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Un Retour au Pays de l'Enfance
Un Retour au Pays de l'Enfance
Suite aux obsèques de sa grand-mère, Elisabeth fait un retour en arrière de près de 45 ans ! Depuis naissance et jusqu'à la fin de son adolescence!




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 Chouette 06 septembre 2009 à 21:38 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Elisabeth, avait été élevée par sa grand-mère, Mariam.

Il faut préciser qu'à l'occasion de ses funérailles, elle revoit ses ami(e)s d'enfance...ses ami(e)s d'école en traversant tout le village!

- Lorsque le corbillard empruntait le chemin du cimetière, Elisa était troublée en passant devant le vieux chêne, sous lequel elle reçut son premier baiser!

- Ce n'était pas le plus important...

- Elle avait le coeur qui battait la chamade...sur le trajet...retrouver tant de lieux qui lui étaient si chers!

- Elle croisait des regards, tentant de se rappeler...un prénom...oui, elle y arrivait....après autant d'années, que d'émotions, il ou elle avait vieilli...en scrutant d'un peu plus près, oui elle reconnu un sourire, une expression...un maintien...une démarche...tous nous avions vieillis ! Mais c'était toujours nous...

Toute notre enfance...notre passé...les bons...les mauvais souvenirs, tous nous sautaient aux yeux en quelques clignements de cils!!!

En moins de trois heures, depuis la sortie de la maison de grand-mère, l'entrée de l'église, la messe ...l'offrande...ensuite la sortie...se laisser embrasser... par des personnes connues et inconnues... qui tombent en larmes dans vos bras ...les plus anciens qui vous ont pris dans les bras, petite... ensuite encore et encore ...serrer autant de mains... jusqu'après la sortie du cimetière...

C'était vraiment très éprouvant, mais très émouvant à la fois! Elle se sentait heureuse de revoir tout ce monde...qui était et restait le sien! C'était ce sentiment là... qui fut le plus fort et saisissant de vérité!

- Non, elle n'était pas une étrangère...elle est une enfant du pays, retrouvant ses racines...qu'elle avait cherché pendant toutes ces années écoulées!

- Elisa ne sentait plus son bras...elle en avait le vertige...elle revoyait et revivait un retour dans le passé d'une façon foudroyante!

- J'oserais même dire, de manière trop brutale...pour elle qui toute sa vie avait et a encore une sensibilité à fleur de peau!!

- Bien sûr, il y avait la tristesse du décès de sa grand-mère...mais nonante quatre ans? N'était-ce pas un bel âge pour s'en retourner auprès du Bon Dieu, comme elle disait, si gentiment,du temps où elle assistait à des enterrements des plus âgés du village?




- L'essentiel malgré la douleur, j'étais apaisée car elle n'avait pas souffert, elle s'était tout simplement endormie!

- Ma tristesse résidait dans le fait que je ne l'avais plus vue depuis quelques mois!

- Les quelques dernières visites rendues, étaient trop pénibles, elle ne me reconnaissait plus, elle m'appelait, Madame! J'en pleurais tout le long du chemin du retour! Quelle tristesse!

Alors, qu'elle m'aimait comme sa fille, qu'elle n'avait pas eue! Elle n'eut que des garçons!

- J'étais venue lui rendre visite à 4 ou 5 reprises, j'étais trop malheureuse, je l'aimais tant! Elle qui m'appelait si tendrement...sa petite Liesbeth! Le soir au coin du feu : sa petite Lili!! Dans mon coeur...ce fut elle ma maman!!

- Le vertige... c'était ce retour et traverser en si peu de temps... toute ma petite enfance auprès de cette grand-mère adorée et de mon grand-père parti quelques temps avant elle.

- Toutes ces personnes que j'avais connues et aimées jusqu'à l'aube de mon adolescence...j'eus le profond sentiment que je les aimais encore...depuis toujours...ils étaient et resteraient les miens!

- Je me souviendrai toute ma vie du jour où ma mère est venue me rechercher...définitivement!

- D'enfant unique, du jour au lendemain je devenais l'aînée de 10 enfants!
Ce fut un choc, je dirais un cataclysme!

Un film en flash-back en moins de trois heures!!!

- Je partirai dans la narration à partir de mon arrivée chez mes grand-parents! J'avais quelques mois...je retournerai jusqu'où ma mémoire me conduira...il a si longtemps...mais... c'est comme si c'était hier!

Je décrirai cette période... comme la plus belle de ma vie et qui a fait ce que je suis aujourd'hui! Etre et vivre avec les autres...se contentant de peu...
L'essentiel : l'amour à partager, rayonner et rendre les autres rayonnants!

Ce ne sera nullement une histoire triste...quelques passages, sans aucun doute... je vous invite à la découvrir avec plaisir...

