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Vieillesse et poésie...
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Les souvenirs de Jeanne...




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 Pierrette 02 mars 2010 à 17:15 Envoie un message √† Pierrette Voir le profil de Pierrette
De ses longs doigts noueux aux veines bleutées, Jeanne referma le livre de Régine Pernoud qu'elle était occupée à lire et le déposa sur un guéridon ancien en acajou.
Elle resta encore un moment assise dans son fauteuil voltaire... Le silence était pesant, seul le tic tac de la vieille horloge murale rappelait le temps qui passe.

« Satanée solitude », dit Jeanne à voix haute !!
Cette femme, âgée de quatre-vingt ans, combattait son isolement en parlant à elle-même, aux animaux, aux objets et aux photos. Ce genre comportement paraissait bizarre !!!
Mais Jeanne ne se souciait pas du « qu'en dira-t-on » !

Soudain son regard se posa sur une vieille boite à musique en bois, décors fleuri, qui était posée sur la commode en noyer.
Elle s'extirpa de son fauteuil tout en disant : « Haie ! Mes rhumatismes ».
Après un long moment d'inactivité, ses articulations étaient toujours douloureuses.
A pas petits pas, elle se dirigea vers son chiffonnier, puis d'une main tremblante, elle
tourna, délicatement, la poignée en laiton et porcelaine de la boite à musique.

L'air de la chanson débuta et Jeanne reprit en chúur :

« Quand nous chanterons le temps des cerises...
Les belles auront la folie en tête....
J'aimerai toujours le temps des cerises...
Et le souvenir que je garde au cúur... »


Cette chanson, qui avait agrémenté sa vie de femme, rendait, aujourd'hui, son cúur nostalgique.

Mais, cette vieille dame ne se laissait jamais aller !!!

« Je vais faire une promenade », se dit-elle. Elle me fera le plus grand bien !

Elle se poudra le nez, réajusta le plis de sa robe, passa le peigne dans ses cheveux blancs, se coiffa d'un joli chapeau cloche en feutrine chocolat et décoré d'une rose en passementerie vieux rose. Elle se chaussa de bottines noires, enfila son grand manteau noir, lui aussi.
Puis, elle enroula une écharpe en vison autours de son cou et prit un cabas pour mettre des restants de pains pour les oiseaux.


Sur le point de partir, Jeanne se présenta devant la photo d'Edouard, son défunt mari, qui trônait sur un murs du salon et lui demanda : « Je te plais, comme çà, mon Teddy ? »
Il lui répondit de sa voix grave et profonde, que Jeanne aimait tant : « Tu sais mon cúur que je t'aime !! Et tu es ravissante !! ».
Le cúur de Jeanne se mis à battre très fort, Edouard l'aimait toujours !!

Il faisait un froid de canard, la rue était déserte. Sur les branches givrées des arbres, des merles, transis de froid, scrutaient l'horizon en quête de la moindre nourriture. L'hiver était rude pour oiseaux.
Jeanne sortit le pain de son sac et le distribua... les merles s'amoncelèrent autours d'elle et se mirent à babiller. « Je reviendrai demain », dit Jeanne, trop heureuse d'être utile !

Jeanne évolua au gré de sa fantaisie...Quand soudain, elle déboucha sur une grande place. Cette place ressemblait tellement à celle de son village d'enfance où, deux fois l'an, avait lieu une fête foraine.

....Subitement et d'une manière inattendue, un manège surgit de l'imagination débordante de Jeanne.
Elle s'entendit dire :

Tourne, tourne manège au son de l'orgue limonaire
Galopez chevaux à la crinière d'or
Tourne, tourne manège au son de l'orgue limonaire

Offres nous tes lampions multicolores,
Tes guirlandes et tes médaillons...
Laisses nous voir tes angelots et tes beaux paysages...

Tourne, tourne manège au son de l'orgue limonaire
Fais nous rêver !!!

