","$smiley"); $smiley = str_replace(":-)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(tss)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(close)","","$smiley"); $smiley = str_replace(":p","","$smiley"); $smiley = str_replace(":-p","","$smiley"); $smiley = str_replace(":o","","$smiley"); $smiley = str_replace(":-o","","$smiley"); $smiley = str_replace("lol","","$smiley"); $smiley = str_replace("(pascontent)","","$smiley"); $smiley = str_replace(":#","","$smiley"); $smiley = str_replace(":-#","","$smiley"); $smiley = str_replace(":~.","","$smiley"); $smiley = str_replace("8)","","$smiley"); $smiley = str_replace("8-)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(fleche)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(coeur)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(!)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(?)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(nuke)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(ninja)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(euh)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(wako)","","$smiley"); $smiley = str_replace(":(","","$smiley"); $smiley = str_replace(":-(","","$smiley"); $smiley = str_replace("(namour)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(rolleyes)","","$smiley"); $smiley = str_replace(":D","","$smiley"); $smiley = str_replace(":-D","","$smiley"); $smiley = str_replace(";)","","$smiley"); $smiley = str_replace(";-)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(siffle)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(mad)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(hum)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(bizoo)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(gateau)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(photo)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(bierre)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(inginf)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(fleures)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(i)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(kdo)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(lune)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(chat)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(note)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(rose)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(rosefanee)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(rougir)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(honteux)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(larme)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(fiou)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(mouton)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(huh)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(chien)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(innocent)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(zzz)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(trefle)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(aveugle)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(bierre)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(zorro)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(shuriken)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(magie)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(pirate)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(lune)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(diable)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(noel)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(alien)","","$smiley"); $smiley = str_replace("(angel)","","$smiley"); return $smiley; } ?> La malédiction du nain « Fantasy

La malédiction du nain
La malédiction du nain
Zsobic, fier guerrier des steppes du nord, est victime d'une odieuse malédiction qui le pousse à fuir les troupes de Grück le roi des nains qui le poursuit inlassablement.




 Page 1 sur 1
Participations 1 √† 14 sur 14  <<  >> 


 Mika 05 juin 2009 à 13:53 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
L'enchanteur m'avait pourtant bien prévenu... « Utilise l'élixir avec précaution ! Il est puissant et les effets sont irréversibles ! »

Puissant et irréversible ! Si j'avais su à quel point j'aurais fait plus attention.

Moi Zsobic, guerrier nomade des steppes du nord, épéiste redouté, pourfendeur de vilains, sauveur de veuves et accessoirement d'orphelins Ė je préfère quand même nettement les veuves- suis aujourd'hui victime de la plus terrible des malédictions ! Un malheureux concours de circonstances me plonge aujourd'hui dans un exil sans fin.

Mon histoire débute il y a plusieurs mois de cela. Je m'étais distingué auprès du roi Xenos lors des combats qui l'avaient opposé aux hordes de gobbelins des montagnes qui lorgnaient les richesses de son royaume. Je faisais partie de la phalange de mercenaires qui fut chargée d'un raid commando au cúur du campement ennemi. J'avais de mes propres mains occis le chef gobbelin alors qu'il cuvait tranquillement son vin sous sa tente. Gloire et honneurs me furent offerts lors d'une grande cérémonie célebrant la victoire des valeureux combattants. C'est là que ma vie a changé ! Elle était là, dans toute sa splendeur princière, ses courbes voluptueuses magnifiées par sa robe diaphane aux reflets argentés. Ses longs cheveux blonds flottaient sur ses épaules en une cascade d'or. Elle posait son regard émeraude empli de tristesse sur l'assemblée. La vue de cette beauté divine me paralysa. L'orage de l'amour grondait en moi.

D'une bourrade Ragnar me ramena à la réalité.

-« Tu serais pas en train tomber raide dingue de la princesse Simone toi ? » Me murmura-t-il hilare.

-« Alors c'est elle... Princesse Simone ! » M'étonnais-je en essuyant du revers de la manche le filet de bave que j'avais laissé échapper. Puis me souvenant douloureusement d'une information cruciale : « Mais... alors c'est elle que Xenos veut marier à Grück le roi des nains en échange d'un pacte de défense entre leurs peuples ! »

-« Cest con pour elle tu trouve pas ? » Dit-il sarcastique pendant que je la déshabillais du regard en imaginant son corps pur souillé par ce nain puant et velu aux mains câleuses. « L'officialisation de leur union est pour ce soir ! » Avait-il ajouté sournoisement.

-« C'est contre nature... » Avais-je murmuré sans pouvoir quitter des yeux la déesse à la beauté divine. « Elle doit être mienne ! » Hurlais-je même intérieurement.

Mais comment faire pour l'extirper des sales pattes de Grück ! Etait-elle seulement sous mon charme ? Avais-je une chance de la séduire et de quitter ce royaume avec elle ?
Je nous imaginais déjà chevauchant nos fidèles tarpans à courir les steppes magnifiques et élever nos enfants dans ma grotte natale des monts sanglants. Un garçon et une fille... Moi, elle, une vie heureuse loin des combats...
Il me fallait l'avoir à n'importe quel prix !
C'est alors qu'elle portait une coupe de vin à ses lèvres de rubis que l'idée germa... un philtre d'amour ! Rien de plus simple que de lui faire boire lors des festivités de ce soir !

Pris d'un élan plein d'espoir je quittais la cérémonie et me jetais chez mon ami Leroy, enchanteur de métier, magicien attitré du roi Xenos, et surtout triquard à mon égard depuis une sombre histoire d'assassinat de mage concurrent... Ainsi donc je le rejoignais dans son officine et lui demandait le philtre d'amour le plus puissant qu'il puisse réaliser. Un peu de ma semence, queques machins secrets de son cru et le tour fut joué. Celle qui boirait cela serait à tout jamais sous mon charme.

Il me l'a fait le sagouin ce sérum d'amour ! Et que oui que ça a été efficace ! C'est juste que je n'imaginais pas ça comme ça !

Donc le soir même je suis retourné au banquet avec mon précieux élixir caché sous mon pourpoint. La fête battait son plein. Vins et viandes grasses. Rires et chants paillards.
A la droite de Xenos assis au centre de la longue table, Simone affichait toujours le même air triste. A ses côtés, dépassant à peine de la table, je reconnus immédiatement le casque à pointes et la tignasse rousse de Grück. Son épaisse main câleuse posée sur le poignet délicat de ma princesse me brûla les yeux et enflamma mon esprit. J'aurais tout donné à ce moment là pour l'éventrer en public et lui tricoter une écharpe avec ses intestins. Ma main se resserra sur la fiole. Il me fallait agir maintenant.

