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Humour des lundis en novembre 2009
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 Dielorelei 02 novembre 2009 à 15:04 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Hier, j'ai vu toutes les filles agglutinées devant le tableau du couloir.
-C'est quoi, encore? ai-je demandé.
-Un concours pour passer secrétaire médicale, a dit Françoise qui, pour une fois, semblait excitée, on peut toutes le passer.
-Super, pendant ce temps là, on ne va pas travailler, a dit Anne qui voit toujours le côté pratique des choses.
-Et qui va nous donner les cours? a demandé Nathalie.
Et Nicole qui se veut au courant de tout, a expliqué comme si elle s'adressait à des demeurées, que pour l'informatique ce serait un informaticien, et pour les cours de médecine, ce serait un interne, et que c'était, à son sens, parfaitement clair.
Elle est forte, Nicole, je trouve.
Françoise l'a interrompue:
-Parce qu'on va avoir des cours de médecine? Une secrétaire, ça ne distribue pas des médocs, que je sache!
-Oui, mais non, a dit Nicole, je veux dire "termes médicaux", nonobstant, des cours de médecine, j'aimerais assez.
Avant d'aller plus loin, il faut que je vous dise que Nicole a appris un nouveau mot: "nonobstant".
Allez savoir pourquoi.
Elle doit trouver que ça fait érudit de remplacer le simple "néanmoins" ou le "en dépit de" par "nonobstant.
Du coup, elle fait prendre l'air quarante fois par jour à son nouveau mot et le sort à toutes les sauces.
-Nonobstant le peu de formation scientifique de la part d'entre nous, je suppose que nous pourrons quand même suivre. En ce qui me concerne, du moins.
Mais les filles étaient plus intéressées par "qui" nous ferait les cours que par la matière en question.
-Le premier cours a lieu à quatorze heures dans la salle de conférence, nous a informé Claire.
Ce qui fait qu'à quatorze heures pile, on piétinait devant la salle vide. On devait commencer par le lexique des différents termes de médecine, et les filles, qui avaient tout prévu au cas où un interne ferait les cours étaient hyper bien maquillées. Nathalie avait même enfilé son Wonderbra pour mettre sa poitrine en valeur.
L'ennui, c'est qu'elle devait le réajuster toutes les trois minutes, vu qu'elle avait maigri à cause de ses déboires conjugaux.
Comme personne ne venait, on est entré, et on a sauté avec un bel ensemble sur les tables les plus proches du bureau.
J'avais, comme par hasard, Nicole à ma droite et Alicia à ma gauche.
Tout le monde a préparé son petit matériel. Nicole a bien tout disposé sur sa table, elle a mis devant elle un bloc vierge où était écrit "Nicole" dans le coin supérieur droit et sa gomme également intitulée "Nicole" à côté.
-Tu comprends, je n'ai pas envie qu'on me chourave mes affaires, m'a-t-elle dit alors que je regardais ce qu'elle faisait, alors je mets mon prénom dessus.
-Ah oui, bonne idée, j'ai répondu, et ton crayon aussi, il s'appelle Nicole?
-T'es bête, y a pas la place, mais je l'ai mordu là.
Et elle m'a montré l'empreinte de ses dents.
On a entendu des pas dans le couloir, et quelques copines ont commencé à s'agiter et à ricaner nerveusement. Nathalie a remonté sa bretelle.
Y avait pas de quoi, parce qu'à la place d'un interne-célibataire-et-beau-mec, on a vu entrer Mr Lasne.
Qui avait l'air de mauvaise humeur, vu qu'il a balancé ses notes sur le bureau et qu'il n'a pas dit "bonjour".
-Je ne veux pas entendre de bruit, a-t-il annoncé alors qu'on n'avait même pas commencé à bavarder, parce qu'autant vous dire que les cours, ça me gonfle. Alors on va commencer par les termes médicaux les plus courants, et j'espère que ça vous évitera de recopier des âneries dans les rapports d'expertise!
Et il a commencé par énumérer toutes sortes de termes, en écrivant les plus compliqués et en les agrémentant d'explications qui commençaient à nous barber.
Alors les filles se sont mises à chuchoter entre elles.
-Taisez-vous un peu, a dit Nicole tout à coup, il y en a que ça intéresse, ce genre de cours!
-En voilà une autre, a soufflé Anne derrière moi.
Tout allait bien jusqu'à ce que Mr Lasne annonce: "et maintenant, pour finir, Leishmania"
-Comment ça s'écrit? m'a demandé tout bas Nicole.
Je lui ai passé un papier sur lequel j'avais écrit: "Lèche mania".
-T'es sûre? Qu'elle m'a dit, et c'est quoi, ça?
-C'est comme les chats qui se lèchent tout le temps, ai-je répondu sans rire, sauf que là, c'est une maladie humaine: les malades n'arrêtent pas de se lécher.
Et comme elle a vu que j'écrivais effectivement cette ânerie dans mes notes, elle a fait de même.
C'est alors qu'Alicia, occupée à tout écrire tout bien consciencieusement et qui avait pris du retard, n'a capté que la dernière syllabe du mot et a demande fort courtoisement:
-S'il-vous-plaît, Monsieur Lasne,qu'est-ce que c'est, une "gna"?
Non, mais franchement, vous imaginez un peu un parasite qui se serait appelé "Lèche ma gna?"
Mr Lasne a fait le sourd et a continué d'écrire stoïquement sur le tableau (mais comme il était devant, on ne pouvait pas voir ce qu'il écrivait) ignorant les ricanements qui commençaient à fuser, jusqu'à ce que Nicole, décidée à faire le service d'ordre, se lève à moitié de sa chaise et commence à nous faire un cours magistral:
-C'est clair, il me semble! bzz..."Lèche m-a-n-i-a", on dit, d'abord, c'est du latin, de "mania" qui veut dire manie. Et c'est la manie du léchage, comme chez les chats! sauf que là, c'est les gens qui se lèchent! zut, alors!
Il y a eu un bref silence et la rigolade est venue du fond, jusqu'à ce que l'onde de choc atteigne toutes les tables.
Toutes les filles se sont mises à se tordre. Il n'y avait que trois personnes qui ne rigolaient pas: Nicole, restée la bouche ouverte, Alicia attendant la définition de la "Gna" et Mr Lasne dont les yeux étaient quasiment révulsés.