A suivre...

 Chouette 10 septembre 2009 à 13:10 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
C'est le jour d'un très bel été que je suis arrivée chez mes grands-parents! J'étais, selon eux, le plus beau bébé du monde! J'allais avoir un an!
Ma mère était venue me déposer! Elle s'en alla rejoindre son nouvel amoureux avec lequel elle s'en retourna faire un autre enfant...me laissant là! Aujourd'hui encore, je n'ai jamais compris cet abandon.

Elle vit toujours, je n'ai vécu que trois années en tout dans la fratrie! Je peux dire, qu'à part cette période que je décrirai plus loin, petite, elle me rendait visite une seule fois par an! De mémoire, elle arrivait par le train de dix heures et reprenait celui de onze heures!

Aussi petite que je fus...d'aussi loin que je me souvienne , j'ai ressenti cet instant comme un abandon!
Ce que j'ai toujours compris...même haute comme trois pommes...c'est que dans le mot abandon...il y a le mot DON! Je ne saurais dire pourquoi ni comment...c'est comme si c'était gravé en moi!

Chez mes grands-parents j'ai été recueillie,aimée comme l'enfant de la maison.
J'ai été entourée et chahutée par mes oncles...qui eux avaient 16 et 18 ans à l'époque! La petite soeur qu'ils n'avaient pas eue !
Tous les grands, surtout les filles du quartier, elles se battaient pour aller me promener...un nombre incalculable de bras...prêts à me chérir!

Je me suis très souvent demandée...jusqu'où pouvait aller la mémoire?
La mienne était-elle particulièrement aiguisée ?
Ou était-ce dû fait que je comprenais d'une manière plus vive... ce que mon entourage constitué pour la plupart d'adultes, disaient à voix haute...mais surtout à voix basse!

Dès que j'entendais chuchoter, j'avais les oreilles aux aguets...je compris donc très tôt...que j'étais une bâtarde...et que le nouvel amoureux n'était pas mon père!

Jamais ma mère n'a voulu me dire qui était mon père! J'ai fait une dernière tentative il y a cinq ans, je ne l'ai plus revue depuis!

Cet apprentissage très fin et aiguisé...m'a énormément servi dans ma vie par la suite! D'où, sans aucun doute, une sensibilité à fleur de peau!
Je dirais même merci à cette mère de m'avoir fais DON à mes grands-parents! La plus belle période de ma vie, fut donc bien celle vécue auprès d'eux!

- Aussi loin que je me souvienne, ma grand-mère était la générosité en personne! Elle avait épousé mon grand-père en deuxième noce, il était resté veuf et seul avec deux enfants, dont ma mère! Je tenais à le préciser qu'avec elle je n'avais donc aucun lien de sang! J'étais comme sa fille...elle m'a donné tellement d'amour, prit soin de moi et même si elle ne m'a pas donné la vie...elle m'a mise au monde à sa manière ! Elle est et restera mienne jusqu'à mon dernier soupir!
Ne vous imaginez pas un instant que je puisse être triste, non! J'ai reçu tellement d'amour!

- Il me reste à préciser un fait important, mes grands-parents avaient vécu les deux guerres - 14-18 et 40-45!

- Oui, j'ai eu une enfance heureuse et épanouie auprès d'eux! J'ai donc grandi comme tout le monde...je me souviens en particulier de ma rentrée en première maternelle, j'avais à peine trois ans!
L'anecdote? J'avais un caractère déjà bien trempé et j'étais déjà tellement autonome et indépendante...que ce jour-là j'ai voulu m'habiller seule, mettre ma plus jolie robe et mes belles chaussures du dimanche!
Ma grand-mère a juste eu le droit de me faire les petites tresses.
Je fus sans aucun doute accueillie par la froebelienne qui me désigna ma place à côté d'Agnès, la fille de notre voisine, mon amie depuis mon arrivée!
Au moment de m'asseoir...j'eus un sursaut...je me suis mise à pleurer : " Madame me demanda pourquoi? " -Je n'osai répondre!
- Je lui disais à voix basse à l'oreille :
- Ce matin, j'ai oublié de mettre ma culotte!!!
- Elle eut la délicatesse de me prendre à part, de prendre une culotte dans l'armoire et de me culotter!
Ouf! Quel soulagement! Je l'ai remerciée...ce fut une belle journée d'école!
Madame est restée ma préférée jusqu'à la fin de ma scolarité dans cette école!
- Ma grand-mère n'en a jamais rien su de cette culotte!!

