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A double tranchant
A double tranchant
Amour toujours, Amitié éternité. Fiançailles à tout jamais...?




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 Harmony 16 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne vit un dilemme depuis de nombreuses années maintenant. Elle a pris conscience que l'Amour et l'Amitié étaient deux sentiments si proches, que son esprit erre, mais pas en paix.
Son mariage a pris fin après de longues années, très longues années aux côtés d'un homme parfait, ou presque. Le gendre rêvé de toutes les belles-mères.
Julianne a refait sa vie, avec un homme charmant, que infidèle, elle fréquentait déjà, tandis que son officielle union, vivait ses derniers instants. Sa vie aurait tout pour être merveilleuse, mais elle revoit sa vie passée, son mariage dissout, son nouvel Amour, et l'ancien, qui s'est transformé en une fidèle et solide Amitié. Quelle confusion dans son esprit torturé !
Souvent, lorsque ses pensées se promènent, elle songe que peut-être, elle n'est pas faite pour être aimée, ni aimer en retour. Simplement, elle ne peut vivre que seule, avec un amant, mais pas vivant sous le même toit. Julianne apprécie l'aspect de la relation amoureuse, comme de longues fiançailles. Les jours et les heures qui la séparent de son Amour, sont comme une étincelle de chaque instant qu'elle n'a pas ou plus de la même manière en vivant avec l'homme de ses rêves.
Alors oui, elle pense à l'Amitié, moins conflictuelle pour elle, que l'Amour. L'indépendance qu'elle n'a pas totalement, en vivant à deux, plutôt qu'en vivant sous son toit, bien à elle.
Seulement, Julianne ne vit plus seule, mais dans une jolie maison avec son compagnon. Son bel et nouvel Amour pense à l'épouser, car en plus, c'est elle qui le souhaite. Maintenant qu'il a fait sa demande, qu'elle a acceptée, elle songe qu'elle risque de perdre son meilleur Ami, son ex mari...
Quel casse-tête, n'est-ce pas ?
Comment va devenir la vie de Julianne ?
Va-t-elle continuer à vivre sous le même toit que son compagnon, l'épouser et couler de longs jours heureux à ses côtés, sans oublier et perdre son meilleur Ami ? Ou alors, cette confusion sonnera-t-elle le glas de cet Amour ?

 Harmony 18 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne voit l'automne s'étendre, tout doucement, balayant l'été et laissant les feuilles mortes des arbres, joncher le sol. "Les feuilles tombent", songe-t-elle et elle déteste cette saison qui file droit vers l'hiver. Brrr !!! Le matin, il commence sérieusement à faire frisquet et le soleil lui manque encore plus pour libérer son esprit, vers de solides pensées.
Lorsque son Amour n'est pas présent, il lui manque, un peu seulement parfois, car elle aime sa solitude aussi ; "son coin-à-elle". Et elle pense à sa vie, celle qui devrait s'unir officiellement à son Aimé (quand, c'est un projet, elle n'en sait rien et lui ?). Chaudement vêtue, d'un long manteau beige et d'une belle écharpe marron, aux couleurs du feuillage, elle se promène, sans but réel. Elle marche, elle marche, sans trop savoir où aller, mais en pensant trouver peut-être, une solution à ses questions. C'est étrange, car elle ne croisera pas beaucoup de promeneurs, c'est certain, mais elle ne se sent pourtant pas seule aux détours des chemins. Un homme, qu'elle n'avait pas vu, l'aborde, cigarette à la main, et lui demandant du feu. Il y a bien longtemps que Julianne ne fume plus, et elle n'avait jamais été une grande fumeuse. Elle répond négativement et continue son chemin, tandis que l'homme reste comme scotché sur place, en la regardant. Elle le sait, car elle s'est retournée et l'a vu immobile. Elle songe alors qu'il a dû la trouver mystérieuse, car elle se dissimule sous ses lunettes de soleil, bien sombres.
Lui aurait-elle plu, ainsi vêtue ? Plaisait-elle encore ?
Ceci ne l'aida guère dans ses pensées ! Le trouble était revenu de plus belle, au lieu de continuer de prolonger l'apaisement de cette solitaire promenade.
Enfin, solitaire... Car Julianne ne l'était pas en pensées et même, elle se surprenait à s'exprimer de vive voix, comme si elle avait son Amour et son Ami à ses côtés, leur parlant, sans qu'ils ne puissent toutefois se voir. Mais aucune réponse en retour sur sa voix.
Il y avait bien trop longtemps maintenant, que cette situation durait pour qu'elle ne "purge" son esprit torturé.
En fait, elle voulait les deux, voilà ce qu'elle voulait !
Elle réalisa alors, qu'elle vivait comme une adolescente à ses premiers émois ! Mais adolescente, elle ne l'était plus ! Elle avait brisé un homme en tant qu'époux et elle voulait réussir Leur Amitié, tout en reconstruisant sa vie.
Maintenant, elle frissonnait légèrement. Le froid, la réflexion, les deux ? Elle allait rentrer car tout cela lui avait donné mal à la tête et le vent était venu l'assaillir. Ce vent qu'elle aimait pourtant, l'emportait dans un tourbillon de tourments à nouveau, même si une idée avait germé dans son esprit. C'en était assez pour aujourd'hui, c'était certain. Il fallait rentrer à la maison, car dire "chez elle", était encore un bien grand mot. Jamais elle n'avait pris possession de cette maison qu'elle partageait avec son nouvel Amour. Et pour cause ! Elle comprit alors qu'elle ne pourrait le faire sans avoir résolu ce conflit qu'animait ces ou "ses" deux hommes. Et dire qu'aucun d'eux ne savaient vraiment qu'ils étaient source de conflit pour elle !
Et pourtant... Car les deux hommes se connaissaient et avaient même été amis avant. Julianne avait donc beaucoup marché et s'était un peu égarée sur les routes et les chemins. Elle ne connait pas bien cette commune où elle réside depuis quelques temps déjà, et elle mit une bonne heure à retrouver sa porte. Quelques gouttes l'avaient accompagnée au retour, mais elle ne détestait ni la pluie ni le vent. Sauf que là, elle était pressée de rentrer et de prendre une aspirine, avec un bon chocolat chaud ou un cappuccino.

 Harmony 18 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne s'est remise de ses interrogations, mais il restait toujours l'émotion. Tout cela lui avait permis de s'aérer, certes, mais rien n'était résolu ni proche de l'être. La question à se poser, était de savoir "qui Julianne aimait" !
Un bon café l'aiderait à passer un moment et puis il a la réputation de favoriser la mémoire ! Dieu sait combien Julianne en avait besoin. Oui, il lui fallait "se souvenir". Se souvenir pour oublier le passé ? Pour aller vers l'avenir ? "Encore" d'autres questions sans réponses, bien sûr ! Les journées étaient longues, sans passion, sans but réel, que celui de "vivre au mieux chaque instant". Lassive, oui, elle l'était. Plaintive, non, mais son coeur lui faisait sans cesse mal. On aurait dit une horloge qui tournait à l'envers, pour remonter le temps et retourner dans le passé. Un passé à décomposer très certainement, mis ensuite à l'imparfait, avant le temps "présent". Alors le futur... Pourtant indispensable de retourner dans le passé, pour avancer vers le futur. Mais les tables de conjugaison l'attendaient, par étape, très certainement, comme l'écolier franchit les niveaux scolaires, et la grammaire. Difficile parcours... et Julianne ne savait pas si elle serait capable de franchir les dites étapes. Ses journées pouvaient être une demie-joie, comme un enfer au coeur de l'ennui.