J'attrapai une chope de vin sur le plateau d'un valet et y versais anxieusement l'élixir, puis m'approchais discrètement de la table du roi. Feignant habile ment de lui présenter mes hommages je remplaçais le verre de Simone par celui que j'avais préparé. Alors que je n'étais qu'à quelques centimètres d'elle, elle ne posa même pas les yeux sur mon corps musculeux de guerrier héroïque ! Heureusement que Leroy m'avait préparé ce philtre me dis-je alors en souriant et que je m'éloignait de la table sans perdre de vue la coupe contenant l'élixir d'amour.

Je me rassis à ma place, satisfait de mon larcin et salivant de la vie nouvelle qui m'attendait au bras de cette beauté. Je sentais déjà sa peau de pêche aux arômes de jasmin se frotter à mes muscles saillants... Ses longs cheveux d'or glissant sur mon torse puissant tandis que je l'étreindrai de mes bras d'acier... C'est alors que je me perdais dans ces fantasmes que mon sang quitta mon corps en s'enfuyant par les orteils : Grück venait de se saisir de la coupe de Simone et la vidait d'un trait. Quelques secondes passèrent pendant lesquelles j'adressais une prière aux dieux pour que Leroy se soit trompé et qu'il m'ai refourgué un vulgaire jus totalement inefficace. Mais c'était trop tard... Le regard noir du nabot se porta sur moi et je lus en lui un désir pervers. Il détailla mon corps en se léchant les lèvres et en se caressant le torse. Il m'adressa un grand sourire qui en disait long...

Depuis ce soir maudit je parcours monts et vallées, poursuivi inlassablement par les troupes de l'infâme Grück et ses sombres desseins.

Ainsi débuta cette terrible malédiction... La malédiction du nain... Celle dont je suis victime aujourd'hui et qui me condamne à l'exil ou à milles souffrances.

 Mirakle 06 juin 2009 à 15:57 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Je venais de passer le fjord de Rakspir lorsque je décidai de bivouaquer. Fuir n'était pas tout, il fallait aussi songer à se restaurer et il me restait encore un bon morceau de yack séché, volé sur le cadavre d'un soldat du roi Xenos... En effet, non content d'avoir toute la tribu de Grück aux trousses, ivre de colère suite à l'échec des noces qu'il avait prévues, le roi Xenos avait décidé d'éliminer l'objet du désir érotique de Grück. Il pensait faire revenir ce nabot puant à de meilleurs sentiments pour ma douce Simone. Voilà une raison de plus de rester vivant.

Bref, peu après mon échappée, aux abords de la frontière avec le Stirmack, un groupe de soldats xéniens m'était tombé dessus : cinq lascars massifs tous couturés de la tête aux pieds et aguerris par manifestement plus de batailles qu'ils n'avaient d'orteils. Leur chef était le champion personnel royal. Il s'appelait Volfrid et comme tout bon champion, il me lança un défi car il prétendait avoir du respect pour moi. M'occire sans un affrontement digne de ce nom, l'horripilait.

- Je te défie mercenaire car mon roi m'a ordonné de t'éliminer et je dois obéir. Mais je veux te donner une chance de m'affronter et que tu meurs l'arme à la main. Lança à la cantonade Volfrid.
- Voilà de belles paroles présomptueuses qui me plaisent car elles éveillent mon sang chaud. Répondis-je avec bravade et je crois, un peu de panache.

Le protocole du défi fut respecté à la lettre, dans la plus pure tradition du pays xenien : après un échange de crachats en pleine face, quelques tapes viriles, deux heures de beuverie pseudo amicales, il convenait d'en venir aux mains ou plus exactement aux épées. Volfrid commença à assembler son épée bâtarde. Il s'agissait d'un exemplaire unique Ė qui trône d'ailleurs à présent au garrot de mon tarpan Ė composée d'une double lame et d'une garde large comme mon avant-bras. Pour ma part, je dégainai mon espadon dont un tranchant est muni de dents. Ne voulant pas passer tout un réveillon en compagnie de ces spadassins, à peine Volfrid avait-il brandi sa lame et l'avait-il inclinée devant lui que je pivotais sur moi-même en lui assenant un coup de taille au niveau du cou. Sa tête vola à dix pas sous l'air médusé des autres guerriers. Passées quelques secondes de stupeur, ils se jetèrent sur moi avec une hargne qui faisait plaisir à voir, pour un combattant comme moi.

Si j'avais pu éliminer rapidement le champion, il n'en fut pas de même avec ses coreligionnaires. Certes, par folle témérité, le plus proche de moi s'embrocha naturellement sur ma lame. En revanche, les trois derniers entamèrent la légendaire danse du trio d'épéistes xeniens. Dos à dos, ils tournèrent sur eux-mêmes à vive allure pour me présenter un front de lames inextricables. J'affrontais une véritable toupie aiguisée.

Je ne voyais pas comment atteindre mes assaillants. Mes premières feintes me permettaient à peine de toucher leur pourpoint de cuir.

 Mika 23 juin 2009 à 12:01 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
L'idée germa. Je reculai d'un pas me mettant hors de portée, rengainai mon épée et pris courageusement mes jambes à mon cou...

Derrière moi j'entendis les jurons des soldats Xéniens.

-"Le couard! Il fuit comme un lapin! Ne le laissons pas s'échapper..."

Sur ces paroles je me retournai. Les trois soldats stoppèrent leur toupie infernale et une fois immobiles s'affalèrent sur le sol en vomissant trippes et boyaux. Petit problème d'équilibre semble-t-il.

-"Bon ben je vais vous laisser... Je vais pas trop m'attarder dans le quartier!" Leur dis-je en finissant de les ligoter. "Vous présenterez mes honneurs à Simone."

Sur ces bonnes paroles je pris le chemin en direction du pont qui enjambait le fleuve Massa, frontière naturelle entre le Stirmack et les terres xéniennes.

Une fois sur les hauts plateaux je rejoindrais ma soeur. Elle s'était réfugiée sur ces terres rocailleuses il y a bien des lunes afin de parfaire sa formation de prêtresse divinatoire du grand Kro, dieu parmi les dieux, auprès d'une congrégation de nonnes guerrières. Je comptais bien sur elle pour trouver un échapatoire à la terrible malédiction qui me frappait injustement.