Une main se posa sur l'épaule de Jeanne. Elle se retourna et se trouva face à face avec un beau gars d'une vingtaine d'année. Il avait un corps d'athlète et des beaux yeux bruns.

« Tout va bien ? Madame » lui demanda t-il inquiet.
.
« Oui ! Oui ! Répondit Jeanne, en souriant, j'étais au paradis ».

L'homme haussa les épaules....Mais il se demanda ce que pouvait faire, dehors, une petite vieille avec un temps pareil ???

 Clothilde 02 mars 2010 à 18:58 Envoie un message √† Clothilde Voir le profil de Clothilde
Jeanne ne remarqua pas le départ du jeune homme ! Elle restait là à écouter une musique qu'elle était seule à entendre et à regarder tourner un manège qu'elle était seule à voir. Les oiseaux indifférents continuaient à picorer les miettes de pain ! Lorsqu'il n'y eut plus rien à manger, ils s'en allèrent chercher un abri laissant la vielle dame seule avec son rêve. Combien de temps Jeanne resta t-elle ainsi au milieu de la place déserte ? Le froid se fit plus intense et pour se réchauffer, elle se mit à tourner, tourner, tourner de plus en plus vite ! Elle avait vingt ans ! C'était un matin de printemps , Edouard fringant dans un costume sombre, la moustache conquérante s'inclinait devant elle.

 Pierrette 10 mars 2010 à 21:49 Envoie un message √† Pierrette Voir le profil de Pierrette
Vous dansez, mademoiselle, demanda Edouard ?

Gracile et légère comme une libellule, je m'avançai vers la piste de danse.

J'entamai le charleston avec toute la vigueur de la jeunesse. Mes bras et mon corps se balançaient au rythme de la musique. Et mes pieds chaussés de souliers à hauts talons, semelles épaisses, frappaient le sol en formant des angles vers l'intérieur... Je dégageais une telle force !

J'étais très mode dans ma jolie robe en taffetas gris clair, haut en passementerie et bord du bas frangé. Le collier en verre double rang que je portais au cou et qui descendait jusqu'à la taille, tintait à chaque mouvement.
Il faisait grand effet... J'aimais séduire....Le bandeau charleston, avec plume, qui entourait mes cheveux blonds mi-longs, accentuait les traits juvéniles de mon visage et mes jambes, longues et fines, gainées de bas résilles noirs, attisaient le regard des hommes...

Edouard était sous le charme... Il n'était pas le seul d'ailleurs !
Le trompettiste de l'orchestre me regardait avec convoitise...
Edouard s'en apercevait ... Il était jaloux !!! Et moi, de cette jalousie, j'en retirai une grande satisfaction.

Edouard ne me laissait pas indifférente non plus. Je le trouvais très sympathique avec ses cheveux noirs brillants de brillantine et sa mèche rebelle qui lui tombait sur le front.
Il plongeait ses yeux gris bleus dans les miens. Nous étions heureux...

Le charleston terminé, je repris ma place près de ma mère et machinalement, je sortis d'un étui argenté un rouleau de tabac haché, enveloppé d'un papier, que j'introduisis dans mon fume cigarette ; je l'allumai en tirant plusieurs bouffées et je regardai, avec un certain plaisir, les volutes de fumée qui s'élevaient lentement au plafond.
Maman me regardait du coin de l'úil. Elle n'aimait pas ce genre de comportement... elle avait peur que je me compromette !! Pauvre maman, elle m'aimait tellement.

L'orchestre entama un tango... Edouard me demanda à nouveau : « Vous dansez, mademoiselle ? » Secrètement j'attendais ce moment... Mes bras enlacèrent le cou d'Edouard et je le laissai me mener, sur la piste de danse, là où il le voulait !

...Nous évoluions avec des jeux : de pieds, de bras, de jambes et de têtes remarquables. Edouard était un excellent danseur et un très bon cavalier ! De nos mouvements naissait une grande émotion ! Subitement, la main caressante d'Edouard se posa sur mon dos nu... Et mon corps tout entier frissonna !
Edouard, conscient de mon émoi, me serra très fort contre lui et me donna un baiser langoureux...