 Chouette 10 septembre 2009 à 17:10 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Un souvenir fabuleux!
Lorsque je suis rentrée à la grande école, dès que j'avais appris à lire et écrire, un soir grand-mère en me mettant au lit, me confia un secret!
" Voilà, ma Liesbeth, je ne sais pas très bien comment te dire...
toi tu vas à l'école, tu apprends mais moi je n'y suis jamais allée!"
" Trop jeune, je ne comprenais pas encore...elle ne savait ni lire ni écrire?!"
" Je vais t'apprendre moi!!!"
" MariaM, ma grand-mère? Elle resta clouée :je lui répondis derechef : demain, nous t'achèterons un cahier et tu feras tes lignes avec moi!" Je me rappelle lui avoir dit sur le même ton que mon institutrice de l'époque!!

- Ce que je devais comprendre, et ne savais pas, c'est qu'elle devait très prochainement se rendre chez le notaire pour signer la succession de sa mère!

- Son seul souhait:qu'elle puisse signer son nom et prénom, elle avait honte de signer d'une croix!
- C'était notre secret! Je m'appliquais donc à lui apprendre à écrire ses nom et prénom!

- Elle était un peu têtue à mon goût, elle se prénommait Maria...mais à chaque ligne elle voulait mettre Maria et un M à la fin, elle trouvait ça tout simplement plus joli à voir écrit : - MariaM -! D'accord, mais tu ne l'écris pas chez le notaire? Elle opina de la tête, me doutant qu'elle n'en ferait qu'à sa tête le moment venu! Promis ma Lili!
- Notre secret fut bien gardé! Le cahier bien caché et en moins d'une semaine grand-mère savait écrire ses nom et prénom!

- Il était hors de question que grand-père et les oncles sachent qu'elle apprenait à lire et à écrire! C'était rien qu'à nous deux!

- Si bien que le grand jour venu, ayant reçu sa lettre de convocation pour aller chez Monsieur le Notaire, il était question qu'elle m'emmena! Grand-père un peu intrigué, ne comprenait pas pourquoi je manquerais l'école et pourquoi je l'accompagnerais?

- Je n'avais pas grand chose à dire, ma tête ne pouvait qu'osciller d'un côté à l'autre...que grand-mère me regardait avec des yeux de chien battu...regard qui me faisait comprendre : ma Lili, viens à mon secours...je regardais grand-père avec mes yeux de cocker...sachant qu'avec ses yeux là...il savait d'avance que sa Lili obtenait tout de lui! Nous nous adorions!

- J'eus donc le plaisir de faire le long voyage en train...toujours trop loin et trop long pour moi! Nous sommes donc arrivées après deux longues heures de route! J'oubliais presque...il restait encore un bus à prendre!
- Grand-mère était adorable mais pas très dégourdie! Donc du haut de mes sept ans, j'arrêtais un passant pour connaître le chemin jusque chez le Notaire!
- Je crois et j'en suis certaine aujourd'hui, qu'en prenant ma main et de m'avoir auprès d'elle lui donnait de l'assurance! J'ai pu le vérifier à travers d'autres aventures, rencontrées avec elle! Je vous raconterai plus loin!

- Tout le long du chemin, grand-mère me répétait sans cesse : Lili, tu resteras assise.. je ne veux pas t'entendre ni te voir bouger! Merci, pour la remontrance!! Deux heures de train sans bouger...encore ce bus...encore attendre ici sans rien dire et sans bouger...c'était affreux! Et autant au retour!!!

- Arrivées dans la salle d'attente nous fûmes reçues par un clerc très aimable, qui se doutant que nous venions de très loin nous fit servir un café!
Bien sûr que je m'en souviens...j'avais renversé tout le pot à lait sur le plateau!
Grand-mère s'étalait en mille excuses...le lait ne se serait de toute façon pas reversé dans le pot !!!
- Grand-mère avait pourtant l'habitude de me dire : quand c'est fait, c'est fait, Lili : impossible de revenir en arrière...elle en faisait des manières aujourd'hui...je ne la reconnaissais pas!
- Elle avait peut-être peur, je pense?
- Une secrétaire épongea ma gaffe et eut la gentillesse de me redonner un chocolat chaud!
" Pas de café pour les enfants, Madame, dit-elle à grand-mère!"
Grand-mère eut l'air d'avoir vu une extra-terrestre et ravie que je reçu ce délicieux chocolat chaud!
- Sagement assise près d'elle, rentrèrent ses deux frères...dont un très grand avec une moustache! Jamais vus!
- L'impoli, il osait demander à sa soeur, c'est qui ça.. en me montrant du doigt ?
Pour toute réponse il eut mon regard noir...mais alors très noir, même qu'en partant il n'a jamais su qui j'étais!
Je n'étais pas un petit chiot, grand-mère pas très futée...mais elle et moi avions de l'éducation et en plus maintenant elle savait écrire son nom!