 Mirakle 26 juin 2009 à 21:56 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Toujours en territoire xénien, Grück l'immolâtre de Dragons - il s'agit de son titre honorifique - fulminait en voyant revenir bredouilles les escouades qu'il avait envoyées à mes trousses aux confins des territoires. Grück avait eu vent de mon combat épique face aux soldats du roi Xénos : il était partagé entre la joie de me savoir encore en vie et le désespoir que je ne sois pas encore en son pouvoir.

Ce soir là, sous la tente du roi des Nains se terminait laborieusement une orgie parmi les plus moroses qu'il m'ait été permis de conter.
- Arnfe !, s'écria Grück par dessus sa corne de cervoise.
- Oui Seigneur..., répondit l'intendant la bouche pleine de vinasse.
- Arnfe, je me languis de ce bellâtre de Szobic, je ne dors plus. Il me le faut coûte que coûte. Son corps d'athlète m'échauffe les sangs toutes les nuits...
- Il est malin et s'est défié jusqu'ici de toutes nos patrouilles. Il est insaisissable.
- PAS D'EXCUSES ! Hurla Grück la bave aux lèvres en repoussant une donzelle des plus velues de son harem.
Le roi des Nains s'était levé brusquement, ce qui ne saute généralement pas aux yeux des humains.
- Je le veux d'ici deux lunes. Si je ne le vois pas bientôt là, à mes pieds, dans le plus simple appareil, j'ordonnerai ta mise à mort Arnfe !
- Mais Seigneur, que puis-je face à ce démon !? Pourquoi ne pas vous contenter de ma fille Miralda. Elle est barbue comme votre mère et elle vous donnera une descendance. Ce que ne pourra jamais faire ce diable de Szobic !
- Ne discute pas. Va Arnfe et ne reviens qu'avec l'objet de mes désirs lubriques.

 Mika 07 juillet 2009 à 23:05 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Des jours durant je parcours sous un soleil brûlant les collines herbeuses du Stirmark. Des landes vallonnées à pertes de vue balayées par un vent incessant. En point de mire, cap au nord, se dressent tels un mur barrant l'horizon les hautes plateaux, refuge des nones guerrières et de ma súur.

La monotonie du paysage de landes grises étant peu propices à divertir l'esprit j'ai sombré rapidement dans les méandres de mes souvenirs balloté par le léger déhanchement régulier de ma monture.
La guerre des cents lunes où mes fidèles guerriers taillèrent les elfes du bois rouge en escalopes forestière... L'embuscade dont j'avais été le seul survivant après avoir occis avec les dents les assaillants elfes rancuniers... Le butin de joyaux étincelants dérobé dans les caves fortifiées de la citadelle naine de Trüdük un soir de fête naintionale... Rubis, diamants, améthystes et autres saphirs...Que d'aventures épiques... et que de rencontres étonnantes ! Leroy, mage bègue, qui m'aida à libérer le peuple-esclave de Monak de la main de fer du tyran Rénié... L'ingénue Ditée... qui m'accompagna lors de la longue traversée de l'aride désert du Laarzak... Drôle Ditée !... Elle aimait par dessus tout me tripoter la... l'épée lors des nuits glaciales !...
Et puis le sordide destin qui me menaçait avant que je ne choisisse la voix des armes : éleveur de cochon !... Blerk ! Papa voulait que je reprenne l'exploitation ! Bénis soient les pillards gobelins qui mirent à sac la ferme familiale et violèrent les cadavres encore chauds de mes parents et de mes frères!... Bon c'est vrai, hormis mon unique súur qui avait été vendue comme boniche à une congrégation du culte de Kro, je n'ai depuis plus de famille... Et puis des fois j'ai dans mes rêves le visage de maman énucléée qui vient me hanter en secouant devant moi ses moignons sanguinolents... mais bon ! Je préfère quand même ces petits désagréments et la vie de guerrier redouté que je mène plutôt que l'odeur du purin et les fesses crottées de porcs affamés !

La rude vie de mercenaire m'a appris tant de choses que je n'aurais jamais découvertes si j'étais resté dans la ferme de papa... L'art de la guerre, le faste des palais des royaumes du sud, les joies de la chaire et les danseuses du ventre aux regards hypnotiques... La bière naine et leurs champignons hallucinogènes... Le goût métallique du sang et le chuintement de la chaire transpercée par la lame effilée... tant de choses vous dis-je !!!

Alors que je me laisse bercer par le pas chaloupé de mon fidèle tarpan, la crète de la colline se dessine sur le ciel bleu. Encore quelques pas et nous basculerons sur l'autre versant avant de recommencer une nouvelle montée. Foutues landes ! Même pas un arbre ou un monolithe pour se protéger quelques minutes du soleil brûlant de midi... D'ailleurs je commence à avoir faim ! Alors que le cheval s'arrête quelques instants au sommet de la butte je porte mon regard sur les hautes falaises qui se dressent à l'horizon. Une fois là-haut je serai un peu plus à l'abri de l'amour débordant de Grück. N'a-t-on jamais vu un nain pratiquer l'escalade ? Il leur en faudra du temps pour me rejoindre avec leurs petites jambes ! Un long détour par la trouée des lépreux et le col des pendus les attend. Quant à moi, même si je dois abandonner mon fier tarpan au pied de la falaise je gagnerai plusieurs jours précieux sur mes poursuivants.