 Plumeauvent 14 mars 2010 à 09:53 Envoie un message √† Plumeauvent Voir le profil de Plumeauvent
... mon Edouard, t'en souviens-tu?
- comment pourrais-je oublier cet instant ma tendre et fidèle
Amie, là où je suis j'en savoure encore... son goût de
miel, comme il m'est doux ce souvenir de vous!

... aujourd'hui, jour anniversaire de notre
première rencontre.....envolons-nous vers notre passé,
- vous dansez Mademoiselle?
oui, mon adorée, remontons notre temps...
- acceptez-vous que je vous fasse la cour?

... tes yeux m'éblouissent, ton sourire me chavire, ta voix me charme.... rien n'a changé... oh, que tes rides sont belles, mon Aimée!
je vous aime, je t'aime...

Assise sur son banc, perdue dans ses songes, le soleil s'est couché... la fraicheur du soir tombe, mais elle est
là-bas.... Edouard la réchauffe, ses bras l'enserrent,
la force d'Edouard... deux larmes coulent sur ses joues..
sont-elles de joie ou de tristesse?

 Chouette 14 mars 2010 à 11:32 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Jeanne seule le sait! Joie et tristesse? Les deux à la fois...entremêlés, sans aucun doute! En souvenir de tout notre vécu?
C'est le temps qui passe qui nous fait nous remémorer tout notre chemin de vie...

"Mon Edouard ? Mon bien-aimé !...Eh !... Encore !"
- Te souviens-tu de notre premier baiser ?
- De notre première fois ?
- J'avais si peur, tu m'as rassuré...je t'ai fait confiance...nous étions si heureux !

- Te rappelles-tu mon Edouard, quand nous sommes allés pour la première fois rendre visite à nos parents respectifs...leurs annoncer timidement à tous que nous... nous aimions pour la vie ?

- Ils avaient tous l'air tellement ébahis... vu notre si jeune âge...ils semblaient avoir peur pour nous...

- Nous?...nous étions tellement sûrs de nous, de notre amour! Tu te souviens, mon bien-aimé?

- Oh que oui, ma tendre Jeanne...ils en resteraient encore tous bouche bée aujourd'hui... de nous voir encore si tendrement enlacés à nos âges! Tu ne crois pas?

- Bien sûr, mon bien-aimé...nous en avons encore des choses à raconter à nos enfants et nos petits-enfants...et eux qui à la suite de nous tous...à leurs futurs enfants!...ma chère Jeanne!...

- Mon Edouard,... nous allons poursuivre le récit de cette histoire dès que le temps sera clément...sur ce banc... blottis l'un contre l'autre comme autrefois?....

 Clothilde 14 mars 2010 à 16:52 Envoie un message √† Clothilde Voir le profil de Clothilde
-Madame , madame je peux vous aider ?
Sophie s'assied au côté de la vieille dame qui ne semble pas s'apercevoir de sa présence. Jeanne regarde vers le ciel et ses mains gantées de noir tripotent un chapeau cloche brun chocolat. Des gouttes d'eau se frayent un chemin dans le sillon des rides, glissent doucement vers le cou gracile et vont se perdre sous le lainage vieux rose tricoté main. Sophie se dit que ce ne pouvaient être des larmes car la vieille dame continuait à regarder le ciel et à sourire aux anges. Sophie ramasse une fleur couleur vieux rose qui git auprès des bottines noires et la pose entre les mains de l'aïeule.
- Vous allez prendre froid ma petite dame, lui dit-elle en refermant les pans du manteau noir, vous ne pouvez pas rester là !
Jeanne frissonne, semble reprendre conscience, regarde Sophie et lui dans un sourire:
- Connaissez vous Edouard ma chère ?
- Non je n' ai pas cet honneur mais venez vous allez me le présenter, lui répond Sophie, il vous attend là bas dans cette taverne, avec un chocolat chaud qui nous fera le plus grand bien.
Docile Jeanne se lève et prend le bras que cette dame charmante lui tend. Comment s'appelle-t-elle déjà ? Voyons ...Simone oui, c' est cela Simone !

