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Extras-terrestres, complots...
Extras-terrestres, complots...
Des révélations sur la zone 51, des témoignages de rencontres, leurs buts sur Terre ou dans l´Univers...




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 Nono 12 septembre 2003 Envoie un message √† Nono Voir le profil de Nono www.legow.tk
Patrik O'Brian, américain d'origine irlandaise, sergent dans l'armée de l'air travaille sur la base militaire qui contient la fameuse Zone 51. Cette zone est connue de tous les amateurs de science-fiction pour avoir entre autre recueilli des OVNI. Toutes ces histoires font bien rire Patrik, qui travaille dans cette zone où sont entreposés des avions bombardiers qui n'ont pas volé depuis un bon demi-siècle...

 Nafai 13 septembre 2003
Depuis bientôt quatre ans, Patrik répare, entretien, bichonne ces machines maintenant inutiles mais pourtant si belles. Ce métier est déjà une consécration pour lui, après avoir passé son enfance à rêver de vieux avions, son adolescence à étudier l'histoire, la mécanique et l'aéronautique, il a eu la chance extraordinaire d'être détaché très rapidement dans cette fameuse Zone 51. Chaque jour se ressemble un peu, mais pourtant reste passionnant.
Avant d'aller inspecter de plus près l'étonnante fuite de liquide hydraulique qu'il vient de découvrir sur le "Kathy", un rutilant B52, Patrick fume sa première cigarette de la matinée. Il admire les paisibles effets d'optiques naissant déjà avec la chaleur sur le bitume de la piste 9, l'air tremblant trouble l'horizon et des flaques de lumière apparaissent sur le sol.
Il se rappelle qu'à une époque les voyageurs dans le désert prenaient ces effets pour des sortes d'hallucinations nommées "Mirages". Ces pensées lui rappelle la discussion qu'il a eue hier soir avec Jeff, son petit frère de 16 ans ...

 Mickmicks 14 septembre 2003 Envoie un message √† Mickmicks Voir le profil de Mickmicks www.raphaelharoche.net
En effet, Jeff affirmait avoir eu comme une sorte de léger malaise à la vue de forme trouble. Jeff en eut assez du sourire moqueur de son frère. Et c'est vers minuit qu'il lui fit part de son plus grand secret.

 Nono 20 septembre 2005 Envoie un message √† Nono Voir le profil de Nono www.legow.tk
Le lendemain, c'est la routine qui reprend le pas. Patrik se remémore la discussion de la veille. Il ne sait pas encore s'il doit y croire, venant de n'importe qui d'autre, il aurait de suite rejeté l'éventualité que ça puisse être vrai... mais pour son frère c'est différent...

 Elektralias 19 octobre 2005 Envoie un message √† Elektralias Voir le profil de Elektralias
Il n'aurait sans doute pas dû le laisser entrer dans la zone, mais Jeff le bassinait depuis longtemps pour venir admirer les monstres de l'air, alors il avait craqué ! La veille, aux premières lueurs de l'aube, il avait laissé le jeune homme déambuler dans les hangars, flâner sur les pistes encore mouillées de rosée et puis... il y avait eu ses appels sans réponses une heure plus tard, et l'aboutissement de ses recherches vers le hangar 6, celui qui devait rester verrouillé quoiqu'il advienne, ce fameux bâtiment où il n'avait jamais mis les pieds. Le seul des 10 hangars dont il ne possédait pas la clef ! C'est devant la longue porte d'acier qu'il avait retrouvé son frère inanimé...

 Linley 24 novembre 2005 Envoie un message √† Linley Voir le profil de Linley
Il l'avait réveillé sans peine, bien sûr, au prix de quelques gifles, mais celui-ci ensuite était resté muet comme une carpe en comparaison de son débit habituel, se contentant de dire qu'il s'était senti mal tandis qu'il regardait l'un de ces effets troubles dus à la chaleur. Puis cette discussion le soir...le jeune Jeff avait une tendance à fabuler, mais son grand frère savait reconnaître le ton de la vérité quand il l'entendait- et cela semblait être le cas.
-C'est ce fameux hangar 6, Pat, avait commencé Jeff, celui au centre de toutes les rumeurs...Tu dois même les connaître mieux que moi. C'est toi qui m'as dit qu'il est toujours bouclé tant que tes équipes travaillent, et que s'il s'y passe quoi que ce soit c'est uniquement la nuit,quand il y a une réunion de pontes à la base et que la sécurité est activée.
Eh bien ce matin j'y ai entendu du bruit, de drôles de bruits qui venaient de l'intérieur sans aucun doute possible. Ca n'a pas duré longtemps, comme un genre de sifflement ou de mélodie...mais ensuite..."
Jeff avait marqué une pause, de plus en plus tendu.
...eh bien ensuite j'ai vu quelque chose...

 Elektralias 27 novembre 2005 Envoie un message √† Elektralias Voir le profil de Elektralias
- Tu n'aurais jamais dû t'en approcher...
- Tu ne veux pas savoir ce que j'ai vu ?
- Oublie, c'est le mieux que tu puisses faire !
- Quoi ? Mais enfin je... Oh non, c'est pas vrai... toi aussi tu as vu la même chose c'est ça ? Tu as risqué un oeil, avoue !

 Julie 28 décembre 2006
Mais pourquoi Jeff avait-il laisser son petit doigt en l'air ? Il était bizzare, il avait de plus en plus de trous de mémoire... Que lui avait fait cette chose dans le hangar...?

 Mika 16 juillet 2009 à 17:29 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Patrik se maudissait d'avoir laisser Jeff entrer sur la base au mépris de toutes les règles en vigueur... et plus encore de l'avoir laisser seul!