De rage, il a balancé le feutre avec lequel il écrivait, sans viser personne en particulier, mais par malchance, le feutre est tombé dans la tasse de café que Claire avait eu la bonne idée d'amener avec elle.
On a entendu "Plouf" et Claire a crié:
-Et voilà! mon bloc tout neuf est tout taché partout, maintenant!
Et Mr Lasne a sifflé:
-J'en ai assez de vos bêtises! Donner des cours à des illettrées telles que vous ce n'est pas du bonheur, alors épargnez moi vos plaisanteries de corps de garde, mademoiselle Dubec! Et pour votre gouverne, manie vient du grec!
Quand Mr Lasne appelle une fille par son nom et lui donne du "Mademoiselle" en plus, c'est qu'il n'est pas content du tout.
-Quoi? a dit Nicole, qu'est-ce que j'ai dit? C'est pas ça? c'est elle qui me l'a dit! et elle m'a montrée du doigt.
-Et bien vous, là, m'a dit Mr Lasne, venez donc au tableau nous parler de la Leishmania, puisque vous semblez tellement bien vous y connaître!
J'ai monté les deux marches de l'estrade, et les mains derrière le dos, j'ai louché sur les notes de Mr Lasne.
Il faut dire que j'ai toujours eu le don de lire à l'envers. Ça m'a bien aidé, d'ailleurs, au cours de ma carrière de cancre. Le plus dur étant d'éviter de confondre les "a" avec les "e".
J'ai saisi ces quelques mots:
Flagellé- Kala-Azar- foie -
Mais bien sûr. Des souvenirs de cours me sont revenus en mémoire. Après tout, ce n'était pas si loin que ça.
Nicole attendait que je me plante. Assise bien droite les bras croisés, ses petits yeux noirs pétillants attestaient de son intense jubilation.
Alors j'ai pris un air inspiré et je me suis lancée.
-C'est un protozoaire flagellé transmettant, entre autre, le Kala-Azar, maladie tropicale sévissant aux Indes et autour du bassin méditerranéen. La leishmaniose est une maladie grave, mortelle quand elle n'est pas traitée, et qui touche principalement le foie et la rate.
-Vous pouvez sûrement nous en dire un peu plus, a dit, impitoyable, Mr Lasne.
Plus? et qu'est-ce-que j'aurais pu dire de plus, moi, sur ce machin?
J'ai regardé les filles. Anne faisait tout un tas de gestes, effectuant une sorte de piqué de sa main gauche sur sa main droite en mimant silencieusement "Bzzz" et en se grattant.
-Ah oui, je peux, ai-je dit. Ce protozoaire est inoculé par un insecte (bon sang, c'est quoi, le nom, déjà?) et c'est la femelle qui pique, comme d'habitude.
Et j'ai regardé Mr Lasne dans l'espoir que celui-ci me lâche les tongs, mais c'était son jour de sadisme débridé, et il a contemplé les ongles de sa main droite en disant:
-Poursuivez, je vous prie.
-Les tiques du chiens provoquent aussi la maladie et l'agent pathogène est la Leishmania Don Giovanni -je veux dire Donovani- c'est un moyen mnémotechnique, vous comprenez, ai-je cru devoir préciser. Le malade présente de la fièvre, une grosse rate, un gros foie et des ganglions.
Mes souvenirs s'arrêtant là, je me suis arrêtée aussi.
Heureusement, Alicia, qui n'avait rien compris, est venue à mon secours sans le vouloir.
-Oui, mais s'il-vous-plaît, vous n'avez pas répondu à ma question, Mr Lasne!
Mr Lasne, ayant trouvé une autre victime, a persifle:
-Vous en faites exprès, ou c'est congénital, Alicia?
Et là, on a bien vu qu'Alicia était vexée.
Elle qui avait toujours pensé être génétiquement correcte se trouvait confrontée à ce qu'elle supposait être le gêne du crétinisme récessif.
Elle est devenue toute rouge et a éjecté ses mots à toute vitesse, elle aussi:
-Non, je m'informe, c'est tout! C'est tellement clair qu'un cochon n'y retrouverait pas ses p'tits! Vous parlez à la vitesse d'une mitraillette qu'on peut même pas suivre! Et pis comme je suis congénitalement déficiente, j'le passerai pas, votre concours. Là.
Elle a ramassé ses notes et s'est mise à bouder.
Et nous, on l'a regardée avec des yeux ronds.
Elle qui, d'habitude a tendance à nous reprendre quand on passe une négation à la trappe, pour parler aussi mal et aussi vite, elle devait être super énervée, Alicia.
Parce que voyez-vous, Alicia a toujours prétendu descendre de la haute bourgeoisie de la Motte-Beuvron (Ses grands parents y tenaient un bistroquet autrefois) et par voie de conséquence, elle se fait un devoir de bien manier la langue de Molière.
Et là, elle venait de débiter en rafale tout un tas d'horreurs: "ses p'tits" "Qu'on peut pas" "et pis" "j'le passerai pas"! C'était une première.
-Quoi, elle a dit, c'est vrai, non?
-Mais que diable vous arrive-t-il, Alicia? a demandé Mr Lasne pour montrer que lui, au contraire, savait s'exprimer avec élégance.
Et sans attendre une réponse que, de toute façon Alicia n'aurait pas donnée, il a fermé les yeux et croisé les mains.
On a bien vu qu'il priait pour que le Tout-Puissant vienne à son aide, et on a attendu la fin de son oraison. Le Ciel a dû lui souffler un conseil judicieux parce qu'il a vite rouvert les yeux et il a dit:
-Bon, terminé pour aujourd'hui, tout le monde dehors!
Alors on s'est levé en vitesse et on est sorti pour commenter ce premier cours.
Je m'apprêtais à rejoindre le groupe quand Mr Lasne m'a fait signe de son index replié.
-Qui, moi? et j'y suis allée sans entrain.
-Vous savez, Julie, qu'il a dit, Mr Lasne, ce poste que vous attendez avec impatience en toxico? Et bien je vais tout faire pour que vous l'ayez au plus vite.
-C'est vrai? C'est génial!
Dans ma joie évidente, j'ai dû, sans le vouloir, m'approcher un peu trop près de lui.
Il a fait un petit saut en arrière et il a dit:
-Surtout pas!
-Je n'allais quand même pas vous sauter au cou! me suis-je défendue, inutile de prendre la fuite!
-Avec vous, je m'attends au pire. Allez, du vent!
-En tout cas, ravie de vous avoir fait peur, ai-je répliqué.
Et j'ai vite rejoint la bande.