 Plumeauvent 14 mars 2010 à 20:41 Envoie un message √† Plumeauvent Voir le profil de Plumeauvent
.. et puis Simone ou Sidonie, quelle importance, Edouard
l'attendait. Jeanne fronça les sourcils, essayant de se souvenir pourquoi il avait disparu si vite, alors que quelques instants auparavant, elle était blottie dans ses bras.... ah oui, maintenant elle se rappelait, ces derniers jours elle avait tendance à confondre le temps passé et le temps présent.... mais c'était si bon de retrouver Edouard!

et voilà que maintenant, cette "Si je ne sais quoi",
affirmait qu'il était dans cette taverne? Bizarre, Mon Edouard, détestait ces lieux, nous avions "notre temps des cerises", charmant petit salon de thé tenu par notre chère Amie Thérèse! Jeanne réfléchissait, Il devait y avoir erreur! quel méli-mélo dans sa tête!
La tenant par la main, l'inconnue poussa la porte du sombre café, et fit entrer Jeanne dont le chapeau cloche enfoncé jusqu'au yeux lui cachait l'intérieur de la taverne!

 Chouette 14 mars 2010 à 21:20 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Elle n'eut pas le temps de franchir la porte de ce sombre café...n'y voyant goutte elle ôtait d'un geste brusque son chapeau cloche...la seule personne qu'elle vit et reconnu...assise là au fond de ce troquet...c'était l'amour de sa vie...son Edouard!

Même si ce n'était pas lui? Elle seule ne le savait peut-être pas...

Elle avait encore tous ses esprits...en vous relatant ses souvenirs elle était là pour nous ne le prouver, chère Jeanne!...

 Clothilde 15 mars 2010 à 15:04 Envoie un message √† Clothilde Voir le profil de Clothilde
Elle s'avança vers lui et s'avisa de sa tenue ! Quelle horrible chemise à carreaux portait-il là ? Lui, toujours si élégant, sortir sans veston et sans cravate ! Elle allait le gourmander gentiment ! Déjà, lui donner rendez-vous dans cet endroit enfumé et bruyant , ce n'était dans ses habitudes mais se présenter dans cette tenue, il exagérait ! Alors qu'elle venait de repasser sa chemise blanche et que son costume sortait de chez le teinturier ! Vraiment où avait-il la tête ? Une jeune dame, très jolie vêtue d'un pantalon noir, d'un pull rouge moulant, les cheveux blonds et longs flottant sur les épaules sortit des toilettes et vint s'asseoir aux côtés d' Edouard et se blottir dans ses bras !
Jeanne s' arrêta, étonnée et incrédule ! Sophie qui avait remarqué l'émoi de la vieille dame salua les deux jeunes gens en criant un peu fort pour être entendue de sa compagne:
-Bonjour Magali et Pierre, avez-vous une petite place pour cette petite dame qui a bien besoin de se réchauffer !
Jeanne ne regardait plus les deux jeunes gens , elle fixait la vieille dame en face d'elle, dans le miroir moucheté, une vieille dame vêtue de noir, à l'air hébété qui triturait un chapeau cloche !

 Plumeauvent 15 mars 2010 à 17:36 Envoie un message √† Plumeauvent Voir le profil de Plumeauvent
Pauvre vieille, pensa Jeanne, comme elle est triste, elle doit, elle aussi chercher son Edouard.
Pourquoi me regarde-t-elle ainsi, c'est drôle son visage ne m'est pas inconnu.
Soudain elle s'esclaffa, oh, mais c'est moi, cette petite chose rabougrie!
Voilà pourquoi, tu m'as abandonnée mon Teddy. Tu sais, toi aussi, tu as vieilli pourtant, j'aime ton crâne dégarni, tes longues mains décharnées, en un mot j'aime ta vieillesse... parce que mon cúur n'a pas changé...
Tout en soliloquant, elle continuait d'avancer vers le couple.. arrivée à la hauteur de leur table, alors qu'elle s'apprêtait à lui lancer d'amers reproches, son regard rencontra celui de l'homme, et elle s'écria :
Mais vous n'êtes pas Edouard, les yeux de mon Teddy étaient
verts.... et les vôtres sont noirs!

