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No life
No life
Elle vit en solitaire, égoïstement parfois, envers les quelques ami(es) qui lui reste...




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 Harmony 22 janvier 2009 à 12:31 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Véréna avait l'impression de sentir une ombre l'espionner. Elle lui glaçait le dos.
Sous les fenêtres de son appartement en rez-de-chaussée, elle voyait cette ombre, chaque matin et chaque soir. L'homme au chapeau passait, ralentissait son pas devant son jardin, comme s'il attendait pour entrer.
Elle avait de plus en plus peur, bien sûr, et chaque soir, elle fermait ses volets plus tôt, tout comme elle ouvrait plus tard le matin. Mais elle entendait toujours ses pas s'arrêter devant chez-elle. Pourquoi ?
Les rares fois où elle sortait, elle était angoissée, regardant sans cesse derrière elle.
Véréna ne se promenait plus depuis longtemps déjà. Lorsqu'elle sortait, c'était pour une obligation. Celle d'aller faire des courses pour se nourrir un minimum, ou... se gaver de choses sucrées qui la faisait bougonner après elle-même, car la balance se montrait ensuite « très généreuse »...
Il y avait déjà quelques années qu'elle vivait ainsi, recluse, faisant tout pour ne rencontrer personne. Alors cette silhouette qu'elle semblait apercevoir, la terrifiait.
Elle ne répondait pratiquement jamais au téléphone, pas plus qu'elle n'ouvrait sa porte lorsque l'on sonnait chez-elle. Elle n'attendait personne et personne ne l'attendait. Elle savait être aimable avec ses voisins, mais ne cherchait pas le contact.
La plupart des ses achats étaient faits sur Internet. Si elle allait en grande surface, c'est parce que celle-ci était « anonyme » et aux heures où elle s'y rendait, elle risquait peu de rencontrer des connaissances. Ses courses étaient moins chères ainsi.
Sa liste en main, avec le plan du magasin, elle filait à grande vitesse dans les rayons, pour y passer le moins de temps possible. En 45 mn ses courses étaient faites, elle était rentrée et tout était quasiment rangé. Elle souffrait de côtoyer la foule. De temps en temps, elle s'offrait une séance chez le coiffeur, pour continuer de pouvoir se regarder dans le miroir chaque jour.
Son principal contact avec le monde, était donc Internet. Sauf que sa boite e-mail ne recevait rien de personnel ; seulement de la publicité pour des offres promotionnelles par exemple, dont elle se laissait parfois tenter.
Ses ressources ne lui permettaient pas de gros et fréquents extras, si elle voulait également rester anonyme pour sa banque, alors elle faisait très attention.
Elle était désormais « no life ».
Les quelques ami(es) qui lui adressaient encore des mails parfois, recevaient des réponses tardives, alors ils se lassaient et n'écrivaient plus qu'occasionnellement et surtout pour les vúux, ou son anniversaire, s'ils s'en souvenaient. Elle répondait poliment mais plus rien n'animait son cúur. Il était devenu aussi froid et dure que la pierre.
Aucun son bruyant ne sortait de ses murs. Elle prenait grand soin à ce que l'on puisse oublier jusqu'à son existence. Alors maintenant, cette silhouette inquiétante la torturait. Elle dormait mal les nuits et celles-ci s'achevaient tôt. Que pouvait-elle faire ?
Ce matin était le jour des courses, justement. Et comme chaque matin elle entendit les pas s'arrêter devant son jardin... Elle n'ouvrit pas les volets, elle attendit que la silhouette au chapeau passe. Elle était prête à partir pour l'hyper-marché. Du coup, elle était en retard sur son horaire habituel et il y aurait déjà un peu de monde dans le magasin. Elle monta dans sa voiture, qu'elle ne conduisait que très rarement. Véréna n'aimait plus être derrière le volant et aujourd'hui, il avait gelé très fort, ce qui ne la rassura pas. Il fallait qu'elle se déplace pourtant. Le magasin était un peu plus plein, en effet, et elle se faufila, telle à son habitude, entre les rayons pour en partir le plus rapidement possible. Tout cela l'étouffait au point qu'elle s'y sentait mal à s'évanouir. Plusieurs fois, déjà, elle avait ressenti ce malaise, pensant qu'elle ne parviendrait pas à attendre son tour à la caisse. Puis elle avait lutté très fort contre elle-même pour terminer ce moment de torture.
Tandis qu'elle effectuait ses achats, elle réalisa qu'elle n'avait pas ouvert ses volets. Elle rentrerait dans son appartement sombre, et du coup, elle se demanda si elle les ouvrirait aujourd'hui. Il faisait maintenant un temps hivernal et sombre, alors, à quoi bon ouvrir ? Puis elle pensa que sa plante aux jolies clochettes roses, avait besoin de beaucoup de lumière, alors elle ouvrirait.
Méthodiquement, mais sans être maniaque pour autant, elle rangea ses courses. Elle regarda par la fenêtre et il neigeait. Elle était bien contente d'être sortie avant celà ! Elle songea à cette silhouette inquiétante. Elle lui rappelait son père, lorsque sa mère avait eu la « géniale idée » de le faire passer ainsi devant la fenêtre, le col remonté, pour lui faire peur afin qu'elle se mette à manger, au lieu de regarder tristement son assiette, sans n'y point toucher.
Elle allait allumer son ordinateur et peut-être la télé, pour avoir un bruit de fond. Elle monta un peu le chauffage, son « luxe », car elle était devenue frileuse avec les années. Il était 10h20 et elle se demanda si finalement, elle déjeunerait ce midi et de quoi. Au mieux, elle ferait des pates cuites à l'huile d'olive.
Elle « cheka » sa boite e-mail, et il n'y avait que des pubs bien entendu.
Le téléphone avait sonné en son absence, et il s'agissait d'une société souhaitant la démarcher pour un système de chauffage performant, lui promettant de belles économies sur sa facture d'électricité. Pourquoi pas, elle qui vivait dans son antre à plein temps ? Elle allait y réfléchir, car il fallait qu'elle fasse ses comptes aussi.
Avant d'aller prendre son courrier, elle regarda par l'úil de búuf, qu'il n'y ait personne sur le palier. Là, on lui proposait une alarme, qu'elle possédait déjà, puis une autre lettre, une porte blindée. La dernière, concernait une inscription à un site de rencontre. Pour une fois, elle ne la déchira pas. L'offre était gratuite, et elle hésita, en posant négligemment le papier.
Son téléphone mobile ne sonnait jamais, et lorsque la sonnerie retentissait, il s'agissait d'une erreur ou d'un sms de pub, une fois encore. Pourquoi le conservait-elle d'ailleurs ? Ah oui, parce qu'elle redoutait la panne automobile, et il était un contact au cas où celà lui arriverait, lors de ses rares sorties.
Véréna ne faisait plus les magasins pour les soldes, depuis bien longtemps déjà. Sa garde-robe était ancienne, et d'un seul coup, elle eut envie de revoir de quoi elle était composée, car ses vêtements vivaient uniquement dans sa mémoire. Ah oui, tout de même !!! Il y avait de jolies choses, mais trop petites désormais. Là aussi elle allait réfléchir. Sans doute les déposerait-elles dans un conteneur à vêtements. Elle aurait pu essayer de les revendre, car tout était en parfait état, mais elle n'en eut pas le courage. Finalement, oui, elle aviserait, un de ces jours certainement. Désormais, elle avait besoin de vêtements confortables. De toute façon, elle n'avait personne à qui plaire, et c'était bien le dernier de ses soucis. A son âge, la vie amoureuse était derrière elle et il n'y avait de place pour personne. Son mode de vie était bien réglé.
Elle eut envie de faire le tour du propriétaire, comme si elle venait d'emménager. Sa cuisine, d'abord, petite, mais suffisante et fonctionnelle, pour elle qui n'était pas un cordon bleu, mais de couleur... bleue, comme les éléments qui la composaient, et les murs. La chambre, avec un grand lit et une petite télé où elle s'endormait devant le soir, offrait des murs d'un beige apaisant. Véréna se couchait tôt, au début du journal de 20h, ou 20h30 au plus tard. Elle programmait l'extinction de la télé, c'était plus simple. La salle à manger, où elle avait ses quelques meubles et ses ordinateurs, fixe et portable. L'autre « luxe » de Vérana, car parfois, elle utilisait son ordinateur au lit. Puis une seconde télé, qu'elle regardait d'un úil distrait dans le salon, tandis qu'elle était occupée à l'ordinateur. Les murs étaient peints en jaune d'or. Il y avait du carrelage partout, sauf dans la chambre, où un joli parquet clair stratifié, revêtait le sol.
Sa salle de bain était petite, avec une baignoire d'angle, faisant douche, dont le sol était bleu également.
Puis ses toilettes, au sol bleu toujours ; et aux murs crèmes.
Le couloir était jaune très pâle.
Elle se sentait bien ici et n'avait besoin de personne, sauf pour faire les travaux... Là, égoïstement, elle se rappelait qu'elle avait encore des ami(es), qu'elle « utilisait » sans honte, pour l'aider à la peinture, notamment. Oui, elle était devenue comme ça, profiteuse à l'occasion, même si elle n'aurait pas du.
Elle prit le téléphone et appela la société prometteuse d'économie d'énergie et prit un rendez-vous pour le lendemain.
Elle regarda rapidement ses comptes, comme chaque jour, car elle songeait au coût d'une telle opération.
Bien que la résidence soit sécurisée, elle eut l'idée d'aller changer quelque chose.
Elle avait refait une jolie étiquette, pour remplacer celle existante depuis plus de dix ans maintenant, sur sa boite aux lettres. Elle indiquerait désormais, « M et Mme », même s'il n'y avait que Madame. Avec ce simple changement, elle se sentait mieux.
Il y avait une première grille avec digicode, et une porte d'accès avec digicode. Puis ensuite, un interphone, pourtant.
Demain, lorsqu'elle recevrait le technicien, elle laisserait croire qu'il y avait un « Monsieur ».
Elle avait renoncé à prendre un animal, car elle ne voulait plus de contraintes. Pourtant, elle aurait eu une présence. Mais justement, elle refusait toute présence.

 Harmony 22 janvier 2009 à 17:11 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
13 h 30 avait sonné et elle ne déjeunerait pas. Elle n'avait pas faim, ça lui arrivait. Ce n'était pas le fait d'être seule, car elle vivait très bien celà. Mais des jours comme ça, où l'alimentation ne la tentait pas. Elle n'y consacrait pas un budget conséquent, elle n'en avait pas besoin.
Véréna ne recevait jamais personne non plus.
Quand avait-elle eut une personne à déjeuner ou à dîner d'ailleurs ? Elle ne s'en souvenait même plus ! En tout cas, il y avait au moins 3 ans, date à laquelle son appartement avait été re-décoré. Elle n'aurait pas même de vrai café à proposer au technicien qui devait passer demain. Elle n'achetait que du café soluble ; ça allait plus vite à préparer et d'ailleurs, ce fut son « repas du midi » aujourd'hui. Elle n'avait pas écouté le journal télévisé non plus. Elle changea de chaîne à plusieurs reprises, pour trouver un programme intéressant. Un téléfilm, peut-être, comblerait le silence de son habitation. Oui, faisons ça. Elle l'écouta, sans regarder, car elle avait un magazine entre les mains.
Elle alla voir sa « balance », qui ne lui annonçait toujours pas le chiffre qu'elle aurait aimé lire. Alors cette fois, elle s'orienta vers ses placards, pour faire enfin ce tri auquel elle pensait si souvent. Une dernière fois, elle essaierait ses vêtements presque neufs, avant de se préparer à s'en débarrasser définitivement. Elle n'avait aucun regret, ils ne lui servaient plus. Ils appartenaient au passé maintenant.
Son après-midi serait très occupée, car elle n'avait pas pensé qu'à ce tri-là. Il y avait aussi le maquillage, qui ne lui servait pas plus et devait être périmé depuis longtemps. D'ailleurs, si elle commençait plutôt par ça, elle irait plus vite.
Tout ou presque était bon à jeter. Elle s'empara d'un sac poubelle, et hop, y jeta ce qu'elle n'utilisait plus depuis longtemps, c'est-à-dire au moins 3 ans.
Véréna était contente d'elle, et continua vers les vêtements. Il était joli cet ensemble en suédine bleu ciel ! Seulement, elle n'entrait plus dedans ! Pareil pour le joli tailleur noir, et le marron, puis la combinaison verte, le jean fleuri, celui clouté avec la chemise qui allait avec... Le placard se vidait petit à petit. Quelques heures plus tard, tandis que la nuit était tombée, le placard, lui, n'était plus encombré, c'était le moins que l'on puisse dire !
Il ne restait que des vêtements simples, sans style, mais confortables et surtout, à sa taille actuelle !
Elle vit la silhouette de l'homme au chapeau, s'arrêter le long de sa haie. Elle frissonna de peur.
Mais que lui voulait-il donc ? Elle se cacha rapidement le long d'un mur, pour qu'il ne la voit pas et ensuite, elle fermerait bien vite ses volets. Elle s'inquiétait sans doute pour rien car comment pouvait-il la voir, à travers sa haie ?
Elle avait 3 sacs de vêtements à ses pieds, et un petit de produits à jeter. Peut-être qu'elle sortirait ce soir, lorsque tout le monde serait rentré, pour déposer tout celà dans les conteneurs, ou alors, elle irait demain, très tôt.
On sonna à sa porte, ce qui la fit sursauter. Qui cela pouvait-il bien être, elle ne fréquentait personne ! Comme à son habitude, elle ne répondit pas. La personne insista, puis s'en alla. Ouf, elle était tranquille et ne voulait pas être dérangée. Ca ne la dérangeait pas de savoir qui avait tenté de lui parler. Elle vivait en autarcie pour ainsi dire et c'était bien. Puis la nuit était tombée, et le soir est toujours plus inquiétant que la journée. Elle vérifia que sa porte était bien fermée, d'ailleurs, puisqu'elle venait de décider qu'elle ne sortirait pas pour déposer les vêtements.
Maintenant, c'est le téléphone qui sonna ! Décidemment ! Pour une fois, elle décrocha, mais il n'y avait personne à l'autre bout. Tout cela était vraiment inquiétant pour Véréna. Elle troqua ses vieux vêtements défraichis, pour son pyjama douillet, bien chaud, et sa robe de chambre.
Elle dînerait de bonne heure, et les pâtes laissées de côté du midi, seraient pour le soir.
Pourquoi pas un plateau au lit d'ailleurs ?
En attendant la cuisson, elle regarderait ses e-mails. Sa boite aux lettres était muette ! Et son tout nouvel ordinateur portable lui jouait déjà des tours ! Elle ragea et s'en voulu d'avoir acheté... par internet ! Maintenant, comment allait-elle faire, alors que son problème ne devait pas être si grave, elle s'en doutait. Zut, décidemment, tout allait de travers. Au lieu de s'énerver sur cet appareil récalcitrant, elle l'éteint, tant pis. Demain, elle appellerait où elle l'avait acheté et peut-être qu'il y aurait une hot-line.

 Harmony 24 janvier 2009 à 15:45 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Finalement elle dîna à table, plus rapidement qu'elle ne l'aurait fait au lit. Puis, il faudrait se lever pour débarrasser le plateau ensuite. Le journal télévisé ne renvoyait que des nouvelles horribles pour la plupart. Décidemment, le monde devenait fou et conforta Véréna dans son idée d'y participer le moins possible. Voyons, qu'allait-elle regarder ce soir ? Que proposait le programme... Super, une pièce de théâtre ! Véréna adora celà, mais elle ne s'y rendait pas, car elle détestait emprunter les transports en commun. Les crises d'angoisse, venaient alors la saisir au plus profond d'elle-même. Puis s'y rendre en voiture était hors de question. La tempête était annoncée et le vent s'engouffrait déjà entre les lames de ses volets clos. Raison de plus pour aller se mettre au fond de son lit douillet. Elle prit son ordinateur avec elle et décida d'essayer de trouver ce qui le perturbait ! La pièce de théâtre venait de commencer, tandis qu'elle s'affairait avec cette complexe machine. Après un certain temps, les problèmes furent résolus. Elle pourrait surfer sur le web ou bien, pourquoi pas, regarder cette publicité concernant le site de rencontre. Machinalement , elle l'avait prise avec elle. De quoi s'agissait-il au juste ?
Elle n'avait nulle besoin d'un amoureux et encore moins d'un amant, mais peut-être d'un correspondant ou d'une correspondante. Véréna ne connaissait plus les tendres ébats, depuis au moins 20 ans et ces échanges physiques, ne lui manquaient pas.
Lorsqu'elle se leva, le lendemain matin, en ouvrant le volet de sa chambre, elle s'aperçut que le vent avait soufflé. Comme d'habitude, elle s'était endormie devant la télé la veille, avec l'ordinateur allumé, en plus ! Et elle avait oublié d'aller aux containers à vêtements de bonne heure ; elle irait maintenant et prendrait son petit-déjeuner ensuite. Il n'y aurait pas trop de monde encore à l'extérieur. Il était 7 h et les collégiens commençaient bien plus tard. Elle enfila son jogging usé par-dessus son pyjama et monta dans sa voiture car elle ne pouvait pas porter les 3 sacs à pieds, même si ce n'était pas loin. Mission accomplie ! Elle pouvait rentrer. Le petit-déjeuner, moment très important pour Véréna, pouvait être préparé. Mine de rien, elle se « soignait » : des úufs brouillés chaque matin tout de même ! Il s'agissait du repas principal de sa journée. Elle n'avait croisé personne de la résidence tout du moins. Sa lumière était allumée, et elle entendit les pas de l'homme au chapeau. C'était bien lui qui ralentissait une fois de plus devant chez-elle...

 Harmony 24 janvier 2009 à 17:32 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Que lui avait-il prit aussi, d'ouvrir ses volets si tôt ? Le petit-déjeuner dura un peu, et elle réalisa ensuite, qu'il fallait songer à son rendez-vous de fin de matinée, concernant son chauffage. Il fallait se hâter un peu, mais elle eut envie pour une fois, de profiter de sa baignoire avec hydro-massage. Elle rattraperait le temps ensuite. Bon, il faudrait se vêtir un peu mieux que d'habitude, pour recevoir le technicien en question. Normalement, il arriverait d'ici... 1 h à peine ! Il ne fallait plus traîner maintenant. Méfiante, elle n'avait pas communiqué les codes d'accès à la résidence, ce monsieur téléphonerait, comme convenu, et elle viendrait ouvrir la grille puis les deux portes.
Entre-temps, elle rangea un peu ce qui ne l'était pas, et ouvrit les volets encore clos.
Elle pensa à sortir les plans de son appartement, afin de les communiquer au technicien. Sur un bloc, elle nota le budget dont elle pouvait disposer.
Elle ferma le placard qui lui servait de bureau pour son ordinateur fixe, en enferma le portable dans un placard. Il lui restait le temps de laver la vaisselle de son petit déjeuner, et même, de se maquiller légèrement ! Ah oui, elle avait tout jeté ce matin, donc pas de maquillage ! Ce n'était pas si grave, elle voulait juste paraître un peu plus vivante, c'est tout.
Le téléphona sonna, ça devait être son rendez-vous. En effet, c'était lui.
« J'arrive de suite vous ouvrir », lui répondit-elle. Elle enfila une paire de chaussures, et elle était devant la grille.
« Bonjour Madame, je suis Monsieur Delbart ».
Les présentations faites, elle le précéda : une porte, puis une seconde, et enfin, la sienne.
Elle lui offrit une chaise, et prit celle d'à côté.
Véréna était attentive au bilan thermique fait de son appartement.
Elle lui offrit un café, tout en écoutant.
Le coût n'était pas négligeable... Et ce fut non sans mal qu'elle obtint une réduction de 700 euros, après plus de deux heures de discussion. Elle paierait également en plusieurs fois. Maintenant, un autre rendez-vous serait nécessaire pour la pose des radiateurs. La semaine suivante convenait, tout était donc parfait.
Véréna s'apprêta à raccompagner l'homme, et se faisant, elle regarda si elle avait du courrier.