 Harmony 19 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Ce matin, Julianne s'éveilla pleine d'entrain. Encore au lit elle pensait à tout ce qu'elle avait envie de faire. Superbe journée en perspective ! Déjà, une douche chaude, presque brûlante, viendrait l'extraire définitivement de son sommeil. Zut, étourdie, elle n'avait pas mis le radiateur en marche et il faisait un peu frisquet... Le premier grain de sable dans l'engrenage ? Allez, un petit déjeuner solide pour changer et la salle de bains serait à température ensuite. Deux oeufs mollet, des mouillettes, un café ; indispensable celui-là, avec un nuage de lait et ce serait un bon début. Julianne n'ouvrit pas les volets, préférant se réserver la surprise du temps, en sortant. Car elle avait pensé renouveler sa promenade d'hier. Pas un bruit à la maison, le parfait silence régnait et créait une ambiance feutrée. Finalement, elle se sentait très seule dans cette maison, bien trop grande à son goût. Pour une fois, elle ne regarda pas l'heure, chose bien anormale pour elle qui ne pouvait se passer de sa montre. D'ailleurs, un réveil se reflétait en permanence, au plafond, du soir jusqu'au matin. Il égrainait ses heures sans sommeil. Son Amour était parti depuis un certain temps, bien longtemps sans doute, tandis qu'elle flânerait devant son petit déjeuner. L'eau venait de cesser de frémir, le minuteur d'afficher le temps de cuisson. Il était temps de prendre ce petit déjeuner, "sans horaire". L'idéal eut été de le prendre confortablement installée au lit, ce qu'elle fit. Le téléviseur la regardait, comme s'il l'appelait, mais elle ne céda pas au "clic" de la télécommande pourtant à ses côtés. Déjeuner en paix ! Elle prit son temps, celui qu'elle ne regarda pas au plafond où l'heure s'affichait toujours cependant. Lentement, elle se leva ensuite. Telle un chat, elle marcha d'un pas aérien et cette fois, se dirigea vers la douche. Il faisait suffisamment chaud. Les aiguilles du temps semblaient loin. Après la douche, elle pensa aux vêtements qu'elle allait revêtir ce jour. D'un coup, elle sentit l'envie de regarder l'heure, mais s'en empêcha. Nous étions en automne, n'est-ce pas ? Alors elle allait jouer un tour au temps et inverser la saison ? Pour elle, ce serait l'été, ou presque... Pas de couleurs foncées, mais du clair, néanmoins chaud, douillet. Le bleu, sa couleur favorite. Il serait marine et clair. Un pull en maille chenille aux tons de bleus mélangés, dégradés et un pantalon confortable, bleu marine. Un coup de crayon bleu ourlerait ses yeux noisettes qui pouvaient légèrement virer au vert, selon les jours, l'humeur, du jour !
Une crème hydratante pour affronter la saison, toujours sans avoir ouvert les volets. Un peu de brillant hydratant sur les lèvres, le plateau du petit déjeuner à descendre, et elle serait prête à sortir... comme hier. La promenade de la veille lui avait paru profitable, car pleine de questions en rentrant, mais de réflexion en marchant. Puis elle s'offrait deux surprises : elle ne connaissait ni l'heure, ni la nature du temps pour l'instant ! Elle choisit son manteau, bleu, marine, bien qu'elle eut aimé du clair, mais la saison était là et elle avait écouté la météo hier soir... Elle opta pour des mocassins, bleus aussi. Elle ouvrit la porte avant de regarder l'heure dont elle avait pourtant privé le plafond de la chambre avant de descendre au rez-de chaussée. Elle avait les yeux fermés, pour avoir la surprise, et prendre une bouffée d'air, toujours sans rien voir. Elle entendit une personne lui dire bonjour, il s'agissait d'une du proche voisinage, qu'elle ne fréquentait pas. Elle répondit, les yeux fermés, ce qui a dû surprendre cette voisine, mais peu lui importait. Il y avait très peu de soleil ; quelques lueurs ténues. Maintenant, elle pouvait regarder l'heure. Il était 10h40 ! Incroyable ! Durant tout ce temps, elle avait "laissé le temps au temps", sans intervenir en le regardant, en le maîtrisant ! Il ne lui manquait plus que ses lunettes... de soleil, toujours sombres à souhait, pour entreprendre sa promenade. Cette fois, elle avait emporté son téléphone, si toutefois son Amour, ou son Meilleur Ami, l'appelait. Elle n'avait pas prévu cela au départ, mais ce fut une impulsion qu'elle accepta. Elle laissa les volets clos, comme pour signaler qu'il était inutile de venir sonner à la porte. Pareil, son téléphone l'accompagnait, mais elle espérait ne pas avoir à répondre, et pouvoir se contraindre à ne pas le faire, si la sonnerie retentissait. Car hier après-midi, il s'était passé quelque chose.

 Harmony 19 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
En faisant quelques rangements, elle trouva quelques lignes, rimes, qu'elle couchait parfois sur le papier. Parmi celles-ci, il y avait une lettre de son Meilleur Ami, son ex-mari, à laquelle elle ne s'attendait pas. Elle fut toute émue en lisant cette lettre. En fin de journée, elle eut besoin de téléphoner à son Meilleur Ami pour lui faire lecture de cet écrit. Il n'a dit mot, juste écouté dans un premier temps. Julianne maitrisait mal son émotion, au point que seuls ses cils inférieurs retenaient tout juste les larmes, prêtes à perler sur ses joues. Son Meilleur Ami et elle discutèrent, assez longuement finalement, sans que Julianne soit cependant satisfaite, à l'issue de cette conversation. A ce moment-là, elle se rendit compte que "remords et regrets se conjuguaient admirablement, en attendant l'aboutissement". Etaient-ce "les fameux 7 ans" avec son Nouvel Amour, qui venaient interroger Julianne ?
Que choisirait-elle entre "remords et regrets", puisque la question se posait aussi, désormais ? Sa promenade le lui dirait-elle ?

 Harmony 20 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Sans choix précis, ses pas la guidèrent vers le même chemin que la veille. Au travers de ses verres de lunettes sombres, elle pouvait entrevoir et imaginer, les couleurs de l'automne. Les feuilles vertes devenues rousses, puis marrons, donnaient une certaine chaleur à cette saison annonciatrice de l'hiver et du froid. Julianne trichait de temps en temps pour apercevoir les coloris mordorés : elle regardait par-dessus ses lunettes ! Elle aurait tout aussi bien pu les retirer, mais elle privilégiait un certain confort sécurisant derrière ces écrans foncés. Elle se sentait rassurée pour vivre ses questions, ses interrogations en suspend, bref, son introspection.
Le vent vint alors lui rappeler qu'elle avait oublié d'entourer son cou et ses fins cheveux mi-longs, d'une écharpe. Quelques mèches volèrent ça et là, se plaquant parfois, sur son visage. Ses pensées se mirent à errer, comme ses pas. "Tout ou presque", venait balayer son esprit. 7 ans de sa seconde vie, avaient en effet sonné. "Sonné ou déjà sonné" ? Elle ne le savait pas. C'était comme de longues fiançailles, sans bague cependant, car précédemment, il y avait eu l'infidélité, l'adultère. Ensuite, la vie à deux avait pris forme, et maintenant, la récente demande en mariage, toujours sans bague. Pour Julianne, ce n'était pas un problème, car elle appréciait aussi ce côté anti-conventionnel, et, en général, elle choisissait et s'offrait ses bijoux elle-même. Des bijoux au-dessus de ses moyens bien souvent, et qu'elle revendait, s'en lassant rapidement. Parmi eux, il y avait toujours un anneau formant une alliance, sans signification pensait-elle, mais était-ce le cas ? Une de ces alliances, d'ailleurs, serait celle de son second mariage : intéressant n'est-ce pas ? Elle ne pensa plus beaucoup à l'éventualité de cette union officialisée, mais plutôt à l'émotion générée par "la lettre oubliée", puis "remords et regrets" vinrent alors lui vriller les tempes.
Finalement, elle ne ferait sans doute pas les choses auxquelles elle avait songé à son réveil, c'était certain, car cette réflexion emplissait son esprit confus, et elle errait, marchant toujours et encore, vers une destination inconnue. Elle pensait à sa vie "de tous les jours et d'un jour" ; celle de son passé, bien plus qu'à celle de son avenir. Le futur lui semblait encore trop loin pour être envisagé, et certainement la raison pour laquelle elle ne pouvait croire à un second mariage. Elle avait trop de comptes à régler encore, avec son passé décomposé.
Le clocher du village lui rappela l'heure en sonnant les 12 coups de midi.
Julianne n'avait pas faim et s'aperçut alors qu'elle marchait depuis bien longtemps ! Maintenant, il fallait faire demi-tour, mais choisir et s'expliquer avec "remords et regrets". Car c'est son nouvel Amour qui à l'époque, lui avait posé cette question, sans qu'elle n'en jugea pleinement l'ampleur. Elle lui avait paru assez simple, mais aujourd'hui, il en était tout autrement !
Si elle avait choisi de refouler ses sentiments , elle aurait eu des "regrets pour toujours", face à ce nouvel Amour qui s'offrait à elle. Puis les "remords" venaient la frapper, car elle regrettait sa trahison, le mal qu'elle avait pu faire en blessant cet homme idéal... Mais encore, les "remords et regrets" de sa vie passée. Il lui fallait l'admettre ! Elle "regrettait tout cela" et toujours le même constat : elle voulait les deux hommes de sa vie, sauf que c'était impossible, puisque désormais, elle avait "Un Meilleur Ami".
Comment admettre une telle situation sans pouvoir l'évoquer avec une tierce personne ? Il s'agissait d'un vrai "casse-tête", au sens propre comme au figuré, et les maux de tête étaient encore au rendez-vous.
Il était un peu plus de 13 h lorsque Julianne rentra à la maison. Cette fois, elle n'avait plus envie de rien. Elle se sentait "creuse et fade", terne comme un ciel d'orage avant la pluie. Elle était mal dans sa peau, triste et perturbée. Les larmes n'étaient pas au rendez-vous, mais tout de même, la limite était proche d'être franchie.
Puis toujours et encore, pourquoi se torturer avec ce qui appartenait désormais au passé, se dit-elle, pour essayer de ranimer la flamme de son coeur assombri ? Seulement, elle aimait les deux hommes de sa vie, nul doute n'était permis.
Subitement, elle se mit à penser à ce "futur mariage". Cette jolie demande faite surtout pour lui faire plaisir, devant la "fontaine des mariages", durant une romantique promenade en calèche, à Vienne, ville du château de l'impératrice Sissi. Elle n'avait aucune idée de la date possible, et c'était aussi bien pour elle. Ce "projet" ? Elle ne l'imaginait pas réel. Aussi, elle n'en parlait plus vraiment et son nouvel Amour, non plus. Elle avait juste émis le souhait qu'il n'y ait personne, car elle ne se sentait pas à l'aise lors des cérémonies, tout en sachant que ce serait impossible pour son nouvel Amour. D'autant qu'il serait très embarrassé pour annoncer cela à sa famille. Julianne n'était pas très appréciée dans "ce clan familial" ; elle n'y avait absolument pas sa place, car elle était trop différente et incomprise. Pour Julianne, la situation était simple, elle n'avait plus de contact avec son frère, suite à beaucoup de malentendus, et il était sa seule famille directe. De même, elle avait peu d'Amies mais un Meilleur Ami !
Un bon café viendrait encore à son secours, puis il lui remplirait son estomac vide et douloureux, que cette situation insoluble, maltraitait.
Elle ôta ses souliers, son manteau, et mis cette écharpe oubliée pour sortir, histoire de conserver un peu de chaleur.