Edouard, Edouard, où te caches-tu donc?

 Pierrette 15 mars 2010 à 19:41 Envoie un message √† Pierrette Voir le profil de Pierrette
En proie à une grande tristesse, Jeanne restait silencieuse et se disait : "Ils pensent tous que je suis sénile. Alors ils s'octroient le droit de jouer avec mon cúur et mon âme. Comment ai-je pu être aussi naïve de croire qu'Edouard m'attendait dans cette taverne!"
Elle retira, de son sac à main, un mouchoir de poche blanc, lettre E brodée dans un angle et essuya les larmes qui coulaient dans les rides profondes de son visage.
...Quand soudain, elle posa son regard sur Simone et lui dit : "Vous aussi vous pensez que je suis sénile!"
"Mais non, répondit Simone très embarrassée".
"Venez asseyons-nous, dit Jeanne, avec des yeux comme les vôtres vous ne pouvez pas être méchante »

 Pierrette 16 mars 2010 à 01:08 Envoie un message √† Pierrette Voir le profil de Pierrette
Voulez-vous que je vous raconte ? Enchaîna Jeanne.
Simone acquiesça, elle voulait se faire pardonner de son vilain mensonge et elle avait pitié cette mamie en pleurs.
...L'orchestre joua jusqu'à la fin de la nuit et l'heure de nous séparer avait sonné, dit Jeanne.
Avant de prendre congé, Edouard se présenta respectueusement devant ma mère et lui demanda : "êtes-vous d'accord pour que Jeanne m'accompagne dimanche prochain au salon de l'automobile à Bruxelles ? Cette année 1920 est riche en nouveauté ! On y rencontrera tout le gratin de la haute société et de nombreuses vedettes. Mistinguett sera en concert."
Ma mère jeta un regard très méfiant sur Edouard, qui conscient de sa réticence joua son atout en disant : « Ah ! Excusez-moi, j'oublie de me présenter. Je m'appelle Edouard Dubois et je suis instituteur à Hamme ».
La fonction était très honorable à l'époque. Aux yeux ma mère, Edouard était un bon parti. Maman hésita un long moment tout en se disant : « Que peut-il arriver de fâcheux à ma fille dans un endroit aussi exposé au public qu'un salon de l'automobile ? Puis ce garçon transmet des valeurs morales aux enfants. Il doit certainement les respecter pour lui-même. Subitement, elle esquissa un sourire et fit « oui » d'un signe de tête.

Moi je trouvais l'idée d'Edouard saugrenue, j'aurais préféré aller au cinéma. Dans une salle obscure, nous aurions été à l'abri des regards indiscrets. Nos gestes auraient pu être tendres et nos caresses plus osées...

 Plumeauvent 16 mars 2010 à 06:19 Envoie un message √† Plumeauvent Voir le profil de Plumeauvent
... en se rappelant son escapade, un peu de rose colora les joues blêmes de Jeanne et ses yeux pétillaient de malice.

Son auditrice Sophie-Simone, la trouvait attendrissante. Avec quelle émotion, elle relatait dans les moindres détails son histoire, elle n'avait rien oublié.
Comme ils avaient dû s'aimer, pensa Sophie, un tel amour est-il encore possible aujourd'hui?
... sa réflexion l'avait détournée quelques instants de la vieille dame.
Dites-moi, Jeune fille, m'écoutez-vous?
Oui, oui Chère Madame, mais votre histoire ressemble à un conte de fées,
et je me demande si un jour je rencontrerai un Prince aussi merveilleux que le vôtre..... car de nos jours l'homme que vous me décrivez se fait de plus en plus rare!