 Harmony 27 janvier 2009 à 17:37 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Sa boite aux lettres semblait vide. Elle l'ouvrit pour s'en assurer et elle contenait la même publicité que la veille. Elle se demanda d'ailleurs comment ces publicités pouvaient atterrir dans les boites aux lettres avec tous les codes dont la résidence était équipée : enfin...
Elle éplucha ce bout de papier qu'elle avait laissé de côté hier. En se connectant sur le site, elle s'aperçut de suite que ce n'était pas pour elle. Elle ne voulait pas d'une romance, mais de contacts amicaux et anonymes, au mieux. Elle déchira de suite les deux publicités. Il n'y avait pas de vie sans amour, alors ?
Elle se mit à chercher un forum où dialoguer, avec des personnes en sommeil, comme elle. C'était étrange et elle ne savait pas pourquoi cette idée lui venait d'un seul coup, alors qu'elle faisait tout pour préserver sa solitude. Sans doute un coup de déprime passager. Elle passerait encore le repas du midi, car tout cela l'avait laissé tristounette. Il lui vint l'envie de faire un bilan de sa vie. Elle se levait le matin, prenait sa douche ou son bain, son petit-déjeuner, s'occupait etc etc... Sa vie n'avait pas vraiment de sens, en fait, avec bien peu de choses à raconter. Son ordinateur était « sa vie ». Tout y était indiqué avec soin, comme un rendez-vous chez le médecin ou le coiffeur, ce qu'elle avait fait le lundi et pourquoi elle l'avait fait. Elle se mit à relire un mois entier de l'année passée.
Au premier janvier, il n'y avait rien de spécial. Pas de fête de la veille à raconter non plus. Un jour comme les autres. Elle s'aperçut en parcourant le « roman de sa vie », que celle-ci était bien fade, sans évènement à fêter. Elle y lisait son désarroi, parfois, avec étonnement d'ailleurs, car pourquoi pouvait-elle être triste ? Sa vie était également son choix, non ? Lorsqu'elle regarda l'heure, sa montre affichait 16h10 ! Une année de Véréna tenait finalement en quelques heures !
D'ici peu, elle allait entendre l'homme au chapeau s'arrêter devant chez-elle. Il était assez précis, car son heure était 18h45 et 06h45 le matin. Elle se demandait vraiment ce qui le motivait à s'arrêter. Il fallait le noter dans son journal. Véréna se prépara un dessert, qu'elle prendrait une fois cuit, avec un thé sans sucre. La farine, les úufs, du beurre et un citron. Son cake cuisait tranquillement, et elle regarda ses placards bien vides maintenant, comme si elle allait déménager. A 17h30, son gâteau était prêt à déguster, et le thé infusait. Véréna se lançait rarement dans la pâtisserie, car elle tenait à ne pas grossir, et malgré ses efforts, le poids ne l'avait pas épargnée. Elle cuisinait de délicieux petits plats, par contre, et celà occupait une partie de sa matinée. Depuis hier où elle avait vidé ses placards, elle se sentait une autre femme. Elle ne pourrait plus sortir maintenant, même si elle le souhaitait, car elle ne possédait plus aucun vêtement pour cela. Cette fois, elle se murait définitivement. Combien de temps n'avait-on pas posé un regard attentif sur elle ? 5 ans, 10 ans ? Très certainement 10 au moins. Elle était juste « habillée » pour sortir faire les courses, c'était son minimum.
Son cake était très bon et les pas de l'homme au chapeau, vinrent s'arrêter une fois de plus, devant chez-elle...
Elle vit sa silhouette inquiétante et cette fois, elle alla jusqu'à la haie, pour le voir. Il fallait qu'elle sache ! Elle ne parvint pas à voir son visage, mais juste une ombre, celle que lui ne vit pas non plus de Véréna. Son cúur battait à tout rompre, et elle rentra, avec ses chaussons mouillés.
Elle ferma alors tous ses volets, car maintenant, elle avait peur. Que lui avait-il pris d'aller affronter cet homme ?
Pourtant, elle pensa à demain matin, et l'envie qu'elle avait de tenter de le voir.
Le chemin qui bordait son jardin, était peu passant. Il n'y avait que lui qui s'arrêtait depuis quelques mois déjà. Véréna pensait qu'elle devenait paranoïaque en vieillissant et qu'elle focalisait sur cet homme qui ne lui voulait certainement rien. Mais quand même, c'était étrange !
Peut-être qu'il regardait le panneau « à vendre » de l'appartement du dessus, tout simplement.
Elle vérifia également sa porte d'entrée, et elle fit bien, car elle avait oublié de la verrouiller.
Cette nuit, elle brancherait même son alarme. Elle le fit de suite, d'ailleurs. Elle ne dîna pas puisqu'elle avait prit un goûter tardivement. Elle alla rejoindre son « amie » la télévision. Ce soir, elle n'avait pas sommeil, et elle profita de son bel écran dans le salon. Et puis si elle s'endormait dans le canapé, ce n'était pas grave, elle avait pris un plaid sur ses genoux. Elle regarda un film drôle et elle se surprit à rire, chose rare ! Décidemment, entre sa sortie dans le jardin et ses éclats de rire, Véréna était vraiment « différente », depuis que ses placards s'étaient allégés. Demain nous serions samedi, et il y aurait un peu plus de vie dans la résidence, mais cela ne changeait rien pour Véréna. Elle était seule la semaine, seule le week-end, seule durant les fêtes de fin d'année. Elle notait même son âge sur le tableau blanc de la cuisine, pour s'en souvenir. Mardi, elle irait très certainement faire des courses, comme chaque semaine, à moins qu'elle ne s'y rende le jeudi. Il s'agissait des jours où elle pouvait bénéficier de prix réduits.
Elle venait également de changer son réfrigérateur, car celui-ci tournait en permanence et augmentait sa facture d'électricité. Il lui manquait un petit congélateur, sauf qu'elle n'avait pas la place. C'était dommage, alors elle avait opté pour un réfrigérateur qui en possédait un, de bonne capacité. Elle sentit le sommeil la cueillir et du coup, elle alla se coucher avant qu'elle ne puisse plus se lever. Demain, il n'y aurait pas le passage de l'homme au chapeau. Il ne passait que la semaine, pas les week-ends. Elle se leva tard, très tard, car il était un peu plus de 10h lorsqu'elle s'éveilla. Elle se disait chanceuse, car elle ne supporterait pas les enfants qui pleurent ou crient, un conjoint fatigué et vautré devant la télé sans s'apercevoir qu'il avait une épouse. Elle se leva tranquillement, car elle n'avait pas d'horaire, personne ne l'attendait. Elle prit son petit-déjeuner, le vrai repas de la journée, puis elle continua de s'occuper d'elle, en prenant sa douche.
Elle pensa à l'homme au chapeau, qu'elle n'avait pas entendu ce matin et qu'elle n'entendrait pas demain non plus.
Ses voisins étaient ravis de ces deux jours, car il s'agissait d'un repos bien mérité, après une semaine de travail. Véréna ne connaissait pas les semaines surchargées par un emploi trépidant.
Elle entendrait le bruit des pas des personnes qui seraient invitées à déjeuner ou à dîner. L'ascenseur fonctionnerait plus qu'à l'accoutumée, et Véréna serait toujours entre ses murs, comme chaque jour.
Elle parcourut son appartement, regardant son joli couloir jaune, sa salle de bain, sa chambre, sa cuisine, et s'arrêta sur le salon.
Elle devina celui-ci dans le noir, car là non plus elle n'avait pas ouvert les volets. Ses mains glissèrent sur les meubles, où il y avait un peu de poussière, mais elle n'avait pas envie de faire du ménage maintenant ; ça attendrait. Finalement, elle ouvrit les volets, car elle voulait voir son jardinet.
Il était tout vert-humide. Il y avait des plantes suspendues, dont il faudrait qu'elle s'occupe. Mais pas aujourd'hui, nous étions samedi et elle ne souhaitait pas qu'on puisse la voir. Elle ferait ça lundi, très certainement.
Et voilà comment midi sonna. Elle se faufila doucement pour aller à la boite aux lettres et ne croiser personne, comme à son habitude. Loupé, car dans l'entrée, elle croisa un homme... avec un chapeau ! Surprise, elle fit tomber ses lettres, car en plus, elle était en peignoir ! Et s'il s'agissait du même homme ? Non, ce n'était pas le cas. Il lui dit bonjour, elle répondit et rentra promptement chez-elle en fermant la porte à clé. Elle n'aurait plus à sortir du week-end, car elle ferait cuire son pain dans l'après-midi.
Elle prêta un úil à son courrier : de la publicité, comme toujours, et une autre moins drôle, des Impôts ! Ah oui, il fallait penser à ça ! Véréna avait de faibles ressources, mais suffisantes pour lui permettre de vivre confortablement. Son appartement était pour ainsi dire payé en totalité, sa voiture, sans crédit. Puisqu'elle ne déjeunerait sans doute pas, elle allait allumer son ordinateur et regarder ses comptes, comme elle le faisait chaque jour. C'était en procédant ainsi, qu'elle pouvait être à l'abris, financièrement. Son ami et pire ennemi, était Internet ! Car elle pouvait aller lire des choses intéressantes sur divers forums, mais elle pouvait également commander ! Voilà où elle dépensait parfois. En plus, pour des choses qu'elle ne portait pas, la plupart du temps. Mais depuis quelques temps, elle était plus que raisonnable et s'était désabonnée des mailing-listes. Ainsi, moins de tentation. Elle savait qu'elle mourrait très certainement sans que personne ne s'en aperçoive, et cela lui était égal. La seule chose qui la préoccupait, était la façon de « partir ailleurs », car elle ne voulait pas souffrir, comme tout le monde ! Son cúur ne pouvait plus donner d'amour, pas plus qu'il ne pouvait en recevoir. Elle se souvint alors qu'elle avait aimé autrefois, mais il y avait si longtemps que « son histoire » ressemblait à un roman mal terminé. Elle ne voulut pas s'en souvenir d'avantage. Quel calme, dans cet appartement !
Et le téléphone vint troubler ce silence ! Qui celà pouvait-il être ? Elle décrocha. Ses amis de province étaient au bout du fil. Elle était contente, finalement, d'être sortie de sa quiétude. Désormais, ils se téléphonaient rarement, car elle n'avait pas le courage de se rendre chez-eux en voiture, mais ils ne l'avaient pas oubliée. Celà faisait chaud au cúur, même si Véréna refusait de l'admettre.
Elle leur envoyait des mails, moyen de communication à sens unique parfois, et suffisant pour elle. Ils répondaient lorsqu'ils avaient un moment et ça convenait bien à Véréna. Elle resterait en peignoir toute la journée, elle n'avait pas besoin de se vêtir, et surtout, aucune envie de le faire.
Elle ne se sentait pas très bien aujourd'hui, avec des frissons, mal à la gorge et à la tête. Elle n'allait pas avoir la grippe, tout de même ? Plus le temps passait, plus elle avait froid et se sentait fébrile. Sa gorge la faisait terriblement souffrir maintenant. Elle appela un médecin, qui par chance, arriva rapidement. 41° de fièvre tout de même et une angine blanche. Il fallait qu'elle se traîne jusqu'à la pharmacie, car personne ne pouvait le faire pour elle. Tant bien que mal, elle y réussit. Son court trajet fut difficile... Heureusement, elle avait le réfrigérateur plein ! Mais elle ne pourrait rien avaler, cependant, tant sa gorge lui faisait mal. Elle prépara une poche de glace pour sa tête, ses médicaments et hop, elle se mettrait au lit. Elle ne toussait pas, mais combien c'était douloureux ! Véréna s'éveilla en milieu d'après-midi. Elle se sentait toute chiffonnée, passée au rouleau-compresseur. Elle avait toujours aussi mal, mais il fallait boire pour que la fièvre tombe. Elle avait chuté un peu. Elle avala 2 verres d'eau et retourna se coucher. Elle alluma la télé, pour sentir une présence. Véréna redevenait comme une enfant, lorsqu'elle était malade. Heureusement, ce n'était pas souvent. Puis sinon, elle avait un traitement pour l'aider à dormir, à l'occasion. Car la vie de Véréna n'avait pas toujours été ainsi côté sommeil. A une époque, elle ne le trouvait pas ou s'assoupissait sur son clavier. C'était assommant d'être ainsi !
Ouf, maintenant, elle était débarrassée de ce problème d'insomnie. Toutes les personnes solitaires, en souffraient, paraît-il, à un moment ou un autre. Le tour de Véréna était passé, visiblement.
Il fallait qu'elle dorme pour l'instant, car elle ne se sentait pas bien à nouveau. Le mur pour atteindre sa chambre, dansait. Heureusement qu'elle n'était pas loin. Elle ferma partiellement son volet, et alluma la télé. La journée bien entamée de Véréna, passa ainsi. Elle s'éveilla à 18h45, comme si elle était calée sur l'horaire de l'homme au chapeau. Elle se sentait légèrement mieux.
Elle prit de nouveau sa température, et elle était à 39°5. Elle se leva avec précaution, pour ne pas tomber. Elle se rendit à la cuisine et but de nouveau un peu d'eau, toujours avec difficulté. Vu l'heure, elle pensa à s'alimenter. Le médecin lui avait dit qu'elle devait se forcer à manger un peu. Comme il la savait seule, il avait promis de la rappeler en fin de journée. Et le téléphone sonna. Elle alla éteindre la télé de la chambre, tandis qu'elle prenait l'appel. Elle lui communiqua sa courbe de température ; il parut satisfait. Il lui souhaita bon rétablissement, puis raccrocha. Véréna se dirigea vers les soupes, et c'était bien difficile à avaler... Eh oui, sa gorge la brûlait terriblement. Du coup, elle en avait oublié le pain à mettre à cuire, mais elle ne serait sans doute pas parvenue à en manger. Elle resta un peu dans sa cuisine, bien emmitouflée dans son peignoir.
Elle voulait que le temps s'écoule avant d'aller se remettre au lit, avec ses remèdes et ses autres médicaments pour dormir.
Alors, elle fit le tour de l'appartement, tant bien que mal, pour fermer les volets. Voilà qui était fait pour la salle à manger-salon et elle en ferait autant pour la cuisine, où elle était revenue.
Il était 19h50. Elle se prépara un verre avec son traitement pour dormir et l'apporta sur sa table de chevet. Elle ralluma la télé, mit le téléphone à côté d'elle, au cas où elle en aurait besoin. Elle se rendit compte qu'elle avait oublié de fermer son volet et se releva pour le faire.

 Harmony 29 janvier 2009 à 11:43 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Il était vraiment temps qu'elle se remette au lit, car elle sentit ses forces l'abandonner. Elle n'eut pas même celle d'allumer sa lampe, et encore moins la télé. Elle s'éveilla quelques heures plus tard : il était pile 22 h ! Comme elle avait dormi ! Elle se sentait trempée, car elle avait transpiré, avec la fièvre. Elle contrôla sa température, qui était de nouveau proche de 40°. Véréna s'inquiéta, car elle était seule. Pour une fois, elle eut aimé ne pas l'être et que quelqu'un veilla sur elle. Elle reprit son calme. Il fallait aussi qu'elle se change, car elle ne pouvait pas rester dans son pyjama mouillé. Les draps, eux, ne l'étaient pas, car précautionneuse, elle avait posé un drap de bain sous elle, en prévision. Elle se voyait mal changer son lit d'ailleurs. Elle n'en aurait pas eu la force. Il fallait qu'elle se douche, mais c'était trop difficile. Tant pis, elle changea juste de pyjama. Elle se rendit compte qu'elle n'avait pas même avalé ses médicaments, en se recouchant tout à l'heure. Il était sans doute normal, que sa fièvre soit remontée. Elle n'avait plus sommeil et alluma la télé. Aucun programme ne l'intéressait, alors elle mit un DVD : « la maison du bonheur » la faisait toujours sourire. Elle calmerait ses angoisses ainsi. Et tant pis si elle s'assoupissait devant. Cette fois, ses comprimés étaient avalés. Finalement, elle regarda le film intégralement, sans s'endormir. Il était tard, et l'heure d'éteindre pour trouver le sommeil. Son réveil réfléchissait l'heure au plafond, mais elle ne vit pas longtemps les chiffres changer.
Elle s'éveilla vers 9 h le lendemain, peut-être parce qu'elle venait d'entendre ses voisins d'à côté, se fâcher après un de leurs enfants. Elle se sentait pleine de courbatures. Et elle avait un peu froid. Elle prit sa température et bonne nouvelle, celle-ci était à 38°7 au lieu de 40°. Véréna se leva doucement, et oui, elle se sentait bien mieux que la veille, même si sa gorge la faisait toujours souffrir. Il lui fallait prendre son traitement, maintenant. Aïe ! Difficile d'avaler avec la gorge en feu... Elle avait un peu faim et prépara son petit-déjeuner habituel. Elle verrait si elle parvenait à l'avaler. Tant bien que mal, elle y réussit, tandis qu'elle se faisait couler un bain, et qu'elle avait allumé le radiateur de la salle de bain. Pas trop chaud, le bain, pour ne pas faire grimper sa température encore élevée. Elle s'y plongea, avec un fond sonore, pour se détendre. A peine était-elle sortie de sa baignoire, que l'on sonna à sa porte. Comme à son habitude, elle resta muette à cet appel et n'ouvrit pas. Elle songea plutôt à se recoucher, car elle se sentait encore fatiguée. Mais pour avoir l'air de n'être point trop malade, elle s'allongerait dans son canapé, bien emmitouflée dans une jolie couverture polaire bleue ciel. Que faire d'autre que regarder la télé et s'endormir devant, ou prendre un bon roman et tenter de lire ? Ses occupations à venir, étaient très limitées, au moins pour quelques jours. La sonnette retentit encore. Il s'agissait forcément d'un résident, sinon c'eut été l'interphone avant. Cette fois, elle alla ouvrir. Elle regarda par l'úilleton et reconnut son voisin d'en face. Il voulait l'avertir qu'il allait faire du bruit, car il faisait quelques travaux. Elle était sans doute très pâle, car il lui demanda si tout allait bien. Elle lui répondit qu'elle avait une angine blanche et qu'elle était fiévreuse. Il lui proposa de faire des courses si elle en avait besoin, ce qui était fort sympathique de sa part, mais elle avait tout sous la main et le remercia. Il s'excusa de bricoler le dimanche, car ce n'était pas autorisé par le règlement de copropriété, mais il n'en avait pas pour longtemps et aurait terminé avant 13 h au plus tard. Il posait des radiateurs, comme ceux que Véréna allait mettre chez-elle.
Fatiguée, elle s'allongea dans le canapé, avec un roman, mais bien vite, elle s'endormit le livre ouvert. Les travaux de son voisin ne la dérangèrent pas, car c'est à 13 h, en entendant le générique du journal télévisé, qu'elle s'éveilla. Elle se sentait encore bouillante. Il fallait qu'elle prenne sa température à nouveau ; le médecin le lui avait dit. Elle était montée à 39°5 encore : décidemment ! Il était aussi l'heure d'avaler ses médicaments du midi et d'essayer de manger un peu. Toute la journée de Véréna se composa d'aller-retour entre le canapé et sa cuisine, pour finir au lit le soir, à 20 h passées.
Lundi matin, comme si elle était programmée, elle s'éveilla suffisamment tôt, pour entendre les pas de l'homme au chapeau. Elle était très certainement fiévreuse encore, et elle avait toujours aussi mal à la gorge. Oui, la fièvre culminait à 38°7 le matin. Du coup, elle ferait venir son médecin ; elle se sentirait plus rassurée. Son médecin passa sur les environ de 10 h, chose exceptionnelle, car ce médecin était toujours très débordé. Il lui changea le traitement par des antibiotiques plus appropriés. Mais il fallait qu'elle aille les chercher, et même si elle se sentait un peu mieux, elle n'avait pas beaucoup de force. Il lui demanda également de le tenir au courant si la fièvre ne baissait pas, car avec le nouveau traitement, dès l'après-midi, ce devait être chose faite. Elle s'habilla rapidement, et se rendit de nouveau à la pharmacie, puis s'allongea au retour. Cette petite sortie l'avait épuisée. Effectivement, vers 16 h, sa température était toujours à 38°5, certes, mais elle n'avait pas augmenté, comme hier. Elle se sentait un peu mieux. Tant pis pour demain, jour des courses, elle n'irait pas. D'ailleurs, elle avait peu mangé, depuis qu'elle était souffrante, et tout cela pourrait bien attendre jeudi du coup.
Ah oui, il ne fallait pas qu'elle oublie, demain après-midi, le technicien venait poser les radiateurs. Pour un peu, elle ne s'en souvenait pas. Elle n'était pas très en forme, mais elle n'annula pas le rendez-vous.
Et le soir, sa température n'avait pas augmenté, super ! Elle était en bonne voie, sans jeu de mot !
Elle songerait à communiquer cela à son médecin traitant dès demain, si tout continuait ainsi.
Véréna avait passé trois jours difficiles. Elle prit sa température, et elle était tout juste à 38°. Elle se leva, plus en forme, et entendit, les pas de l'homme au chapeau ! Cette fois, elle ne sortit pas pour aller à sa clôture, car elle n'était pas totalement guérie. Mais elle était bien décidée à lui demander ce qu'il voulait, lorsqu'elle irait beaucoup mieux. Elle avait délaissé les travaux ménagers, mais ne s'y mit pas pour autant, sachant qu'il y aurait ceux du technicien dans l'après-midi. Il venait à 13h30.
Véréna « avala » tant bien que mal, cet autre petit-déjeuner, s'occupa d'elle, puis téléphona à son médecin traitant, pour dire que tout allait mieux. Son secrétariat prit les informations et elle raccrocha.
Son ordinateur lui avait manqué.
Véréna regarda les choses importantes pour elle, comme le suivit de ses comptes et petits placements.
Puis ensuite, elle alla sur les forums d'aide. En feuilletant ses magazines, elle s'était aperçue qu'elle pouvait communiquer ainsi, en apportant son témoignage à des personnes qui déposait un sujet. La dernière fois, un après-midi avait passé ainsi. Elle s'était sentie utile, au moins elle l'espérait. Tout cela était anonyme, bien entendu. Mais si en pianotant sur un simple clavier, elle pouvait être une aide, alors elle serait cette aide. On disait de Véréna, à une certaine époque, qu'elle était de bon conseil. On se confiait même facilement à elle. Maintenant, elle avait un écran, un clavier, une souris, comme amis fidèles. Elle vivait à travers un monde virtuel depuis longtemps.
Elle regarda sa boite aux lettres, mais il n'y avait aucune réponse de la part des personnes qui avaient attiré son attention. Elle fut un peu déçue, mais tant pis, il fallait sans doute attendre un peu. Certains sujets avaient été postés il y a pas mal de temps, avant qu'elle ne découvre ces deux forums.
En tout cas, elle ferait une autre petite économie, car elle pouvait consulter ces magazines sur internet. Elle n'aurait plus besoin de les acheter !
Véréna n'était pas pingre, ni avare, mais faisait attention à ses finances. Elle ne voulait pas se mettre en péril. Déjà, il y avait un moment qu'elle regrettait de s'être si mal débrouillée en achetant une première voiture qui ne lui convenait pas, et en perdant autant d'argent ! Elle n'avait pas pris conscience alors, que la dépense était aussi conséquente. Une fois encore où elle n'avait pas convertit les euros en francs, et cela lui avait joué un sale tour. Elle avait été bien stupide, mais le regretter, ne servait à rien désormais. Elle devait juste être plus attentive face à de gros achats. D'un seul coup, elle se mit à regretter d'avoir jeté cette publicité concernant un site de rencontre. Elle aurait peut-être du approfondir, pour échanger virtuellement, au moins durant un temps. Elle alla chercher dans sa poubelle de bureau et y retrouva le précieux document. Alors... que disait-il au juste... ?
Allez sur le site WWW... et inscrivez-vous sous le pseudo de votre choix, indiquez un mot de passe, recopiez les caractères que vous verrez en dessous, puis attendez le mail de confirmation.
Ok, elle allait s'inscrire, c'était gratuit, et puis elle aimait beaucoup pianoter sur le clavier. Son pseudo serait Harmony2, car Harmony tout court, était déjà prit. Elle utilisait le même mot de passe désormais, donc, ça serait facile à retenir. Mais elle ne voulut pas se lancer dans la discussion, de suite. Elle savait qu'elle pouvait y consacrer pas mal de temps, et le technicien venait cet après-midi.