- Il est particulier de constater que dans le milieu rural il y a des codes.. des signes ...des gestes ...des regards...des attitudes... des comportements qui se déroulent se vivent et se partagent sans qu'il y ait un seul mot à dire!!!

Nous n'avons pas eu le temps de faire connaissance, et tant mieux... que déjà Monsieur le Notaire ouvrait la séance :

- Madame, Messieurs, bonjour, veuillez-me suivre et vous asseoir!

- Voilà arrivé le moment fatidique : je restais à l'écart des membres de la famille, tous réunis autour de l'immense bureau, moi légèrement en retrait sur une chaise sagement ( oui très sagement) installée!
- Au moment où j'ai entendu que le notaire priait ma grand-mère de signer les documents...je me suis légèrement penchée!

- Je voulais absolument voir comment elle allait s'y prendre! Elle s'appliquait tellement bien qu'elle sortait le petit bout de sa langue sur le bout des lèvres...je la revois comme si c'était hier...elle était si appliquée...

-Quand elle eut fini...elle me lança un regard avec un sourire qui en disait... très long!
Oui, ma Lili, comme pour me faire comprendre : j'ai signé avec mon nom et prénom...pas avec une croix!

- Elle me semblait si loin, j'avais envie de sauter dans ses bras et de l'embrasser... son sourire m'éblouissait!
C'était une belle victoire pour elle et moi! Même ses frères en furent étonnés! Quand tout fut terminé nous quittâmes l'étude et avons tout simplement embrassés les frères...nous devions rentrer à la maison...je vous jure...la route du retour fut encore plus longue...

- Entre-nous, la première chose que j'ai demandé à grand- mère : as-tu mis un seul M à ton prénom...elle m'avait juré que oui... trop petite...je n'ai pas pu vérifier...

 Chouette 17 septembre 2009 à 17:40 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Je pouvais quand même lui faire confiance...du haut de mes sept ans, j'étais encore un peu petite, mais trop délurée pour elle!

Le retour me sembla plus long que l'aller, alors qu'après moins de trois gares...j'ai certainement dû m'endormir sur les genoux de grand-mère.
Elle me réveilla en douceur...je me demandais ce que je faisais dans ce train! Très vite je me souvenais de cette journée très particulière!
Je regardai par la vitre, il faisait presque nuit! Nous sommes rentrées à la maison. Nous étions attendues avec impatience!

Grand-père et les oncles étaient curieux de savoir comment c'était passé notre voyage...c'est ce qu'ils disaient!
Ils étaient bien plus intéressé de savoir comment c'était passé la visite chez le notaire!
Farceuse...je m'amusais à parler du fameux frère moustachu!!
Grand-mère éclata de rire. Tous voulaient savoir pourquoi?
J'appris par la même occasion qu'il s'appelait Joseph!
Je racontais donc comment ce personnage avait oser demander à grand-mère qui j'étais?
" que je m'étais amusée à lui faire comprendre qu'il n'aurait pas de réponse ... un seul regard suffisait...et le Joseph ne demandait pas son reste...même que j'étais encore plus contente, qu'en partant...il devait encore se demander en ce moment qui j'étais!"
Il faut préciser que c'était le frère que ma grand-mère n'avait jamais apprécié ni aimé ! Toute son enfance et adolescence il l'utilisait comme sa servante! Mon audace était un peu sa vengeance! En plus qu'elle apprenait à lire et écrire, ça c'était trop pour lui qui l'avait toujours dominée!
Elle m'avoua qu'elle en avait toujours eut peur!

Tous éclatèrent de rire! Je n'avais pas compris sur le coup, mais bien des années plus tard!

Avec ma naïveté enfantine...et avec le regard complice de grand-mère, j'eus son autorisation de raconter qu'elle avait signé avec son nom et prénom... et qu'à leur insu, je lui avais appris à les écrire!

Notre plus grand plaisir fut de voir leur air ahuri à tous les trois! Ils avaient beaucoup de mal à me croire!
" Vous allez voir ce que vous aller voir,criai-je, bondissant dans mon cartable, j'ai pris mon ardoise et devant tous, grand-mère a écrit son nom.
Ils n'ont même pas réagis...ils étaient baba!" Grand-père me fit un clin d'oeil, il semblait fier!

Nous n'en sommes pas restées là, chaque jour grand-mère écrivait ses lignes et elle apprenait à lire le journal quotidien de grand-père!

Moi, j'aurais tellement aimé qu'on fête ça!

J'oubliais...Grand-mère n'a jamais reparlé du pot de lait renversé chez le notaire?