 Clothilde 16 mars 2010 à 13:06 Envoie un message √† Clothilde Voir le profil de Clothilde
Jeanne poussa un long soupir !
-Mon Edouart était exeptionnel parce que je l' aimais dit elle . Nous avions promis de nous aimer au delà de la mort . Il est parti beaucoup trop tôt , si vous saviez comme il me tarde de le rejoindre ! Jeanne revenait inéluctablement au présent , reprenait conscience de sa solitude , de ses douleurs , du brouhaha de la salle , de la jeune dame qui était assise en face d' elle et qui lui caressait les mains en lui souriant !
Le garçon déposa deux mugs jaunes fumants sur la table.
- Je vous mets du sucre Jeanne ? demanda Sophie en poussant le plateau vers la vieille dame !
-Un demi s'il vous plaît répondit Jeanne un peu gênée de tant d' attention!
Sophie mélangea le demi sucre et lui tendit le chocolat
-Buvez tant que c' est chaud , cela vous fera du bien .
Elle burent leur chocolat en silence , s' observant l' une et l' autre ! Jeanne se disait que cette jeune dame était bien gentille de s' occuper ainsi d' elle et Sophie sentait naître dans son coeur , de la tendresse pour cette petite mamy qui savait si bien raconter les contes de fée.
Sophie jeta un regard à l' horloge murale , il était quinze heure trente , elle avait encore un peu de temps .





 Clothilde 17 mars 2010 à 19:12 Envoie un message √† Clothilde Voir le profil de Clothilde
D' une main tremblante, Jeanne porta la tasse à ses lèvres,
l' odeur du chocolat lui emplit les narines . C' était une caresse enivrante qui la replongea aussitôt dans ses souvenirs .
- Il faisait un temps merveilleux murmura. -t-elle , les pigeons voltigeaient autour des touristes qui déambulaient sur la place Saint Marc .
Nous étions élégants , moi vêtue d' un tailleur gris perle , chaussée de talons hauts ,un foulard de soie flottant sur mes épaules . Edouart portait avec élegance un costume d' été beige ,des souliers vernis d' un chapeau de paille et une canne ajoutaient de la prestance .J' avais glissé mon bras sous le sien et de mon autre main ,gantée de satin ,je faisais tourner mon ombrelle en dentelle . Je n' étais pas peu fière, le ciel me comblait . Des nuées de voltigaient et queques uns les plus proches semblaient roucouler à l' unisson de notre amour.
Nous nous sommes installés à une terrasse baignée de lumière et de musique ! Mes chaussures me faisaient souffrir , je les ai ôtées discrètement sous la table mon amour fît de même et tandis que le garçon prenait notre commande , le coquin me carressait le pied .
Jeanne se tut le temps d' avaler une gorgée de chocolat et reprit:
-Le chocolat chaud était servi dans une carafe en argent !

 Plumeauvent 18 mars 2010 à 09:03 Envoie un message √† Plumeauvent Voir le profil de Plumeauvent
... l'arôme du chocolat, c'était comme la madeleine de Proust... une ronde de merveilleux souvenirs!
c'était notre lune de miel Venise, ses canaux, sa basilique, ses palais, ses églises, ses musées,
quelle ville captivante!
...un simple chocolat, et je revois le "Pont des soupirs".... Edouard, que fais-tu, je t'attends? tu m'attends? alors,il me faut te rejoindre très vite, j'ai trop tardé.
Entends-tu, notre barcarolle, notre gondolier nous appelle..
prends ma main et envolons-nous, mon Amour, vers ce passé qui fût notre!


 Chouette 19 mars 2010 à 13:23 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Jeanne semblait très émue de se remémorer tous ses souvenirs vécus avec son cher Edouard!