 Harmony 29 janvier 2009 à 16:43 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Véréna venait de se connecter aux deux sites sur lesquels elle répondait aux sujets déposés. Elle mourrait d'envie de créer son image virtuelle sur le site de rencontre. Mais si elle s'y mettait maintenant, elle ne verrait pas le temps passer...
Elle se leva pour aller voir si elle avait du courrier, action rituelle de 5 jours par semaine. Cette fois, il n'y avait personne sur le palier, et rien dans la boite aux lettres. Pour oublier ce personnage virtuel, elle se mit au ménage tout de même. Après tout, le technicien ne devrait pas faire beaucoup de saleté pour 4 radiateurs. Allez, elle était prête à affronter la poussière des meubles, et à balayer ensuite. Depuis longtemps, Véréna avait ôté tous les bibelots et les photos aux murs. Elle en profita pour aérer sa chambre et ranger le DVD encore dans le lecteur. Il lui restait la baignoire à nettoyer et ça irait vite. Si elle était courageuse, elle changerait ses draps. Et c'est ce qu'elle fit. Elle ferait tourner sa machine cet après-midi ou elle la programmerait pour cette nuit. Finalement, tout cela lui prit bien plus de temps qu'elle ne l'avait pensé. Il était midi passé. Véréna détestait les housses de couettes, car il lui fallait toujours un temps infini, pour y remettre la couette. Aussi, elle attendait après les soldes « du blanc » pour acheter des couettes toutes prêtes. Certes, ce n'était pas pareil, mais plus commode pour elle. Maintenant que ses placards étaient libérés des vêtements qu'elle ne portait plus, il y avait vraiment de la place.
Elle regarda également tout ces cintres vides, comme abandonnés dans sa penderie. Elle n'avait aucune envie de refaire sa garde-robe, car elle ne désespérait de pouvoir mincir à nouveau : Question de moment et de volonté. Puis de toute façon, elle s'était débarrassée de ses vêtements, non ? Allez, il était temps de préparer tous les documents nécessaires au technicien, car il aurait de nouveau besoin des plans.
Eh !!! Mais il était 13 h ! Il fallait qu'elle prenne sa température, puis ses médicaments, et qu'elle déjeune, si toutefois elle pouvait avaler un peu mieux.
37°9. Elle avait encore de la fièvre, mais celle-ci n'était plus très élevée.
Elle prépara un café tout frais pour le technicien, tandis qu'elle avala une tranche de jambon et quelques haricots verts. Elle aurait du en profiter pour manger des glaces, avec sa gorge en feu, et elle n'aurait pas eu mauvaise conscience. Son médecin le lui avait dit. Mais ensuite, quelle nouvelle lui aurait annoncé la balance ? Certainement pas ce qu'elle aurait aimé y lire !
Allez, il lui restait le temps de laver sa vaisselle, si le technicien était à l'heure.
Elle eut juste celui de terminer, que le téléphone se mit à sonner. Ca devait être le technicien, puisqu'elle ne lui avait pas communiqué les codes.
« Bonjour Monsieur ».
« Bonjour Madame, je vais devoir faire plusieurs allers-retours, avec les radiateurs.
« Je tiendrai les portes ouvertes et vous pourrez prendre l'ascenseur ». Elle s'était chaudement couverte, car elle était encore malade.
Une fois les radiateurs chez-elle, Véréna proposa un café au technicien. Il restait également du cake au citron, et elle lui offrit avec. Elle avait déplacé les fauteuils qui auraient pu le gêner et elle le laissa faire son travail.
Puis, après-tout, pourquoi ne se connecterait-elle pas sur le site ? S'il avait besoin de quelque chose, elle serait là de toute façon.
Elle lui demanda s'il avait besoin de couper l'électricité, pour savoir si elle pouvait mettre ou pas, son lave-linge en route. Il regarda le compteur, identifia les radiateurs et lui dit qu'elle pouvait utiliser sa machine sans problème. Elle mit le lave-linge en marche.
Elle étira les cordes à linge au-dessus de sa baignoire, prêtes à recevoir les draps. Ce serait plus pratique que sur le sèche-linge.

 Harmony 06 février 2009 à 18:16 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Véréna sortit un plat de son congélateur pour le lendemain.
Dans la salle à manger, elle avait également préparé un dossier où elle noterait sa consommation électrique, avec ses nouveaux radiateurs.
Elle eut envie de s'installer à son ordinateur, mais elle était plutôt attirée par celle de dormir ! Que de difficultés contre cette crise de sommeil ! Ce devait être les médicaments et la fièvre. Elle alluma la télé, et s'installa dans le canapé, non sans prévenir le technicien qu'elle était confuse, mais encore souffrante. Elle espérait vivement ne pas s'endormir ! Elle se leva pour prendre un autre café, car elle sentait ses paupières devenir très lourdes et il fallait rester éveillée !
Le technicien avait déjà posé deux radiateurs, et il lui en restait encore autant. Elle devait avoir tous ses esprits, car il lui expliquerait leur programmation ensuite. Elle avait l'impression qu'elle allait tomber d'un moment à l'autre, mais elle tint bon. Elle mit la machine à pain en route, car si elle restait occupée, elle ne s'endormirait pas. Elle pria pour que le café agisse, et en reprit un autre de suite. Elle lut les notices de ses médicaments, et bien entendu, ils généraient une certaine somnolence. Qu'allait-elle pouvoir faire pour ne pas s'assoupir, tandis que l'homme travaillait ?
Il ne fallait pas qu'elle s'assoit. Elle entreprit de « visiter » les placards de sa cuisine, pour y faire un tri également. Au fond du placard au-dessus du four, elle trouva des moules à gâteau qu'elle n'utilisait jamais. Pourquoi ne s'en servirait-elle pas après tout ? Elle en jetterait tout de même un, car il était abimé et prenait de la place inutilement. Véréna était au ralenti. La récente et fatigante fièvre avait eu raison de ses forces. Il fallait qu'elle fasse attention car elle se sentait encore faible. Le technicien avait fini et il l'appela pour lui expliquer la programmation des radiateurs. Véréna remit un café en route.
Tout cela semblait simple et maintenant, ils allaient passer à la phase « paiement ».
Espérons que les papiers ne prennent pas trop de temps, car Véréna redoutait de « piquer du nez » dessus. Elle réussit à suivre, sans s'endormir et, pour faire diversion, elle proposa un autre café, le temps que les documents en question, soient complétés. Elle arriva avec le précieux breuvage et le cake au citron, pour la seconde fois.
Tout était maintenant au point, il ne lui restait qu'à faire ses paiements. Le technicien termina son café, et se leva pour partir. Il n'avait pas besoin que Véréna l'accompagne pour sortir, c'était tout simple dans ce sens-là.
Ouf ! Elle allait pouvoir s'allonger et dormir ! Sauf que maintenant, elle ne baillait plus, évidemment.
Elle prit son bloc de papier et releva son compteur électrique et rangea les documents relatifs aux radiateurs.
Elle s'installa confortablement dans son canapé, car elle ressentait des frissons, et des coups de chaleur. La fièvre, peut-être ? Elle la prit et oui, elle était à 38°5. Il fallait éteindre l'ordinateur avant de rejoindre le canapé. Elle alluma la télé pour lui tenir compagnie, et puis si elle s'endormait, plus personne n'attendait après elle. Ce n'était donc pas un problème.
Elle dormit 1h30 tout de même ! Son lave-linge avait cessé de tourner, et elle étendrait les draps. Puis elle pensa à regarder l'heure, car il commençait à faire sombre. Mais ce n'était pas la peine, car elle entendit alors les pas de l'homme au chapeau. Il marqua un temps d'arrêt devant chez-elle comme d'habitude, et elle voyait de mieux en mieux sa silhouette. Il ne faisait plus nuit-noire désormais en fin de journée. Il semblait grand, portant un manteau sombre, bleu marine peut-être, et ses chaussures appuyaient au sol vivement, comme pour laisser une empreinte définitive.
Véréna ne vit pas cependant, s'il tournait la tête vers ses fenêtres, mais il s'arrêtait, c'était certain.
Il était temps également, de baisser les volets. Elle vérifia que les verrous de sa porte, étaient également bien fermés. Il était donc 18h45. Elle dînerait de champignons de Paris cuits dans un bouillon de légumes. Ce qu'elle prépara maintenant, car vu l'heure, elle pouvait passer à table. Dormir lui avait fait grand bien.
Pendant que les champignons cuisaient, elle pourrait regarder le site de rencontre de plus près : elle était maintenant bien réveillée.
Il lui fallait trouver un pseudo, un mot de passe... Elle s'appellerait harmony2. Bon, maintenant, la fiche à compléter prendrait du temps. Alors, avant ou après dîner ? Après, car le repas était prêt.
Véréna prit son ordinateur portable et s'installa confortablement dans son lit. Elle avait avalé ses médicaments, donc, elle pouvait se consacrer à cette nouvelle vie virtuelle.
La fiche était complétée, son pseudo était libre, tout débutait super bien ! Elle avait rabioté quelques années sur son âge ; s'était octroyé un physique plus agréable, qui avait d'ailleurs été sien plusieurs années auparavant et voilà, il fallait juste attendre !
Elle se connecta également sur ces forums récemment découverts, pour voir si elle pouvait répondre à quelques messages.

Elle était là à attendre, comme un enfant après son jouet ! Mais rien, personne ne venait sur son « profil » Véréna était très déçue, mais elle reconnut qu'elle manquait de patience. Son inscription était récente, de deux bonnes heures seulement. En tout cas, elle n'irait pas lier connaissance d'elle-même, bien qu'elle regardait les autres pseudos. Est-ce que quelqu'un allait enfin se décider à la fin ? Elle commençait déjà à regretter sa démarche. Si aucun contact n'arrivait d'ici à demain, probablement qu'elle annulerait cette inscription. Elle éteignit l'ordinateur qu'elle rangea avec soin et s'enfonça dans son lit. Elle se doutait qu'elle dormirait bien, car ses médicaments l'y aidaient beaucoup. Demain serait un autre jour !
Sa nuit fut tellement longue, qu'elle ne s'éveilla pas lorsque l'homme au chapeau passa. Pour sûr, il était presque midi ! Jamais Véréna ne dormait autant. Etant donnée l'heure, elle déjeunerait et laissa le petit-déjeuner au lendemain. Elle avait sorti une escalope de poulet du congélateur, et des courgettes déjà cuites. Une journée comme les autres, pensa-t-elle. Ah oui, elle irait voir la boîte aux lettres, la vraie, pas la virtuelle. Tout du moins, pas encore. Puis elle ferait sa toilette ensuite. Pour ça, elle alluma le radiateur. Il fallait beaucoup de chaleur à Véréna.
Sa boîte aux lettres était vide. Désormais, elle ne recevait plus ses magazines, puisqu'elle les consultait sur le Web. Véréna avait toujours un peu mal à la gorge, mais beaucoup moins. Elle n'en oublia pas son traitement pour autant, car déjà, elle avait passé celui du matin. Après une douche rapide, elle se mit à table. Un repas peu calorique, Véréna voulait fondre. Elle regarda les informations, toujours aussi déplorables et tristes. On ne parlait que « de crise économique », du malheur des pauvres gens sans toit, sans nourriture. Elle eut presque honte d'avoir mangé à midi. Le monde devenait-il fou ? Elle débarrassa son assiette, lava sa vaisselle, et... se hâta vers l'ordinateur, peut-être aurait-elle des messages ? Elle dépouilla ses mails commerciaux, dont un attira son attention. Il proposait une importante réduction sur des vêtements que Véréna aimait beaucoup. Mais était-ce raisonnable d'envisager des achats, alors qu'elle venait de consacrer un budget conséquent, à son habitation ? Elle allait réfléchir. D'autant qu'elle voulait toujours mincir. Son idée n'était pas raisonnable, finalement. Elle se connecta au fameux site de rencontres et surprise, elle avait 4 messages ! Sans se l'avouer, Véréna comptait bien avoir de la lecture ! Le premier message était assez banal, présentant un homme bien plus âgé qu'elle. Le second ne s'intéressait qu'à une relation intime, mais le troisième... avait son intérêt. Elle lut le quatrième, mais c'est sa famille qui la repoussa. Trois enfants, dont deux encore jeunes. Par contre le troisième... Pas d'enfants, 48 ans, salarié, propriétaire de son bien, aimant la lecture, le cinéma, l'écriture, les chiens, les belles voitures, les voyages, la mer et le soleil... Son profil était intéressant. Véréna regarda comment faire pour répondre et poser d'avantage de questions car elle avait juste demandé une présentation, sans trop de détails.
Harmony2 allait répondre à Cyber. Mais que dirait-elle ? Elle ne savait pas par où commencer ! Finalement, ce n'était pas aussi facile que de s'inscrire !
- Bonjour, je suis Harmony2. Je viens de lire votre mail. J'aime la poésie aussi, et j'ai apprécié votre façon d'écrire. Comment est votre vie, êtes-vous divorcé ? Peut-être voulez-vous m'en parler ?
Elle ne savait pas s'il était divorcé ou célibataire endurci.
Elle regarda l'heure du mail et pensa qu'elle aurait peut-être une réponse, mais ce soir. Le mail avait été posté vers 22 h. Elle attendrait donc ce soir, pour voir. Elle passa l'après-midi comme elle avait pu l'être il y a longtemps, pour un rendez-vous galant. Elle essaya de se souvenir de ce dernier rendez-vous. Il s'était achevé par une rupture, sur son initiative d'ailleurs. Et c'est là qu'elle avait ensuite acheté ce bel appartement qu'elle aimait tant. Puis, était-ce raisonnable de s'être inscrite sur ce site, alors qu'elle savait fort bien que personne ne viendrait troubler sa vie bien réglée. Elle ne voulait pas d'une cohabitation sous son toit, car cela ne pouvait être rien d'autre. Lorsqu'elle s'était retrouvée enfin seule, libre de mener sa vie à sa guise, elle avait éprouvé tant de bonheur, qu'elle ne recommencerait certes pas à s'orienter vers une liaison. Mais malgré tout, si elle pouvait avoir un ami avec qui correspondre sur le web, pourquoi pas. En plus, s'il demandait à la rencontrer rapidement, il ne tenait qu'à elle de dire qu'elle avait changé d'avis. Le virtuel possédait ce pouvoir de décision rapide, permettant d'éviter une rencontre. Il fallait non pas mentir vraiment, mais « arranger » la vérité. Véréna savait qu'elle pourrait faire cela. Elle laissa sa connexion ouverte, et alla s'installer dans le canapé, avec le roman de 415 pages, qu'elle était entrain de lire. Elle arriva à la moitié de celui-ci lorsqu'il lui fallut allumer la lumière et penser à fermer ces volets. Se faisant, elle entendit encore des pas s'arrêter devant chez-elle, et vit la fameuse silhouette inquiétante... Décidemment... Elle l'avait oublié pour un temps, celui où elle était souffrante. Il fallait qu'elle perce ce mystère, mais comment ? Là, comme il faisait encore jour, elle vit bien qu'il marquait l'arrêt devant chez-elle. Elle ferma tous les volets et vérifia sa porte d'entrée. C'était facile, elle l'avait refermé en allant à la boite aux lettres et elle n'était pas sortie. Peut-être que demain, jeudi, elle irait en courses. Elle se sentait mieux, n'avait plus de fièvre, et son congélateur se vidait. Les journées de Véréna étaient vraiment simples et répétitives. Comme tous les jours, elle ne vit personne et comme chaque jour, son téléphone n'avait pas sonné. Elle était sur liste rouge, pour éviter d'être dérangée.
Véréna voulait lutter contre ses problèmes de poids, mais elle aimait cuisiner... Et là, elle préparait un gratin dauphinois. Tout cela lui prendrait la matinée, mais elle avait le temps.
Chaque jour, Véréna s'affairait en cuisine. Elle mangeait de tout, un peu, afin d'éviter de se jeter sur la nourriture comme elle l'avait fait par le passé. Il lui restait quelques kilos à perdre, et elle savait que l'âge ne jouait pas en sa faveur.
Elle regarda son jardin, où les crocus des années précédentes, commençaient de nouveau à sortir. Il y avait aussi les perce-neige et l'altéa encore enveloppé. Il resterait encore ainsi, car l'hiver avait été rude, et il n'était pas terminé.
Les pommes de terre étaient épluchées, elle n'avait pas oublié la noix de muscade, ainsi que les autres ingrédients. Son gratin était prêt à cuire. Pendant ce temps, elle regarderait ses e-mails, ses comptes aussi.
Elle venait de s'acheter une nouvelle tenue. Et oui, maintenant que sa penderie était bien vide, il fallait tout de même qu'elle renouvelle un peu sa garde-robe avec des tenues basiques, et surtout, dans « sa nouvelle taille ». Sa boite e-mail regorgeait de publicité, via des sites de « démarques » où elle s'était inscrite. Ses comptes allaient aussi bien que possible. Elle surfa un peu sur Internet, toujours à la recherche d'un remède miracle qui la ferait mincir, mais il n'existait pas. Paradoxalement, elle humait avec plaisir, l'odeur de son gratin en cuisson.
De ses recherches sur Internet, elle avait sorti la liste des menus qui composerait la semaine suivante, ou celle d'après encore. Véréna réfléchissait à ne se rendre en courses que tous les quinze jours maintenant. Elle ferait une économie supplémentaire sur l'essence par la même occasion. Elle allait faire cela. Son congélateur offrait suffisamment d'espace pour préparer des plats plus fréquemment qu'elle ne le faisait déjà. Sa liste était donc faite. Elle décida de passer à autre chose, comme lire le roman policier qu'elle avait en cours. L'intrigue semblait bien menée, mais Véréna avait du mal à accrocher avec ce livre. Quoiqu'il en soit, elle le lirait jusqu'au bout.
Quelqu'un vint sonner à sa porte, et comme à son habitude, elle eut envie de ne point répondre. Mais il devait s'agir d'un résident. Elle regarda dans l'úil mais ne reconnut pas la personne, pourtant, elle ouvrit. Il s'agissait effectivement d'un de ses voisins, qu'elle ne souvenait pas avoir croisé, puisqu'elle évitait tout le monde. Il avait besoin d'un service ; récupérer un colis pour lui durant son absence. Elle accepta de lui rendre ce service, voyant combien cela semblait important pour cet homme. Véréna n'avait pas toujours vécu ainsi retirée. Elle avait même aimé recevoir, « avant ». Mais il y avait longtemps, lorsqu'elle était une jeune-femme. Tout s'était arrêté lorsque son ami de l'époque, avait trouvé la mort dans un accident de voiture. La collision avec un poids-lourd avait été terrible, et il avait été tué sur le coup. Les amis de son ami, l'avait oublié petit à petit, et elle leur en avait voulu. Mais une femme seule dérange les couples, car Véréna était alors une assez jolie femme.