-"Encore heureux que ce soit moi qui t'aie retrouvé!" Murmura Patrik en fusillant son frère du regard! "Si ç'avait été la sécurité tu ne serais peut-être même plus de ce monde!... Bon Dieu! Qu'est-ce qu'il t'a pris d'aller fourer ton nez là-bas?"

Jeff, le regard trouble, ne disait rien. Le sermont semblait glisser sur lui sans l'atteindre. Il semblait loin... très loin!

-"Oh! Tu m'écoutes?" Insista Patrik en secouant l'épaule de son frère.

Ce dernier releva la tête. Patrik eut un mouvement de recul. Les yeux de Jeff pleuraient du sang. Le blanc avait viré au pourpre et de fines goutelettes rouges s'échapaient des canaux lacrymaux glissant sur ses pommettes. Les pupilles dilatées s'ouvraient comme un trou noir béant insondable.

-"J'ai vu des choses que je n'aurais pas du voire Patrik!" Murmura Jeff. "Je ne sais plus... je ne sais plus ce qu'il s'est passé! Je sais juste qu'on nous cache quelque chose de grave dans ce hangar!" Jeff saisit la main de son frère. Sa peau glaciale fit frissonner le sergent pourtant habitué au stress et à l'inattendu. "Aide-moi je t'en supplie! Il faut que le monde sache ce qu'on m'a forcé à oublier!"

Sur ces dernières paroles Jeff s'effondra inanimé dans les bras de son frère.

Patrik, inquiet et pris de panique, le chargea comme il put dans son pick-up et l'amena en trombe à l'hôpital le plus proche.
Le trajet parut durer une éternité. Son petit frère était son unique famille depuis que les services sociaux les avaient placés en foyer... Ils avaient été ballotés de famille en famille jusqu'à leur majorité... Chacun était le seul et unique repère de l'autre et Patrik s'était toujours occupé de son petit frère. Ils avaient grandi comme ça... Ils s'étaient forgés comme ça! Eux deux dans un monde froid et indifférent... Et maintenant Jeff gisait inanimé sur la banquette beige de sa voiture! Patrik accéléra un peu plus jusqu'à s'arrêter brusquement dans un hurlement de pneus devant les urgences. Des branquardiers se saisir du corps et le firent disparaître dans les couloirs dallés de blanc.
Patrik fut placé dans une salle blanche auxoccupée par des alignements de sièges plastic inconfortables. Une salle d'attente déserte, sans rien pour distraire un instant le regard que les motifs géométriques répétitifs du carrelage et les formes floues des infirmiers déambulant derrière les vitres de verre frité
L'attente fut longue. Le sergent tenta de faire le vide dans sa tête mais sans cesse l'image du corps de Jeff devant le hangar n°6 revenait le hanter. Qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir là-dedans de si important pour qu'on tente de se débarasser ainsi des voyeurs un peu trop curieux? Alors qu'il réfléchissait un docteur au visage fermé entra dans la pièce. D'une voix froide et monocorde il s'adressa à Patrik sans jamais le regarder dans les yeux.

"Votre frère a été placé en quarantaine. Il est plongé dans un coma aretificel qui rend son état stationnaire le temps que nous trouvions une solution à ses problèmes!"

-"De quels problèmes parlez-vous docteur?" Interrogea Pat inquiet.

-"Si on le savait on ne l'aurait pas mis en quarantaine monsieur!" Puis s'écartant de la porte et désignant le couloir. "Il faut nous laisser travailler maintenant sergent! Vous feriez mieux de rentrer chez vous et de prendre des congés!"

"Ben voyons!" Pensa Pat en fulminant. " Celui-là est de mèche... ou bien il subit des pressions!"Puis, se levant brusquement de la chaise il sortit en trombe de l'hôpital. Ca ne servait à rien d'attendre plus longtemps ici!

Pat rentra chez lui bien décidé à en apprendre un peu plus sur ce qui avait mis son frère dans cet état et surtout ce que les autorités avaient à cacher pour ainsi tenter d'étouffer toute fuite!

 Linley 06 octobre 2009 à 11:33 Envoie un message √† Linley Voir le profil de Linley
Patrick écrasa sa cigarette et se remit en route. Il traversa la piste 9 en direction de son hangar qui béait comme une gueule gigantesque, où le "Kathy" attendait ses soins. Tout là-bas, à quelques centaines de mètres, le hangar 6 luisait tranquillement au soleil, comme un bizarre secret à la vue de tous. En ce moment-même, un simple manut' passait devant au volant d'un camion d'approvisionnement. Dans les hangars voisins, des silhouettes en treillis et quelques-uns de ses collègues commençaient à s'activer. Le crissement des grues et des machines résonnait parfois faiblement, accompagné d'éclats de voix assourdies.
Tout à l'heure, il profiterait de sa pause pour filer à l'hopital prendre des nouvelles. Pour l'instant il savait qu'il lui faudrait agir avec prudence. Il connaissait trop bien l'armée et le fonctionnement de la base. La fameuse zone 51. Elle était devenue banale à ses yeux à force d'y travailler tous les jours. Au début, quand il y avait été affecté, il avait quand même été plutôt excité à cause de sa réputation. Patrick se souvint de ses discussions de l'époque avec ses tout nouveaux collègues. Un soir, il avait bu quelques bières avec Doherty, le vétéran des mécanos. Celui-ci avait assez bien résumé l'opinion générale:
"C'est la zone 51, pas vrai Pat? C'est une légende. Que ce soit pour ces tarés des ovnis ou ceux qui croient qu'on teste des armes secrètes depuis la guerre froide. Suffit qu'un type mette un cadenas sur un hangar et tout le monde se met à cogiter sur ce que ça cache. Résultat, pendant ce temps-là personne va chercher ce qui se passe ailleurs."
"Ou alors va savoir, pendant qu'on trime sur nos vieux zings, peut-être que des gars là-dessous bossent sur des vrais bolides. Doivent s'en payer une bonne tranche quand ils nous voient!"
Ca l'avait fait rigoler à ce moment-là, mais maintenant il voyait les choses autrement. Il pouvait comprendre le secret quand on touchait aux enjeux de la Défense, n'empêche, si ça avait dérapé, il était hors de question que les responsables s'en tirent.
Dans l'immédiat il avait son travail. Patrick pénétra dans l'ombre rafraichissante du hangar pour s'occuper de la fuite du "Kathy"...