Venise? Ce fut certainement un des plus beaux! Il y eut après ce merveilleux voyage de noces...où ils avaient conçu leur premier enfant, la naissance de leur petite fille, Viviane!

Ce fut un beau jour de printemps qu'elle pointait le petit bout de son nez, son doux visage avec ses yeux bleus, ses cheveux aussi blond que les blés... légèrement ondulés comme ceux de mon Edouard!
Une petite merveille, son papa n'avait de yeux que pour elle. Par la suite je dus souvent lui rappeler qu'il y avait son fils!

Deux ans après, c'était la naissance de Robert...un petit garçon pétillant, aussi noir de cheveux que son papa, son portrait craché!

Oui c'est vrai! Il lui ressemble tellement!
Aujourd'hui encore, il m'arrive de l'appeler Edouard, je tente de faire attention...il est aussi bon et généreux que sa grande soeur!

Jeanne est heureuse d'avoir ses enfants et tous ses petits-enfants qui l'entoure et l'aime...
C'est la plus belle des certitudes de Jeanne...
Depuis le départ d'Edouard, tous l'entourent encore d'avantage...cela la rassure et l'aide à vivre sans lui!...

Posez-lui des questions sur sa longue vie?...

Elle est intarissable quand elle se met à raconter...



 Plumeauvent 20 mars 2010 à 14:29 Envoie un message √† Plumeauvent Voir le profil de Plumeauvent
les facéties d'Edouard à ses petits-enfants, notre Jeanne!

Mathilde, Madeleine et Victor adorent les souvenirs de leur chère Mamie, ils en redemandent à chaque fois, alors, Jeanne plonge dans le grand sac de sa mémoire et en ressort
toujours un épisode oublié!

Cependant malgré l'affection dont elle est entourée, il y a des jours où l'absence de son bien-aimé est plus pesante,
et en ce moment, il lui manque terriblement, peut-être que cet hiver qui n'en finit pas... en est le responsable...?

ses deux mains entourent la tasse de chocolat, et deux grosses larmes coulent sur ses joues amaigries...

Madame, Madame, ne soyez pas triste.... vous avez vécu des moments merveilleux, ils sont en vous et sont là pour illuminer chaque heure de vos jours à venir. Souriez, à ce bonheur qui ne s'éteindra jamais!

Jeanne hocha la tête et but son chocolat...
dans mon temps, il était meilleur, se dit-elle,
heureusement que tu n'es pas là, Mon Teddy, tu aurais fait la grimace!
sur ce, elle se leva, remit son bibi, et tira la langue
à la vieiie dame qui la regardait dans le miroir!

 Pierrette 23 mars 2010 à 19:29 Envoie un message √† Pierrette Voir le profil de Pierrette
-Je perds la mémoire,dit Jeanne. J'ai oublié de vous raconter un épisode qui fut déterminant dans la réussite de ma vie de femme.
-Je vous écoute, dit Sophie qui s'intéressait de plus en plus à l'histoire de cette vieille mamy.
-Vous souvenez-vous de l'invitation que lança Edouard pour le salon de l'automobile?

Les émois amoureux que j'avais vécus me faisaient imaginer ce que allait ce passer...Ces expériences nouvelles troublaient mon cúur et agitaient mon âme.
Je n'étais encore qu'une adolescence bien fragile, malgré l'image de la femme libérée que je donnais.

Le jour de notre départ pour Bruxelles, je me réveillai vers les six heures du matin. Un peu tôt, me direz-vous ! Mais je voulais prendre du temps pour me faire belle et plaire.
Je pris place devant ma table de toilette et je vidai l'eau contenue dans un broc décor fleuri, bleu et rose, dans un bassin assorti.

Je me savonnai... lorsque le miroir biseauté encadrement bois me renvoya l'image d'une jeune fille au teint clair, au front étroit, au nez fin et aux quelques tâches de rousseurs éparpillées sur le visage. Son charme était indéniable et j'en étais très fier.
Je dessinai mes lèvres avec un bâton de rouge à lèvres rose pastel. Et pour rendre mon regard plus lumineux, j'appliquai du fard à paupière caramel et du mascara sur mes cils.