 Harmony 16 juin 2009 à 14:58 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Elle n'oubliait pas sa relation difficile avec Pascal, avant qu'elle n'y mette fin pour se sentir finalement libre de vivre à son gré.
Puis son amour de jeunesse l'avait bien vite rattrapée, mais pour peu de temps...

Frédéric l'avait laissée seule et quelque peu perdue. Les premiers mois furent difficiles et c'est là qu'elle avait commencé à s'enfermer, se replier sur elle-même. Puisqu'elle avait été mise à l'écart, elle s'y était murée. Pour cela, elle avait choisi de déménager et avait trouvé ce coquet appartement qu'elle aimait tant maintenant. Pendant un temps, elle avait songé à prendre un chien, puis non, elle ne voulait plus être obligée de sortir, si elle n'en avait pas envie. C'est à cette période qu'elle vit pour la dernière fois si l'on peut dire, les amis communs de Frédéric. Il l'avait aidé à décorer son appartement. Elle avait conservé quelques amis à elle surtout, mais restait toujours aussi muette. Véréna s'était retirée brusquement de toute vie sociale. Elle ne vivait que « pour elle et par elle ». Et maintenant, elle était tracassée par le passage de l'homme au chapeau...
Elle se connecta à sa messagerie pour voir si l'homme de 48 ans lui avait répondu, se décrivant d'avantage.
Elle avait reçu pas moins de 13 mails ! 13... un chiffre porte-bonheur peut-être ?
Oui, l'homme avait répondu ! Cyber lui proposait un rendez-vous web ce soir à 20h30, après le journal télévisé, lui avait-il précisé. Ca tombait bien, Véréna suivait le journal également. Sa journée, enfin, sa soirée aurait un but, pas comme chaque jour, où rien ne changeait pour elle. Mais que faisait-elle pour que ce soit différent ? Rien à vrai dire ! Elle aurait bien aimé connaître le vrai prénom de Cyber, mais c'était tôt ; ils n'avaient pas encore suffisamment échangé pour penser à cela. Et puis que ferait-elle s'il lui demandait le sien ? Il n'était pas commun, et rien qu'à lui seul, elle aurait pu l'utiliser en pseudo, mais trop tard, elle venait juste d'y songer.
Elle eut alors envie de revoir les photos des jours heureux avec Frédéric. Vraiment, il était tout pour elle : son conjoint, son amant, son ami, son confident... Pourquoi diable sa voiture était-elle venue s'écraser contre ce poids lourd ? Elle avait maudit le conducteur de ce camion qui lui avait pris son amour, et forcément, une partie de sa vie. Il était légèrement ivre, et le sommeil l'avait cueillit. Ce soir-là, elle attendait Frédéric qui rentrait de voyage. Elle se souvint qu'elle était fatiguée et qu'elle s'était finalement endormie. C'est au petit matin, ne le trouvant pas couché à ses côtés, qu'elle commença à s'inquiéter. Elle l'appela rapidement, mais elle ne trouva que sa messagerie. Elle multiplia les appels et toujours rien. En fait, Frédéric n'aurait du arriver que le matin, car il était parti plus tard que prévu. Elle l'apprit en allumant son téléphone mobile qui lui transmit alors un message l'en informant, mais le dit message n'était arrivé que ce matin.
Son cúur battait la chamade, elle était inquiète et ne savait que faire, et elle tournait dans la maison, totalement perdue.
Il était 07h38 précises, lorsque l'on sonna à sa porte. Il était tôt, très tôt pour que l'on vienne sonner et elle pensa que cela était sans doute grave. C'est tout du moins ce qu'elle avait ressenti.
En regardant par l'úil, elle vit deux gendarmes : elle avait compris que quelque chose de grave s'était passé... Elle ouvrit la porte : « Mme Vilandieux, Véréna Vilandieux ? » Oui répondit-elle d'une voix timide.
« Madame, monsieur Frédéric Andrieux a été victime d'un accident de la route. Pouvez-vous vous préparer, nous vous conduisons à l'hôpital... » Elle ne posa aucune question, les fit entrer le temps pour elle de se vêtir rapidement, d'attraper son sac à main, mettre ses chaussures, un manteau... elle était prête.
Dans la voiture, elle demanda ce qu'il s'était passé, où, comment, à quelle heure ?
« Il était 06 h approximativement, Madame, c'est un autre conducteur qui a signalé l'accident qui nous l'a précisé et nous attendons de voir si nous pourrons entendre le chauffeur du poids lourd pour en apprendre d'avantage ».
Véréna se sentit alors très mal et demanda si elle pouvait avoir de l'air, car elle croyait défaillir. Mais elle allait bientôt être aux côtés de Frédéric, ça irait mieux.
« Sommes-nous bientôt arrivés ? demanda-t'elle ? »
« Oui madame, nous arrivons dans quelques instants ».
Les instants en questions, lui parurent longs et pas un mot n'échappait de l'habitacle de la voiture. Il régnait un silence inquiétant et là, juste à ce moment précis, Véréna songea que le pire pouvait être arrivé, mais non, ce n'était pas possible, pas ça...
Elle n'osa pas poser la question tandis qu'elle voyait déjà les grilles de l'hôpital, et pourtant, elle questionna un des deux gendarmes, il fallait qu'elle sache.
« Comment est-il ? Pouvez-vous me dire comment il va je n'ai pas osé jusqu'à présent et maintenant, j'ai peur ».
Le gendarme semblait embarrassé qu'elle eut enfin posé la question.
« Madame, il n'a pas survécu... Les pompiers ont dit qu'il n'avait pas souffert ».
Véréna sentit son cúur cesser de battre et les mots résonner en écho dans ses oreilles, mais elle allait se réveiller, elle faisait un cauchemar, ni plus ni moins.
La voiture s'immobilisa, on la fit descendre et là, elle s'effondra.
Elle faillit chuter au sol, si le gendarme ne l'avait pas retenue. Elle s'éveilla allongée sur un brancard. Il lui fallut quelques instants pour qu'elle reprenne ses esprits et réalise le choc des mots venus lui vriller les tympans.
« Madame, vous avez fait un malaise, lui dit le médecin. Comment vous sentez-vous ? »
« Ca va, je crois que ça va, répondit Véréna ».
« Où est Frédéric, je veux dire monsieur Andrieux ? »
« Je dois le voir de suite, il le faut, il faut que je lui dise que ma réponse est « oui » que j'accepte de l'épouser ! C'est très important je devais lui donner ma réponse à son retour de voyage ! »
Véréna ne semblait pas avoir compris que Frédéric avait fermé ses yeux pour toujours...
Elle fut conduite auprès de Frédéric, étendu sous un drap blanc.
« Frédéric, écoute, je suis d'accord pour t'épouser depuis le temps que tu me le demandes ! Tu m'entends n'est-ce pas, tu m'entends ? »
Elle s'écroula en larme, car elle venait de se souvenir que les gendarmes lui avaient dit qu'il n'y avait plus rien à faire pour Frédéric...
Le médecin pris le temps de lui expliquer, ils parlèrent des formalités, elle demanda à voir la voiture, qui avait été remorquée pour expertise. On lui parla du chauffeur du poids-lourd, qui lui, était en vie, qu'il était légèrement alcoolisé, mais qu'il vivrait... Lui vivrait, pas Frédéric !
Elle se mit à trembler, son corps était tétanisé de soubresauts incontrôlables.
Entre temps, les gendarmes étaient repartis, lui souhaitant « bon courage », elle s'en souvint.
Mais qu'allait-elle faire ? Elle n'avait pas sa voiture, elle se sentait seule, si seule, si désemparée.
On lui remit quelques effets, comme les papiers de Frédéric et des effets personnels, abîmés, mais lui appartenant.
Elle n'avait pas grand monde à prévenir comme famille proche, car Frédéric était comme elle, seul, ayant perdu ses parents aussi.
On lui expliqua qu'il faudrait revenir pour les formalités, car le service administratif n'était pas encore ouvert.
Elle commanda un taxi pour rentrer chez-eux et de là, elle se mit à aviser les amis proches du drame qui venait de se dérouler.
Plusieurs personnes se proposèrent de venir l'entourer et elle accepta, ne sachant que faire.
Frédéric et Véréna avaient signé un Pacs depuis environ 6 mois, ainsi qu'un testament par lequel ils se rendaient héritiers l'un de l'autre.
La maison appartenait à Frédéric, il s'agissait d'un bien qui lui venait de ses parents disparus.
Les jours s'enchainèrent difficilement avec toutes les formalités à accomplir, les obsèques, déjà, le dépôt de plainte contre le chauffard qui avait pris la vie de Frédéric par imprudence, le notaire, la banque, l'associé de Frédéric, bien sur...
Frédéric était designer pour une jeune entreprise qui connaissait un joli succès. Il avait donc un associé et il fallait régulariser cette situation, mais avant, attendre l'enquête concernant l'accident mortel.
Elle reçu rapidement divers documents à compléter, dont celui de la Sécurité Sociale, car il s'agissait d'un accident de travail mortel.
Il fallu plusieurs mois avant que la situation soit mise au net.
Dès qu'elle le fut pour la maison, Véréna décida de la vendre, car elle ne pourrait plus continuer d'y vivre sans Frédéric. Concernant la société dont Frédéric était le co-fondateur, son associé cherchait une autre personne pour racheter les parts de Frédéric et cela n'était pas si facile. Véréna était l'héritière directe des biens de Frédéric.
8 mois plus tard, l'associé de Frédéric, avait trouvé quelqu'un pour racheter les parts. Tout était compliqué et Véréna se fit assister d'un juriste.
La maison était normalement vendue et elle recherchait un appartement. Déjà, elle en avait visité beaucoup, car elle n'était pas pressée non plus. Chaque jour elle regardait les photos de leur vie, du passé, de cette vie à sens unique, seule, comme morte. Elle recevait bien quelques coups de fils des « amis », des invitations au début. Elle aurait de l'aide pour le déménagement lorsqu'elle aurait vendu la maison et acheter un appartement qui lui correspondrait. Puis les appels se sont espacés et seuls, pour ainsi dire, sont restés ses amis à elle.
Après 9 mois, elle avait vendu la maison et par pur bonheur, trouvé l'appartement de ses rêves.
Le hasard fut dur, car Véréna emménagea le 14 février, jour de la fête des amoureux. Les amis distants, avaient malgré tout été présents pour l'aider à faire les travaux et emménager.
Véréna était « chez-elle », seule, mais chez-elle.
Elle se plut de suite dans ce joli appartement avec jardinet. Le temps qu'elle s'habitue à son nouvel environnement, l'aiderait à faire son deuil.
L'enquête avait démontré l'implication totale du chauffeur du poids-lourd dans l'accident. Il était bel et bien sous l'emprise de l'alcool et son permis serait annulé car il ne s'agissait pas de son premier accident. De plus, il était tenu de payer des dommages et intérêts, mais Véréna ne songea pas à cela. Elle pensa plutôt avec rage, combien elle en voulait au monde entier maintenant, de lui avoir fait vivre ça ! C'est à cette époque qu'elle avait également décidé de s'isoler et les amis en couples y avaient donc contribué pour beaucoup. Ce fut dur au début, car Véréna et Frédéric recevaient assez souvent, et puis maintenant, elle allait songer à elle et panser ses blessures de l'âme. Quelques rides avaient fait leur apparition et il s'agissait d'avantage de cicatrices que de rides finalement. Oui, elle souffrait ! Oui, elle était presque seule ! Oui, elle s'était sentie perdue, abandonnée !
Petit à petit, elle s'était faite à sa nouvelle vie dans cet intérieur flambant neuf. Au début, elle invita pour remercier de l'avoir aidé, puis petit à petit, les gens dénièrent les invitations sous n'importe quel prétexte. Elle en souffrit, puis, finalement, elle se fit une raison, car elle était bien chez-elle. C'est comme ça qu'elle ne prit plus la peine d'ouvrir la porte lorsque l'on sonnait chez-elle. Elle voulait vivre seule, comme la vie en avait décidé pour elle.
Elle se souvint que Frédéric et elle, se connaissait depuis presque toujours. Ils avaient fréquenté les mêmes écoles, jusqu'au lycée où Véréna n'avait pas achevé ses études. Frédéric était brillant, studieux. Au début de la vie d'adultes, Véréna n'avait pas souhaité vivre avec lui. Elle aimait beaucoup ce côté d'éternels fiancés, c'était excitant et chaque fois, les rencontres étaient palpitantes, comme au premier jour. Frédéric avait perdu son papa alors qu'il était encore étudiant et Véréna lui disait qu'il était bien de pouvoir continuer à vivre avec sa maman, c'était rassurant pour cette femme éprouvée par la vie. Puis la maman de Frédéric fit un infarctus dont elle ne s'est pas remise, le jour de la fête des mères !
Après cette douloureuse épreuve, Véréna accepta de venir habiter avec Frédéric, dans la maison de son enfance, cette même maison qu'elle connaissait bien, puisqu'ils avaient été presque voisins, à quelques rues près.
A ce moment là, Véréna louait un petit appartement, car son frère habitait la maison familiale avec leur père.
Frédéric et Véréna n'avait étonné personne en décidant de vivre ensemble. C'était un peu comme une évidence.
La vie à deux débuta ainsi, telle une continuité des fiançailles, qu'ils n'avaient pas fêté hormis entre eux, en toute simplicité.
Une vie qui débutait au mieux, après de très longues fiançailles.
Puis un jour, Frédéric demanda à Véréna de l'épouser, et elle lui avait réservé sa réponse en prétextant qu'un pacs était déjà très solennel, mais qu'elle allait y songer bien sûr.
Au moment où elle s'apprêtait à lui dire « oui », l'accident est arrivé...

 Harmony 19 juin 2009 à 19:38 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Véréna attendait ce retour avec impatience, car elle avait mûrement réfléchit sa décision et tout s'était écroulé d'un seul coup. Ca avait été terrible...
Et pour quelle raison, elle ne le savait pas, Véréna se mit à songer à la silhouette inquiétante. Elle lui faisait plus ou moins penser au rendez-vous virtuel qu'elle allait avoir avec Cyber, sous peu. Elle était tremblante...
Harmony2 se connecta, Cyber était déjà connecté.
« Bonsoir Harmony, quel va être le sujet de notre dialogue ce soir ? »
« Bonsoir Cyber. Pourquoi pas nos goûts cinématographiques ? »
« Parfait, répondit Cyber ».
« Je vais vous surprendre, je suis attirée par les mélos, les histoires de la vie ! »
« Personnellement, je les aime beaucoup aussi, comme les polars, les histoires d'amour, comme la plupart des femmes, j'imagine ».
« Cyber, qu'attendez-vous de cet échange virtuel, vraiment ? »
« Harmony, je cherche à passer un moment agréable à converser »
« Je suis un homme assez secret, mais pardonnez-moi, avec vous, j'ai l'impression que parler sera facile ».
Harmony se méfiait de la tournure que venait de prendre la discussion. Elle redoutait les questions trop personnelles. Il était bien trop tôt. Puis le voudrait-elle ?
Cyber lui confirma qu'il était bien propriétaire d'un appartement à Antibes ; elle pensa que la distance qu'il y avait entre-eux, était bénéfique.
« Cyber, peut-être pourrions-nous en rester là pour ce soir ? Je suis un peu fatiguée. Puis je préfèrerais que nous ne fassions pas connaissance trop rapidement ». Et ils convinrent d'un autre cyber-rendez-vous pour le lendemain à la même heure.
Elle avait l'impression d'être une adolescente qui flirtait en cachette de ses parents. Elle fut terriblement angoissée d'un seul coup, comme cela ne lui était pas arrivé.
Depuis qu'elle vivait seule, elle prenait parfois quelques décontractants. Elle sentit alors que le moment était venu d'en prendre un et d'aller se coucher.
Elle fit des cauchemars, revoyant le moment où elle apprit le décès de Frédéric, celui des obsèques... Le moment heureux où elle emménagea ici... Tout se bousculait.
Et elle s'éveilla au bruit des pas de l'homme au chapeau. Maintenant, il faisait jour le matin. Elle se demanda si l'homme en question, portait toujours un chapeau, et un manteau, d'ailleurs.
Véréna s'occupa à trier ses photos sur son ordinateur, et celles sur papier photo, avec Frédéric.
Elle ne pouvait oublier cette période de sa vie.
Elle s'efforça de reprendre le cours des choses, aussi tranquillement que possible. Elle reprit la lecture de son roman, après avoir accompli les taches quotidiennes. Entre deux, elle consulta sa boîte aux lettres et un mail proposait un voyage sublime. D'un seul coup, il lui prit presque l'envie d'y songer sérieusement, alors qu'elle privilégiait « sa solitude ». Une envie soudaine de soleil pour oublier que le passé était venu la hanter alors qu'il ne l'avait plus fait depuis un certain temps. Loin, tout était si loin...
Il faisait beau, aujourd'hui et Véréna en profita pour ouvrir toutes ses portes-fenêtres. Qu'allait-elle cuisiner ? Elle n'était pas un cordon bleu, non, mais elle aimait toujours cuisiner. Personne n'était là pour lui dire si ses plats étaient savoureux ou pas, et ce n'était pas grave. Elle prépara une quiche aux tomates et à la moutarde, qui ne serait pas « très régime », mais lui remonterait le moral. Jamais plus elle n'avait des coups de blues, car elle s'était promis que cela ne devait plus arriver puisqu'elle avait vécu le pire dans le passé. Là, elle avait succombé à un moment de stress et il était hors de question que l'habitude s'installe, sa vie en dépendait. Personne ne serait là pour l'aider à affronter ces moments s'ils devaient venir. A moins que son dialogue avec Cyber ne suffise à prendre place sur cette difficulté. Après tout, c'était « virtuel » et elle pouvait se permettre une certaine liberté : elle aviserait.
La quiche était cuite, Véréna regarda l'heure et il était tôt. Elle décida de profiter du four chaud, pour cuire un cake aux olives et au jambon. Elle devait faire très attention, car les fois où elle ressentait des bouffées de stress, la conduisait toujours vers l'alimentation : elle devenait boulimique, ce qui n'était pas pour arranger la communication positive avec la « balance » !
Elle était désorganisée, ce qui n'était pas son habitude. Elle avait cuisiné avant de prendre son petit-déjeuner et elle n'était ni douchée ni habillée. Il fallait se re-saisir. Pas de petit-déjeuner ce matin mais la douche, un vêtement ample est confortable, peu seyant, bien sûr, mais parfait pour un moment de cocooning. Elle reprit la lecture du roman en cours. Où en était-elle, déjà, elle ne se souvenait plus très bien. Ah oui, ça y était, elle s'y retrouvait. Tous ces souvenirs du passé l'avaient perturbée durant un moment. Sans doute parce que nous approchions de la date de l'accident.