 Chouette 02 novembre 2009 à 17:03 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Leishmania? Mouches des sables... des parasites?
C'est pas demain que je traverserai le désert, donc pas de crainte pour moi d'attraper la leishmaniose!!
Le pire c'est que ce fut encore un parasite "femelle" qui nous inocule cette saleté d'amastigote!

Ce ne fut pas anodin si Mr Lasne se permettait encore de nous traiter comme des ignares!

A ses yeux, devions-nous devenir des encyclopédies sur pattes?
Il ne s'était pas regardé lui... avec la tronche qu'il se paye?
Il n'avait pas la tête du mec ayant la science infuse!

A ses yeux c'était encore typiquement un phénomène dû à la gent féminine! Vulgairement parlé : " des femelles"!

Nous n'en finirions donc jamais avec ce sacré machisme!!!

Egalité entre "homme" et "femme""...il n'y a pas que le partage des tâches ménagères...
Les gars? Ils sont fiers et heureux quand ils ont débarrassé une table et rempli le lave-vaisselle....

Quant à l'égalité des salaires? Nous pourrions en parler des heures, nous les nanas!!

 Dielorelei 02 novembre 2009 à 18:13 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Quand j'ai rattrapé les filles, Nicole était en train de vilipender les perturbatrices, Alicia disait que, étant issue de tarés et tarée elle même, elle ne voyait pas la nécessité de poursuivre des cours sans queue ni tête, Françoise se demandait comment une bestiole visible seulement au microscope pouvait déclencher une émeute et Claire m'a demandé ce que Mr Lasne me voulait.
-Il a dit qu'il ferait un max pour me muter en toxico, ai-je dit.
-Pourquoi, tu n'es pas bien avec nous?
-Si, mais tu sais bien que ce n'est pas mon vrai job, les rapports d'expertise!
-Enfin une bonne nouvelle, bzz..a dit Nicole, nonobstant, ce n'est pas demain la veille que tu vas être mutée!
-La ferme, Nicole, a dit Anne, tu nous rases!
-Oui, eh bien si Julie s'en va, on pourra suivre tranquillement les cours, au moins, a persisté Nicole.
Françoise, qui se complaît dans le rôle de médiatrice, a proposé que l'on aille toutes prendre un café et on s'est dirigé vers la salle de détente.
-Chouette, quelqu'un a amené des gâteaux, a dit Nicole en voyant un sac de viennoiseries sur la table.
En deux temps trois mouvement elle a versé du café dans sa tasse, l'a fourrée au micro-ondes et s'est emparé d'une brioche avant que quelqu'un d'autre n'en prenne. Et elle a mordu dedans sans attendre.
A ce moment là, Mr Lasne s'est amené et a voulu prendre le sachet.
En voyant Nicole qui avait les joues gonflées comme celles d'un hamster en train de faire ses provisions, il a eu un doute et a plongé le nez dans le sac.
-Il en manque une! a-t-il rugi, qui a piqué mes brioches? C'est vous, mademoiselle Dubec?
("Mademoiselle Dubec" deux fois dans la même journée, entre nous, ça craint)
-Euh...ben...Che chavait pas que ch'était à vous, a réussi à dire Nicole en envoyant des miettes partout, le chachet était chur la table, alors che me chuis chervie!
-C'est incroyable, tout de même! Je l'ai posé là le temps d'aller me chercher des tasses et il faut que vous vous jetiez dessus! Qu'est-ce que je vais donner à mes collègues, moi, maintenant?
Nicole, occupée à déglutir sans s'étouffer n'a pas pu répondre, et nous, on est sorti dans le couloir pour rigoler à notre aise.
-Et tu voudrais t'en aller, m'a dit Nathalie qui pleurait de rire, tu verras jamais ça ailleurs!
A ce moment, Mr Lasne est ressorti furibond, et m'a dit:
-Julie, au lieu de ricaner bêtement, descendez à la cafétéria voir s'il reste des brioches, au trot!
-Et les sous? j'ai demandé.
-Voyez ça avec Mademoiselle Dubec!
Et vlan. Il a claqué la porte de son bureau.
Bien entendu, on est toutes descendues à la cafet' sauf Nicole qui a regagné son ordi pour se cacher derrière.
On raflé les brioches qui restaient, - par bonheur, il y en avait assez pour nous- ce qui fait qu'il n'y avait plus qu'un pain aux raisin dont personne ne voulait.
Alors on l'a pris pour Mr Lasne.
Dans l'ascenseur, Claire a dit:
-Il n'y a pas de brioche pour Nicole, mais c'est pas grave, elle l'a déjà mangée, la sienne!
-Le patron n'aime pas les pains aux raisins, a fait remarqué Françoise, comment on va faire?
-Eh bien, il le refilera à un de ses collègues, c'est tout. On ne va quand même pas lui donner NOS brioches?
-Et qui c'est qui va donner à manger au fauve? j'ai demandé.
-Ben toi! C'est toi qu'il a chargée de lui ramener une brioche!
-Oui, et bien si dans dix minutes je ne suis pas retour, dites à ma vieille mère que je l'aime, parce qu'il m'aura sûrement trucidée!
-Mais ne t'inquiète pas, on prépare du café, pendant ce temps-là!
Quand j'ai frappé à la porte de son bureau, je l'ai entendu aboyer "Entrez!" et j'ai vite déposé le sachet devant lui. Il a regardé dedans et il a dit:
-Vous en faites exprès, hein? Je n'aime pas les pains aux raisins, regardez, tous ces trucs noirs, ce sont les cafards qui ont eu le malheur de sortir ! Enfin, je vais le refiler à Bouchard, il mange n'importe quoi, celui-là! Et pourquoi je peux pas accéder à ma page, moi?
Et il s'est remis à cliquer comme un forcené sur son écran.
-Vous allez trop vite, laissez le temps à votre bécane de faire le tri des informations!
-Oui, bon, vous n'avez rien d'autre à faire? D'autres conseils de ce genre?
-Non, non, et oui, j'ai tout plein de trucs à faire.
Manquerait plus qu'il me donne quelque chose à taper!
-Alors filez, allez sévir ailleurs!
Je suis allée sévir dans la salle de détente. Comme Nicole n'y était pas, on allait pouvoir faire des tas de commentaires.
Et en moi même, j'ai pensé:
"Elle est pas belle la vie, avec les copines?"