 Mika 1er décembre 2009 à 09:51 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Les heures défilèrent doucement dans le moteur abîmé du Kathy. Alors qu'il était couvert d'huile et de cambouis, que sa vieille carcasse commençait à ressentir douloureusement les longues heures de la fin d'après-midi, Pat restait préoccupé. Le hangar 6, là-bas sur le tarmac, n'avait eu de cesse d'attirer son regard comme un aimant tout au long de la journée. Son toit métallique brillait de mille feux sous le soleil lui rappelant en permanence son hermétisme inquiétant et mystérieux...

« Oh Pat ! C'est l'heure ! » Lança Doherty lui aussi crasseux des pieds à la tête en s'essuyant les mains sur un vieux torchon troué. « Range ton matos, va te débarbouiller et rejoins-moi dans une demi-heure au Sally's... C'est moi qui régale ce soir ! »

Le regard noir du vieux mécano en sous-entendait plus que la simple invitation à se rincer le gosier qu'il avait ostensiblement lancée devant leurs collègues ! C'est donc surpris et inquiet que Patrick monta dans son pick-up après avoir soigneusement rangé ses outils dans sa boîte et pris une bonne douche rafraîchissante dans les vestiaires communs. Après tout, Doherty était le plus ancien mécano de la base... et la rumeur de ce qui était advenu à Jeff avait déjà dû arriver à ses oreilles... Ce type connaissait bien l'histoire de la base et de ses « occupants ». S'il voulait lui parler en tête à tête en dehors de l'enclos sécurisé et surveillé de la base c'est que ce qu'il voulait lui dire devait être important mais forcément compromettant en soit...

Le pick-up s'arrêta sur le parking désert du bar. Au-dessus de la longue bâtisse de bois l'enseigne rouge « Sally's » clignotait irrégulièrement. Le soleil finissait de disparaître à l'horizon irisant le ciel d'une lumière orangée strié de marbrures roses. Un vieux chien défraîchi s'approcha du véhicule, renifla le pneu droit et repartit se coucher dans sa niche à côté de l'entrée du rade.

Pat inspira profondément, sortit de sa voiture et traversa le parking poussiéreux. A part son pick-up, la mobylette miteuse du vieux Jimmy le cuistot et le vélo customisé de Rose la serveuse la place semblait déserte en ce début de soirée.

Patrick poussa avec appréhension la porte aux vitres fumées.

 Mika 1er décembre 2009 à 15:32 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
« Tu sais ce qu'il y a dans ce foutu hangar 6 ? »

Patrick ouvrait de grands yeux et écoutait attentivement ce que le vieux mécano débitait à voix basse en tenant fermement sa chope de bière.

« Ben rien du tout ! » Assena le vieil homme au visage buriné par le temps. « Que dalle ! Aussi vide et désert que la Death Valley ! » Il vida d'un trait son verre.

Pat avait retrouvé le vieux Doherty dans une alcôve au fond du bar obscur. Une applique murale de verre teinté couverte de poussière éclairait faiblement la table de bois marquée par les années. Le vétéran l'avait invité d'un geste silencieux à s'asseoir sur la banquette de cuir en face de lui et avait entamé la discussion en lui demandant des nouvelles de Jeff pour très vite revenir sur le fameux hangar 6.

Il n'y avait encore personne dans le rade. Ils étaient seuls dans la salle. Le vieux Jimmy et Rose s'affairaient en cuisine tandis que Sally astiquait soigneusement le laiton de la pompe à bière pendant que la radio crachotait un vieil air de country.

« Ouais ! Rien de rien !.... Comme j'te l'dit mon gars ! »

Le vieux Doherty semblait s'exciter à cette idée et se pencha un peu plus vers Pat une lueur étrange allumant ces yeux cernés.

« Un jour que des pontes étaient de passage les militaires ont ouvert le hangar pour les y faire entrer. J'étais sur le tarmac à bricoler l'train d'atterrissage d'un vieux B17 et j'ai pu voir à l'intérieur avant qu'y r'ferment... Ben c'était aussi vide que mon verre ! »

Il se releva, s'appuya sur la banquette qui couina et se gratta le menton avant de reprendre.

« C'est louche de foutre un cadenas sur la porte d'un hangar vide tu trouves pas ? » Il esquissa un sourire malin. « Et encore plus louche d'y faire entrer pendant des heures des pontes en costard-cravate et lunettes noires ! »

Satisfait de ses révélations Doherty secoua ostensiblement son verre en direction de Sally qui opina du chef. Un fumet de poulet rôti et de friture commençait à se répandre dans la salle.

« Tu m'as compris Pat ? » Ajouta-t-il à voix basse. « Si j'étais toi j'oublierais tout ça vite fait ! Ce qui est arrivé à Jeff pourrait bien t'arriver aussi ! »

Sur ces dernières paroles la silhouette massive de Sally une chope à la main fit irruption.

« J'le mets sur ta note Do'... tu veux aut' chose Pat' » Demanda la matrone s'essuyant les mains sur son tablier blanc.