 Harmony 22 juin 2009 à 15:06 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Allez, ces moments intenses ne devaient pas prendre le pas sur le cours de sa vie. Le roman ne la captivait pas vraiment, mais elle devait occuper son esprit. Elle pensa à son correspondant anonyme, Cyber, qu'elle aurait en ligne via internet ce soir.
Elle regarda ce prospectus concernant le voyage. Le pays était le Mexique. C'était loin, mais tout cela l'interpela comme si elle devait changer quelque chose à sa vie maintenant. Elle voyagea déjà sur le site internet et découvrit un complexe hôtelier merveilleux ! Véréna était presque prête à réserver ! Il ne s'agissait pas d'un voyage organisé, non, juste une publicité qui proposait un lieu superbe. Le point obscur pour Véréna, était le monde qu'elle y trouverait. Mais l'hôtel semblait grand et elle n'était pas obligée d'y faire des rencontres. Elle allait réfléchir !
Décidemment, elle donnait un autre sens à sa vie !
Avant cela, elle avait sa cure de thalassothérapie annuelle maintenant, et le hasard voulu qu'elle soit à Antibes, où Cyber lui avait dit posséder un appartement. Elle n'avait pas fait le rapprochement lorsqu'il avait parlé d'Antibes.
Il ne fallait pas qu'elle oublie non plus, son occupation de « lectrice », pour une petite maison d'édition. A force d'entendre les amis d'autrefois, lui dire qu'elle pourrait accomplir ce travail de lecture, Véréna avait proposé sa candidature et elle avait été acceptée. D'ailleurs, plutôt que de continuer de lire ce roman qui ne la captivait pas, elle ferait mieux de se pencher sur cette nouvelle qu'elle avait reçue il y a une bonne semaine. Ces lectures étaient pour la plupart rafraîchissantes et parlaient souvent d'amour. Oui, elle se mettrait à lire cette histoire, dès cet après-midi.
Ce petit travail apportait un revenu complémentaire à Véréna et lui permettait de s'offrir certaines choses, ou d'y participer. Puis c'était plaisant, divertissant. Elle ne se souvenait plus du titre de sa prochaine lecture et alla de suite regarder : « si c'était demain », serait sa lecture.
Les aiguilles du temps avaient tourné sur sa montre, et Véréna songea à manger une part de quiche, maintenant que l'heure de déjeuner était arrivée. Le cake, lui, terminait de cuire. Elle alluma la télé pour se tenir au courant des informations et de la météo, bien qu'elle ne sortait que pour l'utilitaire et indispensable, soit l'alimentaire. Après, oui, c'était bel et bien décidé, elle débuterait la lecture. Elle avait du temps devant elle, un peu plus de 15 jours encore, mais il fallait ne pas bâcler cela, au contraire. C'était important pour l'auteur, important pour elle à qui l'on faisait confiance.
Elle savoura sa quiche avec délectation, tout doucement, et pris le temps d'attendre la fin de la cuisson du cake, tout en regardant le journal télévisé.
Dehors, le temps était capricieux, car le soleil jouait entre les nuages, sans réussir vraiment à se montrer. Allait-il pleuvoir ? La météo le dirait très certainement. Elle avait découvert son altéa, enveloppé, mais hélas, celui-ci n'avait pas résisté à l'hiver rigoureux. Elle songerait à le remplacer à l'occasion. Dommage, elle l'aimait beaucoup, il était bleu. Les crocus et les jacinthes ornaient son gazon, enfin, son gazon mélangé d'herbe. D'ailleurs, elle devait penser à tondre. Demain était le jour des courses, alors elle tondrait le surlendemain, très certainement, s'il ne pleuvait pas. Elle regarda son jardinet, sa cuisine, et elle se dit alors combien elle était très heureuse dans cet appartement. Elle ne roulait pas sur l'or, non, mais vivait confortablement, et n'en demandait pas d'avantage à la vie.
Tiens, il y avait beaucoup de bruit d'un seul coup, au-dessus d'elle. Ses voisins d'ordinaire si calmes, déplaçaient-ils des meubles ? Peut-être ! Vraiment, elle avait trouvé un petit paradis, en s'installant ici. Il ne restait plus qu'à comprendre pourquoi une personne inconnue, s'arrêtait ainsi devant chez-elle chaque matin et chaque soir. Pour l'instant, elle avait déjeuné. Enfin, presque, car gourmande, elle attendit que le cake soit un peu refroidi pour en manger goulument une part. Hum... Que c'était bon ! Allez, du calme, car il était hors de question d'en manger une seconde tout de même !
Elle avait de la lecture à faire. Elle débarrassa sa table, mais ne fit pas la vaisselle, elle verrait cela ce soir, après son dîner.
Pour se concentrer sur l'histoire, plus de télé, mais éventuellement une musique douce, du classique, bien sur. Elle commençait par « si c'était demain », justement. Ce début captiva Véréna et elle se laissa emporter par ce récit romanesque. Elle apporta toutefois, quelques petites et rares corrections au texte, comme le lui indiquait son choix. Le « cui-cui » d'un oiseau, vint la sortir de sa lecture. Elle était à la moitié du récit qu'elle trouvait très frais, agréable. Elle posa ses lunettes, qu'elle avait chaussées pour lire, et se dirigea vers la cuisine pour se préparer un bon cappuccino. Ce serait sa pose. Il était 16 heures passées et elle n'avait pas vu sa journée s'égrainer. C'était une bonne journée pour Véréna car elle n'avait pas été longue. Il fallait bien reconnaître que parfois, le temps ne passait pas. Véréna en profitait pour faire des siestes, et là, le temps passait. Elle dégusta son cappuccino et songea que peut-être, elle pourrait investir dans une machine, mais faire les comptes s'imposait. C'est ce qu'elle choisit de faire, après le cappuccino. Sa lecture du manuscrit s'interromprait ainsi. Oui, elle pourrait s'offrir cette machine, elle y penserait en allant faire ses courses. Elle avait vu le prix conseillé sur internet. Peut-être demain, en allant faire le plein de courses pour 15 jours. Désormais, elle les faisait tous les 15 jours au lieu de chaque semaine. Elle avait décidé cela il y a quelques temps déjà, ainsi, elle économisait sur l'essence.
Elle pensa au budget « coiffeur », qu'elle avait totalement oublié et qui pourtant, lui coûtait très cher lorsqu'elle s'y rendait, une fois tous les 6 mois.
Elle se souvint qu'autrefois, elle s'y rendait chaque mois, et pareil pour la manucure. Maintenant, elle ne pouvait plus se permettre ces soins aussi fréquemment, mais ce n'était pas si important. Ses mèches blondes se ternissaient bien un peu, elle avait des « racines », mais elle restait présentable pour elle-même, devant l'image que lui renvoyait le miroir chaque jour. Du coup, elle eut envie de voir la tête qu'elle avait, car elle avait fait un passage éclair devant le miroir ce matin, et Véréna avait attaché ses cheveux mi-longs de suite. Elle réalisa qu'il y avait déjà 6 mois qu'elle s'était rendue chez le coiffeur, et qu'il faudrait en effet penser à faire quelque chose en s'y rendant de nouveau. Alors la machine à cappuccino, ou le coiffeur ?
Demain, elle verrait ça en allant faire ses courses car le coiffeur avait son salon dans la galerie marchande de l'hyper marché où elle ferait ses courses justement, et c'était sans rendez-vous.
Elle reçu un appel téléphonique. Il s'agissait de la maison d'édition. Elle lui demandait si elle avait commencé à lire l'histoire, car ils en avaient deux autres pour elle. Elle répondit alors qu'elle en était à la moitié et qu'elle le finirait très certainement demain ou ce soir peut-être. Il faudrait qu'elle mette les « bouchées doubles », tout simplement. L'avis de Véréna était très important pour Monsieur Delubac. Il trouvait qu'elle avait toujours le mot juste, et puis ce qu'il souhaitait, était que les livres se vendent avant tout ! Il s'agissait d'histoires romantiques où les talents de lectrices de Véréna, étaient utilisés. Chacun avait son « domaine », dans cette maison et c'était plutôt bien.
Véréna était à contre-courant par rapport au temps. Elle n'avait pas son ménage et c'est maintenant qu'elle choisit de s'y mettre, à 17 h. Et alors ? Peu importait, elle vivait seule et gérait sa vie sans véritable horaire. Elle respectait juste ceux des repas, par contre. Puis elle se ravisa. Elle reprit le récit car il lui plaisait beaucoup. Elle fit bien, car Monsieur Delubac la rappela pour savoir si finalement, elle avait progressé sur l'histoire en question. Elle lui répondit qu'elle venait justement de reprendre la lecture. Selon son habitude, il l'invita à déjeuner ou dîner, invitation qu'elle refusa poliment. Elle aurait été bien embêtée, car il ne lui restait que des jeans, encore trop serrés et des vêtements en molleton impossible à porter dans des lieux un peu huppés. Elle avait juste acheté un ensemble et une robe, mais il faisait trop froid encore pour les porter. Cependant, elle savait qu'il fallait songer à cette rencontre, car il y avait fort longtemps qu'elle déclinait les invitations. Elles permettaient aussi de remettre les manuscrits. Donc, avant même d'avoir fait les courses de demain, elle savait qu'elle n'achèterait pas l'appareil à cappuccino, car il faudrait se rendre chez le coiffeur et trouver une tenue élégante, « de sortie ». Comme un « uniforme de travail » en fait. C'est ainsi que Véréna jugeait une tenue un peu habillée, ni plus, ni moins.

 Harmony 22 juin 2009 à 16:38 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Il restait environ une vingtaine de pages à lire et Véréna comptait bien terminer ce soir. Elle se demandait comment les auteurs pouvaient autant fourmiller d'idées. Elle était juste capable de changer la tournure des phrases, une expression, la ponctuation, mais trouver des idées pour écrire... Elle aurait pourtant bien aimé avoir cela. Elle aimait les histoires romantiques dont elle avait la lecture, et celles plus « torturées », un peu psychologiques. En fait, elle n'était pas seule. Elle vivait au travers de ces personnages de fiction et ses amis d'alors, avaient fort bien fait de l'orienter vers cette voie.
Elle attendrait les deux autres manuscrits annoncés par l'éditeur et elle expédierait celui-ci en retour, ou alors, elle accepterait cette invitation à déjeuner. Oui, déjeuner, car dîner, elle n'aimait déjà pas sortir, et le soir encore moins.
Elle se souvint qu'elle avait quelque chose à faire ce soir, mais sur le moment, elle ne se rappelait pas de quoi il s'agissait. Ca alors !
Puis, oui, ça y était, la mémoire était revenue ! Il s'agissait de son rendez-vous avec Cyber !
Il avait assurément bien choisi son pseudo !
L'histoire qu'elle avait presque terminée de lire lui plaisait beaucoup. Elle avait apporté très peu de corrections. Elle posa les dernières pages qui lui restaient à lire, pour reposer ses yeux. Elle aimait bien pratiquer ainsi et reprendre sur la fin. Si elle se remémorait où elle s'était arrêtée avec précision, pour elle, l'histoire était captivante. A la fin de son travail de « lectrice », elle devait également laisser ses commentaires, et une « note », comme si elle corrigeait une copie. Ces histoires pour la plupart, étaient courtes. Elles étaient diffusées dans la presse et les autres étaient de petits romans écrits en gros, ce qui augmentait vite la taille de l'ouvrage.
Véréna aurait terminé ce soir et elle enverrait très certainement un mail à Monsieur Delubac, pour l'en informer. Il serait ravi. Elle fit une pause et regarda ses mails.
Justement Monsieur Delubac lui annonçait deux manuscrits partis au courrier du soir et le 3ème qui avait retenu son attention, attendait le retour de « Si c'était demain ».
Elle pourrait donc lui répondre favorablement concernant l'expédition à venir. Elle était prête à le faire, en anticipant, puis préféra attendre d'avoir réellement terminé. Elle procédait toujours ainsi. Une des règles qu'elles s'étaient établies. Parfois, la fin des histoires était surprenante, inattendue, voir inespérée.
Elle commença le ménage que l'on fait en général le matin, sans passer l'aspirateur, il n'y en avait pas besoin. Les poussières avaient été faites la veille et elle ne jugea pas utile de recommencer aujourd'hui. Tout ça la mena au bruit qu'elle percevait le soir et le matin : les pas de l'homme mystérieux. Ainsi, elle connaissait l'heure. Son appartement n'était ni petit ni grand, mais suffisamment spacieux pour elle et elle l'aimait tant ! Elle en eut vite fait le tour concernant le ménage et cela lui rappela combien il était plus agréable à vivre, de ce côté-là, que la maison de Frédéric, bien trop grande à son goût. Et bien maintenant, elle dînerait, devant le journal télévisé, comme à son habitude. La quiche et le cake l'attendait, elle y ajouterait quelques feuilles de roquette restantes de la veille, mais bien conservées au frais et le repas, riche, serait achevé.
Elle ferait sa vaisselle, préparerait sa table pour le petit déjeuner du lendemain, comme d'habitude. Ah oui, zut, elle avait oublié de préparer son jus de fruits frais, mais la centrifugeuse n'attendait que ça. Et bien elle le ferait et lirait la fin de l'histoire ensuite. Rien ne la tentait au niveau du programme télévisé, et elle le prendrait en marche sur la chaine qui l'intéresserait le plus, tout simplement.
Une fois toutes ses petites tâches achevées, elle reprit la fin de l'histoire. Dommage, elle fut un peu déçue, car la fin était prévisible. Elle en proposa une quelque peu différente. Serait-elle retenue par Monsieur Delubac et son comité de lecture, elle n'en savait rien. Elle avait terminé.
Elle confirma la fin de lecture à l'éditeur, en pensant qu'il serait ravi de recevoir ce mail. Il restait tard devant ses mails. Cet homme était marié à une femme quelque peu « envahissante », et son travail le protégeait d'elle. Il s'isolait et vivait dans son monde : les livres. Il était plus de 20h30 et décida que sa journée était terminée.

 Harmony 22 juin 2009 à 18:01 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Mince ! Elle réalisa qu'elle avait oublié son rendez-vous avec Cyber ! Peut-être n'était-il pas trop tard. Elle prétexterait des problèmes de connexion, en espérant ne pas en avoir pour de vrai !
Quelle chance, Cyber était en ligne : il lui avait laissé un message justement, rappelant leur rendez-vous.
« Bonsoir. Veuillez m'excuser, Cyber, j'ai eu quelques soucis de connexion ».
« Bonsoir Harmony, j'attendais, car je suis un homme patient. Dans quelle région habitez-vous, nous n'en avons pas parlé ».
« J'habite en Essonne ». Elle ne souhaita pas en dire plus et il n'en fit pas la demande non plus.
Cyber semblait avoir bien compris que sa correspondante était sur ses gardes, très méfiante, et il ne voulait en aucun cas l'apeurer par trop de précipitation. Puis d'ailleurs, peut importait pour l'instant, où elle résidait.
Il sourit, car il avait un appartement à Antibes, certes, mais il ne s'agissait pas de sa résidence principale. Il l'avait hérité de sa mère. Il avait un peu menti, certes, mais bon, si peu...
Par contre, il ne mentirait pas sur sa profession lorsqu'elle le lui demanderait. Il était ingénieur en informatique et concevait des programmes plus ou moins compliqués, dans une très grande entreprise. Il vivait confortablement de ses émoluments. Il n'avait pas répondu à la question « divorcé », qu'elle avait posé. Oui, il l'était, mais sans enfants, car ce mariage n'avait pas duré assez longtemps, pour qu'une famille soit composée. Deux ans et des mois plus tard, avaient suffit à mettre un terme à cette houleuse union dont il n'avait jamais vraiment voulu. Il avait souhaité « lui faire plaisir », pour qu'elle revête cette robe de princesse. Un jour de vrai bonheur, noyé dans tant d'autres de disputes, de portes claquées, de nuits à l'hôtel, seul pour lui, afin d'éviter les conflits. Bien vite son ex-épouse s'était consolée et il ne lui versait même plus de prestation compensatoire. Il lui restait son travail et puis les quelques rencontres qu'il avait faite sur ce site, soldées par des échecs.
« Cyber, vous ne m'avez pas répondu la dernière fois, êtes-vous divorcé ? Parfois, on ne dit pas tout dans les annonces, lors de l'inscription, c'est ce que j'ai cru comprendre ».
« Oui, Harmony, je suis divorcé mais je n'ai pas d'enfant ». Il lui raconta son histoire, insipide et fade, telle qu'elle l'était. Et vous, Harmony ? »
« Mon ami a perdu la vie dans un accident de la route, il y a bien longtemps maintenant. Enfin, je crois, car aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai du mal à mémoriser cette date. Le choc, sans doute, lorsque le drame est arrivé. Je n'ai jamais été mariée. Le jour de l'accident, justement, j'avais décidé de lui donner ma réponse et d'accepter de l'épouser. Depuis des années, maintenant, je vis avec mon chien ». Elle mentait, bien sûr, mais elle voulait qu'il sache qu'elle n'était pas totalement seule. Elle s'expliquerait sur ce point, si cela s'avérait nécessaire, mais plus tard.

Il lui raconta qu'il aimait voyager, en évoquant son dernier voyage aux Seychelles, mais seul alors qu'il aurait apprécié le partager avec quelqu'un.
« Quel est votre métier, Cyber ? »
« Je suis ingénieur en informatique et je crée des programmes un peu compliqués ».
« Et vous, que faites-vous, ce n'est pas mentionné sur votre fiche non plus ? »
Véréna était un peu ennuyée pour répondre à cette question, car elle n'exerçait pas vraiment de profession, hormis « lectrice », ce qui était du temps partiel. Voir du « temps libre » de Véréna.
Elle avait touché une très forte assurance-vie, suite au décès de Frédéric. Puis il y avait eu la vente de la maison, les parts dans sa société. Elle était à l'abri du besoin. Et même si aujourd'hui elle continuait de payer quelques mensualités pour son appartement, elle pouvait tout aussi bien rembourser le crédit. Elle préférait avoir des liquidités disponibles. Elle se sentait plus rassurée ainsi. Elle recevait une rente confortable tous les mois, sans que celle-ci soit d'un montant exagéré. Lectrice ! Elle lui dirait qu'elle était lectrice, bien sûr ! Ce n'était pas faux !
« Je suis lectrice pour une petite maison d'édition qui aide les jeunes auteurs à publier leur premier roman, pour la plupart du temps ».
« C'est bien, vous voyagez avec les mots alors ? Cela doit être agréable, n'est-ce pas » ?
« Oui, c'est très agréable. Certaines histoires sont fantastiques et je viens de terminer lecture d'un récit qui m'a captivé. Par contre, ne me demandez pas de vous en parler, je n'en ai pas le droit, vous le comprendrez, bien sûr ».
« C'est ma façon à moi de voyager. »
« Vous savez Harmony, je voyage aussi pour mon travail. J'ai visité plusieurs pays. »
« Vous travaillez à domicile, peut-être ? »
« Oui Cyber, tout à fait. Je gère mon emploi du temps. C'est pourquoi j'avais précisé sur ma fiche, que j'étais très solitaire. Puis une femme qui voyage seule, je ne me sentirais pas en sécurité. »
« Je vous comprends ».
« Avant, lorsque je n'étais pas seule, nous allions régulièrement sur la Côte d'Azur et j'adore cette région, mais maintenant, ce n'est plus pareil... »
Véréna était prête à lui dire qu'elle se rendait en cure de thalassothérapie tous les ans à Antibes, puis elle trouva que c'était un prématuré.
Cyber lui parla des Seychelles qui visiblement, l'avaient envoûté. Il pensa que peut-être, il pourrait lui adresser des photos, mais plus tard. Rien ne servait d'aller trop vite.
« Cyber, j'ai envie de vous poser une question indiscrète, et vous réserverez peut-être votre réponse. Suis-je la seule personne avec qui vous correspondez sur ce site ? »
« Oui Harmony, mais j'avoue qu'il m'est arrivé d'avoir 2 personnes en ligne en même temps. La dernière fois, j'ai été trop déçu, alors maintenant, je préfère me concentrer sur une seule personne, si vous me permettez l'expression. »
« Cyber, avez-vous rencontré la personne avec qui vous correspondiez ? »
« Oui, et cette personne m'avait menti sur son âge, ses goûts... J'ai été très déçu et ma correspondante aussi, j'imagine. Je ne peux pas envisager une relation, ne serait-ce qu'amicale, sur de fausses bases. J'espère que vous comprenez. »
Véréna si discrète, se permit une question très « osée ».
« Vous voulez dire que notre conversation est essentiellement amicale, n'est-ce pas ? »
« Oui Harmony, pour l'instant, nous apprenons à nous connaître, qu'en pensez-vous ? »
« Vous avez raison, Cyber, et me voilà pleinement rassurée ! »
« Tout comme vous j'apprécie beaucoup les beaux paysages, sauf que je ne fais que les regarder, je n'y vais pas. Peut-être un jour, qui sait ? Je voyage en rêve, disons ! »
« Vous aimez la Côte d'Azur, alors ? »
« Oui, mais c'était avant. »
Véréna mentit une fois encore, mais pas trop. Lorsqu'elle se rendait à la cure, début septembre de chaque année, elle ne sortait pas du complexe hôtelier. Elle trouvait tout ce qui lui convenait sur place. Une semaine de plein bonheur dans un luxe certain, mais raffiné. La majorité des personnes étaient en couple. Jamais elle ne fut importunée par un ou deux messieurs seuls. Pour cela, elle portait une jolie alliance en diamants, qu'elle s'était elle-même offert, pour parer son annulaire. On l'approchait moins, lorsque l'on voyait cet anneau. Elle emportait bon nombre de livres dans ses bagages. Elle aimait s'allonger sur un transat au bord de la piscine et lire. Elle bronzait tout doucement et regardait la mer au loin. Elle serait bien allée à la plage, mais c'était compliqué depuis l'hôtel, alors elle regardait l'immensité bleue qui s'étalait à perte de vue. C'était beau, un paysage magnifique.
« Cyber, si vous le voulez bien, je vais vous laisser. J'ai terminé une lecture aujourd'hui et j'ai encore quelques petites choses à faire sur ce manuscrit ».
C'était faux, bien sûr, mais elle ne voulait pas que cette discussion aille trop vite. « Donner le temps au temps », voilà ce qu'elle voulait.
« Harmony, peut-être pouvons-nous continuer notre discussion demain soir, à la même heure, après le journal télévisé ? »
« Oui, Cyber, je pense que cela est tout à fait possible. »
Ils se saluèrent et se souhaitèrent respectivement bonne soirée, et chacun coupa sa connexion.
Véréna se demanda de quoi ils allaient bien pouvoir parler demain, sans trop se dévoiler.
Elle ne voulait pas lui faire savoir qu'elle vivait confortablement. S'il s'agissait d'un menteur pathologique ?
Tout d'un coup, elle se mit presque à regretter son inscription et était prête à l'annuler. Puis non, elle décida de donner une autre chance à la vie et elle ne s'était engagée en rien non plus.
Elle n'avait pas sommeil. Elle alla visiter de nouveau le site sur le Mexique. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle était attirée. Peut-être parce que Cyber lui avait parlé de voyages, ça devait être cela très certainement. Elle zappa sur toutes les chaines, ou presque, afin de trouver un programme intéressant. Elle tomba sur un film qui datait déjà : « les choses de la vie ».
Michel Piccoli avait un accident de voiture et toute sa vie défilait... Ce film lui rappelait « sa vie ».
Que savait-elle ? On lui avait dit que Frédéric était mort sur le coup, et si ça n'avait pas été le cas ? Etait-il entré dans ce fameux tunnel de « l'après-vie », entre la vie et la mort ?
Elle était bien « grise et terne » après cette discussion. Et bien, si une conversation web la mettait dans un tel état, il valait mieux qu'elle cesse.
Bon, elle y réfléchirait demain : maintenant, elle regarderait ce film, même s'il finissait tard.
Le mieux était d'aller directement au lit, devant la télé, que, comme à son habitude, elle programmerait avec le retardement pour l'extinction.
Véréna regarda non seulement tout le film, mais elle n'avait pas sommeil !
La conversation avec Cyber avait duré plus d'une heure et le film ensuite, l'avait emmené au début de la nuit. Elle prit un comprimé pour dormir, elle en avait toujours. Véréna suivait un traitement régulier depuis la mort tragique de Frédéric.