 Harmony 20 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne venait de « se battre » avec « remords et regrets ». Certes, elle vivait les deux, elle le savait depuis un certain temps déjà, il fallait "juste l'admettre" ! Mais elle n'avait rien appris de nouveau non plus. Elle regarda ses mains, récemment manucurées et les anneaux, qui entouraient chaque annulaire. A droite, un jonc massé en or jaune, serti de cinq diamants, alignés un sur deux. A la main gauche, trois anneaux d'or jaune, rose et gris, entrelacés, ornaient son doigt. Elle ne portait pas l'alliance demi-tour diamant qui « devrait être » celle de sa seconde union. Elle ne la portait que pour sortir, et encore, pas à chaque fois. Son Amour trouvait normal que ce bijou qu'elle s'était elle-même offert, il y avait désormais plus d'un an, devinsse son alliance lors de « leur mariage futur ». Pour lui, ainsi il n'y avait pas d'erreur sur le choix du modèle, car il savait combien Julianne était difficile concernant les bijoux. Son raisonnement se tenait ; et puis cadrait bien avec le côté « hors norme, anti-conventionnel » que prônait Julianne. Cependant, elle n'avait toujours pas trouvé la ou les raisons, qui l'attiraient invariablement vers les alliances à chaque fois qu'elle passait devant une vitrine ! Lorsqu'elle était seule, elle s'y attardait. Sinon, elle faisait mine de ne pas les regarder, tout en prêtant un úil malgré tout. Son nouvel Amour lui avait récemment dit qu'il ne fallait peut-être pas qu'il tarde trop à l'épouser, car à la vitesse où elle se lassait des bijoux et les revendaient, elle n'aurait bientôt plus cette alliance pour le jour J ! Il n'avait pas tout à fait tort... Autrefois, Julianne aimait porter ses bijoux tous les jours. Plus maintenant. Elle aimait les posséder, bien rangés dans leurs écrins, savoir qu'ils étaient là, puis dans un des tiroirs de sa coiffeuse bois de rose installée dans la chambre. C'était également une énigme à résoudre un jour, c'était certain ! En tout cas, les heures s'étaient écoulées à une vitesse hallucinante ! C'était plutôt bien pour Julianne, car d'habitude, ses journées étaient souvent longues et ennuyeuses. Elle s'était faite une raison ; enfin, c'est ce qu'elle se disait... A vrai dire, au fond d'elle-même, elle savait que c'était important de n'avoir pas été prisonnière de sa montre aujourd'hui ! Et oui, comme elle n'avait pas de but, regarder l'heure, les minutes parfois même, faisait parti de son quotidien. Elle aurait du téléphoner à une des ses Amies, mais ne l'avait pas fait et maintenant, l'heure était passée. Samedi et dimanche, elle éviterait, et lundi, peut-être... Décidément, sa défunte mère avait raison, lorsqu'elle lui disait, qu'enfant, elle ne savait pas s'occuper. Elle disait vrai et cela n'avait pas changé. Elle n'était ni une ménagère accomplie, pas plus qu'elle ne possédait un don ou une « facilité » quelle qu'elle soit. Elle avait essayé à maintes reprises d'être cette femme-qui-ne-travaille-pas, mais ses efforts ne se couronnèrent pas de succès ! Et Dieu sait qu'elle y avait mis tout son cúur ! Mais cette maison était assurément trop grande et elle lui faisait peur aussi, logée dans cette voie sans issue. Alors elle était comme Pénélope, mais sans tisser sa toile, en attendant que son Ulysse soit de retour, chaque soir. Elle l'avait cependant choisie, cette maison, certaine et bien convaincue de s'y plaire. Elle serait le nouveau départ de sa nouvelle vie, avec son nouvel Amour. Et puis non, finalement, elle regrettait d'être éloignée de ses centres d'intérêts passés.
Elle avait même voulu mourir pour ça.
L'addition était bien plus lourde moralement surtout, et financièrement aussi, car elle ne lui permettait plus d'espoir de solitude, d'un « chez-elle », au cas où sa seconde vie n'y survivait pas. Elle luttait pourtant de toutes ses forces, mais rien à faire, cette maison ne l'accueillait pas... La porte laissait comme un souffle d'outre-tombe derrière elle, lorsqu'elle la refermait. Une sorte de prison fermait ses grilles, et elle se sentait partagée entre l'envie de l'aimer, pour y rester sans sortir et, le désir de sortir, pour s'en échapper. Les rues, les chemins aussi, lui faisaient peur. Elle ne voulait plus apprendre à les connaître, les apprivoiser, et pourtant, elle s'y forçait. C'est pourquoi elle portait ses lunettes sombres, pour ne voir que l'essentiel, et allait au hasard. Au moins, ses pas la ramenaient toujours à « la maison ». D'ailleurs, la jolie cheminée n'avait jamais abrité un feu, car Julianne n'avait pas fait le nécessaire non plus, pour que cela soit possible. Et encore « le passé » qui revenait, toujours le passé ! Et dire qu'elle en avait épluché des annonces immobilières, lasse, chaque jour qui passait, de n'avoir rien trouvé. Cette maison lui avait cependant plu au point de vouloir y vivre avec son Amour, mais aujourd'hui, elle la trouve terrifiante, étouffante, et toujours... trop grande, bien trop grande.
Il commençait à faire sombre, et elle réalisa seulement, par la fenêtre de la cuisine dont on ne fermait jamais les volets, que la nuit était presque tombée ! Bien sûr, elle n'avait pas ouvert les autres volets aujourd'hui, et cela ne lui avait pas manqué. Il lui arrivait de ne pas ouvrir les volets donnant sur « l'impasse », où elle faisait toujours et encore, la sienne. Car chaque jour passait, et ces maudites questions sur sa vie d'avant et actuelle, la harcelaient de manière harassante. Alors elle aussi, était au fond d'une impasse, d'une voie sans issue, et c'était terrible de se coucher et se lever en y pensant !