« Aaaah Sally ! Tu es la femme de ma vie ! » Sourit le vieil homme d'un air goguenard en saisissant son verre. « Monte donc le son de la radio j'crois bien r'connaître « I heard it to the grapevine* » des Creedence ma belle ! »

Sur le parking Pat entendit le ronronnement des voitures des habitués qui arrivaient.
20 heures. L'heure de la popote de Jimmy et des tournées de Sally. La salle allait se remplir d'un instant à l'autre et il ne tirerait rien de plus du vieux Doherty.

« Sers moi un Bourbon Sally ! » Dit Patrick insatisfait mais piqué au vif par les informations du vieux mécanicien. « Je fatigue... Après ça direction le plumard ! »

Doherty esquissa une moue inquiète. Le vétéran avait bien compris que l'obstiné Patrick n'en resterait pas là !

*traduisible par « Mon petit doigt me l'a dit. »

 Mika 03 décembre 2009 à 10:57 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Une nuit sans lune. Le tarmac désert semblait paisiblement assoupi sous le ciel étoilé d'été. Patrick patientait depuis de longues heures derrière le haut grillage surmonté de barbelés que la patrouille daigne passer.
Il savait qu'à cet endroit précis, sur une longueur de quelques mètres l'enclos électrifié présentait un dysfonctionnement de son système de surveillance. Les détecteurs de présence, pour une raison qui lui échappait mais qui l'arrangeait bien, ne semblaient rien détecter du tout ! Il s'en était aperçu il y a quelques mois alors qu'il faisait sa pause clope à l'ombre d'un bâtiment. Il avait surpris un coyote se glisser au travers du maillage du grillage. Curieux, il avait attendu que les soldats, qui auraient normalement dû être avertis, n'arrivent... mais à sa surprise personne n'était venu. Le coyote était allé directement aux conteneurs poubelle derrière les cuisines en trottinant tranquillement puis était reparti une carcasse de poulet dans la gueule en réempruntant le même petit trou invisible au bas du grillage. Patrick avait à l'époque laissé couler l'histoire considérant que le coyote malin méritait bien de temps en temps un petit festin aux frais de l'état !

Accroupi derrière son buisson séché, Patrick sentait ses genoux le lancer furieusement. Il avait du marcher longuement dans le noir : la traversée des collines depuis son mobile home lui avait pris un certains temps... La base était à quelques kilomètres du bourg et il avait dû couper par la cambrousse pour éviter les derniers automobilistes. Il n'avait pas compté le nombre de fois où il s'était retrouvé dans la poussière mains et genoux écorchés, soit en s'y jetant de lui-même alerté par quelque bruit suspect, soit en s'y vautrant par quelques nids de poules ou cailloux branlants bien traîtres.

Armé de ses petites jumelles il observait les hangars et le bâtiment de garde. Derrière les fenêtres floutées il pouvait distinguer les formes mouvantes des soldats en quartier libre qui vaquaient à leurs occupations. A côté se dressait la silhouette inquiétante du hangar 6, immobile et silencieuse.

A quelques centaines de mètres à sa gauche une patrouille de quelques hommes avançait silencieusement dans l'ombre, les fins pinceaux bleutés de leurs lampes torches balayant les fourrés à l'extérieur de l'enclos de la base. Dans les loupes des jumelles les 4 silhouettes armées opaques se découpaient parfaitement sur le ciel étoilé. Les soldats devraient être à son niveau d'ici quelques minutes.
Patrick se coucha sur le sol de terre au pied du buisson et ralentit sa respiration. Il ne voulait entrer qu'une fois la patrouille passée. Il disposerait ainsi d'au moins deux heures avant qu'elle ne passe à nouveau. Il allait devoir agrandir le trou dans le grillage jusqu'alors très discret et savait bien que lorsque le jour se lèverait son rafistolage se verrait comme le nez au milieu de la figure.

Le crissement des bottes sur la terre poussiéreuse se fit entendre. Pat s'aplatit autant qu'il put et cessa de respirer. Au travers des branches mortes il fixait le chemin de ronde de l'autre côté du grillage. Les silhouettes noires des gardes muets apparurent. Les faisceaux bleus balayèrent la zone passant plusieurs fois sur le buisson sans s'arrêter. Le bruit des pas s'éloigna.
Doucement Patrick se redressa et regarda les hommes s'éloigner. Lorsqu'ils furent à bonne distance il se leva et s'avança jusqu'au grillage en serrant contre son torse son sac à dos. Après une minutieuse inspection il trouva le trou que le coyote utilisait. Trois mailles au ras du sol s'étaient détachées. Quelques poils bruns restaient accrochés aux entrelacements de métal.
Le mécano sortit de son sac une pince coupante et sectionna le bas du grillage au ras de la terre sur un bon mètre. A chaque claquement sec des épais fils d'acier cédant sous les mâchoires tranchantes Pat relevait anxieusement la tête en direction de la patrouille.
Tant bien que mal il se faufila en rampant de l'autre côté et repoussa le grillage tordu en essayant de lui redonner sa forme initiale. Peine perdue, au petit matin la patrouille verrait de suite l'ouverture !... Il fallait faire vite !

Jetant un úil aux alentours déserts et silencieux Patrick reprit son sac et courut courbé en deux en direction du hangar 6 qui se dressait muet à deux cents mètres.

 Mika 28 décembre 2009 à 15:37 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Le hangar...
Entité obscure immobile et inquiétante sous la voûte étoilée.
Pat parcourut rapidement la distance qui l'en séparait pour se tapir dans l'ombre opaque du bâtiment de briques et d'acier.
Aucun mouvement aux alentours. La nuit écrasait la base de son mutisme ténébreux.

L'ingénieur ne pouvait pénétrer le bâtiment par la grande porte éclairée par deux vieux néons clignotants. Trop visible! Il avait donc jeté son dévolu sur un soupirail solidement verrouillé de la façade Est.
La petite porte était fermement rivetée au mur et allait nécessiter quelques minutes de limes et autres scies à métaux.