 Harmony 22 juin 2009 à 19:25 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Elle restait fragile, car elle avait vécu ce moment comme une véritable tragédie, ce qui était le cas d'ailleurs. La mort fait partie de la vie, dit-on, mais c'était trop cruel, trop difficile... trop trop, tout simplement. Véréna se sentait protégée entre ses murs qu'elle aimait tant, sauf lorsque l'homme au chapeau passait devant chez-elle. Elle avait trouvé refuge dans un univers feutré, où rien ne semblait pouvoir l'atteindre. C'est aussi pour cela qu'elle n'aimait plus sortir. Peut-être allait-elle enfin voir ce visage, maintenant que les jours étaient plus longs ? Elle l'espérait en tout cas. Elle s'était endormie sur cette idée.
Elle s'éveilla le lendemain matin, sans avoir entendu les pas, car il était 8 h passées. C'était bien !
La journée commença comme d'habitude, avec le petit déjeuner, le passage dans la salle de bain et le choix des vêtements... Limité désormais. En tout cas, tous ceux qu'elle avait mis aux containers, feraient bien évidemment le bonheur de certaines personnes. Ce matin, ça ne l'arrangeait pas de s'être réveillée tard, car c'était le jour des courses et comme à son habitude, elle aimait s'y rendre à l'ouverture. Tant pis ! Elle se hâta pour se débarrasser bien vite de cette corvée. Elle faisait ses comptes à mesure qu'elle remplissait le chariot, ainsi, elle savait toujours où elle en était au niveau de son budget. Elle n'acheta pas la machine à cappuccino, car il fallait songer à une tenue habillée. Puis là, c'était décidé, elle allait se rendre chez le coiffeur s'il y avait de la place. Elle acheta du cappuccino tout prêt pour cette fois encore, et ça lui irait très bien. Elle était contente, elle avait dépensé moins qu'elle ne l'aurait pensé. Maintenant, il lui restait à voir s'il y avait du monde chez le coiffeur ou pas. Elle posa la question et il y avait juste une personne qui attendait avant elle. Parfait, elle aurait le temps de ranger ses courses dans la voiture et de revenir. Lorsqu'elle revint, une personne de plus attendait, mais ce n'était pas grave. Cette séance dura 3 heures, entre les mèches, la coupe, le brushing, l'achat des produits, le paiement... Là, son budget était « explosé », comme elle s'en doutait. Bien sûr, elle pouvait piocher dans ses économies, mais Véréna avait toujours mis un point d'honneur à vivre avec un budget plus que raisonnable. Elle n'aurait pas pu faire autrement, car elle ne pouvait se résoudre à penser qu'elle vivait de la mort de Frédéric, même si pourtant, c'était vrai, d'une certaine manière. Pour elle, il aurait été immoral et impossible de vivre ainsi. C'est pourquoi elle avait choisi, avec son conseiller financier, de recevoir une rente mensuelle suffisante pour couvrir ses besoins. Le reste, elle n'y touchait pas, ou alors, très rarement si un besoin spécifique se faisait sentir, comme remplacer un appareil électro-ménager, par exemple. Pourtant, elle aurait pu, puisque, après elle, elle n'y avait personne : pas d'enfants, pas d'héritiers, ni d'ascendant. Par chance pour ses courses, aujourd'hui il ne faisait pas chaud et elle n'avait pas acheté de surgelés. Sinon, elle aurait du revenir pour aller chez le coiffeur. Elle était joliment coiffée, tout ça faisait un bien fou au moral, d'ailleurs. Elle fit un tour dans la galerie marchande afin de trouver une tenue convenant à un rendez-vous avec Monsieur Delubac, s'il lui proposait un déjeuner. Il l'inviterait très certainement un midi, car il savait combien elle n'aimait pas sortir. Alors le soir...
Elle trouva un tailleur bleu marine, et un petit pull très fin. Elle possédait des chaussures de couleur marine, un sac, tout allait bien. Le prix, ma foi, dépassait bien sûr le budget habituel, mais il fallait bien qu'elle puisse s'habiller. Elle en profita pour trouver un pantalon à associer à la veste. Elle comblerait son compte avec des économies. Maintenant, les achats étaient terminés, elle allait rentrer chez-elle, s'en était fini pour les dépenses. Elle savait assez précisément déjà, de combien son budget mensuel serait dépassé. Une chance qu'elle puisse ne pas avoir à souffrir du manque d'argent. Puis ce mois-ci, elle aurait 3 manuscrits à lire. Ceci comblerait un peu cela, se dit-elle.
Elle paya pour les vêtements qu'elle venait d'acheter et mis de côté le ticket de retrait, car il y avait quelques petites retouches. Véréna détestait la couture, aussi, elle fit faire le nécessaire par la boutique.

 Harmony 24 juin 2009 à 14:13 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Véréna venait de rentrer. Les courses étaient à ranger. Ce n'était pas le plus long, mais elle faisait toujours cela avec méthode, tout comme pour les achats avant. Elle visualisait le magasin qu'elle connaissait bien à l'avance, et faisait sa liste en fonction afin de ne pas perdre trop de temps dans les rayons. Et c'est de même qu'elle mettait ses courses en sac ou carton. Ce matin, elle avait fait très vite et peut-être qu'il lui manquerait des choses. Elle verrait, car elle devait retourner chercher ses vêtements neufs, mis à taille. A midi, elle se ferait plaisir avec la choucroute qu'elle venait d'acheter. Son plat préféré n'était pas celui-là, mais « une bonne potée ». Seulement, elle ne s'était jamais lancée dans la cuisson de ce plat. Elle cuisinait le couscous, par contre. Elle aurait du penser à cela, c'était une idée. Un couscous légumes serait très bien. Elle retournerait sans doute à l'hypermarché finalement.
Elle mit la choucroute à chauffer, alla voir si elle avait du courrier, puis alluma la télé pour suivre le journal télévisé. Elle commençait à peine à déjeuner, que le téléphone sonna. DHL avait un colis pour elle. Elle se doutait de quoi il s'agissait : très certainement les deux manuscrits expédiés par Monsieur Delubac. Elle ouvrit les portes, et ensuite le paquet. Il s'agissait bien des manuscrits supposés. Il n'avait pas perdu de temps, se dit-elle ! Véréna n'avait pas vraiment envie de lire aujourd'hui, mais plutôt de préparer ses plats pour la semaine. Elle pensa lire tranquillement au lit, mais ce n'était jamais bon. Elle n'accomplissait pas un bon travail, en le faisant ainsi, même si la lecture était intéressante, elle pouvait s'assoupir. Elle pensa aussi à Cyber et à ce qu'ils se diraient ce soir ! Sa vie était un peu creuse et le dialogue risquait de tourner court ! Elle l'orienterait sur ses voyages, il aurait très certainement beaucoup à en dire. Zut ! Elle avait été sotte, elle aurait tout aussi bien pu faire repartir le roman qu'elle venait de lire via DHL, elle avait les enveloppes : comment n'y avait-elle pas pensé ?
Elle n'avait pas encore ouvert ses e-mails non plus. Petit à petit, elle éliminait ceux qui étaient commerciaux. Ah, dans le lot il y avait celui de Monsieur Delubac qui l'invitait à déjeuner vendredi. Il ferait même le déplacement, dans « son secteur », si elle le souhaitait. Elle répondit de suite favorablement et s'empressa de téléphoner au restaurant afin d'y réserver une table.
Elle n'aurait pas loin à aller, et si le temps le permettait, elle s'y rendrait à pieds, ce qui lui ferait le plus grand bien. Elle informa Monsieur Delubac et le rendez-vous « déjeuner-travail », fut ainsi pris. Il était ravi et se proposa de la raccompagner ensuite. Tout était parfait, alors. Elle annota son agenda et retourna en cuisine.
Elle se lança dans la préparation « de râble de lapin en papillote ». Une fois ceux-ci huilés à l'huile d'olive, persillés, aillés, ils seraient prêts à aller au four, et après, au congélateur, une fois refroidis. Il n'était pas encore 14 h, « horaire à demi-tarif concernant l'électricité ». Dès qu'il serait l'heure, hop, la cuisson pourrait démarrer. Véréna réalisa aussi qu'elle était vraiment très économe, car son lave-linge tournait peu aussi. C'est pourquoi elle avait acheté un lave-linge séchant aussi, car elle pouvait se permettre le luxe de faire ainsi sécher son linge. Certes, il aurait mieux fallu avoir deux machines séparées, elle le savait, mais il s'agissait d'une question de place. Elle ne voulait pas sacrifier un meuble, et elle n'envisageait pas « une colonne » de machines, dans sa cuisine bleue pâle. Elle balaya rapidement, et s'aperçut qu'il était l'heure de mettre son four en route. Et si elle en profitait pour y ajouter une tarte fine aux pommes et aux poires ? C'était une excellente idée, et du coup, elle alla rapidement éplucher les fruits. La pâte, elle l'avait achetée ce matin, et le moule pour la garnir, était prêt. En un tour de mains, elle eut finit la préparation et les râbles étaient déjà entrain de cuire. Elle enfourna sa tarte.

 Harmony 25 juin 2009 à 18:27 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Véréna survola la première page de chacun des manuscrits. Elle allait se mettre à la lecture de suite, car un troisième étant annoncé, elle n'aurait pas trop de temps devant elle. Véréna faisait toujours en sorte de faire au mieux, rapidement, sans pour autant « bâcler » son travail. Il lui était arrivé une fois, de ne pas parvenir à lire un ouvrage jusqu'au bout et elle avait retourné le manuscrit, après avoir avisé Monsieur Delubac. Pourquoi, elle n'en n'avait jamais rien su !
Il y avait 150 pages à lire, elle alluma la chaîne pour y mettre la musique qui convenait bien durant ses lectures, comme à son habitude. Il ne lui manquait plus qu'à se caler au fond de son fauteuil, mettre ses lunettes et sa mission pouvait commencer. Véréna écrivait aussi quelques « nouvelles » mais jamais elle n'en avait fait part à quelqu'un. Tout ceci était bien trop secret et plus ou moins auto-biographique, pour l'une d'entre-elles. Le récit qu'elle commença, débutait sur un accident de voiture et une NDE (near death experience). Ce n'était pas très gai, mais elle décida de s'imprégner de cette histoire sans doute douloureuse. Mine de rien, elle avait « avalé » 15 pages lorsqu'elle réalisa que son four s'était arrêté, et qu'elle n'avait pas sorti ses plats ! Ils seraient sans doute un peu trop cuits, dommage.
Elle y alla de suite et la tarte avait un peu trop bruni, tandis que les papillotes, par chance, étaient sauvées par leur mode de cuisson. Elles risquaient juste d'être un peu plus sèches qu'à l'accoutumée.
Véréna reprit rapidement sa lecture et avala les pages à grande vitesse au point qu'elle réalisa l'heure, car elle entendit les pas, devant chez-elle... Incroyable, elle avait presque parcouru tout le récit ! Son arme, soit l'élégant stylo mine qu'elle s'était offert avec ses premières lectures, n'avait pratiquement pas été utilisé. Elle n'eut pas envie de faire une pause, mais celle de continuer. Cette histoire de la vie, d'une vie, la passionnait. Par contre, lorsque reprit le manuscrit, elle ne put s'y remettre, car les « pas » l'avaient déconcentrée et ce n'était plus pareil. Elle était fatiguée, toute chancelante en se levant, étourdie par la lecture qui avait plongé ses yeux dans des lignes bien écrites. Ses pas impressionnants la perturbaient trop mais pour une fois, ils lui avaient fait faire cet arrêt salutaire. Peut-être n'aurait-elle pas été suffisamment objective ensuite, dans l'appréciation à donner à cette histoire, si elle avait continué ce soir. Tous ces mots alignés les uns après les autres l'avaient vraiment émue.
Elle se souvint alors que durant le trajet qui l'avait conduite vers Frédéric, cette veille de réveillon de la St Sylvestre, elle avait pensé qu'il pouvait être dans le coma. Intuition ? Car elle n'avait curieusement posé aucune question, et de là, une « NDE » (Near Death Experience).
Elle ne devait pas être influencée par ses sentiments personnels. Le fait d'avoir songé que cela puisse être, la mis mal à l'aise. Elle devrait reprendre ce récit depuis son début, car elle venait de réaliser l'association de sa vie avec l'histoire, et ce n'était pas juste. Mais pas ce soir. D'ailleurs, elle se demanda si elle ne prendrait pas l'autre manuscrit à la place, puisque pour celui-ci, elle connaissait le résumé. Dommage, car elle était sur la fin de ce récit. Sa décision prise, elle se leva pour préparer son dîner et éteindre la chaîne hi-fi. Finalement, elle débuterait peut-être la lecture du second manuscrit ce soir, elle verrait ce que lui inspirait la fin du repas.
Mais non ! Il y avait la discussion avec Cyber ! Cette fois, elle serait à l'heure. Elle aurait bien aimé lui parler du récit qui l'avait bouleversée, c'était le cas, mais elle n'en avait pas le droit et elle ne connaissait pas la fin. L'héroïne était-elle sortie du « tunnel de lumière » ? Elle n'en savait strictement rien : tout était possible.
Véréna aimait peu parler d'elle, et comme elle ne fréquentait quasiment plus personne, elle ne voyait pas quel sujet à aborder. Elle pourrait parler de son havre de paix tant aimé, par exemple, cela ne l'engageait pas trop. Elle ne se souvenait plus si elle avait laissé la ville de résidence, en complétant sa fiche. Elle alla de suite voir « son profil ». Non, elle avait juste mis « Essonne ».Ouf ! Elle ne voulait pas donner cette précision visible par tout le monde.
Tiens, deux autres personnes avaient répondu. Elle lut les mails, les profils, mais non, elle n'était pas vraiment intéressée. Peut-être le second, sauf qu'il semblait « trop parfait » et elle ne voulait pas avoir affaire à un menteur. Cyber pouvait l'être aussi, bien sûr, mais elle ressentait une réelle sincérité qu'elle ne pouvait expliquer.
Elle répondit poliment aux deux personnes en leur disant que pour l'instant, elle était en cours de discussion avec un internaute. Quelques minutes plus tard, elle reçut une réponse de la seconde personne, qui lui proposait de nouer le dialogue malgré tout, car rien n'empêchait de le faire avec plusieurs.
Véréna sentit que cet homme pouvait devenir entreprenant et elle ne voulait pas de ce genre de dialogue. Elle lui répondit fermement qu'elle ne souhaitait pas avoir plusieurs correspondants, en le priant de bien vouloir l'excuser et que dans l'avenir, peut-être...
Ni une ni deux, il répondit à la vitesse de l'éclair ! Elle avait rudement bien fait de ne pas donner suite, car le mail était graveleux et injurieux, avec « photos pornos » ! Tout de suite, elle lui verrouilla l'accès !
Et bien voilà, elle pourrait toujours raconter sa mésaventure à Cyber, ce qui ferait un sujet de discussion toute à l'heure.
Elle releva les autres e-mails. Monsieur Delubac lui avait laissé un message dont elle fit lecture de suite, car il l'avait notifié « d'urgent ». Que se passait-il ?
Il la félicitait chaudement d'avoir été si rapide à la lecture du précédent manuscrit, émit toute son approbation quant aux modifications apportées et pour finir, lui annonça non pas un récit à venir encore, mais deux !!!
Aïe, décidemment, les jeunes auteurs fourmillaient d'idées et elle devrait mettre les « bouchées doubles » !!!
Ceci posa un cas de conscience à Véréna car était-il judicieux de relire le récit captivant, en sachant qu'elle allait avoir fort à faire ? Elle prendrait sa décision demain et débuterait peut-être la lecture du second manuscrit dès ce soir. Selon, elle ne resterait pas longtemps en ligne avec Cyber.
Elle ne procédait jamais ainsi, mais finalement, elle prit le manuscrit en attente, et commença à lire la première page tout en mangeant. Ce n'était pas « professionnel », et surtout, la première fois qu'elle procédait ainsi. Elle cessa de suite, car elle mettait un point d'honneur au respect de l'auteur avant tout. Là, elle « lisait » entre deux coups de fourchettes et ce n'était pas acceptable.
Elle prenait cette activité bien trop au sérieux, pour la réduire à la lecture d'un magazine que l'on feuillette dans une salle d'attente ou chez le coiffeur, comme elle l'avait fait ces jours derniers !
Elle aurait bien voulu contacter Cyber dès maintenant, pour lui dire qu'elle n'avait pas le temps de discuter sur Internet. Sauf que c'était une façon de lui dire qu'elle attachait beaucoup d'importance à cet échange. Ca, elle ne le voulait pas. Il était hors de question qu'il se mette de fausses idées en tête, cela n'aurait été ni juste ni honnête.
Elle alla visiter le site sur ce magnifique complexe hôtelier au Mexique, pays qu'elle ne connaissait pas. Tout de même, elle était « très tentée », sans savoir pourquoi. Ce pouvait également être un sujet de discussion avec Cyber, car il lui avait dit être « grand voyageur ».
Puis arriva le moment de joindre Cyber. Il était déjà en ligne lorsqu'elle se connecta.
Ils échangèrent les politesses d'usages. Cyber lui raconta qu'il avait eu une rude journée. Tout avait mal commencé depuis le matin. Il s'était réveillé en retard et n'avait pas eu le temps de prendre son petit-déjeuner. Sinon, il aurait été en retard à un rendez-vous professionnel important. Ensuite, le midi, tandis qu'il déjeunait avec son rendez-vous du matin, il fut bousculé à table alors qu'il buvait un verre de vin. Sa cravate, bien sûr, fut tachée... ainsi que sa chemise. Le maître d'hôtel se répandit, comme le vin, mais en excuses, sauf que la cravate était fichue très certainement ! De retour au bureau, l'écran de son ordinateur portable rendit l'âme ! Quelle journée ! Du coup, Véréna eut peu à dialoguer, juste des réponses disons standards. Cela lui permit de saisir la balle au bond et d'aviser Cyber qu'elle se trouvait un peu débordée d'un seul coup, ce qu'elle venait d'apprendre par un mail tardif de son éditeur. D'un commun accord, ils décidèrent de ne pas prolonger la conversation ce soir, et de la remettre au lendemain. Cyber, homme confiant, communiqua son e-mail personnel à Véréna, afin qu'elle l'avertisse si toutefois elle préférait se connecter à un autre horaire, ou carrément un autre jour. Elle était embêtée, car il allait lui demander son adresse en retour. Puis elle songea qu'il verrait son adresse si elle écrivait. Pour quelle raison, alors qu'elle l'aurait fait, il ne lui demanda rien ! Elle allait en profiter pour créer une adresse chez un hébergeur gratuit, ainsi, elle resterait dans l'anonymat complet : ouf !
Allez, maintenant, une adresse e-mail, comme ça, s'il la lui demandait...
Harmony, bien sur. Mince, le pseudo était déjà pris. Elle choisit d'y ajouter des chiffres, comme 0683, par exemple, ceux de ses départements préférés. Hop, c'était libre et l'adresse créée. Maintenant les mots de passe etc... Tout était en ordre !