 Dielorelei 09 novembre 2009 à 23:36 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Il faut dire que toutes ces péripéties m'avaient fatiguée. Alors en rentrant chez moi, j'ai décidé de me concocter une soirée détente. J'ai donc préparé des spaghettis, ouvert une boîte de sauce tomate, ajouté de la crème et j'ai laissé doucement mijoter le tout pendant que j'ouvrais une boîte de thon pour le chat, et que je cherchais un programme pas trop débile dans un magazine télé.
Nous étions tous les deux tranquillement installés -le chat avait déjà englouti la moitié de son assiette- quand on a sonné à ma porte.
-Et zut, j'ai dit, tu paries que c'est Valérie?
Le chat a regardé la porte et s'est remis à manger, jugeant inutile de se réfugier sous le lit.
Il avait reconnu ma voisine du dessus rien qu'à sa façon de sonner.
C'était bien Valérie.
Qui, aussitôt la porte ouverte, s'est propulsée chez moi comme un boulet de canon.
-Bouh hou hou hou!!! elle a fait.
-Quoi encore, j'ai demandé, devinant que ma soirée détente était dans le lac
-Jérôme n'est pas encore rentré, tu te rends compte?
-Eh! il n'est que vingt heures, c'est pas un drame!
-Mais il a découché cette nuit, c'est à sept heures du matin qu'il est rentré, le temps de se doucher et de repartir travailler! J'ai attendu toute la nuit, moi!
Il faut que je vous dise que le Jérôme -le mari de Valérie- entre en transe à la vue d'un jupon. Pire que le mari de Nathalie.
Vous connaissez Nathalie? non?
Ben fallait suivre.
Pour en revenir à Valérie, elle n'aurait jamais dû dire "Oui" au maire de Sassetôt-sur-Auge quand il lui a demandé si elle était partante pour épouser cette fripouille de Jérôme.
Et Valérie a ajouté:
-Je suis sûre qu'il est dans un rade quelconque avec une pouf quelconque.
Valérie, qui est bretonne-et-fière-de-l'être, et qui connaît bien les rades de Brest, considère que tout bistrot qui se respecte est un "rade".
Elle a commencé à faire sa tête de pomme cuite. C'est à dire que sa figure s'est plissée de partout, annonçant l'ouverture imminente des vannes.
Moi, soit dit en passant, j'ai toujours admiré les comédiennes qui pleurent avec grâce.
C'est vrai, leurs larmes coulent sans que le Rimmel dégouline, les yeux restent pathétiquement ouverts, le nez reste sec, c'en est fascinant.
Ce n'est pas le cas de Val qui fait une tête pas possible quand elle pleure.
Déjà, elle a des yeux marrons plutôt petits, un nez tout rond qui a tendance à rougir dès que le thermomètre monte au-dessus de 19, et les dents légèrement de traviole. Au repos, ce n'est déjà pas la Joconde, alors quand elle pleure, c'est carrément hallucinant.
-Assieds-toi et raconte, ai-je dit, résignée.
-Ah mon Dieu, Ah mon Dieu, Ah mon Dieueueueu...A-t-elle gémi comme si elle venait d'enterrer le Jérôme pour de bon.
Quand elle a repéré les spaghettis, elle a cessé de pleurer, et d'une voix normale, elle m'a dit:
-Il t'en reste?
J'ai sorti une assiette et servi une louche de spaghettis.
-Et t'aurais pas quelque chose à boire, avec?
-Si, une bouteille de Chianti. T'en veux?
Mais pourquoi je demandais ça, moi? Autant demander à un aveugle s'il veut la lumière!
Valérie a commencé par avaler ses pâtes en les faisant descendre avec quelques bonnes lampées de Chianti.
-Fameux, tes spaghettis, elle a dit entre deux bouchées.
-C'est la crème qui fait tout, j'ai répondu, attendant que la conversation devienne intéressante.
Puis elle s'est rappelée pourquoi elle était venue et a recommencé à ululer.
-Toute la nuit, j'ai attendu, et quand j'ai demandé où il était, il a dit qu'il était sorti, c'est tout! bouh!hou!hou!
Et Valérie s'est servi un autre verre.
-Mais tu sais quoi? on va le pister, ce saligaud!
"On"? C'est qui, "On"?
-Parce que je te préviens, si je le trouve avec une pétasse, je vais lui claquer le beignet. A la pétasse. Ah que oui!
Comme elle éclusait son troisième verre, j'ai attrapé la bouteille et je l'ai rangée.
-Quand tu auras fini de te piquer la ruche, j'ai dit, tu pourras peut-être me dire ce que tu comptes faire?
-Ben, c'est clair, il me semble, on va faire la tournée des rades pour le trouver!
-La tournée des bars? Mais j'hallucine des oreilles, là!
Alors elle a rouvert les vannes, disant que ce n'était pas la peine d'avoir des amies si on ne peut pas compter dessus, et puisque c'était comme ça, elle irait toute seule le chercher, le Jérôme. Là.