Pat s'assit contre le mur froid du bâtiment déserté et ouvrit son sac. D'un coup d'úil il vérifia une nouvelle fois les alentours. Son regard s'arrêta sur deux conteneurs adossés au bâtiment voisin juste quelques mètres en face de lui. Un frisson lui parcourut l'échine. Une petite lueur rougeoyante le fixait dans l'espace obscur formé par les deux casiers de métal. Petit bourgeon rouge-orangé dont l'intensité augmenta quelques secondes avant de s'amenuiser pour ne plus être qu'un petit point rouge dans le noir opaque de la nuit. Une volute de fumée bleue s'échappa des ténèbres et lécha le mur avant de se perdre dans les étoiles.
Une cigarette! Il n'était pas seul!
Pat sentit son sang quitter son visage et ses membres. Une rivière de glace parcourut son corps qu'il pressa inconsciemment un peu plus contre le mur de brique.
C'en était fini de son escapade!

-Flippe pas comme ça jeunot! Murmurèrent les conteneurs!

Pat ouvrit de grands yeux. La voix lui était familière!

-Doherty!... C'est toi?

-Qui veux-tu que ce soit d'autre imbécile!

Son visage buriné sortit de la pénombre cigarette à la bouche. Un sourire ridait son visage bien plus qu'en plein jour.

-Ca fait trois plombes que j't'attends!

 Ompaquo 20 février 2010 à 16:59 Envoie un message √† Ompaquo Voir le profil de Ompaquo
- Comment ça ? répondit Pat dont le pouls redescendait un peu après cette petite frayeur.
- Si tu crois que tes manigances sont pas visibles ... Surtout pour un vieux briscard comme moi. dit-il à moitié en souriant, à moitié sérieusement.
- Tu veux dire que tu m'as vu venir jusque ici ?
- Affirmatif, gamin. Mais si j'avais demandé à être de garde aujourd'hui, ç'aurait été un autre, mon p'tit.
- Comment savais-tu que je me faufilerais ce soir ? Et puis les mécanos ne travaillent pas la nuit. Qu'est-ce que tu es censé faire cette nuit ? rétorqua-t-il complètement surpris par ce que venait de lui annoncer Doherty
- Tu me prends pour un novice ou quoi ? Tes p'tites questions, soit disant sans prétentions ont vite réveillé un truc en moi. J'ai été jeune moi aussi et j'ai toujours voulu savoir ce qu'il y avait dans ce fichu hangar, tout en dénigrant ce que disaient les autres abrutis avec leurs ovnis à la con. Suis-moi, je vais répondre plus tard à ta seconde question, jeunot.
- Mais je voulais découvrir ce que cachait cet hangar et ce qui a rendu mon frère ... tenta de protester Pat
- La ferme et suis-moi, je t'ai dit.

Cette fois-ci Pat n'eut pas à avancer discrètement comme il avait fait pour se déplacer car il avait tous les droits de circuler. Ils avancèrent donc à bon pas et parcoururent bien 500 mètres jusqu'au hangar où travaillait Doherty.
Il ouvrit la grande porte du hangar suffisamment pour laisser passer une personne.
- Rentre, ordonna le vieux mécano.
Il laissa Pat entrer puis se faufila dans le hangar ensuite.
Dedans, un vieil avion complètement restauré, jusqu'à la peinture ou au bouton des gaz par les mains de Doherty. Appuyé dessus, un soldat fumant une cigarette, fut surpris par l'entrée de Pat et lâcha sa clope et le pointa de son arme automatique.
- Du calme, il est avec moi, Jason. dit Doherty au garde.
- Vous étiez censé faire le test seul, nan ? rétorqua le dit Jason.
- Oui, mais j'ai eu l'autorisation de prendre un autre mécano avec moi. C'est plus prudent pour la première sortie nocturne de mon p'tit bijou.
- Incroyable, vous avez la cote, vous, avec les dirigeants. Vous arrivez à prendre la place de celui qui devait conduire ce tas de ferraille et maintenant vous arrivez à imposer un autre gars pour vous aider...
- Un peu de respect p'tit insolent. Dégage moi le champ de vision et profites-en pour m'ouvrir complètement la porte.
Le soldat partit, Pat voulu poser une question mais le vieux mécano le fit signe de se taire. Il se dirigea vers l'avion et fit démarrer le moteur.
- C'est bon tu peux parler maintenant. Plus personne ne peut nous entendre.
- Z'êtes pilote Doh ?
- Ouaip !
- J'étais pas au courant ...
- Bien peu de gens le savent mais c'est pas la seule chose que tu pourras apprendre de moi.

 Linley 21 février 2010 à 05:16 Envoie un message √† Linley Voir le profil de Linley
-Vas-y, grimpe! fit Doherty en levant le menton vers l'échelle d'embarquement du vieux monomoteur à hélice.
Pat examina avec curiosité l'engin digne du musée aéronautique de la base.
-T'inquiète pas gamin, c'est de la belle mécanique. Tu reconnais? Un "Corsair MK1" de 43. Y ronronne comme dans le temps. Imagine voir, c'est dans ce genre de joujoux que les gars pourchassaient les foo fighters pendant la guerre.

Sous le vacarme du moteur, le coulissement du vaste panneau métallique du hangar se fit entendre. La fenêtre s'élargit sur la nuit et les étoiles pâlies par l'éclairage intérieur.
-Grimpe donc! répéta Doherty. Tu veux aider ton frère? Alors fais ce que je te dis! Pis tu vas voir ce que cette beauté a dans le ventre...