 Harmony 26 juin 2009 à 17:42 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Il était plus de 21 h, mais elle entreprit la lecture du second roman, dans de bonnes conditions cette fois, pas comme en début de soirée. Pas au lit, mais dans son confortable fauteuil.
Le temps était orageux et Véréna n'avait pas vraiment sommeil, ça tombait plutôt bien. Elle pourrait avancer sur ce manuscrit. Véréna n'avait jamais d'ouvrages très épais à lire. Tout au plus une centaine de pages, mais il fallait faire attention à tout. La construction du récit, la ponctuation, les tournures de phrases, l'orthographe, même si tout était revu par un autre comité de lecture. Monsieur Delubac dirigeait une petite maison d'édition, certes, mais il tenait à un travail fignolé, presque parfait. Il donnait ainsi leur chance à de jeunes auteurs. Souvent, leurs récits étaient publiés dans des magazines féminins de manière régulière, lorsqu'il s'agissait de « nouvelle », ou alors, ils devenaient un vrai roman. Véréna avait toujours plaisir à voir ces lectures publiées. Même Monsieur Delubac ne savaient pas qu'elle écrivait en secret. Jamais elle n'aurait osé le lui dire, car il aurait insisté pour que lecture soit faite en comité. Des lecteurs ou des lectrices se lançaient parfois de leur côté, mais Véréna ne se sentait pas capable de le faire.
Elle n'accrochait pas très bien à cette histoire très strass et paillettes, mais elle la lirait. L'auteur se perdait dans son récit et Véréna dut remettre des paragraphes en ordre. Elle y consacra deux heures, avec l'impression de n'avoir pas avancé et de ne plus savoir où elle en était. C'était laborieux, mais il y avait 50 pages seulement.
Par contre, elle avait fait l'erreur de commencer deux romans en même temps, car le récit idéal du premier, faisait baisser la moyenne du second. C'en était trop pour ce soir, elle irait se coucher et reprendrait demain, après une bonne nuit de sommeil.
Une fois couchée, elle ne put s'endormir et elle regarda les heures défiler. Pourtant, elle avait bien pris son traitement, mais rien à faire !
Le tonnerre se mit à gronder si fort, qu'il vint heurter ses fenêtres. D'habitude, elle aimait cela, mais là, elle avait un peu peur. Ce temps dura ainsi jusqu'à 2 h du matin. Il fallait qu'elle dorme !
Le sommeil arriva enfin et le lendemain matin, elle fut réveillée par les fameux pas. Elle était oppressée sans savoir pourquoi. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas ressenti pareille sensation. Elle ne lirait pas ce matin, elle n'était pas en état de le faire. Puis elle avait ses vêtements retouchés à aller chercher, et quelques courses auxquelles elle avait songé la dernière fois, après être rentrée.
La boutique ouvrait à 10 h et cela lui laissait largement de quoi se détendre, et de faire les quelques courses manquantes.
Ce fut plus fort qu'elle, dans son bain, elle s'empara du récit captivant, et continua la lecture là où elle l'avait laissée. Elle lirait jusqu'au bout finalement, mais ferait comme prévu, une seconde lecture, c'était presque certain. Le bain était chaud comme elle l'aimait. Elle avait mis de la musique douce, la mousse du bain l'enveloppait, il faisait bon, c'était agréable. Elle cessa sa lecture lorsqu'elle commença à frissonner légèrement dans l'eau qui était désormais à peine tiède. Elle avait « dévoré » 12 pages du manuscrit ! Elle prit garde à ne pas éclabousser l'ouvrage qu'elle posa délicatement sur le meuble cérusé de la salle de bain. Le dessus en marbre, était bariolé de veines bleutées, qui donnaient beaucoup de cachet à l'ensemble. Surtout, il était bien sec pour recevoir le récit. Elle se sécha longuement dans son peignoir couleur lavande et enveloppa ses cheveux mi-longs. Elle prit son petit déjeuner, fidèle à son habitude. Le temps passa, et il fut celui de sortir pour aller faire ses courses et retirer ses vêtements. Ah oui, Véréna avait également omis d'acheter un peu de maquillage, en prévision du rendez-vous avec Monsieur Delubac. Encore une petite dépense supplémentaire, mais il fallait qu'elle paraisse à son avantage, tout de même. Elle rajouta cela à ses quelques courses, et se dirigea vers la boutique qui venait tout juste d'ouvrir.
Par sécurité, elle fit un nouvel essayage avant de repartir, et tout allait bien.
A midi, elle mangerait une papillote de lapin avec des pommes de terre vapeur et une part de tarte aux pommes et poires.
Elle avait également acheté la semoule à laquelle elle avait pensé en début de semaine, du poulet, et des légumes pour préparer un couscous. Maintenant, elle achetait les légumes tout au rayon surgelé. Le couscous était meilleur réchauffé et elle le cuisinerait aujourd'hui.
Lorsqu'elle fut rentrée, elle alluma son ordinateur afin de relever ses e-mails.
Monsieur Delubac, encore lui, se renseigna sur l'avancée de ses lectures, afin de savoir si elle ne voyait pas d'inconvénients à ce qu'il vienne demain, avec les deux autres manuscrits.
Elle eut envie d'aller sur le site de rencontre, voir si d'autres personnes avaient répondu à son profil.
Non, il n'y avait personne. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle se sentait morose. Que lui avait-il pris de croire que la date anniversaire de la disparition de Frédéric, était maintenant ? Nous étions fin mai ! Fin mai, en effet, date à laquelle elle reçut les derniers documents administratifs le concernant. Pour elle, sa disparition était « cette période ». Celle où il n'y avait plus eu de courriers importants à son attention, puisque ceux-ci étaient re-dirigés vers chez-elle et qu'il avait disparu du monde administratif. Elle avait eu bien des difficultés à ouvrir l'urne qui contenait les cendres de Frédéric. Mais telle était sa volonté que de ne pas trôner sur un meuble ou une cheminée. A ce moment, oui, il était loin de Véréna, mais présent plus que jamais dans son esprit. C'est ainsi qu'elle avait vécu à travers lui durant près de 6 mois, le temps de ne plus recevoir d'appels ni de courriers le concernant.
Elle se demanda ce que pouvait lui apporter une discussion avec Cyber, car elle savait qu'elle n'attendait pas un autre compagnon pour partager sa vie. Elle était indépendante et tenait à le rester. Elle ne s'imaginait pas avec un homme à ses côtés chaque jour, ou même de temps en temps. Que lui avait-il pris ? Et voilà qu'elle se posa de nouveau la question de continuer ou pas, avec Cyber. Véréna avait oublié de vider son lave-linge ! Décidemment, elle n'était pas dans son assiette, aujourd'hui ! Elle s'occupa bien vite de ça, en mettant de côté, pour tout à l'heure 14h, le linge qui irait au sèche-linge. Elle préparerait aussi le coucous ; il mijoterait tout seul, tandis qu'elle reprendrait la lecture, mais après avoir regardé un film pour se détendre. Elle devait finir le premier roman en cours, et décider si oui ou non, elle le reprenait en lecture en totalité. Il ne lui restait que peu de pages, environ 25 ? Elle prit tout son temps pour déjeuner, devant le journal télévisé qui continuait de parler de cette terrible catastrophe aérienne où aucunes personnes n'avaient survécues, sur 228. Les recherches des corps étaient toujours en cours, et de même pour les débris de l'appareil. Maintenant, il y avait peu de chance que l'on retrouve les fameuses « boîtes noires » permettant de découvrir l'origine de l'accident. A la fin du journal télévisé, Véréna s'installa devant la télévision pour regarder le film qu'elle avait envisagé. Elle s'éveilla
1 h plus tard, devant le générique de fin du film ! Elle ragea contre elle-même. Ce n'était pas si grave après tout, elle pourrait revoir le film. Puis elle avait rattrapé le sommeil perdu de cette nuit difficile. Et si comme les enfants, elle prenait un goûter ? Ce n'était pas raisonnable, mais bon, il fallait bien se laisser aller de temps en temps... à une part de tarte. Elle mit le sèche-linge en route, et la cuisson du couscous également. Et oui, avec sa sieste imprévue, elle avait pris du retard sur son emploi du temps. Mais qu'importait ? Personne ne viendrait frapper à sa porte, pas plus qu'elle ne recevrait d'appel téléphonique.
Demain elle déjeunerait avec Monsieur Delubac et qui sait si finalement, elle relirait le manuscrit qui lui plaisait tant ? Elle s'interrogeait encore ! Ne valait-il pas mieux rester sur une première impression pour préserver l'objectivité ? Si tel était le cas, Monsieur Delubac serait ravi, car il repartirait avec un récit sous le bras !
Le sèche-linge avait terminé son travail et il lui restait à plier le linge sec. L'autre sécherait naturellement. Dommage qu'elle se soit assoupie, car elle aurait pu le mettre dehors, sinon.
Elle eut encore l'impression d'étouffer et ouvrit la porte-fenêtre de sa cuisine. Ca sentait très bon, avec les effluves du couscous ! Il embaumait la pièce... et le couloir, car Véréna avait oublié de fermer la porte de la cuisine. Pouah ! Le cappuccino qu'elle venait de boire avec la tarte, par contre, avait un gout insipide et fade. Elle aurait du faire cette folie et acheter la machine à cappuccino. Dans 15 jours elle ferait cet achat.
Maintenant, elle allait reprendre la lecture du manuscrit et de la vingtaine de pages restantes.
Ce récit la tenait en halène, mais il était cruel, dur... comme la vie peut l'être. Tout était bien écrit, et l'on vivait l'histoire. Elle avait une fin heureuse, cette histoire, car l'héroïne sortait « du tunnel de la mort ». Par contre, il lui fallait ré-apprendre à vivre, et la difficulté était là. L'auteur devait être à bout de souffle sur cette histoire, car il n'avait pas jugé bon de continuer en lui trouvant une suite. Véréna avait l'impression qu'il lui manquait quelque chose. Ce furent les remarques qu'elle nota sur le récit : « ne se pourrait-il pas que la ré-éducation soit une autre phase du récit, entre l'héroïne et son mari ? ». Véréna pensait que cet excellent roman, souffrait de l'absence d'une fin plus complète. Elle avait décidé : elle ne relirait pas une seconde fois comme elle avait sincèrement pensé le faire. Elle connaissait l'histoire et serait influencée par ses propres commentaires. Ce ne serait pas juste. Si la fin restait telle qu'elle l'était, pourquoi pas ? Charge à Monsieur Delubac et son comité de « re-lecture », d'en décider. Il serait ravi, elle lui donnerait un manuscrit !
Il apporterait les autres « lectures » demain, elle allait le lui confirmer de suite en réponse à son e-mail.

 Harmony 1er juillet 2009 à 17:05 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Elle reprit la lecture du second roman. Il s'agissait d'une histoire d'amour arrangée entre deux familles aisées, qu'un « trouble-fête » désargenté, venait déstabiliser. Véréna se concentrait difficilement sur ce second ouvrage, mais elle avait envie d'avancer. En général, elle n'aimait pas avoir de « lecture » en attente. Monsieur Delubac comptait sur son avis et elle ne manquait jamais de le donner au plus vite, sans pour autant bâcler son travail. Décidemment, elle n'accrochait pas. Sans doute avait-elle du mal à vider son esprit du récit qu'elle venait d'achever.
Par contre, la journée avait été courte. Le soleil baignait encore le salon. Véréna fit une pause pour aller voir la cuisson du couscous. Elle goûta, c'était parfait ; il ne restait plus qu'à le laisser continuer de mijoter.
Elle reprit sa lecture avec sérieux. Sans s'en rendre compte, elle en était rendue à la moitié du récit, qui n'avait pas, selon elle, la qualité d'écriture du précédent, mais serait fort agréable à lire sur une plage ou au bord d'une piscine, par exemple. Finalement, elle en était à plus de la moitié, lorsque les pas s'arrêtèrent devant chez-elle. Elle savait donc l'heure qu'il était, mais vérifia malgré tout : 18h45, c'était bien cela. Il restait un peu moins de 30 pages à lire et Véréna se sentait tout à fait capable d'y parvenir dans la soirée.
Elle reçu une notification d'e-mail et ce bruit la sortit du récit. Monsieur Delubac lui annonçait qu'il viendrait plutôt la chercher à son domicile demain midi, avant le déjeuner. Elle répondit instantanément qu'elle n'y voyait aucun inconvénient et se tiendrait prête pour cet horaire.
Elle reprit bien vite son ouvrage, car désormais, elle s'en était imprégnée. Véréna n'eut pas faim ce soir-là et c'est tout juste si elle pensa à Cyber ! Elle songea à lui car elle avait mis son réveil à sonner, comme elle le faisait toujours au cours de ses lectures pour la pause, imposée, celle qui lui semblait nécessaire au cours des lectures. Elle lui adressa un mail courtois, indiquant qu'elle était très occupée à son travail ce soir, et elle promit qu'ils pourraient se contacter le lendemain.
Elle attendit sa réponse. Il la remercia de l'avoir avisé, car lui-même était fort occupé ce soir, par une réunion de travail qu'il ne pouvait remettre. Il allait justement l'avertir qu'il ne pourrait être en ligne. Véréna reprit la lecture, et lorsqu'elle tourna la dernière page, minuit était passé depuis déjà une heure ! Mais le manuscrit était terminé.
Véréna reprit ses corrections une à une, car elle ne pouvait laisser ce travail pour le lendemain. Elle procédait toujours ainsi, afin d'avoir l'esprit bien à l'ouvrage.
Monsieur Delubac serait plus que content, car il aurait non pas un manuscrit en retour, mais deux !
Par contre, Véréna était maintenant fatiguée et elle ralentirait le rythme, concernant les deux autres à venir. Lire était très fatiguant et ces jours-ci, elle ne s'était pas beaucoup ménagée.
Elle ferma les volets, vérifia que sa porte l'était à double tour également.
Elle alla se coucher bien vite, car le sommeil était là, maintenant.
Elle dormit sans cauchemar ni rêve et s'éveilla tôt, avant les pas qu'elle entendit cependant, en prenant son petit déjeuner.
Elle resta en peignoir de bain un certain temps, pour ne se préparer qu'au dernier moment à accueillir Monsieur Delubac. Elle savait qu'il ne serait sans doute pas tout à fait à l'heure, car il ne maîtrisait pas la circulation. Et bien il la fit mentir, car il arriva avec 20 minutes d'avance sur ce qu'elle avait pensé ! Mais elle était prête, vêtue de son tailleur bleu marine tout neuf, et soigneusement, mais légèrement maquillée.
Il appréciait beaucoup Véréna car jamais il ne se déplaçait en banlieue comme il le faisait pour elle.
Elle lui annonça que finalement, elle n'avait pas « un manuscrit » à lui rendre, mais les deux, au moment où il lui tendit ceux qu'ils avaient apportés. Comme elle l'avait prévu, il était ravi !
Il l'était tellement, qu'il lui fit une avance financière sur les deux prochaines lectures à venir.
Véréna ne demandait jamais cela, même si c'était souvent d'usage. Elle estimait que le travail n'avait pas à être rétribué, tant qu'il n'avait pas été effectué. Mais elle accepta, car ce chèque comblerait les dépenses supplémentaires de ce mois-ci. Ils étaient entrain de parler du premier récit que Véréna avait beaucoup apprécié, hormis la fin qu'elle trouvait un peu inachevée, puis ils partirent pour le restaurant, car leur table ne les attendrait pas indéfiniment. Ils ne discutaient jamais « travail » avant de déjeuner d'habitude, mais le faisaient au cours du repas plutôt.
Ce déjeuner dura très longtemps, plus qu'à l'accoutumé, mais il faut dire aussi, que Véréna était une convive bien rare. A tel point qu'ils firent la fermeture devant un restaurateur qui n'attendait finalement que ça. Ce repas fut copieux et raffiné, comme à son habitude, et Véréna apprécia de ne pas avoir à faire le chemin de retour à pieds, surtout avec ses escarpins !
Il était 16h30, lorsque Monsieur Delubac fit montre de repartir. Véréna lui proposa un thé, qu'il accepta volontiers, avec une part de tarte faite par Véréna : sa fameuse tarte aux poires et pommes. Il s'en délecta, et cette fois, se leva pour partir, car le retour sur Paris, lui promettait des bouchons à 17h30.
Véréna était contente, finalement, de n'avoir pas été seule. Monsieur Delubac était de bonne compagnie.
Elle décida après cette journée de détente, de prendre un des romans pour en lire les premières lignes. Elle fit ainsi avec le premier en main, et idem avec le second afin de savoir lequel serait sa première lecture. Peut-être commencerait-elle ce soir. Mais non ! Elle avait promis à Cyber d'être en ligne et Véréna ne manquait jamais ses promesses.
Après l'excellent déjeuner de ce midi, elle n'aurait guère faim. Elle fit ses comptes, avec le chèque d'avance de Monsieur Delubac, et oui, il comblait ses dépenses un peu excessives de ce mois, mieux qu'elle ne l'avait espéré, car le montant du chèque était très généreux. Cet homme avait vraiment une totale confiance en Véréna et la traitait un peu comme sa fille. Il ne connaissait pas toute son histoire, et la tragique disparition de Frédéric. Véréna était devenue « lectrice », après l'accident. C'est ce qui avait donné un but à sa vie. Ses thèmes de lectures étaient apparus comme une évidence, dans le « romantisme, psychologique et les poèmes » aussi. Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas eu de poésies à lire d'ailleurs.
Demain était le week-end et elle resterait confinée chez-elle, comme à son habitude, car elle n'avait pas de raison de sortir. Elle ferait cuire son pain, elle avait de quoi se nourrir au réfrigérateur et au congélateur, tout était donc parfait. Son couscous, bien sûr, il y avait ce merveilleux couscous !
Il était 18 h 15 et l'heure du contact avec Cyber était 20h30. Elle avait la possibilité de débuter la lecture ; elle en avait très envie. Elle cesserait pour 20 h au plus tard.
Elle leva les yeux avant d'entendre les fameux pas et alla se poster derrière la clôture.
Lorsque la personne s'arrêta, elle osa demander : « mais qui êtes-vous, que me voulez-vous à la fin ? » L'homme, car il s'agissait d'un homme, elle en avait bien distingué la silhouette, accéléra le pas. Elle était haletante, perturbée par cette audace qu'elle venait d'avoir, et retomba dans son fauteuil de lectrice, comme une poupée de chiffon ! Elle était épuisée, d'un seul coup, et bien incapable de reprendre la lecture ! Elle souligna l'endroit où elle s'était arrêtée et reprit son souffle ! Elle manquait d'air et se sentit légèrement défaillir. Il était bien trop tard pour avaler un comprimé de vitamines, sinon, elle ne dormirait pas cette nuit. Il fallait qu'elle sache, pourtant !
Elle pensa un instant, confier son tourment à Cyber, mais ceci était bien trop personnel, elle ne pouvait pas le faire.
Afin de se changer les idées, Véréna se mit à établir la liste de ses menus, car elle ne l'avait pas dressée pour la semaine écoulée. Elle procédait toujours ainsi afin de savoir les courses qu'elle aurait à faire, ou ce que contenaient « ses réserves ». Chaque jour, elle cuisinait un peu, en début d'après-midi, toujours, pour économiser l'électricité. Sans doute penserait-on d'elle qu'elle était radine, mais elle était juste économe. Si d'aucun avait su qu'il ne lui était pas utile de faire cela pour vivre confortablement, en effet, ils auraient pensé qu'elle était pingre.
Chaque mois, elle recevait un état de compte, et son patrimoine était florissant. Mais une fois encore, elle ne pouvait ainsi y toucher, car elle ne devait pas vivre par le décès de Frédéric. C'était impossible, elle n'aurait pu continuer à lui survivre de la sorte.
Voilà ! Les menus de la semaine prochaine étaient prêts et elle n'aurait sans doute pas besoin de sortir faire les courses.
Elle regarda si Cyber était en ligne et il était là. Il l'appela de suite :
-« Bonsoir Harmony, comment allez-vous » ?
« Bonsoir Cyber, je vais bien, merci ».
Cyber demanda à Harmony si elle avait eut d'autres réponses, d'autres contacts et elle lui répondit négativement.
« J'ai été très occupée à mes lectures et j'ai eu un déjeuner de travail avec le directeur de la maison d'édition ».
« Nous avons continué de travailler l'après-midi et vous, Cyber, votre journée ? »
-« je n'ai pas eu beaucoup de temps à moi, j'ai eu cette réunion importante qui a duré tard dans la soirée ».
« Il y a deux jours, en allant sur un site féminin, je suis tombée sur un pervers... !!! Vraiment, j'ai trouvé cela odieux car je pensais que les sites étaient un peu plus sécurisés et surtout, sérieux ! »
-« vous savez, Harmony, de nos jours, tout est si facile et il y a des personnes peu scrupuleuses ».
« Cyber, vous qui aimez voyager, où allez-vous vous rendre prochainement ? »
-« à Dubaï, Harmony, mais c'est un voyage-travail, que je prolonge en voyage d'agrément. Je ferai de jolies photos et si vous le souhaitez, avec une adresse e-mail, je pourrai vous les faire partager ».
Ca y était ! Le moment d'échanger une adresse e-mail semblait venu... Qu'allait-elle faire ? Lui donner l'adresse qu'elle avait créée exprès ou pas ?
« Vous partez quand, Cyber » ?
-« je pars en milieu de semaine prochaine, mercredi. Je ne vous l'avais pas dit car je peux malgré tout vous laisser des messages sur le site, même si nous n'aurions pas pu correspondre en direct ».
Harmony se dit qu'après tout, elle pouvait laisser cette adresse créée exprès et c'est ce qu'elle fit.
« Je vous laisse mon adresse : harmony0683@hotmail.fr On dit que Dubaï est fantastique...ment riche et envoûtante ! Vous me direz ! Je voyagerai par procuration ! »
-« Vos lectures ont-elles été intéressantes ? En avez-vous d'autres en cours déjà ? »
« Oui, j'ai deux manuscrits qui m'attendent déjà, et l'un de ceux que j'ai rendu, m'a beaucoup plu, sauf la fin, mais peut-être que l'auteur tiendra compte de ma remarque ».
-« Je note votre adresse et n'ayant crainte, je ne la transmettrai à personne, vous pouvez avoir toute confiance, Harmony. Qu'allez-vous faire ce week-end ? »
« Rien de particulier vous savez. Rien de plus que d'habitude : et j'ai deux « lectures » à faire. Peut-être vais-je en commencer une dès demain, je ne sais pas encore. En général je cuisine chaque jour, mais là, j'ai cuit un couscous et j'ai vu un peu grand. Je congèlerai le reste je pense ».
-« j'aimerais bien avoir des plats cuisinés chaque jour, mais je suis un grand adepte du four à micro-ondes ! Il est mon meilleur allié en cuisine !!!
« Cyber, je l'utilise aussi, puisque je décongèle mes plats ! Vous me donnez une idée : je vais cuire un gâteau au chocolat demain. Je sais que je dois faire attention à ma ligne, mais après tout, se faire plaisir est un moment de la vie aussi ».
-« Harmony, je ne vous l'ai pas dit, mais je suis un incorrigible gourmand ! Mais vous ne partez jamais en vacances alors ? Cela ne vous manque pas » ?
« Non, cela ne me manque pas car je vis dans un endroit agréable, que j'apprécie énormément. Mes murs m'accueillent chaque jour au réveil avec un sentiment de plénitude, et je n'ai aucun besoin réel de les quitter ».
Véréna mentait, elle savait déjà que Cyber possédait un appartement à Antibes, lorsqu'elle avait failli laisser passer qu'elle s'y rendait en cure thermale chaque année. Finalement, leur discussion était assez plate, et elle avait l'impression que tous deux s'y ennuyaient. Comment savoir, comment le lui dire ? Voulait-elle vraiment arrêter cette relation qui semblait au ralenti ?
Enfin, durant 10 jours au moins, elle n'aurait pas d'échange avec Cyber, puisqu'il partait à Dubaï.
Elle lui avait dit qu'il ne serait pas trop facile de correspondre, mais il lui rappela qu'il possédait son adresse e-mail désormais.
Aïe, pensa-t'elle ! Pourquoi la lui ai-je donnée de suite, aussi vite ?
Ils parlèrent de son travail qui ne le conduisait plus autant à l'étranger qu'autrefois. Mais une fois par an, au moins, si ce n'est deux, il se déplaçait. En somme, lui aussi était casanier finalement. Ses fréquents déplacements des années passées, avaient contribué à la fin de son mariage, et il eut envie de raconter cette période de sa vie à Véréna.
Il sortait peu, hormis pour son travail et le séjour annuel qu'il s'offrait.
Il partait souvent en dehors des périodes de rush.
Son divorce avait été difficile et il avait du déménager ce qu'il ne pensait pas avoir à faire. Son ex-épouse n'avait pas souhaité un divorce facile, loin de là. Et plutôt que de parvenir à un accord, il s'était déchirés jusqu'au bout.
Elle fut rassurée, car cela signifiait que s'il devait lui demander un jour à la rencontrer, ce ne serait pas de suite au moins. Elle n'était pas prête pour tout ça, et visiblement, lui non plus.
Même s'il y avait le TGV, Antibes n'était pas à côté, elle aurait cette excuse au cas où, sauf que Cyber ne résidait pas à Antibes.
Qu'elle était son vrai prénom ? Elle devint curieuse d'un seul coup ! Elle aurait bien aimé savoir, là, maintenant.