En proie au souvenir inquiétant du regard lubrique du nain je baisse les yeux vers la route qu'il me reste à parcourir. A ma grande surprise, au creux du vallon qui s'étire sous mon regard se dessine un petit bosquet au milieu duquel coule un ruisseau à l'eau limpide ! D'un coup de talon je lance ma monture au galop vers ce petit Eden perdu de fraîcheur. Ses sabots survolent l'herbe tendre parsemée de fleurs colorées tandis que des effluves sucrées frappent mes narines. L'orée du bois et l'ombre prometteuse de sa canopée de dentelle attirent ma monture comme un aimant. Sa course s'accélère traînant dans son sillage ma chevelure libre comme le vent.
D'un hennissement vigoureux il s'arrête au bord du ruisseau dans la pénombre des feuillages. Je descends d'un bond de son dos humide de sueur tandis qu'il plonge ses naseaux dans l'eau vive qui roule sur les galets. Une pause s'impose !... et l'endroit est parfait ! Imitant mon fidèle compagnon je m'agenouille sur la berge et plonge mes mains dans l'eau froide avant d'en inonder mon visage brûlé par le soleil. L'animal soudainement joueur me pousse violement d'un coup de museau qui me projette la tête la première dans le ruisseau. Frappé par la fraîcheur revigorante je me redresse tout dégoulinant et éclate de rire sous le regard amusé de mon compagnon. Un fou rire me prend... Je me roule dans l'eau et jette armes et vêtement sur le sol de la forêt. La canopée tourne au dessus de moi jouant à cache-cache avec le soleil au zénith. Quelle étrange et douce sensation ! Apaisé par le roulement de l'eau sur ma nudité virile et la douceur du bois je suis le courant jusqu'à ce que le ruisseau émerge du bosquet et s'engage dans le vallon. Fraîcheur de l'eau vive et chaleur du soleil d'été. Des sensations que je n'avais ressenties depuis mon enfance m'assaillent. Un instant de pur bonheur !
Après quelques minutes sous le ciel azur je décide de rebrousser chemin et de regagner l'ombre du sous-bois. Après tout il est l'heure de se restaurer non ?

D'un coup de hanche je regagne la berge et écarte le mur de roseaux qui longe le ruisseau. Encore à moitié dans l'eau je me fige soudainement ! Une troupe de nains ! Les vilains suivent le cours d'eau et remontent vers le bois. Je me tapie dans les herbes hautes. Alors qu'ils passent à mon niveau je peux sentir l'odeur putride de leur sueur et leur voix gutturales.

-« Tu nous l'as promis Arnfe ! On fait une pause à l'ombre de ce bosquet hein ? Y tape dur l'autre là-haut »

-« Oui ! Mais pas trop longtemps quand même ! La piste de Zsobic est toute fraîche. » Puis, essuyant la sueur qui inonde ses yeux enfoncés sous son front proéminent. « Il nous faut l'attraper avant qu'il n'atteigne les falaises !... Si nous échouons je ne donne pas cher de nos vies ! »

Réalisant le danger je regrette aussitôt l'imprudence d'une telle halte... et surtout celle d'avoir régulièrement bivouaqué sur ma route, essaimant vestiges de feux, restes de repas et autres excréments facilitant le travail des pisteurs nains ! Si je veux leur échapper il va me falloir user de tout mon savoir de guerrier... et en attendant tout mon équipement est dans le bois !

 Mirakle 30 juillet 2009 à 15:37 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Alors que la Providence semblait me faire défaut, me déplaçant lentement parmi les roseaux, je me retrouvai littéralement nez à nez avec une sorte d'étron géant. La masse odorante devait couvrir la surface de deux de mes couvertures de camp et flottait accompagnée d'une nuée de mouches multicolores. Je me hâtais de faire demi-tour lorsque je reconnus là la marque du passage récent d'un sarconse des marais. La dernière fois que j'en avais vu un, j'avais six ans et il s'en était fallu de peu que je me retrouve manchot. Cet animal grand comme une maison avait un faible pour la chair tendre et délicate des petites proies.

Alarmé par ce constat, je regardais à droite et à gauche redoutant les mâchoires du sarconse. Mon champ de vision était réduit par toutes les plantes lacustres qui me permettaient de ne pas être vu par la soldatesque naine. Par ailleurs, je ne pouvais pas non plus observer le fond de l'eau et je commençais à craindre pour mes guiboles et pour mes abattis...

La panique commençait à me gagner : mieux valait tomber entre les mains des hommes de Grück que de finir dans la panse de ce monstre des marais. Je me rappelai alors mon maître d'arme défunt ; Maître Loomis. Une de ces plus sévères leçons avait été de me faire patienter deux jours accroché uniquement par la force des bras à l'aplomb d'une fosse où m'attendais avec impatience un ours de 350kg. Le souvenir est encore intact dans ma mémoire...

- concentre ton attention sur ta respiration et chasse toute appréhension... me disait Maître Loomis.
- facile à dire quand on est attablé à siroter une cervoise à la framboise, lui lançais-je alors que chaque fibre de mes bras se tendait au-delà du raisonnable.
- ne fais pas l'enfant et pense à ta récompense !
Le bougre était malin, il m'avait promis une nuit torride avec Evangeline, son autre élève. Il l'avait punie pour indiscipline et sa sanction consistait à être à moi pour une nuit entière. Cette réjouissante perspective m'avait alors redonné un sursaut d'énergie et j'avais finalement pu tenir le délai sans tomber dans la gueule de nounours. Le soir venu, alors qu'Evangeline se languissait (j'ai tendance à me raconter pas mal d'histoire), je me présentai dans sa chambre pour percevoir ma récompense. Je fis quelques pas et puis je m'effondrai de fatigue... Je dormis presque deux jours... A mon réveil, la punition d'Evangeline était levée et mon maître me contemplait en riant... il avait tout prévu et la leçon valait pour ses deux élèves.

Mais je m'égare. Ses souvenirs m'auront au moins permis de retrouver toute ma lucidité malgré une situation des plus précaires. J'avisais alors que je pouvais sûrement tourner à mon avantage la présence du sarconse, s'il ne me dévorait pas avant, cela va de soi.