Quand ils en ont réellement eut la preuve, grand-mère et moi, avons fêté ça à notre manière.
Il restait deux morceaux de tarte à la vanille (faite maison)! En guise de dîner, nous les avons dégustés sous le nez de nos trois curieux...qui sans mot dire, nous regardèrent avec envie!
Ensuite grand-père a voulu en savoir plus, mais ça c'était un secret à eux deux!
Après une petite toilette...il était temps d'aller au lit, demain matin c'est l'école! Calins, bisous, dodo!

Ce soir là, j'eus beaucoup de mal à m'endormir!

Grand-mère avait laissé la moustiquaire à la fenêtre de ma chambre. Juste en face de la maison, tapi dans le clocheton du nécropole, ma chouette préférée était en train d'ululer!

" Oui, je sais...aujourd'hui, je n'ai pas envie de grimper sur l'appui de fenêtre pour te parler, je suis fatiguée. "
"Hou...hou..." si petite que je fus...je me relevais très doucement...sur la pointe des pieds..afin que mes grands-parents ne m'entendent pas marcher sur le plancher.

" Hou...hou...elle me répondit en écho...chacune à son tour!"
C'est très loin ce souvenir...même si ce jeu n'a duré peut-être que quelques mois...dans ma tête d'enfant, cela me semblait avoir duré des années!

Depuis cette époque je suis une passionnée des rapaces nocturnes , en particulier toutes les espèces de chouettes et de hiboux.




 Chouette 28 septembre 2009 à 23:13 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
UN VOYAGE PARTICULIER!

- Je devais avoir neuf ou dix ans! Grand-mère voulait aller à la capitale.
- J'étais partante pour toutes ses expéditions, qui étaient bien trop rares, donc vous comprendrez aisément que j'aurais fait le tour du monde avec elle pour découvrir des nouveautés !
Ce qui à cette époque n'était pas le cas en fonction de notre condition sociale et des impératifs de la vie des animaux à la ferme.

- Mais, combien de tonnes de patience furent nécessaire, avant je puisse y aller avec elle à la capitale?


- Mes grand-parents étaient adorables...mais... les années passèrent, je me rendis compte, que je m'ennuyais de plus en plus!
- Comme j'étais une fille...interdit de jouer à l'extérieur de la maison, sans être accompagnée! Mes oncles avaient déjà quittés la maison, l'un était marié, l'autre au service militaire.

- Dans mon entourage très peu d'enfants de mon âge. Toutes les adolescentes qui m'avaient promenées, petite, étaient mariées et mères de famille à leur tour!
En dehors de l'école, j'avais bien sûr deux amies, mais je ne pouvais pas jouer avec mes elles!
Vieux préjugé de l'époque, mes grand-parents étaient des fermiers, pour moi il étais exclus de côtoyer et de jouer avec des enfants d'ouvriers!
Mes meilleures amies habitaient des cités ouvrières, j'y allais en cachette. Ce fût une période formidable...De nature curieuse, je ne comprenais pas cet interdit et je le bravais sans aucune crainte! J'y allais en cachette quoi qu'ils puissent dire... la foudre et les cris de grand-mère, les fessées de grand-père , je n'en avais cure, j'étais une vraie sauvage et trop délurée pour eux!
- Dans les cités, j'y étais tellement bien accueillie que j'y allais presque chaque jour après l'école. Nous y mangions d'excellentes tartines à la confiture...nous faisions nos devoirs ensemble avec la maman de ma meilleure amie, ensuite nous allions jouer!
Nous jouions à de jeux invraisemblables, n'ayant pas de jouets, nous en fabriquions avec des riens!
Un vieux pneu de vélo...une roue...que nous faisions rouler avec un bâton...celui qui avait un vélo...ce qui était rare...laissait chacun...le droit de faire son tour! Mais il fallait être ami(e)!
Nous n'étions absolument pas malheureux...il y avait les jeux les plus simples et les plus traditionnels tel que le jeu de cache - cache, les billes...filles ...garçons , certains jeux tous ensemble!
Ce qui de mémoire, me semblais le plus long c'était les vacances scolaires d'été!A cette époque, déjà peu de monde partait en vacances!
En milieu rural cette période est la pleine saison de toutes les récoltes!

- Vous devez vous demander quand est-ce qu'elles vont aller à la capitale?

- Je vous rassure...à la ferme il y la moisson qui a lieu fin juillet-août, en septembre on récolte les pommes de terre à la main, ensuite en octobre on tue le cochon et après l'arrachage des betteraves et le ramassage à la main ...nous arrivons vers la fin novembre ET seulement quand tout était engrangé pour l'hiver et le cochon dans le saloir à la cave...alors, seulement je pouvais envisager le voyage promis!
Quoi que... c'était un évènement heureux pour moi à l'époque, la période des moissons!
Nous allions de ferme en ferme avec la moissonneuse batteuse, chaque fermier qui recevait les autres venus aider du hameau voisin, avait pour habitude le soir de dresser d'énormes tablées devant la grange principale. Nous faisions environs 5 jours de moissons dans les 5 fermes, tous ensembles!
Les enfants avaient le droit de monter au-dessus des ballots de paille pour le retour des champs à la ferme!
Ensuite avant la récolte des pommes de terres, nous reprenions la tournée des 5 fermes pour y tuer le(s) cochon(s)! C'était une vraie fête!
Les soirées ne furent certes pas tristes pour les adultes et les enfants non plus! C'était la période des ripailles.