 Harmony 22 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Il était bientôt l'heure de préparer à dîner, ou un en-cas. Julianne faisait attention à sa silhouette, car malgré son âge, qu'elle ne paraissait apparemment pas, les années s'affichaient au compteur de la vie. Elle venait d'atteindre 46 ans, et désormais, la cinquantaine lui souriait encore d'avantage. Ce n'était pas un soucis majeur pour Julianne. Mais, malgré tout, elle se plongea quelques 25 années en arrière. Elle avait très mal vécu son 25ème anniversaire d'ailleurs, et avait alors pensé qu'à 40 ans, sa vie n'aurait plus aucun sens. Tout cela lui revint en mémoire, car elle aurait sous peu "2 fois 25 ans". Le temps passait, en effet ! Puis c'est également à l'approche de ses 40 ans, que sa première vie s'était étiolée, pour laisser place à la seconde. Comme quoi, parfois, les idées que l'on peut avoir, tout comme les rêves, ne restent pas forcément dans le néant. Un autre hasard...?

 Harmony 22 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne ne croyait plus tellement au hasard, mais plutôt à "la destinée". Elle l'avait d'ailleurs dit, à son Meilleur Ami, son mari à l'époque, : "je ne désirerai plus rien à 40 ans". Jamais elle n'aurait cru que son mariage puisse prendre fin un jour et que cette phrase puisse être vrai à ce point ! Elle se souvint alors, tandis qu'elle préparait une tranche de colin à l'aneth, qu'elle servirait sur un lit de tomates confites aromatisées au basilic et à l'huile d'olive, qu'elle avait bien failli ne pas signer le jugement de divorce. Son Meilleur Ami maintenant, encore son époux à l'époque, et elle, étaient arrivés en retard au Tribunal. Son coeur cognait si fort au creux de sa poitrine serrée, comme au jour de son mariage, qu'elle se sentait incapable d'accomplir ce geste final. Elle ne le voulait pas, ne le pouvait pas. Sa douleur était trop intense et elle réalisa vraiment alors, qu'une partie de sa vie s'en allait en cendres, comme elle ne le souhaitait pas. Son mariage était consumé, il ne restait rien. Rien que ses yeux pour pleurer... auprès d'un Meilleur Ami désormais... et... son Nouvel Amour. Il fallait signer, les dés étaient jetés ! Voici la manière dont elle n'aurait jamais imaginé "ses 40 ans, c'était certain !
Son Nouvel Amour venait de franchir le seuil de la porte ; elle s'avança doucement, et lui demanda si sa journée n'avait pas été trop difficile. Elle annonçait le week-end. Ensuite, il fut temps de s'approcher du dîner, dont elle ne prit rien. Manger devenait compliqué pour Julianne. Elle "vomissait" une partie de sa vie et de ses erreurs, alors s'alimenter... Et encore, s'agissait-il d'erreurs ? Elle ne le savait toujours pas et le saurait-elle un jour seulement ? Toutes ces questions embrumaient sérieusement son esprit, au point qu'elle en venait à craindre pour sa santé mentale parfois. Pour une réponse, une autre question s'annonçait et laissait Julianne à chaque fois suspendue à ce point d'interrogation qui la rongeait. Sur l'instant, elle ne pensa qu'à une chose : aller s'allonger et guetter le sommeil de la nuit, si tant est qu'il puisse être paisible. Elle pria pour qu'il arriva vite. Cette journée avait finalement été longue, même si les aiguilles du temps, l'avait laissé passer vite. Il fallait dormir en espérant ne pas rêver, ni faire de cauchemars. Tout était toujours tourné vers son passé, car elle ne faisait pas le deuil de cette partie de sa vie. Avait-elle réellement envie de se tourner vers le futur, l'avenir ? Elle pensait et disais souvent que son "avenir" était "un passé", car elle pensait à son âge, bien sur. Et pourtant, elle prenait soin de son apparence, afin de préserver les quelques années de moins, qu'elle paraissait. Demain serait un jour un peu différent, car il s'agissait du week-end. Julianne ne serait pas seule.

 Harmony 24 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne avait vu s'écouler un week-end sans surprise. Son Amour l'avait pourtant invité à regarder si un spectacle, une pièce de théâtre, pouvait lui plaire, sachant qu'elle aimait le théâtre. D'ailleurs, elle se rappela alors que dans la période de son adolescence, il y avait "au théâtre ce soir", qu'elle ne manquait jamais. Et encore un retour vers le passé !
Julianne s'était habituée à ses promenades solitaires. Décision était prise d'affronter les frimas de l'automne. Deux degrés ce matin, c'était fort peu ! Elle était fin prête à sortir malgré tout, et à continuer d'entretenir le côté mystérieux de cette femme chaudement vêtue, et au nez toujours chaussé de lunettes sombres, peu importait qu'il y eut du soleil ou pas. Le soleil était là, c'était parfait !
Les toits des maisons affichaient de la gelée blanche ; les voitures avaient leur pare-brise glacé. Ce temps était beau, et triste à la fois. Il représentait le coeur de Julianne.
Elle croisa deux femmes, très courageuses ; elles faisaient leur jogging. Plus loin, un couple un peu âgé, qui main dans la main, donnait à manger aux 3 seuls et uniques canards présents. Ces deux personnes faisaient plaisir à voir ; si unies, elle le ressentait, si proches. Elle aimerait bien connaitre ce même bonheur, à leur âge. Puis chemin faisant, elle croisa des jeunes gens, très certainement en route pour le collège.
Elle glissait sur le sol, d'un pas aérien, frôlant les feuilles mortes à terre, comme si elle était en lévitation. Toujours sans trajet précis, elle emprunterait les chemins s'offrant à elle, et ils ne manquaient pas. Elle regarda l'heure cette fois-ci, sur son téléphone mobile, qui ne sonnerait pas ; comme d'habitude d'ailleurs. Jamais plus il ne sonnait. Il était 09h37, ce que sa montre, or et acier, avec un saphir cabochon sur le remontoir, confirma. Elle n'avait toujours pas d'horaire, pas de but, personne ne l'attendait. Il était loin, le temps ou son téléphone sonnait et épuisait parfois son forfait mensuel, tandis qu'elle, s'épuisait à attendre l'appel tant désiré ! Son forfait ? Il ne servait qu'à deux numéros désormais, et surtout un d'ailleurs, qu'elle appelait. Celui de son Amour et de son Meilleur Ami. Son Amour l'appelait plutôt "à la maison" , où elle était recluse... Enfin, recluse... Tandis qu'elle lui téléphonait avec, histoire d'utiliser l'appareil.
Elle constata alors, que ne plus recevoir d'appels, la peinait beaucoup. Elle se sentait d'avantage coupée du monde ; ce monde qu'elle évitait pourtant.
Son moment privilégié avec l'extérieur, restait désormais ses longues promenades. Elle devenait une autre personne. "Enfin" un être vivant en tant que tel !
Ses doigts cherchèrent les poches de son manteau, pour s'y réchauffer. Elle y trouva une paire de gants oubliés, qu'elle enfila délicatement, après avoir essuyé deux larmes. Des larmes ? Mais pourquoi ? Le froid sans doute. Chemin faisant, elle pensa combien elle aimerait à nouveau se sentir bien un jour et pour toujours ! Puis surprise :
Le téléphone sonna !
Deux personnes pouvaient l'appeler : Son Amour ou son Meilleur Ami.
Et non, une banale erreur de numéro, mais une voix si suave, si agréable que la conversation avec cet inconnu, dura un peu. Il s'excusa ; elle répondit qu'il n'y avait pas de mal et il lui parla du temps qu'il faisait... à Monaco ! Julianne rêvait de Monaco, mais il ne le savait pas. L'inconnu se présenta comme architecte, cherchant à joindre une société immobilière pour laquelle il était prestataire de service. La conversation prit fin et Julianne était ravie, que la sonnerie ait retenti ! Il y avait si longtemps ! Son téléphone avait sonné au-jour-d'hui et on lui avait dit aussi, que sa voix était mélodieuse, jeune... Elle existait donc encore ?