J'ai fini par céder.
-Tu n'es pas en état de conduire. Alors on va prendre ma voiture. Mais on traîne pas.
Elle est vite retournée chez elle mettre son manteau, et en revenant, j'ai vu qu'elle avait un tournevis à la main.
-Qu'est-ce que tu comptes faire avec ce truc? dévisser ses roues?
-T'inquiètes, a-t-elle dit d'un air entendu, je vais lui crever ses pneus.
Et nous sommes parties pour l'opération "représailles".

 Dielorelei 16 novembre 2009 à 20:45 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
-Tu connais les cafés dans lesquels il est susceptible d'aller? ai-je demandé en mettant la voiture en route.
-Oui, on va commencer par les rades de Saint-François.
-Il y en a une tripotée!
-Roule, je vais te dire.
Alors on a gagné les petites rues du quartier Saint-François et on est passées devant tout un tas de petits troquets.
-Non, pas çui-là, disait Valérie, c'est pas son genre.
Quand on en voyait un qui était son "genre", j'arrêtais, elle descendait à toute vitesse et allait écraser son nez à la devanture du bar.
-Pas là, disait-elle en secouant la tête, et on redémarrait.
On a dû faire tous les bistrots, et on n'a rien trouvé.
-On va aller à la "Troïka, a-t-elle décidé.
-C'est où?
-C'est une boîte de nuit dans les rues piétonnes.
-Tu verras rien dans une boîte de nuit, de l'extérieur! et tu crois que c'est ouvert, à cette heure?
-Mais oui, ça ferme à deux heures du matin. Allez, roule!
Arrivées devant la "Troïka", elle a beuglé:
-Arrête! Arrête!
-Quoi?
-C'est sa voiture, là! ah! la vache! je savais qu'il y serait! Attends un peu!
Elle est descendue presqu'en marche et a galopé jusqu'à la Peugeot grise qui stationnait à deux pas de la boîte de nuit.
Je l'ai vue faire un grand moulinet avec le bras et donner un coup de tournevis dans le pneu avant droit.
Elle s'est penchée pour voir son oeuvre, et manifestement ce n'était pas à son goût parce qu'elle a recommencé. Sauvagement. Comme si elle lardait le Jérôme.
Finalement, elle est revenue au petit trot, rouge, échevelée.
-J'y arrive pas, essaye, toi! C'est vachement dur, ces machins-là!
-Pas question, j'ai dit, je ne vais pas massacrer des pneus qui ne m'ont rien fait! Et d'abord, avec ton outil, tu pourrais juste embrocher un camembert!
-Bon, ben on va l'attendre.
-Et?...
-On avisera à ce moment là.
Alors on a attendu.
Au bout d'un moment que Valérie a mis à profit pour m'informer de tous les sévices qu'elle comptait bien faire endurer à Son mari -et ça allait du coup de poêle à frire jusqu'à la poussée sournoise dans l'escalier- on a vu sortir le traitre.
-C'est lui! a aussitôt hurlé Valérie, et il est pas seul! Non, mais t'as vu la pouf?
Ça, pour la voir, je la voyais.
Avec ses cheveux oxygénés, son manteau en faux léopard et ses talons vertigineux, elle devait être visible de la lune.
J'ai retenu Val alors qu'elle était sur le point de foncer dans le tas.
-Tu vas faire quoi, là? leur piquer les fesses avec ton tournevis?
-Mais pas du tout! Je vais leur coller la honte de leur vie en faisant une scène en pleine rue, pour que tout le monde sache quel salaud il est!
-Tout le monde est devant sa télé, à cette heure, tu ne vas rien rameuter du tout! Il y a mieux à faire.
-Quoi?
-On va les suivre pour savoir où elle habite.
-Et après?
-On avisera, comme tu dis.
-Bonne idée, ben roule, il va démarrer!
-Oui, mais toi, passe derrière pour qu'il ne te voie pas dans son rétro.
Et Val s'est mise à escalader le siège avant en se contorsionnant dans tous les sens. Quand j'ai entendu: "Ouille", j'ai su qu'elle avait atterri.
-Roule! Roule, braillait-elle alors qu'elle avait la tête dans le coussin du siège arrière et les pieds coincés entre les deux sièges avant. On va les perdre!
Alors on a suivi la Peugeot qui roulait pépère, et comme il y avait encore de la circulation, on n'avait pas besoin de lui coller au train.
On est passées devant l'Hôtel-de-ville, et on a tourné au square Saint-Roch. Et on a enfilé toute la rue Félix Faure.
Là, c'était plus embêtant parce que la circulation était quasiment nulle.
-On aurait dû mettre des perruques, a dit Valérie qui me soufflait dans le cou. Y nous aurait pas reconnues.
-La prochaine fois, on saura, j'ai répondu.