C'est lors de tels évènements que nous assistions à nos premières expériences en nous cachant dans les granges en hauteur des ballots de paille pour voir naître notre premier veau!
C'était aussi un leçon de vie et un évènement important!
Chaque famille suivait les quatre autres de ferme en ferme, aidée très souvent par des saisonniers qui les accompagnaient.
Des tablées avec des pains immenses et des assiettées d'omelettes d'oeufs au lard à profusion!
De mémoire...je ne sais plus ce que buvait les adultes, nous les enfants avions exceptionnellement droit à de la limonade.

Les femmes s'activèrent avec d'immenses casseroles avec le sang des cochons pour y faire cuire la base du boudin noir!
D'autres firent chauffer des casseroles pour y cuire les têtes de cochon pour en faire de la hure et de la tête pressée.
D'autres s'occupèrent de récolter les foies pour en faire des terrines de pâtés.
Comme la légende dit que "tout est bon dans le cochon" c'est de la tête au pied qu'il était entièrement dépecé! Parlons-en des fameux jambons fumés, crus ou séchés de nos anciens... dès que sus le trancher...j'allais y couper des superbe tranches pour mettre sur le pain ou le manger à la main!
Les côtelettes et le lard découpés, le tout mis dans des bacs en bois, tel des fûts à vin mais de plus petite dimension, les saloirs pour la conservation en cave!
J'oubliais le nettoyage des boyaux pour la saucisse et le boudin!!! Puant et nauséabond, je détestais, ainsi que le brûlage des poils de cochon!
De mémoire, se furent de très belles années.
Il est vrai qu'après vint très rapidement la récolte des pommes de terre...ramassées à la main à cette époque, plutôt difficile et désagréable! Les enfants étaient mis à contribution pour le ramassage des petites, qui étaient mises en réserves! Grand-mère les cuisait pour les cochons l'hiver!
J'avoue, je détestais!
Par temps de pluie, nous dégoulinions et étions trempés d'eau et de boue, de la tête aux pieds!
Ensuite les betteraves sucrières, période aussi dure et désagréable que les pommes de terre.
Précision importante...dans les années 55 - 60 , peu de fermiers avaient déjà un tracteur, certains travaillaient encore avec des chevaux!
Ce que je détestais le plus et ce qui était très douloureux c'était d'aller glaner! Cela consistait à aller ramasser tous les épis de blé perdus!
- Enfant, vous aviez le blé coupé à hauteur des chevilles, ce qu'il en restait.... vous les entaillaient et les griffaient jusqu'au sang!
Mais, nous n'étions pas malheureux!

Venait enfin le grand jour du départ!

Vous ne vous imaginez pas ce que cela pouvait représenter à cette époque...prendre un train ...faire plus de deux heures trente, comparer ce trajet à aujourd'hui, il dure moins de 25 minutes!!

Ce matin là, j'ai mis ma plus belle robe, mon beau manteau et mes chaussures du dimanche!
Grand-mère mit un chapeau ce jour là...heureusement qu'il ne faisait pas encore trop froid... Je le détestais cet horrible accoutrement...son renard monté par un fourreur en écharpe!!! Mais elle se sentait si belle et si fière, quand elle le mettait! Je le détestais...il avait des yeux...enfant, je les croyais vrais...

- Endimanchées, nous voilà enfin en route pour la capitale!
Se lever de très bonne heure, une demi heure à pied pour se rendre à la gare!
Nous avons pris le train, regardant les paysages qui défilaient sous nos yeux! Grand-mère trouvait que le train roulait trop vite, pour moi il roulait trop lentement ...j'avais hâte d'être à la capitale!

Arrivées, nous avons arpentées les grandes rues pleines de belles devantures...des magasins à profusion...deux à trois rues entières mais tellement de monde...j'en avais la tête qui tournait!

En fin de compte en me promenant main dans la main avec grand-mère, elle avait la trouille de me perdre ... je ne savais pas ce qu'elle était venue faire en particulier comme achat!

Nous nous sommes arrêtées pour boire, elle un café, moi j'avais droit à une limonade.
Avec mes chaussures du dimanche, déjà qu'elles étaient neuves...ne les mettant qu'un seul jour par semaine, j'eus de la peine à la suivre dans toutes ces rues bondées de monde!