 Harmony 25 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Elle parla encore à haute voix, toujours comme si son Amour et son Meilleur Ami étaient à ses côtés. Julianne avait terriblement besoin d'aide et espéraient « leur » réponse. Les larmes se mirent à couler et elle ôta ses gants pour saisir un mouchoir. Elle regarda ensuite ses doigts, parés des deux alliances et resta le regard fixe et vide à la fois, devant ses annulaires. Il fallait qu'elle trouve un banc pour s'assoir, car elle se sentait comme ivre et titubante. Enfin assise, elle repensa à son inexplicable attirance vers les alliances. Elle eut l'impression qu'aucun de ses anneaux, si prestigieux soit-il, ne pourrait trouver « sa représentation exacte ». Jamais elle ne serait donc heureuse et son bonheur dépendait-il d'un anneau ? Et son Amour qui ne semblait pas pressé de l'épouser... Il ne devait pas comprendre que pourtant, c'était crucial, afin qu'elle puisse changer sa vie au plus profond d'elle-même, en passant enfin à « la leur ». C'est ce qu'elle pensait sincèrement, mais êtes-ce vrai pour autant ?
Julianne n'était pas faite, décidément, pour vivre en couple ? Un lumineux mi-temps lui conviendrait mieux, peut-être, mais elle ne pouvait plus faire marche arrière. Son Amour et elle, ne pourraient trouver à se loger. La dure réalité de la vie et celle du marché de l'immobilier, la firent redescendre sur terre. Elle ne se sentait pas bien du tout et totalement incapable de rebrousser chemin. Elle avait froid maintenant, elle était transie, mais resterait assise, le temps que son malaise daigne la quitter. Tout ça parce qu'elle avait regardé deux alliances ! Hallucinant, n'est-ce pas ? Beaucoup d'épisodes, de flashes de sa première vie, lui revinrent en mémoire. Sa mère lui avait dit un jour, que l'alliance de son mariage, remplacée par un anneau de diamants, risquait de ne pas lui porter chance ; elle n'était pas bénie. Elle eut raison, même si depuis, elle s'était séparée des deux bijoux. Il ne lui restait plus rien de son mariage, pas même une photo. Le ciel était devenu gris, petit à petit, et quelques promeneurs regardaient cette femme assise. Elle se sentait toujours aussi mal, car son esprit était en ébullition. Ses idées allaient tout azimut ; tout se mélangeait.
Julianne pleurait maintenant. Elle se retenait pour ne pas laisser venir de gros sanglots, et pourtant, elle aurait voulu pouvoir crier sa douleur. Elle se sentait comme une bête blessée. Malgré cela, elle eut la force de se lever et de fuir vers cette maison qui lui semblait hostile. Mais où pouvait-elle aller, si ce n'est là, « chez-eux » ?
Malgré ses larmes, Julianne n'ôta pas ses lunettes. Il ne fallait surtout pas que l'on puisse la voir pleurer. Elle était seule et souhaitait le rester plus que jamais. Elle rentra en toute hâte, même si un vent contraire semblait la retenir. Elle était à bout de force, épuisée, usée par son psychisme torturé et la fatigue morale qui allait avec.
Jamais elle n'avait été comme tout le monde, sans pour autant cultiver sa différence. Des années durant, elle avait su contenir tout ce mal qui la rongeait. Ses démons appartenaient à sa petite enfance, puis avaient évolué avec le temps, dans sa vie de jeune-fille, puis de femme.
Elle n'en sortirait jamais alors ?
Pourtant, elle avait existé, hier, au téléphone avec cet inconnu. Ce moment lui avait paru doux et chaleureux. Conserver ses lunettes noires en toutes saisons, était important, car c'est ainsi qu'elle voyait sa vie en marchant, en pensant. Comment pouvait-elle la voir d'une autre couleur ?
Julianne ne sortait plus, ou très peu, et souvent, par obligation, devoir. Elle avait lamentablement fui les centres commerciaux, lorsqu'elle avait tenté de s'y rendre seule. Elle avait eu honte de ne pouvoir franchir cette étape. Alors à quoi bon ? Un de ses deux rêves de petite fille s'était pourtant réalisé : conduire une voiture de sport, ou rapide. Maintenant, elle avait peur. Non pas pour elle, mais pour les autres. Si ce n'était qu'elle... Oui, elle souffrait et faisait souffrir aussi son Amour et son Meilleur Ami.
Sa vie était assez creuse, sans réel intérêt autre que se lever le matin, respirer, enfin « être » tout simplement.
Son Amour lui disait souvent qu'elle femme séduisante elle était toujours. Julianne n'était pas d'accord, et même si elle faisait attention à sa silhouette, elle se trouvait fade et sans lumière. Elle n'aimait absolument plus le reflet du miroir. Aussi, le plus souvent possible, elle passait vite devant lui, pour « s'éviter ».
Julianne n'avait plus fait de lèche-vitrine, seule, depuis un peu plus de trois ans maintenant. C'était anormal. Et lorsqu'elle se trouvait en balade avec son Amour, elle sentait la pression étreindre sa poitrine. Elle aurait tant aimé retrouver au moins, cette période de sa vie, celle où elle pouvait être autonome, avant que les années ne l'en empêche. Son courage n'y suffisait pas et son thérapeute, non plus. <br>

 Harmony 26 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Tout se compliquait tellement, alors ses jours pouvaient être un véritable enfer. Sa thérapie, durait depuis 10 ans et n'avait pas su sauver son couple, au contraire. Ce divorce fut long sans hargne, mais si douloureux. Puis maintenant, elle était comme « La dentelière », dans le film de François Truffaut. Tout devenait si difficile pour Julianne, et elle se souvint alors, qu'elle avait voulu mourir il y a bientôt un an. Combien de fois d'ailleurs, avait-elle voulu mourir vraiment ? Trois fois, très certainement.
Un jour, elle appela son Meilleur Ami au secours. Cela faisait des jours, qu'elle lui téléphonait se sentant arrivée au bout du chemin, vers l'inconnu. Elle était à bout de forces. Elle aurait tout fait pour qu'il lui demande de revenir, et « repartir à zéro ». Mais il ne le fit pas. Il lui apporta son aide, ce qui était déjà beaucoup. Il l'avait alors conduite à l'hôpital, passant de longues heures avec elle, à attendre que quelqu'un la prenne en charge et il était très tard. Julianne devait être transférée vers un établissement public de santé. Ce fut un « emprisonnement volontaire » et une autre épreuve. Rapidement elle partit vers une clinique plus adaptée à sa personnalité et y séjourna un peu plus d'un mois. Elle s'y sentait bien, en sécurité. Puis au tout début, il était clair pour elle, qu'elle ne retournerait pas à « la maison ». Sa vie sentimentale changerait aussi, mais sa santé passait avant. Les jours eurent raison de quelques tourments, et elle comprit qu'elle aimait toujours son Amour. Il avait accouru dès que les visites furent autorisées... et son Meilleur Ami était venu aussi.
Cet épisode de sa vie, resterait à jamais ancré dans sa mémoire, même si celle-ci avait effacé le numéro de la chambre qu'elle avait occupé là-bas. Elle revoyait cet immense séquoia dont les branches se balançaient au gré du vent. Le lit, la télévision, le téléphone à sa gauche, puis la salle de bain sur le côté. Le parc où elle s'était promenée ; l'atelier de coloriage qu'elle avait fréquenté ; la salle de restaurant où elle prenait ses repas, n'avaient pas quitté sa mémoire. Ce qu'elle n'oublierait jamais, était les premiers jours de son hospitalisation, ailleurs, et la promiscuité parfois plus difficile que blessante, qu'elle avait pu côtoyer. Elle s'était crue en détention, volontaire, certes, mais en détention tout de même.
Elle aimait aussi sa solitude, mais pas cette maison dont elle ne prenait pas possession. Il lui faudrait certainement bien plus de temps qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Si tant est qu'elle y arriva un jour, à se sentir chez-elle, dans cette région surtout, qu'elle trouvait hostile. Elle n'avait pas le choix ; il le fallait ! Son Meilleur Ami lui avait téléphoné, sur son mobile, car elle lui avait fait remarquer que son téléphone ne sonnait plus jamais. C'est sa présence qu'elle aurait aimée, mais il avait sa vie, sans Amour, pas comme elle.
Julianne ne parvenait vraiment pas à mettre sa première vie entre parenthèse. Au point qu'un jour, revenant d'une des villes qu'elle aimait toujours autant, elle avait tourné au feu vert, par le pont, vers ce lieu où elle avait été si bien. Faire demi-tour fut un cauchemar qui lui brisa le cúur, une fois de plus, mais ce n'était plus chez-elle. Elle fut alors pressée, paradoxalement, de revenir à « la maison », et de s'y enfermer.
Sa journée était gâchée par ses tourments qui virevoltaient telle les feuilles tombant des arbres. Elle tira les fins rideaux, pour empêcher la lumière du temps, de baigner les pièces. Elle se demanda même si elle n'allait pas refermer les volets. Sa tête explosait de douleur et de confusion. Elle prit place dans le canapé, celui de son bureau, et resta ainsi, interdite, durant plusieurs heures. Elle se balançait d'avant en arrière, pensive, triste, désemparée. Ses yeux étaient rougis par les larmes, et elle voulut bien accepter la réalité. Ses yeux ne pleuraient pas souvent, mais c'était son âme, qui sanglotait. Sans force, elle se leva malgré tout pour aller chercher un peu de réconfort, dans une tasse de café décaféiné. La maison aussi, l'attendait, avec quelques occupations. Qui était Julianne ?

