont communiqués au Major : aucun signe de Mathis.
- Passons à l'itération suivante les enfants !
Le Major prend volontiers un ton paternel lorsqu'il cherche à encourager ses subordonnés.
- Major ! Regardez sur votre gauche ! Je crois voir un objet à la dérive. S'écrie le voisin de droite de Sandorz, Jackson.
- Viens avec moi, nous allons identifier ce corps céleste.
Utilisant les rétrolanceurs, les deux hommes s'éloignent du groupe en se dirigeant vers l'objet de leur curiosité. Pour l'heure, il n'a pas une forme bien arrêtée. De là où ils se trouvent, Sandorz et son compagnon ne distinguent q'un point blanc gravitant vers un bras de la station.
- Je ne sais pas ce que c'est mais je dirais qu'il ne doit pas mesurer plus de 2 mètres de long, si j'en crois ses dimensions par rapport à l'épaisseur du bras robotisé de maintenance.
- Vous avez bigrement l'úil Major ! Moi, je le voyais plus petit.

Progressivement, se rapprochant de leur destination, Sandorz et son acolyte commencent à comprendre que ce qu'ils cherchent depuis des heures se profile.
- Manifestement, c'est un scaphandre autonome blanc. Remarque Jackson.
- En effet, c'est le code couleur des membres du génie et il n'y a aucune raison qu'une combinaison se balade en solitaire aux abords d'Orbicella.
- Vous pensez à ce que je pense Major ?
- Je n'ai pas l'habitude d'être très empathique mais en ces circonstances frustres, je n'ai qu'une hypothèse : tu songes certainement à Mathis.
- Dans le mille Major.

A présent à proximité, les deux hommes tendent leurs bras pour attraper le scaphandre et le retournent.
- Par Saint Lovendorf ! Jure le Major. Ce n'est pas Mathis, son nom n'apparaît pas sur sa combinaison !
- Mais qui cela peut-il être ? Nous n'avons pas d'autre personne disparue.
- Patiente Jackson, j'active mon identificateur biologique.
Le Major plaque un petit panneau sur la combinaison de l'inconnu. Cet instrument s'interface directement à la combinaison et permet d'échanger avec ses capteurs internes. En particulier avec ceux qui peuvent analyser l'ADN de l'occupant du scaphandre.

- Par Saint Lovendorf incarné ! S'écrie le Major à la lecture du résultat.
- Mais c'est impossible ! C'est...
- Oui Jackson, et, sur ma vie, je me demande bien comment il a fait pour se retrouver là : c'est Lansz Jacob.
- Major ! Regardez, plus bas, il y a un autre scaphandre blanc.
- Par Saint Lovendorf, Jackson, je vais t'appeler dorénavant « La Vigie ». Tu as l'úil du faucon.
Une dizaine de mètres plus bas que le trio, une seconde combinaison en perdition flotte, jusque là masquée par l'ombre du bras de maintenance.
- Equipe Delta, ici le Major Sandorz. Rappliquez illico à ma position et faites venir une équipe médicale. Nous avons retrouvé deux individus au lieu d'un.

Entre temps, Jackson s'est rapproché du second corps pour l'identifier.
- Major, ici Jackson. J'ai retrouvé Mathis.





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Bon à savoir:

Station spatiale Orbicella est classée dans le genre Science-fiction.

Commencée par Mirakle,
le 06 janvier 2008. L'histoire est composée de 11 participations.

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  • 1 Auteur:
Mirakle
Mirakle 11

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