 Dielorelei 23 novembre 2009 à 16:24 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
-Remarque, a poursuivi Valérie, on pourrait mettre des cagoules, c'est pas mal non plus, les cagoules. Et c'est moins cher parce qu'on peut les faire soi-même.
-La ferme, Val, pour l'instant, on suit ton bonhomme, on ne s'entraîne pas pour braquer une banque.
C'est rue Bayonvillier que la voiture qu'on suivait s'est arrêtée.
J'en ai fait autant et je me suis garée derrière une voiture en stationnement. Puis j'ai éteint mes phares.
Le mari de Valérie est descendu ouvrir la portière à la blondasse.
-Moi, il ne m'ouvre jamais la portière, a dit Val, je me débrouille toute seule. Quelle honte!
-Je me demande bien ce que tu as pu lui trouver, j'ai marmonné, au point de l'épouser!
-Ben, tu l'as jamais vu tout nu, a répondu Val.
Je l'ai regardée, médusée.
-Ça me semble mince comme argument.
-Justement non, a dit Valérie.
On a vu le couple s'engager dans une impasse.
-Je vais les suivre, j'ai dit. Toi, tu restes là.
-Pas question, je veux tout voir, moi, c'est mon mec, après tout!
-Bon, mais on évite de parler, la nuit, les bruits se répercutent.
On est restées prudemment dans l'ombre au bout de l'impasse, pas très bien éclairée, et on les a vus pénétrer dans un petit pavillon sur la droite.
De chaque côté, c'était des petites maisons individuelles, bien à l'abri derrière leurs haies de thuyas.
-La vache, elle doit bien gagner, la pouf, pour avoir ce genre de baraque, a chuchoté Valérie. J'ai envie de sonner.
-T'es folle, ou quoi? et qu'est-ce que tu vas dire? "Bonjour Madame, je viens récupérer mon mari qui s'est échappé?"
-Ah tiens, ça me fait penser que j'ai oublié de sortir le chien!
-La ferme, Val, ce n'est pas le moment de penser au chien, même si lui aussi est un cavaleur!
Valérie s'est tu et en a profité pour évaluer mentalement les ressources financières de sa rivale.
-Je suis sûre que c'est elle qui lui a offert cet affreux briquet avec une tête de cheval. Tu sais, celui en plaqué or? Je t'en ai parlé, non?
-Bon, on ne traîne pas, j'ai dit, sans répondre, s'il ressort et nous voit devant la barrière, on risque d'être mal.
A ce moment là, une lumière s'est allumée dans la cuisine, à deux pas de nous.
J'ai tiré Valérie dans l'ombre.
-Il faut que je t'assomme pour que tu bouges?
-Oui, on s'en va, maintenant que je sais où elle habite, je pourrai lui faire la peau tranquillement à domicile, a dit Val.
-Personne ne va faire la peau à personne, viens, on file!
On a regagné la voiture en galopant, et a peine avais-je démarré que j'ai vu une silhouette traverser la rue.
-Remarque, a continué Val, on aurait pu rester encore un peu, il doit être dans la chambre à coucher, le salaud!
-Alors c'est un rapide, parce qu'il remonte déjà en voiture, et on va l'avoir derrière nous, maintenant! Et pour le semer, à cette heure-ci, c'est pas évident.
-T'as qu'à prendre par le Rond-Point, m'a dit Val, c'est le plus court.
Je me suis bien gardée de suivre son conseil, parce que si vous voulez vous perdre dans une ville que Val est censée bien connaître, vous n'avez qu'à la laisser conduire.
J'ai descendu la rue Georges Lafaurie à fond de train -par bonheur les feux étaient verts- tout en surveillant la Peugeot pas très loin derrière.
Arrivée en centre ville, j'ai pu le semer à un feu et j'ai pris une rue parallèle qui nous a menées directement devant notre immeuble.
A peine arrêtées, on est sorties vite fait de la voiture, et on s'est engouffrées dans l'immeuble. L'ascenseur était au rez-de-chaussée, et je suis montée au cinquième avec Val.
-Pourquoi tu montes avec moi? a-t-elle demandé.
-Quand ton Jérôme va monter dans l'ascenseur, je vais le mettre en panne, ai-je répondu en ouvrant la porte de la gaine, ça va te donner un peu de temps.
-Qu'est-ce que je vais lui passer à ce saligaud, a dit Val.
Je vais le tuer.
-C'est interdit de tuer. Ecoute-moi bien: en aucun cas tu ne fais allusion à notre équipée, tu ne dis pas que tu connais l'adresse de sa rombière, parce qu'il est bon de garder une carte en réserve. Tu ne hurles pas dessus et tu te recoiffes parce qu'on dirait que tu as mis les doigts dans une prise électrique. Tu as bien compris?
Valérie a compté sur ses doigts:
-Compris: je ne tue pas, je ne hurle pas, je me recoiffe, je ne dis rien de notre sortie.
-C'est dans le désordre mais l'idée générale est là.