 Harmony 26 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Une femme résignée, un doute vivant, voilà qui était Julianne. Elle eut envie de regarder sa jolie petite auto, qu'elle s'était offerte il y avait quelque mois. Juste la voir, puisque la conduire était une rude épreuve désormais. Son toit et ses rétroviseurs étaient noirs, et la carrosserie blanc cassé. Un problème de plus pour Julianne, celui de sortir et rentrer dans ce garage exigu. C'est elle qui avait voulu que l'on puisse y ranger sa voiture, car jamais de sa vie, elle n'avait eu à gratter un pare-brise lorsqu'il gelait. Puis elle sortait si peu...


 Harmony 28 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Elle aurait tant voulu "être autrement" et vivre comme tout le monde. Chaque jour de sa vie était un combat à mener. parfois, tout comme Don Quichotte, elle se battait contre les moulins à vent. Mais pourquoi s'était-elle décidée pour vivre ici que diable ? Elle aurait du et pu dire non ! Car là aussi, Julianne avait hésité à signer l'acte d'achat. Ce jour-là, elle eut conscience de commettre une erreur. C'était la seconde fois. Comme au Tribunal, où forcée, elle avait signé son divorce. Quand aurait lieu la troisième fois, si le dicton "jamais deux sans trois", se vérifiait ? Elle n'avait pas osé insister auprès de son Amour en lui disant qu'elle ne voulait pas quitter cette commune où elle aimait tant vivre. Il avait été si content d'en partir, en laissant derrière lui, le bruit des avions. Julianne était très inquiète pour sa vie future. Elle se demandait vraiment si elle survivrait à cet épineux problème de situation géographique. C'était plus fort qu'elle. Personne ne pouvait comprendre l'ampleur de sa douleur. Sa souffrance était très forte, si intense, que parfois, l'idée de mettre fin à ses jours, lui traversait encore l'esprit, sauf qu'elle n'était pas seule. Même son Amour ne percevait pas le degré de son mal-être. Son Meilleur Ami ? Elle n'en savait rien. Ou alors, aucun d'eux ne pouvait réaliser et comprendre.
Julianne savait que sa vie se jouait à la roulette chaque jour désormais. Il eut été facile de déménager ; "en rêve" seulement ! Son Amour et elle, n'avait pas gagné au loto ! Et des rêves, Julianne en faisait, tout autant que des cauchemars.
Comment pouvait-elle faire le deuil de sa vie passée, alors que les nuits l'y ramenait chaque fois ? Elle revoyait alors son Meilleur Ami et l'habitation qu'elle aimait toujours autant. Cette nuit en plus, une chanson était venue accompagner l'ensemble : "cassé", était le titre et toute la matinée, son esprit en fut occupé.
Son Amour ne voyait pas qu'elle plongeait dans l'abime et s'enfonçait dans un puits aux parois lisses. Un goulot d'étranglement l'attendait, comme celui qui serrait sa gorge et ses mâchoires, et elle descendait, petit à petit.
Son thérapeute n'était pas dupe. il connaissait parfaitement son travail ainsi que les rouages de l'esprit de Julianne ; depuis le temps. il voulut de nouveau la voir en consultation chaque semaine. D'une part, elle sortirait, par obligation, certes, puis il contrôlerait ce qu'elle ne maitrisait presque plus. Comment parvenait-elle, une fois de plus, à dissimuler une partie de ses états d'âme ?
La première fois, ce fut différent, elle avait cru avoir perdu son Amour. Les choses avaient été plus faciles. Elle avait progressivement cessé de s'alimenter et son Amour n'avait pas noté ce changement. Julianne se nourrissait peu, afin d'éviter les prises de poids, alors... Là, elle versait vers "le sucré", mais c'était toujours ainsi avant la grande descente vers la route de la faim, qu'elle choisissait volontairement.
Mais cette fois, il lui disait fréquemment combien il l'aimait et puis il souhaitait l'épouser, même si elle ne savait pas quand, car il avait fait officiellement fait sa demande.
Julianne priait Dieu chaque jour désormais, pour que l'on transporta cette maison ailleurs, et pour cela, elle accepterait même que l'on amputa celle-ci de son bureau. Elle se disait qu'elle finirait bien par être entendue, il ne pouvait en être autrement. Entendue, elle le serait certainement, même si la mort devait venir la cueillir pour cela.
Voilà une journée de plus qui tirait sa révérence. Et le malaise était le même ; rien n'était changé ou proche de l'être. Demain, elle tenterait de ré-apprendre à vivre, en sortant, en conduisant, pour aller à l'une de ses consultations. Mais le tout, toujours par obligation. Son thérapeute serait parvenu à l'extraire, au moins un moment, de cet endroit qu'elle jugeait hostile.

 Harmony 28 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Il importait tant à Julianne de se sentir bien dans cette maison, qu'elle priait aussi, pour que cela soit. A se demander si Dieu ne s'y perdrait pas lui-même un jour, lorsqu'il entendrait ses prières ! C'était si horrible de vivre dans un tel désastre moral, tout ça pour quelques murs et des kilomètres la séparant d'un lieu qu'elle aimait ! Etait-ce si déraisonnable que cela ?
Julianne n'avait même plus le plaisir infini, de promener ses superbes chiennes collies, que tout le monde regardait. De sublimes dames, disaient-on d'elles, tant elles étaient belles... et si mal brossées désormais, pensait Julianne ! Elle avait honte, mais la balade était devenue un devoir, une autre obligation, voir une corvée, plus qu'un réel plaisir. Autrefois, il y a quelques années seulement, tout était bien différent. Elle revit alors les rives de l'Yvette, où, tôt le matin, vers 6 h, elle promenait ses
« deux belles », en liberté. Paper et Scarlett étaient alors libres, en effet. Scarlett fonçaient sur les canards, afin qu'ils aillent à l'eau, tandis que Paper flânait, toujours un peu en retard. Il y avait bien un chat de temps à autre, mais pas de risque, la rue était loin. Désormais, depuis presque 3 ans, Paper et Scarlett se promenaient en laisse, car il y avait beaucoup de chats, et les routes étaient trop proches. Julianne ne loupait aucune des promenades matinales cependant, même s'il lui coûtait de sortir. Le temps ne l'en empêchait pas, car Paper et Scarlett, avait besoin de se dégourdir les pattes, qu'il pleuve ou qu'il neige.
Heureusement, les collies avaient le jardin, qu'elles délaissaient pourtant, lorsqu'il commençait à faire plus froid, pour aller s'installer sur le canapé du bureau de Julianne. Ce canapé, elle l'avait acheté rien que pour elles. Lorsqu'elles étaient toutes deux couchées, il ne restait pas une seule place. Ce bureau était leur refuge, leur antre. En fait, elles n'avaient pas tant besoin de place, pour trois. Juste de quoi bouger, de s'ébattre un peu à l'intérieur. Julianne se rendait compte qu'elle aurait pu habiter seule, mais était-ce vraiment ce qu'elle aurait voulu ? Et son Amour alors ?
La confusion refit surface de plus belle, après une nuit de repos, peuplée tout de même, de quelques cauchemars et réveils nocturnes. Elle n'aimait pas être à nouveau réveillée, cela lui rappelait de trop anciens souvenirs.
Etait-il possible qu'aucun homme ne puisse la garder durablement à ses côtés ?
Son Amour préfèrerait sans doute avoir mal de suite, plutôt que de laisser le temps et les années passer, pour aller vers une fin de leur histoire de toute façon. C'était un raisonnement logique. Ses propres réflexions faisaient peur à Julianne. Qu'allait-il advenir de leur vie, si elle continuait à survivre dans ces lieux ?
La matinée commençait bien mal, pensa-t-elle. Pourquoi fallait-il qu'elle se posa toutes ses questions ? Le médecin de l'âme ne parvenait pas jusqu'à présent, à lui faire trouver les réponses. Elle se souvint, qu'une fois en consultation, ils avaient parlé d'une personne ne se plaisant pas où elle résidait. Julianne avait marqué son étonnement, car le lieu en question, elle le connaissait. Maintenant qu'elle était confrontée à cela, oui, elle « comprenait ». Qu'allait-elle faire aujourd'hui pour éviter le désarroi et l'ennui ?
Avant, elle aurait systématiquement joué de la télécommande pour allumer la télévision. Elle lui procurait un fond sonore, même si elle ne la regardait presque pas. Maintenant, elle visionnait à peine les enregistrements de la veille, ou de l'avant-veille. Le fond sonore ne lui était plus indispensable. Elle se sentait comme dans un sanctuaire, où le moindre bruit, venait heurter les murs silencieux. Ses collies aboyaient, un peu trop à son goût, et elle se fâchait après elles. Il fallait même crier, sans trop de succès, pour les faire taire. Julianne voulait du calme, de la paix. Jamais plus elle n'allumait la chaîne Hi-Fi pour écouter un de ses CD préférés. Tout cela était bien trop loin, dans le temps, et distant de son bureau, qui ne l'était pourtant pas.
Il lui arrivait de confier Paper et Scarlett à son Meilleur Ami, leur vrai maître. Là, elle pouvait se lever plus tard, et surtout « dormir pour ne pas penser ».Maintenant, elle avait repris Paper et Scarlett avec elle. Leur maître pourrait se lever plus tard à son tour, car lui, allait au travail ensuite.
Julianne était une sinistrée de la vie, car elle n'était pas comme tout le monde. Sa différence l'avait contrainte à cela.
Elle aurait aimé être vivante à l'intérieur, et elle ne l'était pas. Le temps passait, les années s'écoulaient et de moins en moins, elle avait envie d'être féminine.
Lors de ses promenade solitaires, c'était différent. Sa vie était alors changée, car elle n'avait pas Paper et Scarlett. Elle prenait alors soins d'elle, s'habillant élégamment, se maquillant en terminant par un léger voile de parfum capiteux. Avec « ses belles », c'était autrement. Paper et Scarlett devenaient sa priorité et elle s'éclipsait dans un pantalon de jogging informe, un vieux sweat avachi décoloré par les multiples lavages, et le léger maquillage de ses yeux, n'existait plus, tout comme le parfum restait dans le flacon.