Pat finit par obtempérer aux ordres du vétéran, se disant qu'il n'avait pas trop le choix. Il s'installa à l'arrière du cockpit et se sangla. Les instruments et le matériel de bord semblaient dans un état correct. Son boulot avait trait chaque jour aux vieilles machines obsolètes, mais il ignorait qu'il restait sur la base de pareilles reliques encore capables de voler.
La figure de Doherty apparut bientôt par-dessus la carlingue. Il enjamba à son tour l'habitacle et s'installa aux commandes.
-Oublie pas de mettre ton masque, Pat.
Le vieux mécano rabattit la verrière de la cabine et en riveta soigneusement les attaches.
-On s'y croirait pas vrai? Comme à l'époque!

Il manipula les commandes et l'avion s'ébranla pour gagner lentement le tarmac. En franchissant le seuil du hangar, Doherty adressa un bref signe du doigt au soldat de garde, avant de faire pivoter la direction pour engager l'antique chasseur-bombardier sur la piste. Le régime du moteur s'accentua bientôt à mesure que l'appareil prenait de la vitesse le long des balises lumineuses.
Pat observait avec stupéfaction la main sûre du mécanicien sur le manche, penché tant bien que mal par-dessus son épaule depuis le poste arrière. Il lui cria enfin dans l'oreille :

-Bon sang, Doh, tu vas me dire à quoi ça rime?
-On va faire une virée au-dessus du désert, mon gars. On en profitera pour voir si le moteur a des ratés. Et arrête de me bassiner avec ton hangar! Y a pas que le hangar! T'as entendu parler de la base souterraine? Et ben y a pas que le hangar pour aller y faire un tour!

 Ompaquo 23 février 2010 à 15:33 Envoie un message √† Ompaquo Voir le profil de Ompaquo
- Quelle base souterraine ? cria Pat.
-Eh banane, t'en connais beaucoup toi des hangars fermés à double tour et qui contiennent rien dedans ? Et qui en plus accueille tout le temps des hommes. J'ai vu, l'autre jour, dans le bureau de Manson, les plans de cette base. J'y étais allé pour demander à être le pilote ce soir. Je ne savais pas ce que je sais maintenant et je t'avoue que cette demande aide un peu nos affaires.
Je n'ai, malheureusement pas pu prendre en photo ou numériser ce plan mais je l'ai bien en tête. Ce que j'y ai vu inscris m'a surpris et te surprendra également, gamin.
- Qu'est-ce qu'il y avait ?
- Je vais me poser là. Il a l'air d'être au poil cet avion dis-moi.
- Réponds à ma question ... insista Pat de plus en plus inquiet de la tournure des événements.
- Ne t'inquiète pas. Laisse-moi juste me poser.

 Linley 26 février 2010 à 03:42 Envoie un message √† Linley Voir le profil de Linley
Du côté nord, les contreforts des Groom mountains se rapprochèrent de plus en plus. La chaîne montagneuse profilait plus haut sa masse sombre contre le ciel bleu de la nuit. L'avion entama sa phase d'atterrissage.
-Ca va être coton mais ça devrait passer, fit Doherty. Accroche-toi bien mon gars!
Pat jeta à peine un coup d'oeil par le hublot. Il rentra la tête dans les épaules et replia les genoux comme on lui avait appris, aussi peu rassuré que possible. Il savait que la vallée ne ressemblait guère à un tarmac d'aérodrome...

Les roues heurtèrent le sol et rebondirent plusieurs fois. Une série de cahots interminables s'ensuivit. Enfin le vacarme et les secousses laissèrent place à un étrange silence immobile.
-Hého, Pat? Redresse toi gamin! On a un peu de chemin à faire. T'aurais pas voulu que j'atterrisse direct dans c'te foutue grotte!
-Nom de dieu Doherty! fit l'ingénieur en relevant la tête. Où est-ce que tu nous a emmenés?
-Non loin d'une des entrées secrètes mon gars. Une des entrées de la base S4. Tu sais, cette base qu'est censée pas exister... Du moins, pas ailleurs que dans les rêves des imbéciles et des naïfs qui croient à tout et nimporte quoi... Pourtant c'est bien ça que j'ai vu sur la carte de Manson. Ca et quelques-aut' broutilles.
-Comment tu comptes y descendre?
-Je viens de te le dire! Par la caverne! Je crois bien que les collègues ignorent même cette entrée. Je suis de la région tu vois, et mon paternel m'en a causé dans le temps. Y avait pas autant de sécurité dans les années cinquante. Et ces souterrains étaient là bien avant que l'armée les investissent. Je connais des endroits où le réseau affleure à la surface, y en a un juste là, sous la montagne. Je suis sûr qu'y a moyen de descendre... Allez amène toi!

Patrick sauta à bas de l'avion et suivit son guide sur le sol aride de la vallée. La lueur des étoiles révélait sombrement la piste tracée par l'appareil : ce ne serait pas une partie de plaisir de redécoller le moment venu... si ce moment venait jamais.
-J'emmène mon barda? demanda Pat en enfilant son sac à dos.
-Si ça te chante. Mais toutes tes pinces et ton attirail, je doute que ça serve à grand chose sur le genre de matériau qu'on trouve là-dessous...


 Linley 03 mars 2010 à 02:22 Envoie un message √† Linley Voir le profil de Linley
-De quoi tu parles, Do'?

-Ben tu sais, c'est là qu'y stockent plusieurs des engins qu'ils ont pu récupérer.

Pat esquissa une moue incrédule dans l'obscurité : "Quels engins?"

-Les aéronefs accidentés. Ils en ont quelques-uns... et Dieu sait quoi d'autre, si tu te dis que les appareils étaient pas pilotés à distance... File-moi donc ta torche que je voie où je marche!

Pat était à court de répliques. Il se demandait maintenant quelle folie l'avait pris de le suivre dans cette excursion.