J'envisageais alors un plan audacieux. A contrecúur, je revins vers les excréments du sarconse et je m'en enduis copieusement le corps de sorte que j'échappe à son odorat redoutable. Ensuite, je me rapprochai du bord du lac où les Nains s'affairaient.
- Pouah ! Ce lac est une véritable infection ! S'écria un des Nains.
- Pourtant il y a peu, ça fleurait bon les herbes aromatiques.
- Je t'en ficherais des herbes aromatiques ! Tu es enrhumé jusque dans ta cervelle.
- Tu mets en doute mes narines délicates ?
- Assez vous deux ! Ordonna Arnfe. Ne perdez pas votre énergie à vous tirer les poils de la barbe et allez plutôt voir ce qui sent si fort !
Englué dans les secrétions du sarconse, je ne vis pas venir les deux lascars qui se crêpaient le chignon peu de temps auparavant. Mais lorsque je butais sur une paire de bottines en cuir bardées de ferrures, au lieu de rire bêtement de la pointure de leur détenteur, je ris... jaune.
- Arnfe ! Viens voir qui nous venons de dégoter ! Hurla le plus barbu, et donc le plus gradé, des deux nains qui me faisaient face.
Arnfe ne se fit pas prier pour rappliquer aussi prestement qu'il lui était possible.
- Mais que vois-je ? Ce « bouseux » de Szobic !
Force était de constater que son trait d'humour était approprié mais je ne faisais pas le malin.
- Alors mon gars, on prend son bain ? Ricana Arnfe provoquant l'hilarité de ses comparses, soulagés d'avoir sauvé leur tête en me capturant.
J'improvisais quelques paroles pour flatter leur sensibilité, histoire de gagner du temps.
- Bonjour mes jolis ! M'écriais-je en arborant un sourire qui d'habitude faisait tomber les donzelles comme des gouttes de pluie.
- Tu m'as l'air bien détendu pour quelqu'un qui va passer toute sa vie avec Grück aux fesses !
Manifestement Arnfe était en pleine verve ce qui détendait l'atmosphère comme je le souhaitais. Il me restait à passer à la seconde phase de mon plan même si cette dernière avait finalement été un peu précipitée par les événements.
- Me permettez-vous de sortir en préservant un peu ma dignité ? C'est-à-dire en me permettant d'utiliser un de vos manteaux comme culotte ?
Je m'aperçus trop tard de ma maladresse qui n'évoquait que trop la petite taille de mes interlocuteurs.
- Tu fais le fanfaron mais nous allons te montrer le respect que tu nous dois. Zlot, Maschk, Lokt, Orny, Valrne et Kostar, enfin tous, emparez-vous de lui !
Je vis du dégoût dans les yeux des subalternes d'Arnfe. Il faut dire qu'avec mon enduit de camouflage, j'étais loin d'inviter aux câlins. Mais la discipline est la force principale (avec l'entêtement) des Nains et après quelques instants de flottement, toute la troupe se jeta sur moi. Je fus ficelé comme un saucisson en moins de temps qu'il en faut pour dire ouf.

Avant que je ne sois totalement solidaire de la mule qui portait à présent tout mon attirail, j'entamais une série de sons gutturaux désagréables semblables à des bruits d'aspiration et de déglutition. Un temps stupéfait, Arnfe me cravacha sèchement le bas du dos.
- Je me demande vraiment ce qu'un individu raffiné comme notre seigneur peut bien trouver à ce pourceaux. Persiffla-t-il.
Ce qu'Arnfe ignorait c'est que je venais, tel un appeau humain, d'appeler le sarconse. Maître Loomis m'avait enseigné de nombreuses choses dont quelques rudiments de langages des animaux sauvages les plus dangereux. Au bout de quelques instants, je réitérais mes bruitages : sans résultat. Me serais-je complètement trompé ? Ne s'agissait-il pas d'un sarconse ? Avais-je bien imité son appel ou avais-je confondu avec les ronflements d'un saurien de bas étage ?

Le feuillage bruissa presque imperceptiblement puis un tremblement sourd se fit sentir au niveau des pieds. Tout à la joie d'avoir quasiment achevé leur mission mes ravisseurs ne remarquèrent rien. Pourtant, je commençais à deviner, par-dessus les frondaisons à moins de cent pas, les premières écailles irisées d'un sarconse. Avec une vitesse étudiée, le saurien se rapprochait, d'abord guidé par ses ouïes puis bientôt par son odorat et finalement par sa vue. Une tête massive aussi grosse qu'un cheval de trait venait de poindre sans qu'on ne vit encore le reste du corps. L'animal bavait sans retenue. Ses yeux luisaient de gourmandise pendant qu'une gigantesque langue violette parcourait des quenottes grandes comme mon avant-bras et acérées comme mon espadon.

Zlot et Lokt étaient déjà dans la gueule du monstre lorsque la panique s'empara de tout le monde. Personnellement, je n'en menais pas large : mon camouflage me permettrait-il de m'en sortir indemne ? En tout cas, les excréments du sarconse étaient suffisamment gras pour me permettre de faire glisser mes liens à force de contorsions.

 Mirakle 16 août 2009 à 23:29 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Après quelques instants de désarroi, bien légitimes, les Nains firent face avec bravoure. Arnfe, fut le premier à mettre la main sur son espingole. Comme à son habitude, elle était déjà chargée, prête à faire feu à la moindre occasion. Un autre nain venait de se faire dévorer lorsque Arnfe déchargea son arme en direction des yeux du sarconse. Ce dernier venait de se baisser pour tenter de gober une nouvelle proie.

L'animal poussa un rugissement déchirant lorsque son globe oculaire droit vola en charpie sous les impacts du tromblon d'Arnfe. Je mis à profit cet instant de sidération générale pour flatter la mule à laquelle j'étais arnachée. M'étant libéré une main, je saisissais un des rênes. Un second cri de souffrance du sarconse effraya suffisamment mon obstinée monture qui jusque-là broutait paisiblement ; en dépit de l'agitation ambiante. La mule déguerpit si vite que je manquais m'étaler dans la poussière. Cramponné tant bien que mal, je ne cherchais pas à me retourner pour voir ce qu'il advenait des infortunés Nains. J'étais concentré sur un objectif on ne peut plus vital : m'enfuir rapidement et le plus loin possible de ce carnage !

 Mirakle 18 août 2009 à 23:11 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Il faut reconnaître une chose aux mules outre leur obstination légendaire : leur endurance ! Dans sa fuite éperdue, me trimbalant sur son dos, l'animal n'avait pas arrêté de trotter toute la nuit sans pratiquement fléchir. Pendant tout ce voyage, j'étais resté attaché tel un fagot sans beaucoup de possibilité de mouvement. Seule ma main droite avait pu sortir de l'entrelacs des cordes, me permettant de vaguement orienter ma monture. Trop content de maximiser la distance entre Arnfe, sa bande d'une part et moi d'autre part, je m'étais bien gardé de ralentir la cadence. Les émotions et la fatigue eurent néanmoins raison de mon attention et je finis par m'endormir malgré une totale absence de confort, toujours ligoté.