Cela allait tout doucement se gâter, je devins d'une humeur maussade et demandai à grand-mère le but de ce voyage.
Là vous allez tomber à la renverse...je croyais recevoir un vêtement neuf...peut-être des chaussures? Un achat pour grand-père ou pour elle?
Que nenni!
Elle avait décider de s'offrir CINQ énormes casseroles en fonte, style " Le Creuset "!

- Du haut de mes dix ans...je crus un instant qu'elle était devenue folle!
Habituellement elle se rendait chez le quincailler de la ville voisine? Près de chez nous?

- Venir à la capitale pour acheter des casseroles en fonte?
OUI, celles qu'elle souhaitait étaient orange avec des reflets bruns et le marchand près de chez nous ne les avaient pas en stock! Il ne les avait que sur commande et les faisait livrer chez lui!!

A l'époque il n'y avait pas de publicité, je lui demandai où elle avait vu ces casseroles!
- Me voilà devenue tout à coup trop curieuse à ses yeux! Elle tarda à me répondre, je devenais plus têtue qu'elle! Sacrée grand-mère!
- Elle daigna enfin me répondre après que je l'eus menacée de la laisser seule au milieu de la foule!
- Chez Antoinette!!! Ah, oui! Une de nos voisines qu'elle détestait, je n'ai d'ailleurs jamais su pourquoi, parce que c'était une très gentille dame à mes yeux!!! Elle me gavait de bonbons en cachette de grand-mère!
Comme elle n'avait aucune relation avec Antoinette, je voulais savoir comment et quand elle avait pu voir les casseroles oranges à reflets brun!!!
- Elle m'avoua ! Un jour en revenant au marché, Antoinette avait mis refroidir le bouillon du midi sur l'appui de fenêtre en façade de la maison, ça ne me disait pas comment elle pouvait savoir qu'elle avait fait cet achat à la capitale?

Spéciale...oui, grand-mère, elle l'était!!!

Je commençais à m'énerver...une expédition pareille pour des casseroles pour satisfaire un caprice de commère de quartier??
- Elle dut m'avouer que c'était le quincailler qui avait fait venir les casseroles par le fournisseur de la capitale!!!
- Je fulminais! Je la menaçai de tout raconter à grand-père, je trouvais ça d'un ridicule...je crois que ce fut cette fois là que j'étais vraiment très fâchée contre elle!
- Pour me calmer, elle me proposait des nouvelles chaussures, j'appelais ça du chantage et je me souviens très bien de les avoir refusées! Elle insistait...je ne cédais pas.

Jamais elle n'aurait su me faire mettre les chaussures de force!
- J'étais malheureuse d'être fâchée...je l'aimais trop...
- Je lui promis de ne rien dire à grand-père, parce qu'elle m'offrit une jolie robe d'hiver, cette fois...pas pour le dimanche...mais je pouvais la mettre pour aller à l'école le surlendemain!
J'avais enfin réussi à lui faire comprendre que les vêtements du dimanche ...en les mettant si peu...j'avais pas le temps de les user en grandissant!
Elle fut surtout très heureuse que je me calme!
Nous étions réconciliées...
Nous nous sommes rendues chez le fournisseur de notre quincailler et elle fût fière de découvrir ses merveilleuses casseroles! Elle les retournait l'une après l'autre...demanda? Combien de litres?

A croire qu'elle choisissait un bijou chez le bijoutier!!!

Son émerveillement devant la couleur??? Ahurissant!!!

C'est ici et maintenant que je craignais le pire.... Elle avait la sacrée manie de marchander lorsque nous allions au marché! Je lui dis avant d'entrer...quand tu payeras, je sortirai et t'attendrai dehors! Panique à bord! Me laisser seule au milieu de cette foule dans la capitale?

Elle me promit de ne rien demander avant que le marchand nous donne le prix des 5 casseroles en fonte!
Lorsqu'il eut terminé l'emballage, les 3 plus grandes et celui des 2 plus petites.
- J'eus le toupet de lui demander de m'offrir la plus petite! - Grand-mère fit la gênée mais resta baba...
- Je lui répondis que c'était le prix du transport!!!
- Le marchand éberlué...hésita un bref instant en répondant à grand-mère : Madame, la petite a raison!
- Voilà le prix catalogue des 4 casseroles!
- Grand-mère paya, je pus prendre un bonbon dans le panier se trouvant sur le comptoir et nous voilà sur le chemin du retour!
- Vous vous imaginez bien que je devais porter le plus petit colis!
- Grand-mère, le grand!!! L'emballage, noué avec des cordes tellement résistantes...mais si fines...qu'elles nous coupaient les mains!
Ce fut un retour épique...une expédition pareille pour des casseroles...un caprice de grand-mère?