-Au moins Do', ils ont dû nous voir disparaître de l'écran de contrôle à la base. Si on peut pas redécoller, ils finiront par envoyer quelqu'un.

-Moi non plus j'avais du mal à croire à ces conneries, continua le vétéran comme s'il n'avait pas entendu la remarque. Puis j'ai été opérateur-radar vers le début de ma carrière. Les écrans radar racontent pas de foutaises gamin. Quand t'y vois un appareil qui plane tranquille, puis qui se carapate d'un coup à 20000 à l'heure, t'as de quoi te poser des questions. Surtout quand l'intrus réapparait, et qu'y recommence son manège chaque fois qu'on envoie un intercepteur. Ajoute à ça qu'il s'amuse à faire des acrobaties, genre marches arrière subites et virages à angle droit, et tu te demandes s'il se fout pas carrément de notre gueule. Toi bien sûr, t'as l'ordre formel de la fermer sur tout ce qui s'est passé...

"Ouais Pat, on arrive t'inquiète. L'entrée est par là-bas si je me souviens, sous l'espèce de grand éperon.

Doherty balaya le terrain caillouteux du faisceau de la lampe-torche, sous la montagne qui se dressait de plus en plus imposante. Il baissa ensuite légèrement la voix comme s'il craignait d'être entendu.

-Crois-moi si tu veux, mais j'en ai vu un moi aussi, de ces fameux engins. C'était un jour où je testais une vieille coque comme maintenant, bien avant que t'arrives à la base. Je suis monté à 10000 pieds avec mon zinc et là le copain est apparu. Il m'a escorté pendant un bout de temps, l'air de rien. J'ai profité du spectacle sans lui courir derrière dans mon tas de ferraille, histoire de pas avoir l'air con. Ensuite il a filé en comme une boule de lumière... Qu'est-ce que tu dis Pat? Sûrement de la foudre en boule? T'as déjà vu de la foudre en boule avec des hublots tout le long, toi?

" ...Je te raconte ça parce que t'as le droit de savoir, à cause de ton frère. Moi je baigne dedans depuis que je suis petit... depuis que je me suis mis à guetter mon paternel qui rentrait le soir du boulot. C'était un gradé tu vois, pas comme nous. Il se doutait pas que je veillais pour les écouter, la nuit, quand il parlait avec ma mère. Il était censé en causer à personne. Mais ma mère savait lui tirer les vers du nez, si tu vois ce que je veux dire...
"Pendant longtemps, vu que j'étais gamin, tous ses discours sont restés un mystère pour moi. Ensuite je me suis même imaginé qu'il devait faire allusion aux Soviétiques. Mon paternel racontait de drôles de choses à ma mère. Il disait par exemple que les explosions nucléaires, c'était ce qu'il y avait de plus facilement repérable sur la planète, et qu'"ils" mettaient jamais longtemps à rappliquer. Ca manquait pas qu'y disait. Il racontait même que chaque fois qu'il y avait eu des guerres dans le monde, depuis un bail, ils étaient toujours venus voir.

"Une nuit je me suis faufilé dans le couloir pour espionner mes parents, parce que j'avais du mal à entendre. Mon père avait l'air chamboulé, tu vois. Il était de retour de mission. Il avait parlé d'un genre d'essai, d'un test atomique, tout ça pour voir le temps qu'ils mettraient à venir. Finalement je compris ce qui était arrivé. Il dit à ma mère que lui et ses collègues avaient pas eu longtemps à attendre, parce qu'ils étaient déjà là. Ils s'étaient montré et tout était tombé en panne : Toutes les communications, les bombes et le reste. Ca pour marcher il avait marché leur test.
Alors mon père a demandé à ma mère ce qu'ils voulaient, d'après elle : Paralyser nos armes, c'était pour nous sauver de nous-mêmes ? Ou alors pour dire qu'un de ces jours y aurait rien à faire contre eux ?

"...C'est sûr que je me demande moi aussi... Qu'est-ce que t'en penses Pat?

-Y a quelque chose là-bas Do'! s'exclama son compagnon en guise réponse. Regarde la lumière!

A quelque distance, une lueur filtrait à travers des broussailles, semblant provenir d'une excavation dans la roche.

-T'as raison, je crois qu'on arrive.

Ils grimpèrent une pente couverte de buissons desséchés, puis Doherty s'engagea le premier dans l'étroit passage qui perçait le contrefort de la montagne. Pat le suivit non sans appréhension. Les parois brillaient de manière anormale, comme si elles avaient été enduites de phosphore. Le boyau s'inclina et décrivit plusieurs coudes. A mesure qu'ils s'y enfonçaient, l'étrange lumière émanant de la roche paraissait s'accentuer. Finalement, alors que Pat commençait à se sentir mal à l'aise, ils débouchèrent sur un cul-de-sac. Un large panneau métallique bouchait la voie. Il semblait scellé dans la pierre et était éclairé uniformément par la lueur diffuse du tunnel.

-On est bien avancés! lâcha Pat avec mauvaise humeur.

-Une minute gamin!

Le vieux mécano plongea la main dans sa veste d'aviateur et en sortit un genre de badge d'identification. Pat regarda avec étonnement l'étrange code-barre qui semblait s'imprimer en relief sur le plastique. L'inscription "Maj 12" apparaissait à côté, avec la photo d'un homme inconnu.

- Ca ? C'est la clé du savoir mon gars... ça devrait nous ouvrir les portes. Un héritage de famille. Ma mère me l'a confié quand mon paternel est mort. Elle m'a dit qu'il était rentré avec un soir, y a bien longtemps de ça.

Doherty enfila son passe autour du cou et se pencha pour inspecter de plus près la paroi rocheuse.