 Mirakle 08 septembre 2009 à 14:16 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Sous l'emprise de la douleur, le sarconse avançait et reculait balayant tout de son interminable queue massive. Son cerveau ne semblait plus diriger ses mouvements désormais anarchiques. Ce manque de coordination allait lui être fatal puisque Arnfe, maitrisant ses nerfs comme tout chef digne de ce nom, arma son espingole et visa le second úil du monstre. L'écho de la déflagration retentit longtemps malgré le rugissement guttural de la bête écailleuse. A présent totalement aveugle, le sarconse tâtonnait devant lui à la recherche de ses ennemis, en vain... Les Nains s'étaient rapidement mis hors d'atteinte derrière un rocher qui saillait à quelques pas de leur campement.

Seul Kostar, le champion du régiment, avait décidé de venger ses compagnons à présent dans la panse du saurien. Il se déplaça latéralement vers le lac et une fois sur place, il provoqua un véritable tintamarre en cognant son glaive sur son casque fourré. Le sarconse réagit promptement à ce stimulus en s'orientant vers la source sonore d'un pas ferme. Kostar recula dans le lac en continuant de marteler son heaume. Il n'avait plus pied mais était un des rares Nains à savoir nager, avec une aisance toute relative il est vrai, ce qui le plaçait en tête de toute sa race pour la natation.

Le sarconse s'avança sans crainte dans l'eau fraiche du lac, sur les talons de Kostar...

 Mirakle 08 novembre 2009 à 22:55 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Kostar avait gonflé d'air une vieille panse de chamelle qui servait d'habitude d'outre. Cette bouée providentielle lui permettait de rester en surface et d'éviter la noyade malgré son armure. Cramponné sur ce ballon, il continuait de vociférer pour attirer vers lui le sarconse.

Ce dernier, encore enragé, avançait toujours les narines dilatées pour mieux humer le nain qui le bravait.

 Mika 26 novembre 2009 à 16:27 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
-« Aaaaah Simone !.... Vous êtes trop bonne ! »

Ses longs cheveux soyeux caressaient mon dos puissant alors qu'elle me massait tendrement les trapèzes assise sur mes reins.
Le chatouillement délicat sur ma peau provoqua en moi une montée de désir irrépressible.

-« Comme vous savez vous y prendre avec les hommes ma mie ! »

Empli d'un désir ardent et dardant je me retournai pour contempler son corps nu et offert...

C'est ce moment que choisit une mouche mal intentionnée pour entrer dans ma narine droite et me réveiller dans une crise d'éternuements douloureuse...

Je finis d'émerger toujours gêné par l'inopportune. Autour de moi les ténèbres de la nuit m'entouraient. Juste à côté, invisible dans l'herbe sombre, un grillon reprit son chant un instant interrompu par mes éternuements. J'étais toujours ligoté, seule ma main droite libre me permit d'immédiatement fourrer mon doigt au fin fond de mon nez afin d'écraser l'intruse.

Chose faite je me mouchai dans mes doigts et les essuyai sur le pelage rugueux de la mule.

La mule !... Les évènements récents revinrent à ma mémoire ! Le ruisseau rafraîchissant, les nains, le sarconse, ses excréments qui me tartinaient le corps, la fuite éperdue de la mule !... Oui la mule ! J'étais toujours sur son dos mais elle, la pauvre bête qui avait sauvé mes fesses de milles souffrances, gisait morte d'épuisement dans l'herbe au sommet d'une colline. Sa course folle l'avait mené jusqu'au trépas. Les mouches, qui nous avaient suivis, avaient alors pu s'en donner à cúur joie sur mon émoustillant camouflage !

En me tortillant et me contorsionnant je parvins malgré mes courbatures à défaire les derniers liens qui m'enserraient. Une fois libre je m'assis sur le flanc de la bête et me frottai les poignets.
Sous le ciel étoilé, à moins d'une lieue devant moi se dressait la barre ténébreuse des hautes falaises tant attendues.

-« Que le grand Kro m'écosse les noix ! » m'exclamai-je en tapotant le ventre mort de ma sauveuse. « Tu m'auras rendu grand service avant de périr. Lorsque je serai sauf je demanderai aux prêtresses de Kro de faire dire une messe en ton honneur ! »

Sur ces mots je me levai et partis hardiment vers l'ombre inquiétante des hauts plateaux bien décidé à vite gravir ces à-pics et à mettre certes une grande distance mais aussi une certaine hauteur entre mon fondement et les troupes de Grük l'immôlatre.

Devant moi, dans l'ombre ténébreuse, commençaient à se dessiner les décrochements acérés de la roche. Alors que je commençai à regretter ma nudité dans le froid glacial des landes ennuitées, je distinguai avec presque un soupçon de joie une petite fumerolle blanche qui s'élevait doucettement de derrière un éboulement au pied du mur de granit.

 Mika 27 novembre 2009 à 11:58 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
A pas de loups je m'approchais silencieusement du campement. La lueur vacillante d'un petit feu de bois irisait les bords déchiquetés du gros rocher derrière lequel quelqu'un se réchauffait visiblement les arpions.

On avait beau être en été les nuits n'en était pas moins froides ! Je sentais mes poils piégés dans leur gangue de fange séchée tenter de se hérisser sous la brise glaciale. Que n'aurais-je donné en cet instant pour une grosse fourrure d'ours et un bon gigot rôti !

J'espérai en mon fort intérieur que le ou les êtres vivants (des humains par pitié !... des humains !... pas encore des nains !) s'avèrent accueillants et généreux...

Un rapide examen analytique de la situation m'avait poussé à supposer qu'il ne pouvait s'agir que d'un campement d'éleveurs nomades de mouchons, une variété de porcs au pelage soyeux et bien fourni qui prospérait naturellement dans ces landes herbeuses.
Les dits bouseux avaient la réputation d'être un peu lents du bulbe mais somme toute accueillants malgré leurs us un peu bizarres... Loomis m'avais raconté qu'ils fabriquaient leur propre eau de vie à partir du lait fermenté des femelles mouchonnes et qu'en guise de petits déjeuners ils s'enfilaient joyeusement de grosses tartines de fromages puants trempées dans leur bibine maison préalablement réchauffée et additionnée lamelle de couenne et d'herbes arômatiques des landes... Il m'avait même signifié que ces nomades avaient pour habitude de dormir nus enlacés les uns entre les autres sous leurs tentes, préférant vendre la laine de leurs troupeaux plutôt que de l'utiliser à leurs propres fins... mais que malgré tout les voyageurs étaient les bienvenus à condition de se plier à leurs coutumes... Je frémis à l'idée de sentir contre moi la peau flasque et fripée d'un vieux nomade édenté et sentant le vieux mouchon !