 Harmony 31 octobre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne avait laissé passer un peu de temps dans son esprit. Tout du moins, elle avait tenté que cela soit ainsi, en ne pensant à rien. Des efforts, elle en faisait, c'était certain, mais comme c'était difficile !
Maintenant, elle rêvait à un gain hypothétique au jeu de hasard ! Alors elle faisait des calculs dans sa tête, et à chaque fois, rajoutait un peu au montant du gain, car il ne suffisait pas à l'achat d'un autre bien immobilier, où elle aimerait vivre comme avant. Elle était dans une vraie spirale, aspirée par un tourbillon désespéré. Tantôt elle pensait vraiment qu'elle pourrait parvenir à s'habituer dans cette ville où elle n'avait aucun lien, aucun repère, puis les nuits venaient chambouler tout cela. Et oui, les moments de rêve la conduisaient vers le passé. Pourtant, il devait bien y avoir une solution. Son estomac se serrait de plus en plus et Julianne redoutait les « lendemains ». Il s'agissait d'autres matins, rarement différents. Ils seraient tristes à mourir, comme les journées.
Paper et Scarlett venaient la voir, car elles aussi, ressentaient la détresse de Julianne et elles étaient un peu tristes. Alors Julianne s'occupait d'elles, en les serrant très fort dans ses bras.
« Les belles » étaient son refuge, son havre de paix.
Comment faire face à ce second volet de sa vie ?
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 Harmony 03 novembre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Julianne « harcelait » son ego, sans cesse, sans finir jamais. Elle pouvait être douce, comme acariâtre, dure, blessante.
Elle était rarement la même personne. Cet état nuisait terriblement à son équilibre, et ses relations avec les autres. Son agoraphobie et sa phobie sociale, la brisaient chaque jour d'avantage. Elle voulait qu'il en soit autrement, mais il ne s'agissait que de « mots », allant vers d'autres « maux ». Tout cela était bien plus facile à dire, qu'à faire.
Longtemps, Julianne avait toujours réussi à « paraître » ce que l'on attendait d'elle. Depuis des années, même si elle continuait à le faire, elle n'était plus certaine que la magie opérait encore. Alors des crises de méchanceté où elle pouvait devenir hermétique, venaient briser un moment harmonieux, sans réelles raisons. Certes, elle pouvait s'excuser, mais cela ne suffisait pas et elle aurait aimé pouvoir stopper ces périodes.
Avant qu'elle ne s'enferme dans ce tourbillon de tourments, elle avait donc su paraître avec un certain brio. Personne ne semblait percevoir son mal-être, car elle jouait un rôle. Seulement, contrairement à un brillant acteur, le sien ne cessait jamais. C'était éprouvrant, et Julianne n'en avait pris réellement conscience que vers trente ans. Julianne ne jouait pas uniquement le rôle de sa vie, mais « sa vie », tout simplement. En y réfléchissant, elle s'aperçut alors, qu'elle savait depuis toujours finalement, qu'elle n'était pas « elle-même ». Enfant déjà, elle souffrait d'une certaine différence, vécue au sein d'une famille désunie.
Son refuge, au moment de ses crises, était son Meilleur Ami, car son Amour, lui, ne comprenait pas toujours, ou il ne le montrait pas. D'ailleurs, qui pouvait réellement comprendre ?
Son Meilleur Ami n'était pas toujours disponible, mais au moins, elle avait entendu le son de sa voix. Puis il avait partagé sa vie plus de 20 années avant aussi, en temps que mari.
C'est dans ses moments parfois, qu'elle aurait aimé n'avoir personne autour d'elle. Pas même Paper et Scarlett, afin de pouvoir s'isoler et dormir, artificiellement, bien sur. Car comment aurait-elle pu trouver le sommeil dans cet état ?
Julianne était dépendante d'un traitement médical, qu'elle observait plus ou moins bien à nouveau, oubliant ses médications du matin. « Oublier », alors que Julianne avait une bonne mémoire ! Un signe d'orage, peut-être ? Elle ne le souhaitait pas, mais intérieurement, qu'en était-il ?

 Harmony 05 novembre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
L'automne filait vers l'hiver et ces saisons n'étaient guère les amies de Julianne. L'été avait été triste et pluvieux comme jamais.