J'en avais presque terminé avec mon maquillage, quand subitement l'idée me vint de faire des crans ou « vagues » dans mes cheveux. C'était très mode à l'époque, toutes les vedettes du music-hall avaient les cheveux crantés.

J'enfilai mes sous-vêtements, qui étaient tous de couleurs noires et bordés de dentelle ou de broderie, et ma jolie robe en taffetas gris.

Subitement une bonne odeur de café vint titiller mes narines. Ma mère préparait le petit déjeuner. J'avais faim... J'attachai, avec précipitation, mes bas aux pinces de mon porte jarretelle et vaporisai du parfum « chanel » sur mon cou, mes poignets et derrière mes oreilles...

 Clothilde 24 mars 2010 à 10:07 Envoie un message √† Clothilde Voir le profil de Clothilde
Je ramassai mes ballerines mais ne les chaussai pas ! En bas , je me précipitai hors de la chambre ,et au risque de me rompre le cou , dévalai les escaliers quatre à quatre puis, la mine gourmande, je bondis dans la cuisine.
Maman m' accueillit d' un baiser tendre et de son doux sourire !
Jeanne resta un moment silencieuse puis dit :
-la table était toujours joliment dressée sur une nappe blanche impecablement repassée , le service était en porcelaine blanche avec de toutes petites roses , il manquait une anse à une tasse et le couvercle de la cafetière était ébrèché.Les tartines roties attendaient dans un panier au côté du beurre et de la confiture de fraises .
- Bonjour mon ogresse!
Elle avait raison , j' avais une faim de loup , faim et soif de vivre , de découvir , de vivre cette journée , d' aimer peut-être !
Je mordis dans une tranche de pain ,la reposai sur la table puis je pris ma petite maman dans les bras et esquvai un pas de danse .
La porte qui donnait sur le jardin s' ouvrit . Papa , une brassée de lilas dans les bras, entra apportant avec lui les odeurs matinales de la nature encore enrobée de rosée . J' y vis la promesse d' une journée exeptionnelle .
Je posai un baiser retentissant sur sa joue piquante et froide , le débarrassai du bouquet, y plongeai le nez avec délice avant de le tendre à maman qui avait déjà rempli le vase bleu, celui qui avait presque la même couleur que le lilas .
Tandis que maman arrangeait son bouquet , papa et moi nous nous intallâmes à table.Je servis le café en essayant de ne pas tacher la belle nappe. Mes mains tremblaient pourtant d'impatience . Papa prit la tartine entamée ,la beurra , ajouta de la confiture et me la tendit . Il avait la mine soucieuse .J' étais leur fille unique , je crus qu'il se faisait du soucis pour moi , à cause de ce jeune homme que je connaissais si peu ! Pauvre papa !
- Ton oncle et ta tante ne pourront pas te loger ce soir, ils sont de garde à l' hopital! Il y a eu une catastrophe ferroviaire cette nuit , le nombre de blessés requiert la présence de tout le personnel .
Mon sang ne fit qu'un tour , égoistement je ne pensais pas aux souffrances des victimes mais à cette sortie avec Edouart qui n' aurait pas lieu .
Le coeur palpitant j' attendais la suite !
- Nous savons que tu tiens beaucoup à cette sortie , nous ne voulons pas t' en priver !
Ta maman a suggéré que tu passes une nuit à l' hôtel de la poste !







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Vieillesse et poésie... est class√©e dans le genre Psychologie.

Commencée par Pierrette,
le 02 mars 2010. L'histoire est composée de 21 participations.

4 commentaires
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  • 4 Auteurs:
Plumeauvent
Plumeauvent 6
Clothilde
Clothilde 6
Pierrette
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Chouette
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Note: 3.0/5 (1 votant)

  • Du m√™me auteur:

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