C'est donc légèrement résigné que je me plaquais contre la paroi froide du grand rocher derrière lequel j'entendais crépiter discrètement le petit feu de bois.

Je jetais rapidement un coup d'úil. En combattant aguerri et habitué des missions périlleuses d'éclaireur, un dixième de seconde me suffit à jauger les lieux.

La place semblait déserte. Une petite tente de tissu plaquée contre un gros éboulis frémissait sous la bise tandis que devant l'entrée une petite flambée finissait de ronger les quelques bouts de bois carbonisés qui trônaient au milieu des braises rougeoyantes. Au dessus des flammèches, plantés sur une longue tige les pattes écartées, deux rats des chants rachitiques pelés finissaient de dorer.

Point de troupeau de mouchon ! Nul nomade îvre à poil sous les étoiles !... Je m'étais donc fourvoyé ! Il s'agissait vraisemblablement du campement provisoire d'un simple voyageur.

Un doute m'étreignit alors et parcourut mon corps nu et désarmé dans la nuit ténébreuse !... S'il ne s'agissait point de nomades qui cela pouvait donc être ? Un guerrier sauvage et sanguinaire ? Un mage mercenaire en quête de proie ? Ou bien encore un braconnier aux lames effilées et aux pièges vicelards ?
Me figeant contre la paroi rocheuse je parcourait le sol à la recherche de fils invisibles ou autres guet-apens qui auraient échappé à ma vigilance...

Je restais ainsi immobile et pétrifié d'angoisse quelques minutes. En proie à la plus terrible des froidures que je n'ai jamais connu. Même les blizzards vigoureux des montagnes de l'Est n'étaient que pets de mouches par rapport à la bise glaciale qui me pénétrait jusqu'à l'os !... à moins que ce soit la peur qui me fasse ainsi trembler... Mais non ! Ce ne ce peut ! Jamais Zsobic n'a connu la peur ! Le froid oui mais pas la peur !... Ce ne pouvait pas être la peur !

Tandis que les effluves de la « viande » rôtissant sagement sous le feu bien chaud venaient me titiller les narines je me décidais à quitter mon mur de pierre et jeter à nouveau un coup d'úil au campement.
J'avançais tout doucement la tête prenant soin de bien regarder dans les moindres recoins.

« RAS » Me dis-je en scrutant les deux rongeurs cuits à points sur leur bout de bois...

Je ne vis pas la massue s'écraser sur mon crâne. Mais dans l'obscurité étoilée de la semi-inconscience je sentis de petites mains tâter mon visage avidement et entendis une petite voix flûtée qui répétait inlassablement : « Papa ? C'est toi papa ? Hein ? C'est toi mon Papa ? »

 Mirakle 05 décembre 2009 à 20:59 Envoie un message √† Mirakle Voir le profil de Mirakle
Quand je dis "petites mains", je pensais à l'idée qu'on peut s'en faire en attendant la voix aiguë et enfantine qui me prenait pour son père. En réalité, deux grosses paluches velues me fouillaient l'intérieur de la bouche et des narines.

C'est la sensation d'étouffement qui me ramena de l'inconscience à la réalité déconcertante. Devant moi, dans la contre clarté, un individu similaire à enfant se tenait appuyé sur une grosse massue. Toutefois, si le gabarit pouvait faire illusion quelques instants, les mains et les pieds évoquaient un troll de bonne taille. Pour finir, le bougre n'avait qu'un úil au milieu du front et une dentition qui m'évoquait l'ordonnancement chaotique des pierres tombales du patelin de mon enfance.

Le sourire ravageur de cet être au demeurant plus ou moins sympathique m'incitait à détaler par tous les moyens.
- C'est toi Papa ?
L'úil unique qui me fixait exprimait une certaine affection que je ne pensais pas mériter mais qui pouvait m'être salutaire.
- En effet ! Dis-je en utilisant ma voix d'outre-tombe.
- Ah ! Papa !! Ça faisait longtemps que je t'attendais !
- Oui et bien, j'ai dû m'absenter pour une course et je viens de m'apercevoir que j'ai encore oublié une bricole... Je vais devoir y retourner.
- Très bien Papa, je t'accompagne.
Ma capacité d'improvisation a sûrement contribué à ma légende mais je fus déconcerté par la naïveté de cette créature. Si bien que je tentais de bredouiller une pseudo raison pour lui éviter de courir plusieurs jours à travers les bois dangereux.
- Tu ne peux pas venir avec moi car il te faut garder le feu ! Tout en marmonnant cette phrase, je me rendais bien compte qu'elle n'avait aucune espèce de chance de le convaincre.
- Entendu Papa. Je t'attendrai bien quinze ans de plus. Mais n'oublie pas de m'amener du Rizta.

Comment cela quinze ans ? Que me racontait ce cyclope racorni du bulbe ?
- Je... je t'ai laissé quinze ans ici, tout seul ? Le temps passe décidément trop vite de nos jours.
- Oui mais j'ai fait quelques rencontres qui m'ont toutes bien nourri. D'ailleurs, si je ne t'avais pas reconnu tout de suite, je t'aurai embroché comme ces deux rats des champs.
Intérieurement, je bénis la mauvaise vue de mon vis-à-vis et je m'envoyais des fleurs pour ma présence d'esprit dépourvue de scrupules qui faisait de moi le père de cette abomination.
- Bon écoute euh... Comme t'appelles-tu maintenant depuis quinze ans ?
- Je n'ai pas changé de nom de Papa.
- Ah, c'est bien ! Il faut rester fidèle à ses racines mais il faut aussi savoir vivre avec son temps ! Dorénavant, je t'appellerai Grozeuil. Ca te va ?
- Non. Je préfère mon ancien nom.
Le bougre était rebelle à l'autorité paternelle mais il faut dire que je lui avais demandé son avis... Je décidai donc de ne pas l'appeler pour éviter de commettre un impair qui lui aurait mis la puce à l'oreille sur notre véritable lien de parenté.
- Entendu. Gardons ton ancien nom.
- Papa, j'aime quand tu le prononces car il est doux à mes oreilles.
- Oui... Euh... En effet, c'est un nom plutôt seyant.
- Alors ? Tu le prononces ?
Nu comme un ver et face à cet être pour lequel je commençais à éprouver les sentiments d'un parent agacé, je n'en menais pas large. Toutefois, je me rappelais Maître Loomis dont les conseils m'ont maintes fois tiré de bien des faux-pas.
- Au bluff Zsobic, tu dois aller jusqu'au bout. C'est la seule façon d'avoir la conviction suffisante. Pour illustrer sa recommandation, il m'avait fait faire la cour à une orque du voisinage. Elle était tombée dans le panneau mais il avait fallu aller avec elle trois nuits de suite...