-Faut juste que je trouve ce foutu laser... Ah, voilà!

Il passa le badge devant une aspérité de la surface et aussitôt le panneau métallique coulissa sans un bruit...

 Linley 09 avril 2010 à 00:39 Envoie un message √† Linley Voir le profil de Linley
Pat s'était laissé entraîner en n'opposant qu'une vague résistance hébétée. Quand il se retourna, il s'aperçut que la porte d'acier mat s'était déjà refermée derrière eux.

-Silencieux leur connerie, hein? commenta Doherty. C'est rapport au champ magnétique que ça fait pas de bruit. Ca annule la gravité, ou un truc du genre. Comme pour les engins. C'est facile pour eux, c'est pas du pilotage.

Pat regarda autour de lui. Un nouveau couloir taillé dans la roche s'étendait à droite et à gauche. L'éclairage diffus persistait, sans source visible. A l'exception du sol, les parois se montraient parfaitement lisses et arrondies. Pat remarqua une sorte de rail argenté qui courrait dans l'un des murs le long du boyau. Mais il n'y avait aucun bruit ou signe d'activité dans les parages immédiats.

-S'agit d'être prudents, lança Doherty.

Ses paroles sonnaient faux, leur ton était un peu trop enjoué, mais Pat se laissa entraîner une nouvelle fois. Il suivit son guide sur la gauche le long du rail. La clarté anormale du lieu s'exerça de nouveau sur ses nerfs. Leurs corps ne projetaient aucune ombre, comme s'ils s'enfonçaient dans des limbes de lueurs grisâtres. Il croyait entendre le silence s'enfler parfois en un bourdonnement insidieux avant de retomber pesamment. Le couloir avait beau être rectiligne, il ne parvenait guère à distinguer au-delà de quelques mètres.

-Où tu m'emmènes? interrogea Pat, rassuré au moins par le son naturel de sa propre voix.

Le vieux mécano lui lança un regard en coin :

-A la salle des bocaux, si on la trouve. Maintenant qu'on est là, faut au moins que je te convainque, pas vrai?

Pat répondit au sourire entendu de son compagnon puis reporta son attention devant lui. Un virage s'amorçait enfin au bout du tunnel.

-Pour les fanas, continua Doherty, ceux qui veulent croire, y a pas besoin de les convaincre. Mais mieux vaut quand même les égarer un peu... Alors on leur glisse quelques vérités déformées au milieu de tout un flot d'inepties, qu'une chienne y retrouverait pas ses chiots. Mais pour les gars comme toi, Pat, deux-trois explications rationnelles et le tour est joué. Quelques grands scientifiques rappellent qu'y a trop de distances dans l'espace, et que du coup personne peut venir nous visiter. Après ça on en parle plus...

"Les grands scientifiques, je veux dire, ceux qui aiment bien passer à la télé. Les autres travaillent ici.

Pat abandonna soudain son guide et se précipita en avant. Une nouvelle porte était apparue derrière le virage. Encadrant l'issue, les parois de roche s'étaient élargies en un portail cristallin de dimensions massives. Pat s'approcha de la muraille transparente qui laissait entrevoir un panorama irréel. Derrière, en contrebas, s'étendait une plate-forme gigantesque, compartimentée à la manière d'un étage de bureaux. Des centaines de personnes s'y affairaient devant des ordinateurs ou à diverses tâches, comme dans les locaux administratifs de la base. Ils ressemblaient à des fourmis depuis cette distance.

Doherty approcha à son tour sans presser l'allure, puis fit glisser sa carte sur le lecteur encastré dans la muraille.

-...Y a aussi les sociologues, Pat. Y font du bon boulot. On n'a même pas besoin de les payer. Ils ont toujours de bonnes explications pour la presse. Science-fiction, folklore populaire qu'y disent. Bien sûr, les milliards d'étoiles au-dessus de nos têtes c'est pas un film...

-Qu'est-ce que c'est que tout ça? interrogea Pat en collant presque son visage à la paroi translucide.

-C'est le sommet de la pyramide.

-De quoi tu parles encore?

-Je veux dire que plus on descend, plus les étages s'élargissent. Ceux-là c'est que les bureaucrates. C'est mieux en-dessous. Je viens d'appeler l'ascenseur.

Pat s'agenouilla comme pour essayer de distinguer l'à-pic sous ses pieds derrière le mur de cristal.

-Mais bon dieu, d'où ils financent un truc pareil?

-Par les budgets occultes. Comme pour la bombe, le projet Manhattan. Ca coûtait autant que l'industrie automobile, et pourtant même le président était pas au parfum. Ouais. C'est comme ça que ça marche mon gars. Chacun sait que ce qu'il a besoin de savoir.

Pat se retourna vers Doherty. Il était tranquillement adossé au tunnel, un vague sourire aux lèvres, comme après une bonne blague dans les vestiaires ou à la gargote de Sally.

-Et toi là-dedans, qu'est-ce que tu sais au juste?

-J'en sais un bout, répondit le vieux mécano en élargissant son sourire. Je sais ce qui pend au nez de ton frangin... C'est pour ça que je t'ai amené.

Pat agrippa brusquement son collègue, comme si l'étrange charme de soumission qui l'avait contrôlé venait de disparaître.

-Tu vas arrêter tes bobards Do'...

Le vieil homme sortit sans se démonter une cigarette de sa poche, et la porta tranquillement à ses lèvres. Puis il jeta un bref regard par-dessus l'épaule de Pat. Celui-ci eut juste le temps de comprendre que le panneau venait de coulisser. Il entendit un pas rapide et ressentit un choc sur la tête...






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Extras-terrestres, complots... est classée dans le genre Science-fiction.

Commencée par Nono,
le 12 septembre 2003. L'histoire est composée de 23 participations.

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