 Harmony 02 juillet 2009 à 18:29 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
La soirée était bien entamée et elle prit congé de Cyber, car en fait, elle voulait commencer à lire. Il lui adresserait des e-mails depuis l'étranger, mais avant, il avait eu la courtoisie de lui demander s'il pouvait le faire. Il était difficile de lui dire non, et puis il n'aurait très certainement pas beaucoup de temps pour la contacter entre son travail et ses loisirs. Ce n'était pas plus mal après tout. Véréna aurait pourtant aimé en savoir d'avantage sur son compte, puis d'un autre côté, elle semblait perdre un peu de liberté avec cette relation virtuelle. Cet aspect des choses ne la satisfaisait qu'à moitié.
Véréna commença une de ses lectures, sans grand enthousiasme, mais elle avait besoin de se libérer de tout cela en ce moment. Elle espérait lire les deux romans sur quinze jours. Après, elle pensait être moins sollicitée, car les beaux jours arrivaient et souvent, c'était la période un peu creuse. Ce moment, d'ailleurs, qu'elle prenait parfois à écrire pour elle-même.
Avant, elle aimait le soleil généreux auquel elle offrait sa peau pour un hâle parfait. Désormais, elle n'allait plus vers ce bel astre, puis ces jours-ci, l'été semblait arrivé, car il faisait terriblement chaud.
Elle avait sorti sa jolie table de jardin sur la belle terrasse qu'elle s'était faite faire en remplacement des dalles où l'herbe se faufilait. Le parasol, géant, cette fois, était également en place et elle nettoierait son transat. Depuis qu'elle avait fait retirer les arbres de son jardin, il n'y avait plus d'ombre du tout, mais plus de feuilles à ramasser non plus, à la morte saison.
Maintenant, si le temps restait au beau fixe, elle pourrait déjeuner, et dîner également, sur la terrasse. La « lecture » qu'elle avait en main, était épaisse, lui semblait-il. Il s'agissait d'une biographie, en fait. D'habitude, elle n'avait pas ce genre de récit, mais pourquoi pas ? A moins qu'il ne s'agisse d'une erreur « d'aiguillage ». Elle en lut 12 pages, puis sentit que le sommeil la gagnait. Non pas que l'histoire était inintéressante, mais c'était comme ça, un coup de fatigue.
Elle alla prendre une douche pour se détendre, comme si elle percevait une certaine tension dans l'air, et elle se coucha après s'être appliquée une crème hydratante et apaisante.
Elle fut réveillée à l'heure « des pas », mais ils n'y furent pas car nous étions samedi. Jamais de bruit de pas sous les fenêtres le week-end.
Fidèle à ses habitudes, elle passa de suite à la cuisine pour le traditionnel petit-déjeuner. Elle en avait marre, de ses traditions finalement. Elle était tellement « prévisible » ! Elle en avait d'un seul coup assez de sa petite vie bien rangée, réglée comme du papier à musique. Pourquoi ne bouleverserait-elle pas un peu de ce planning trop parfait ? Déjà, elle ne cuisinerait pas. Elle avait de quoi tenir plusieurs jours et surtout, elle ne voulait pas faire comme la veille et l'avant-veille.
Elle retourna se coucher. Pourquoi avait-elle besoin de se lever si tôt d'ailleurs ? Elle regarda les informations, confortablement installée dans son lit, avec deux oreillers dans le dos.
Véréna, pour une fois, se mit au milieu du lit. Jamais elle ne le faisait ; elle dormait toujours d'un côté, de « son côté », comme si elle attendait encore quelqu'un. Finalement, elle se leva 1 h plus tard, prit sa douche et déjeuna d'un simple café au lait et d'une tranche de pain nature. Ce même pain qu'elle réservait à ses úufs brouillés du matin. Elle s'habilla confortablement, car là, elle n'avait pas l'intention de changer et entreprit de commencer son ménage, tout en douceur, pour ne pas faire de bruit et déranger ses voisins. C'était assez vite fait, car la surface n'était pas si grande. Puis, tiens, pourquoi ne s'offrirait-elle pas les services d'une femme de ménage ? Elle en avait les moyens et créerait un emploi. Elle allait y réfléchir ! Ce ménage était la bête noire de Véréna. Heureusement, les vêtements qu'elle portait, ne nécessitaient pas de repassage, et puis elle avait largement « épuré » sa garde-robe.
Elle s'était désabonnée de la plupart des mailing-list, ce qui fait que désormais, sa boite e-mail était relativement pauvre. Ce n'était pas grave, les tentations étaient moins grandes, et la boite plus rapidement vidée !
Tiens, un e-mail de l'associé de Frédéric ! Que pouvait-il bien lui vouloir ? Il y avait de très longs mois qu'elle n'avait eut de nouvelles et ça ne lui manquait guère. Un service ! Voilà, il avait besoin d'un service ! Il connaissait une jeune-femme qui s'essayait à l'écriture et il sollicitait Véréna pour avoir « un avis ». D'abord, elle eut l'intention de refuser, et puis finalement, pourquoi pas ? Elle répondit à ce mail « très intéressé », dans lequel il n'avait pas même prit la peine de lui demander des nouvelles. Allez, la réponse venait juste de partir.
Elle reprit sa lecture d'hier soir, et pour une fois, la trouva très difficile à lire. Il s'agissait d'une femme qui avait gâché la vie de deux hommes, en les voulant successivement. Oui, c'était bien une biographie car les termes étaient si précis que l'on pensait plutôt à une « confession ». Comme elle avait souffert, comme elle souffrait très certainement encore. Ce récit captiva Véréna. Les mots sonnaient juste, les phrases ne s'essoufflaient pas, l'histoire était cohérente. Seulement, serait-elle assez longue pour intéresser Monsieur Delubac ? Eh oui, il fallait un minimum de pages et là, elle pensait que le compte n'y était pas. Véréna avait l'autorisation de correspondre avec l'auteur si celui-ci avait laissé des coordonnées et que Monsieur Delubac, autorisait « le lecteur ». Véréna avait cette autorisation. Finalement, les récits biographiques venaient tellement du fond de soi-même, qu'ils devenaient vite passionnants. Véréna eut envie de laisser un message, mais elle n'avait pas été suffisamment loin dans la lecture, pour conseiller à son auteur, de trouver l'inspiration afin de rajouter une bonne quinzaine de pages ! Cela semblait facile à dire, mais à écrire ? C'était une autre affaire !
Véréna s'arrêta là pour l'instant, car elle ne devait pas prendre parti et c'était la seconde fois en peu de temps, où elle avait failli le faire.
Elle regarda encore une fois le site où était présenté un endroit du Mexique. Oui, ces eaux turquoise la tentaient, c'était indéniable. Mais qu'irait-elle y faire et quand ? Elle se dirigea tout de même en cuisine, car il n'y avait plus de pain. Véréna sortit tous les ingrédients nécessaires à la préparation, qu'elle mettrait en route en début d'après-midi.
Véréna lança sa recherche sur une femme de ménage. Elle n'avait aucune idée du coût de cette prestation. Elle trouva plusieurs candidates possibles et n'hésita pas à téléphoner en ce samedi matin. Il était maintenant 11h30 et c'était un horaire convenable. Deux personnes sur les trois, n'étaient pas joignables, elle trouva la troisième. Elle convint d'un rendez-vous avec cette jeune femme. Elle allait lui proposer à compter de lundi, mais apparemment c'était urgent, car elle lui proposa ce jour-même, un week-end. Pourquoi pas ? Véréna n'avait rien de prévu et elle lui proposa 14h30. Elle rappela une seconde personne, mais elle n'avait pas l'air très emballée par le peu d'heures que cherchait Véréna. En effet, son appartement n'était pas si grand, alors bien sûr, il n'y aurait pas de longues heures de ménage. Une fois par semaine, serait un grand luxe. Elle pensait au lundi par exemple avec un ménage fignolé par contre.
Véréna se mit à table, devant son couscous, qu'elle servit sur sa terrasse baignée de soleil. Elle ouvrit le « grand parapluie » comme elle aimait à l'appeler, et déjeuna. Il faisait bon dehors ! Elle s'assoupit légèrement sur sa chaise, devant sa tasse à café lorsque le téléphone sonna.
Il s'agissait de la jeune-femme qu'elle devait recevoir à qui, bien entendu, elle n'avait pas laissé les codes d'accès. Elle se chaussa rapidement et descendit les escaliers tout aussi vite.
La personne qu'elle accueillit, était toute frêle, au visage triste et empreint de douleur, mais peut-être se trompait-elle ?
Elle ouvrit la porte avec la clé, de façon à ne pas montrer le code.
Elle montra son « univers » et expliqua ce qu'elle souhaitait, puis elles parlèrent tarif à l'heure.
Il fallait compter 7,25 euros de l'heure. Véréna ne semblait pas trop affolée par le prix, car elle avait regardé sur internet après avoir convenu du rendez-vous et puis son appartement n'était pas très grand.
Françoise semblait réellement intéressée, car elle lui avoua avoir une autre cliente dans sa résidence justement. Si en plus elles s'accordaient, et sur le même jour où elle venait déjà ici, ce serait encore mieux. Elle lui proposa ses services pour le repassage, mais Véréna n'en avait pas besoin, tout du moins pas pour l'instant. Elle lui laisserait éventuellement la vaisselle. Cela faisait peu, alors Françoise lui proposa du temps de jardinage, lorsqu'il y avait à tondre. Véréna fut surprise, mais pourquoi pas ? Elle détestait faire cela. Véréna sentit que cette jeune-femme avait vraiment besoin de travailler
Elles furent d'accord pour le lundi matin pour Véréna, car Françoise venait le lundi quand elle le souhaitait, chez l'autre personne. Elles convinrent d'un essai et se faisant, Véréna et Françoise téléchargèrent les imprimés de déclaration d'emploi, tandis que Véréna fit un mail à sa banque concernant les « chèques emploi services ».
Véréna offrit un café à Françoise tandis qu'elle prenait les coordonnées de son « employée de maison », comme il était usage de le dire. Véréna se trouva toute drôle, dans le rôle d'employeur et elle espérait que cette aventure ne serait pas un échec. Françoise était méritante, elle élevait seule son enfant de 6 ans, depuis le départ de son mari. Ce dernier lui versait une pension alimentaire et une prestation compensatoire, mais elle avait des difficultés à boucler ses fins de mois. Elle s'était « racontée » à Véréna, mais Véréna sentait qu'elle avait affaire à une personne discrète, qui lui avait dit ce qu'elle devait savoir, ni plus, ni moins et c'était parfait ainsi.
Elle appellerait Véréna à son arrivée lundi 10 h 30.
Lorsque Françoise repartit, il était légèrement plus de 15h30.

 Harmony 09 juillet 2009 à 20:41 Envoie un message √† Harmony Voir le profil de Harmony
Véréna se sentit soulagée de n'avoir pas le ménage à faire ! Un vrai luxe, car seule, elle ne salissait pas beaucoup.
Elle venait d'augmenter ses dépenses avec un téléphone dernier cri, mais il serait pris en charge en partie, par la maison d'édition. Monsieur Delubac tenait à ce qu'elle soit facilement joignable. Là aussi, il s'agissait d'un luxe, car Véréna sortait tellement peu.
Elle n'avait pas très envie de prendre un ouvrage, mais de se détendre après avoir rangé quelques papiers dispersés ça et là sur sa table.
Il y avait toujours la publicité sur le Mexique et Véréna était réellement attirée. Ce pouvait-il qu'elle, la solitaire, craque pour un séjour ?
Elle alla encore éplucher de plus près le descriptif, cette fois sur internet.
C'était très tentant, et le prix également. Elle adressa un mail à l'agence de voyage afin d'en savoir d'avantage. Que lui prenait-il d'un seul coup, à vouloir de nouveau « vivre » ?
Tout de même, il fallait qu'elle lise et elle prit le premier ouvrage. Elle n'en lirait pas trop, non, mais un bon début tout de même.
Ce récit semblait autobiographique, empreint de douleur. En général, elle parvenait toujours à donner un âge à l'auteur, mais là... Cette personne était une femme, et lui semblait assez jeune.
Elle était très appréciée de Monsieur Delubac et il lui communiquait désormais, la fiche détaillée des auteurs. Elle ne regardait jamais avant la lecture... La jeune-femme, puisqu'il s'agissait bien d'une femme, avait 28 ans ! Son récit était sombre. Véréna s'y plongea et fut tirée de ces pages, par une alerte e-mail. A part Monsieur Delubac ou une publicité, elle n'attendait pas grand monde. C'était l'agence de voyage qui lui communiquait les renseignements demandés. Sur l'instant, Véréna était réellement séduite et s'imaginait déjà sur une plage à moitié vide, proche de l'hiver tandis qu'il ferait froid en région parisienne. Mais serait-elle capable de laisser une seconde fois son cher logis ? Elle reprit rapidement le récit où elle l'avait laissé pour ne pas être perdue ensuite. Puis elle retourna vers le mail de l'agence.
Après tout, pourquoi ne pas appeler directement ? C'est ce qu'elle fit. Elle eut une mine de renseignements et de suite, un tarif proposé pour 10 jours sur place. Oui, 10 jours était une bonne durée pour un si long voyage. Elle demanda un devis détaillé avant de se décider. Que lui arrivait-il décidemment ? Est-ce parce qu'avec Frédéric, ils avaient prévu de commencer à voyager, maintenant que son entreprise fonctionnait bien ? Peut-être ! Elle était toute chamboulée !
Pour une fois, depuis si longtemps, elle n'avait pas envie d'être seule. Mais qui pouvait-elle appeler ? Personne !
Les seuls amis qui lui restaient, avaient des journées éprouvantes et puis il y avait longtemps qu'elle ne les avait pas contactés.
Elle continuerait de lire, ce récit l'interpelait. Son e-mail l'alerta encore et cette fois, elle pesta, car elle n'avait pas très envie de sortir de l'ouvrage dont elle s'était imprégnée. Il s'agissait de Cyber, qui voulait savoir si elle était disponible pour un peu de discussion. Oui, elle l'était en effet, mais ce n'est pas avec lui qu'elle avait envie de dialoguer. Elle ne le connaissait pas assez.
Elle ne lui répondit pas... Elle le ferait demain, comme si elle venait de relever ses e-mails. Un tout petit mensonge.
Véréna était lectrice, mais elle aimait vraiment ça ; de plus en plus, d'ailleurs. Presque chaque récit la captivait. Elle avait toujours une petite remarque à faire, oui, mais cela n'entachait pas l'écrit qu'elle avait eu en mains.
La vie de cette jeune-femme était noire comme la suie. Elle y décrivait son enfance, déchirée entre une mère et un père. Sa mère qui tentait de l'acheter avec cette fortune personnelle dont elle disposait, et son père, un homme bon et travailleur, qui était désormais méprisé par la belle-famille qui ne l'avait jamais vraiment accepté. Elle, la petite fille, devait subir les pleurs, les cris, la lutte de condition sociale... Ce récit était dur mais conduisit Véréna jusqu'au tout petit matin !!!
Elle qui ne voulait en lire que quelques pages... Elle en avait lu presque 40 ! Elle regarda combien en comptait le manuscrit. Il y avait environ 120 pages, en gros caractères. Elle réalisa qu'elle n'avait pas sommeil cependant il fallait qu'elle se couche, sinon, elle se sentirait mal dans les heures à venir. C'est ce qu'elle fit, avec beaucoup de difficultés pour trouver le sommeil.






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No life est classée dans le genre Psychologie.

Commencée par Harmony,
le 22 janvier 2009. L'histoire est composée de 60 participations.

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