 Harmony 07 novembre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Sa vie s'étirait chaque jour, avec une empreinte de lassitude. Chaque soir elle s'endormait sur son passé et chaque matin, elle s'éveillait avec des bleus à l'âme, avant même avoir commencé la journée. Les tâches ménagères occuperaient une partie de son temps, puis elle errerait dans cette maison impersonnelle. Julianne avait l'impression de ne pas être chez-elle, c'était évident. Mais le pire n'était pas là. Un jour, tandis qu'elle repartait d'une consultation médicale, elle en avait oublié sa voiture, commençant à rentrer à pieds, vers cette habitation qu'elle avait tant aimée ! Tout cela devenait grave, car Julianne n'habitait plus là depuis deux années maintenant. Elle fit demi-tour, une fois de plus, comme elle l'avait fait en voiture précédemment, lorsqu'elle avait tourné à droite, au lieu de continuer droit devant. Elle marchait d'un pas lourd, las, épuisé, égaré dans une vie qui ne ressemblait pas à la sienne. Son esprit n'était plus avec elle ; il s'égarait aussi. La panique la gagna, car elle ne savait plus où elle avait garé sa voiture, sauf qu'il n'y avait pas tant de possibilités et elle la retrouva vite.
Elle tomba le nez sur le volant, comme abattue par un coup derrière la nuque et les forces la laissèrent un bref instant. Il lui était impossible alors, de mettre le contact et de penser à partir.
Julianne était perdue, car elle ne savait plus, à l'instant même, où elle devait aller !
Puis elle vit l'heure, et pensa à Paper et Scarlett qui l'attendaient. Alors le brouillard s'est éclaircit et elle savait quel chemin prendre. Elle ne versa aucune larme, elle était blasée, endurcie pensait-elle, sans l'être en réalité. Avec précaution, elle prit la route. 15 kilomètres lui semblaient un long trajet, car jamais plus elle ne se sentait à l'aise en voiture.
En plus, il faudrait parvenir à stationner sans heurt, sa jolie petite auto dans le garage. Comme elle aurait aimé alors, pouvoir être au moins, comme les deux années passées et sortir sans ressentir une enclume au pied, l'en empêchant ! Tout se mélangeait d'avantage, car elle ne se sentait pas bien dans ses murs, mais elle n'en sortait pas. Si elle n'avait pas eu Paper et Scarlett, elle serait recluse, c'était certain. Les belles dames la contraignaient à la promenade matinale. Ces jours-ci pourtant, elle était sortie. Son Meilleur Ami était venu déjeuner rapidement chez-elle, et ils étaient allés au cinéma. La journée fut agréable, mais Julianne ne voulut pas même prêter ses yeux aux boutiques de cet immense centre commercial. Rien ne l'intéressait vraiment, et depuis quelques temps, elle songeait plutôt à faire des économies proportionnelles à son budget, plutôt que dépenser. Elle avait bien trop maladroitement écorné son épargne et jamais plus elle ne parviendrait à la reconstituer, ce qui la chagrinait beaucoup.
Son Amour ne comprenait pas pourquoi épargner lui tenait tant à cúur. Il s'imaginait le pire ; le départ de Julianne, sans lui, vers cet horizon qui lui semblait dégagé, pas comme ici, où il était obscur, brumeux, bouché. Il n'avait pas tort d'y songer, car Julianne y avait pensé, en effet. L'âge était là, et plus elle attendrait si son couple n'y survivait pas, moins elle aurait de capacité d'emprunt, si tant est qu'elle en eut la possibilité dans sa situation particulière. Puis elle regardait les annonces, mais pour son Amour et elle, sauf qu'elle retournait invariablement vers les villes où elle aurait aimé continuer de vivre.
Comment se pouvait-il qu'un logement puisse poser autant de problèmes ? Julianne avait beau retourner la question dans tous les sens, elle ne se l'expliquait pas.
Maintenant, le seul fait de penser à se rendre dans une grande surface, la tétanisait d'angoisse. Comme si sa vie se dégradait au fil des jours. Elle voulait à la fois accomplir ce qu'elle faisait autrefois, et s'enfermer. Tout cela était incohérent au possible, et rendait logique, le fait que Julianne n'y comprenne plus rien ! Qui pourrait l'aider ?
« Aide-toi le Ciel t'aidera » ! Elle y pensait car un refuge était nécessaire pour continuer de vivre. La paix... était une autre affaire.
Julianne regardait le temps maussade au travers des vitres, et les feuilles des arbres, volaient au vent. Le jardin était en décrépitude et elle n'y allait presque jamais. Parfois, l'été, elle s'étendait au soleil, mais c'était rare désormais. Elle n'aimait plus tant que cela, le hâle sur son visage et son corps. A quoi bon, d'ailleurs ? La terrasse n'était pas attirante, avec ses herbes qui se faufilaient entre les dalles. Il y avait même quelques orties. Ce jardin n'était plus comme au début, lorsque son Amour et elle, avait emménagé. Il s'agissait alors d'un jardin paysagé, joliment entretenu. Elle n'avait pas la main verte et son Amour était occupé à d'autres choses. Décidemment, rien ne lui plaisait et elle pensait être devenue une personne insatisfaite. Tout cela n'aidait pas Julianne à faire la paix avec elle-même, c'était certain. Elle n'était pas « manuelle », ni une vraie intellectuelle.
Les études lui avaient pourri la vie, l'enfance, en la poursuivant avec des difficultés contre lesquelles déjà, elle luttait. Julianne était alors une enfant et une adolescente travailleuse, tout du moins jusqu'au collège, puisque ensuite, la fin de ce parcours cahotique, arriva vite. Tous ses multiples efforts n'étaient pas entendus ni récompensés. Julianne en était malade à l'époque, et pleurait chaque jour à chaudes larmes. Aujourd'hui, elle ne pleurait pas, ou pas souvent, mais elle se demandait toujours comment allait continuer sa vie.
Elle pensait à son Amour, puis à sa vie, et tous les deux lui semblaient bien souvent incompatibles. Maintenant, elle regrettait carrément la vie à deux. Certes, elle aimait son Amour, mais vivre à deux chaque jour, lui semblait trop difficile. Elle aurait préféré que chacun habitat alors, dans son propre logement. Il était trop tard, désormais, pour changer le cours des choses. Enfin, était-il vraiment trop tard ?
Seulement, Julianne et son Amour étaient complémentaires pour pas mal de choses et le logement en faisait parti. Alors les tourments venaient l'assaillir encore et encore. Pourquoi avait-elle voulu acheter avec son Amour, si l'incertitude et l'inquiétude, dominaient ? Les lois étaient rudes pour les personnes dans sa situation et Julianne n'avait plus de famille, tandis que son Amour, si.

 Harmony 08 novembre 2007 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Puis réalités de la vie et sentiments, s'emmêlèrent encore.
Julianne pensa à son Meilleur Ami. Il avait été proche comme avant, lorsqu'ils étaient allés au cinéma. Seule différence, il ne lui avait pas tenu la main durant le film.
Mais ils avaient marché main dans la main en sortant, et s'étaient tenus par le bras, en y allant.
D'ailleurs, son Meilleur Ami n'avait pas été sans le lui faire remarquer, même si tout c'était fait naturellement.
Ils étaient allés au cinéma, comme la première fois où ils étaient sortis ensembles, et il s'agissait du même endroit en plus !
A chaque fois qu'il repartait, il lui adressait un baiser, du creux de sa main et malgré cela, il continuait de prétendre qu'il n'était plus amoureux d'elle depuis 10 ans. Julianne voulait croire le contraire, et surtout, connaître la vérité.
Dans ces moments-là, elle ferait tout et n'importe quoi pour qu'il lui demanda de revenir, elle le savait.
Comment pouvait-elle parvenir à contenir ces secrets, face à son Amour ?
Son Meilleur Ami connaissait sa relation durant leur mariage, et ce n'était cependant pas au début de celle-ci, qu'ils avaient convenu de divorcer. Quand l'avaient-ils décidé, d'ailleurs ?
Elle se souvint qu'il s'agissait d'une fin d'été, au mois d'août.
La conscience de Julianne n'était décidemment pas en repos et ne le serait peut-être jamais.
Pour elle, il s'agissait d'une trahison face à son Nouvel Amour, certes, mais pas seulement. Leur relation reposait toujours sur un lourd mensonge. Puis trahir, ne l'avait-elle pas déjà fait lors de son défunt mariage ? Le mot « défunt » n'était pas suffisamment important pour souligner le désastre de son mariage.
Elle ressentait le besoin de dire la vérité à son Amour, mais tout l'en empêchait. Le mal qu'elle lui ferait, le devenir de leur couple...
De plus en plus, l'étau se resserrait. Elle pouvait continuer à se taire, mais en avait-elle envie et le souhaitait-elle vraiment aujourd'hui ?
Julianne en avait assez de mentir, car cela durait depuis longtemps maintenant. Elle réalisa qu'elle était au cúur des fameuses 7 années dites fatidiques, auxquelles elle avait déjà songé. Maintenant, l'horloge du temps, avait rejoint Julianne et elle verrait si ces années seraient comme leur funeste légende. Ses secrets étaient bien trop lourds à porter sur ses frêles épaules et les forces l'abandonnaient parfois.
Julianne était pourtant sortie facilement, avec son Meilleur Ami. Alors elle ne comprenait pas pourquoi, il était si difficile de le faire, avec son Amour désormais.
Le « rôle des hommes de sa vie », étaient inversés. Julianne refusait de sortir avec son ex-mari à l'époque et aujourd'hui, elle freinait pour le faire avec son nouvel Amour !
L'estomac de Julianne se serrait à nouveau de douleur ; sa tête explosait, car elle avait eut son Amour au téléphone. Il avait été tendre et ferait son possible pour être à l'heure au cocktail auquel ils étaient tous deux conviés. Comment pouvait-elle le trahir à son tour, en pensée ?
Il le lui avait bien dit. Il redoutait toujours qu'un jour, Julianne puisse retourner vers son Meilleur Ami. La dernière fois, lorsqu'ils avaient parlé de sa vie d'antan, qu'elle regrettait peut-être, elle avait éludé la question, répondant de manière évasive, incertaine tout de même. Elle savait combien ses aveux déguisés, pouvaient être redoutablement douloureux pour son Amour.
Mais mentir était-il préférable ?






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Bon à savoir:

A double tranchant est classée dans le genre Romantique.

Commencée par Harmony,
le 16 octobre 2007. L'histoire est composée de 43 participations.

4 commentaires
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  • 1 Auteur:
Harmony
Harmony 43

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