- Ecoute fiston, je suis ton père et je n'ai pas de temps à perdre avec tes enfantillages. Apporte-moi à manger et donne moi des vêtements valables. Je t'appellerai si j'ai quelque chose à te demander.
Le petit cyclope baissa la tête en signe de soumission et partit vers le campement d'un pas flegmatique, les jambes à peine dépliées.

 Mika 15 décembre 2009 à 18:58 Envoie un message √† Mika Voir le profil de Mika www.legow.tk
Le petit bonhomme revint au bout de quelques secondes. Il me tendit un amas de frusques qui dégageaient une odeur assez incommodante. Les dépliant une à une je constatai avec déception que « Grosoeil » avait trouvé le moyen de me ramener une culotte et une chemise de nains !

-« Où as-tu trouvé tout ça ? » Lui demandais-je alors en proie à un doute.

Le garçon baissa son úil et tortilla ses gros doigts velus.

-« Je ... Je les ais trouvé ! » Bredouilla-t-il.

-« Ce sont des habits de nains ! » Insistais-je. « Et des nains dans le quartier ça court pas les rues si j'ose dire !... Tu te serais servi de ta massue sur des petits crânes poilus que ça ne m'étonnerait pas hein ? »

Le front du petit cyclope s'empourpra tandis qu'il trépignait comme s'il avait envie d'aller faire pipi.

-« Quand est-ce que tu as récupéré tout ce barda ? » Demandai-je d'un ton autoritaire

Mon fils improvisé hésita.

-« Pendant que tu dormais cette nuit !... Deux petits hommes barbus armés sont arrivés au campement et j'ai du leur fracasser le crâne. Ils te cherchaient... »

Au moins cette andouille m'avait sans le vouloir débarrassé de quelques-uns de mes poursuivants !

-« T'en veux un gigot pour manger, si tu veux je peux t'en couper et t'en griller un morceau ! » Ajouta le garnement tentant de détourner mon attention. « Ce sera meilleur que du rat ! »

J'avoue que par nécessité il m'était déjà arrivé de manger de la chaire humaine... mais je tiens à dire que c'était une question de vie ou de mort ! C'était dans ma jeunesse, alors que je n'étais que simple soldat au sein d'une troupe de mercenaires. Nous avions du traverser le désert enneigé du plateau du Laarzak. Par malheur nos montures étaient mortes au bout de deux jours de marche victimes d'une gastro chevaline foudroyante. Nous dûment laisser sur place une partie de nos vivres... Qui trois jours plus tard nous firent cruellement défaut ! En effet, l'hiver, les hauts plateaux du Laarzak ne sont pas réputés abrités une faune et une flore abondante... A part des cailloux, de la neige et la ronde des vautours au dessus de nos têtes, on ne peut pas dire que l'on ait vu grand monde. Continuant à pieds dans le blizzard pendant plusieurs semaines nous avons du survivre comme nous le pouvions et les plus frêles d'entre nous finirent en excréments fumants sur la piste. Les plus costauds, dont moi, arrivèrent finalement à traverser cet enfer gelé... Nous avions mangé les trois quarts de la troupe !
Tout ça pour dire que la perspective d'un gigot de nain ne m'était guère appétissante alors que dehors m'attendait un magnifique rat des champs rôti sur son feu de bois...

-« Non merci fiston ! Un rat fera l'affaire ! »

Le petitou sortit en courant sur ses jambes trapues satisfaire mes envies.

Rapidement j'enfilais le pantacourt et la chemisette et constatais avec bonheur que les bottes du nain m'allaient à la perfection ! Que le grand Kro soit loué ! Les nains, dans leur difformité, sont heureusement pour moi dotés de pieds immenses en comparaison de leur taille... J'en regrettais seulement l'odeur de cadavre décomposé que dégageaient les groles de cuir usé. Appréhendant le froid extérieur et surtout soucieux de couvrir l'accoutrement trop petit je pris la peau d'ours avec laquelle « Grosoeil » m'avait recouvert et en improvisais une chaude cape.
D'un pas décidé je sortis de la tente et apercevais avec effroi mon fiston en train de découper allègrement avec un grand couteau une tranche de gigot dans le corps nu et boudiné d'un nain. Il leva la tête.

-« C'est pour moi papa ! J'te laisse les rats ! »

Un peu écoeuré par la scène je lui répondis en prenant sa massue qu'il avait posée contre un rocher.

-« C'est gentil fiston !... Je m'absente cinq minutes pour aller faire mes besoins... Je te laisse le soin de préparer le repas ! »

Un sourire éclaira son visage enfantin.

-« D'accord papa ! Je t'attends pour manger ! »

D'un pas serein je m'éloignai alors du garnement avant de détaler comme un lapin une fois hors de sa vue...
Un sentiment de fierté et de travail bien fait me donnait des ailes...

C'est ainsi qu'une fois de plus j'écrivais une nouvelle page dans le recueil de mes exploits extraordinaires. La postérité retiendrait comment je m'étais échappé des griffes du terrible et sanguinaire cyclope Grosoeil après avoir vaincu de mes mains nues les troupes de Grük l'infâme au pied des falaises des plateaux du Laarzak.

Me restait plus qu'à les franchir ces foutues falaises...





Attention: Tu n'es pas identifié, seuls les auteurs peuvent participer.
Je veux m'inscrire maintenant.
Je suis déjà membre, je peux m'identifier en haut de la page.



Histoire Classique   Favoris   Geolocalisation   Podcast   FluxRss   Twitter
Bon à savoir:

La malédiction du nain est class√©e dans le genre Fantasy.

Commencée par Mika,
le 05 juin 2009. L'histoire est composée de 14 participations.

4 commentaires
1301 lectures

  • 2 Auteurs:
Mirakle
Mirakle 8
Mika
Mika 6

  • Currently 4.29/5

Note: 4.3/5 (7 votants)

  • Du m√™me auteur:

La justicière
  Policier

Romantique des vendredis en octobre 2008
  Romantique

Horreur des samedis en avril 2008
  Gore & Horreur