 Dielorelei 23 novembre 2009 à 22:54 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Val est rentrée chez elle pour se préparer à la confrontation avec son mari. J'étais presque sûre qu'elle mettrait à portée de main une poêle à frire assez lourde pour assommer un boeuf au cas où...
Quand j'ai entendu l'ascenseur descendre au rez-de-chaussée, j'ai attendu quelques secondes qu'il remonte et j'ai abaissé le disjoncteur. L'engin s'est arrêté dans un couinement poussif du moteur.
Puis plus rien. Silence radio.
Jusqu'à ce que le Jérôme, se rendant compte qu'il était enfermé, se mette à brailler:
-Valérie! ho! Valérie! je suis enfermé dans l'ascenseur!
Puis il a commencé à donner des coups dans la porte. Ensuite, il a appuyé sur la sonnette d'alarme. Qui n'a émis qu'un drelin...drelin...dérisoire, vu que l'ascenseur est hors d'âge.
Ce raffut n'a dérangé personne, chaque occupant étant occupé à dormir, et n'ayant par conséquent aucune envie de se réveiller complètement pour le sortir de là.
C'est Valérie qui, drapée dans sa dignité et dans son peignoir, est sortie sur le palier et a demandé innocemment à la cantonade:
-Il y a quelqu'un de bloqué?
-C'est moi, bourrique! a hurlé son mari, appelle les pompiers!
-Tu peux te brosser, a répondu élégamment Val, t'avais qu'à rentrer plus tôt!
Sur ce, elle m'a fait un clin d'oeil et vlan, elle a refermé sa porte.
Le furieux s'est souvenu qu'il avait un portable et a appelé lui-même le numéro d'urgence.
Quand j'ai vu en bas le reflet bleuté du gyrophare des pompiers se refléter sur les murs, j'ai réenclenché le disjoncteur et l'ascenseur s'est remis en branle. Je suis vite rentrée chez moi, laissant le Jéjé se débrouiller avec les soldats du feu qui montaient l'escalier quatre à quatre.
Vu l'heure qu'il était, je suis allée directement au lit après un bref passage dans la salle de bains.
Le chat a protesté quand j'ai voulu récupérer ma place, mais finalement, il s'est poussé de dix centimètres.
Suffisamment pour que je me coule sous la couette.
Le Jérôme est finalement rentré parce que j'ai entendu une chaise tomber et une galopade autour de la table.
Puis Val s'est mise à beugler:
-T'approche pas ou je te bute!
Je lui avais pourtant dit de ne pas le tuer.
Alors j'ai pris mon balai et j'ai tapé au plafond. Valérie a crié:
-Tu vois, tu as réveillé la voisine, crétin! Dégage!
L'autre a bougonné mais il a cédé du terrain.
Et comme je n'ai plus rien entendu, j'ai pu m'endormir.
Demain, j'aurai au moins un bon sujet de conversation pendant la pause café au bureau.

 Dielorelei 30 novembre 2009 à 22:44 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Comme aujourd'hui c'est mardi, les filles se sont réunies chez moi pour la bouffe hebdomadaire.
Val qui arborait un magnifique cocard, souvenir de la veille, s'était invitée aussi. Bien que ne connaissant personne, elle a vite rompu la glace.
Justement, nous étions en train de mastiquer nos pizzas, arrosées comme il se doit d'un petit vin italien, et Val tenait le crachoir devant un auditoire fasciné. Elle narrait par le menu la mort de son premier mari, Antoine, assommé par une chasse d'eau qui s'était détachée du mur, pendant qu'il lisait tranquillement la page des sports du canard local, assis sur le siège des toilettes.
Ça s'était déjà vu dans "les trois veuves" au théâtre mais là, la réalité avait rejoint la fiction.
Tandis qu'elle évoquait son défunt mari qui avait directement échangé un siège de WC contre un strapontin au paradis, du moins se plaisait-elle à le dire vu qu'elle l'avait pratiquement canonisé depuis, Valérie avait pris sa tête de pomme cuite.
-Bou..hou..hou! faisait-elle entre deux bouchées de pizzas tandis que Nicole, totalement sourde à sa douleur d'ancienne veuve, la pressait avec impatience de continuer son récit.
-Eh bien, a repris Val en faisant passer sa pizza avec une généreuse gorgée de Valpolicella, et du même coup Antoine aux oubliettes, après quelques aventures sans conséquence, dont une avec un berbère et une autre avec un routier polonais, j'ai rencontré le Jérôme. Ça s'est fait drôlement, d'ailleurs: on revenait de réveillonner avec sa femme et lui quand celle-ci a eu la malencontreuse idée de lui demander de me raccompagner jusqu'à mon appartement. Et arrivés sur le paillasson, il m'a roulé une pelle, et voilà.
-Tu lui a piqué son mari? a fait Nathalie qui, je le rappelle pour ceux qui n'ont pas suivi, avait viré son mari cavaleur.
-Piqué...piqué... C'est un bien grand mot, vu qu'il y avait du mou dans leur relation depuis belle lurette. N'empêche, elle m'a quand même collé une baffe.
-Ah quand même, n'empêche, tu lui a bel et bien piqué son mari.
Françoise, qui a toujours un peu de mal à suivre, à levé la main.
-Ton berbère, tu l'as rencontré où?
-Ben, au Maroc, pendant les vacances.
-Un peu plus, et tu devenais une fatma, a dit Claire en rigolant.
-Ah non, a répondu Val le plus sérieusement du monde, il en avait déjà une, de fatma.
Nathalie a levé les yeux au ciel tandis que Val continuait:
-Mais ça n'aurait pas été pire que d'épouser le Jérôme, je crois.
Nicole a mis son grain de sel:
-Pourquoi tu le laisses te taper dessus, aussi! moi je n'accepterai jamais qu'un homme me touche!
-Et ça fait des années que ça tient la route, a dit Anne.
Nicole l'a regardée de travers:
-En tout cas, je ne reçois pas de gnons, moi!
-Mais j'ai été à deux doigts de le quitter, le Jérôme, a dit Val, comme le jour où il m'a flanqué un coup de pied aux fesses, que je n'ai pas pu m'asseoir pendant huit jours, et la fois où il m'a pété une dent!
Ça, je m'en souvenait. Un soir, j'avais entendu Valérie brailler de telle sorte que j'étais montée, armée de ma bombe anti-agression, au cas où, et j'avais tambouriné à la porte.
Le Jérôme, rond comme une queue de pelle, lui cavalait après autour de la table, et quand j'avais voulu m'interposer, il avait stoppé net, avait fait un grand moulinet avec son bras pour me balancer un pain à l'aveuglette. Valérie, qui avait vu en ma présence un secours inespéré, s'était vite réfugiée à côté de moi, et c'est elle qui avait recu le gnon qui m'était destiné.
-Ah! la vafe! ah! la vafe, beuglait-elle, il m'a café une dent! Efpèfe de falaud, va!
J'avais, à tout hasard, balancé une giclée de gaz pour calmer le furieux, mais comme Val sautillait dans tous les sens en glapissant de douleur, elle avait reçu le jet en pleine poire.
Devant une telle avalanche d'évènements malencontreux, j'avais discrètement regagné mes pénates, laissant seuls les deux belligérants. Son mari, abruti par l'alcool, avait d'ailleurs bientôt sombré dans un bienfaisant coma éthylique.
Le lendemain, Val portait des lunettes noires et une minerve pour soulager son cou et sa mâchoire endolorie.
-C'est un danger public, ton mari, a dit Anne.
-Seulement quand il tombe dans une bouteille de whisky, a répondu Val. Sinon, il se contente de courir à droite et à gauche.
-Moi, un mec comme ça, je le tuerais, à dit Nathalie.
Valérie s'est arrêtée de manger, elle a regardé Nathalie, et j'ai compris qu'elle pensait:
"Mais en voilà une idée qu'elle est bonne!"
Et vous ne pourrez pas m'empêcher de croire que c'est depuis ce jour là que Val a d'étrange manies, comme récupérer tous les vieux médicaments, par exemple.
Mais ça, c'est une autre histoire.

 Dielorelei 18 mars 2011 à 17:40 Envoie un message √† Dielorelei Voir le profil de Dielorelei
Une année a passé. Et Val, devenue veuve, a repris une vie de patachon. Sans craindre les coups.
Elle le méritait bien.
Mais, me direz-vous, comment son mari est-il passé de vie à trépas?
Oh! c'est tout bête, un jour, elle est venu chez moi , arborant le énième coquard de la saison, et elle m'a dit, d'un ton solennel:
-Ça y est, j'ai un plan.
-Un plan pour quoi? j'ai demandé.
-Pour buter le Jérôme.
Alors là, j'ai sorti le chianti,je lui ai demandé de s'asseoir, et j'ai dis:
-Respire à fond, ça va passer.
-Non, sérieux, j'ai un plan qui peut pas foirer.
J'ai été perplexe.
Parce que quelque chose qui ne foire pas avec Val, ça n'existe pas. Alors, quand elle m'a détaillé son plan, j'ai tout de suite vu qu'il y avait des tonnes de trucs à modifier.
Alors, comme Val, c'est quand même ma copine, on a tout repris de A à Z.
Et ça a marché.
Mais comme je l'ai dit plus haut, c'est une autre histoire. En 1000 mots, on ne peut pas raconter le meurtre parfait.
A plus tard, si vous le voulez bien.





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Humour des lundis en novembre 2009 est classée dans le genre Humour.

Commencée par Dielorelei,
le 02 novembre 2009. L'histoire est composée de 9 participations.

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