- Je vous raconterai l'accueil chaleureux de grand-père de sa femme avec ses casseroles...

 Clothilde 29 septembre 2009 à 12:45 Envoie un message √† Clothilde Voir le profil de Clothilde
Nous avons tous en nous, enfouie dans notre subconscient, l'image de quelque chose qui nous faisait peur.

J'ai dans la bouche, le goût acidulé de la pomme rainette que je viens de manger pour mon dix heures, une pomme précieuse car elle vient du verger de ma grand-mère.
Je dois être âgée de presque cinq ans. Je ne dois pas être bien grande car le mur contre lequel je m'appuie me semble très haut !
Ma main frappe fidèlement sur le mur décrépi qui me fait un peu mal à la paume.
Un deux trois piano ! Un deux trois piano ! Un deux trois piaaaaanoooooo !
Puis je me retourne deux fois afin de jouir de la caresse de ma jupe qui virevolte lorsque je me retourne ! C'est pour cette raison que personne ne retourne à la case départ.
C'est un matin d'automne ensoleillé et chaud, j'apprendrai plus tard qu'on appelle une telle saison
« L'été indien ! »
Dans la cour, pas des Sioux peinturlurés et couverts de plumes. Des petites filles qui jouent à la marelle, à la corde à sauter, à un deux trois piano !
Le train de la ligne Namur Bertrix vient de traverser le pont dans un bruit assourdissant.
Lorsqu'il s'est enfin éloigné, le bruit crissant d'une crécelle vient interrompre les jeux !
Les cris, les rires cessent petit à petit tandis que les enfants viennent se ranger en file indienne devant les deux religieuses qui font la classe aux petits.
Mon institutrice, j'ai oublié ses nom et prénom, Dieu me pardonne, se tient sur le seuil de pierre bleue, raide comme un piquet, droite comme la justice, le visage sévère, les lèvres pincées en un rictus qui est censé être un sourire.
Sa tenue m'impressionne, une robe noire en tissu épais noir et crasseux, élimé aux poignets, une immense cornette blanche sous laquelle on devine des cheveux blancs, un visage livide, d'immenses lunettes brunes, un regard rendu plus sévère encore par des verres épais.
Ses pieds aux ongles jaunes sont nus et chaussés des sandalettes d'homme trop grandes.
Les épais verres de ses lunettes lui font un regard méchant.
Ce regard qui nous épie lorsque nous longeons le long corridor glacé dallé de marbre noir, lorsque toujours rangés en file indienne, nous attendons qu'elle ait ouvert la porte de la classe, se soit placée dans son embrasure pour nous regarder passer une à une. Mon cúur bat très fort lorsque je passe devant la mégère mais je ne peux m'empêcher de regarder une fois de plus, l'énorme verrue qui orne l'aile droite de son nez.
Le mien frémit, la nonne pue, c'est la même odeur que celle qui sort de la malle de grand-mère, celle où elle range les couvertures !
Pendant la récréation, l'hideux tableau noir qui occupe tout un mur de la classe, s'est orné d'un dessin non moins hideux ! Une mare toute bleue dessinée à coup de craie bleue.
Nous reprenons nos places silencieusement, assises bien droites, les bras croisés posés sur le pupitre. La vieille nonne prend une craie blanche et dessine au milieu de cette mare un animal que j'ai bien du mal à identifier. Le bruit de la craie sur le tableau me fait grincer les dents
Je m'ennuie, dieu que je m'ennuie !
Mon regard tente de traverser la saleté des vitres pour aller rejoindre la cime du marronnier qui trône au centre de la cours de récréation.
Je voudrais être ailleurs, dans le verger de grand-mère
Je fais mentalement le chemin qui m'y conduirait ! Je sors de l'école, traverse la cours ramasse au passage quelques marrons, traverse la route, passe sous le pont du chemin de fer. Je m'empresse de chasser l'image de cette voiture verte et blanche qui l'année dernière a renversé mon petit frère. Je me dirige vers l'arrêt de l'autobus qui me permettra de parcourir les treize kilomètres qui me séparent du village de petite Marthe, ma grand-mère. Elle sera étonnée de me voir, certainement mais je lui sauterai au coup et couvrirai ses bonnes joues si douces de mille baisers et puis je ...
Je viens de saluer Gustave le chauffeur qui comme d'habitude cache son sourire derrière son épaisse moustache grise.
-Bonjour Gus !
-Martine vous rêvez encore ! Dites moi ce que je viens de représenter au tableau !
- Un canard ma súur !
La gifle cuisante retentit avec force sur mes joues.
C'est un cygne !
Je ne devais jamais oublier cet affreux dessin , je pourrais le reproduire sans hésiter mais je n'en ai nulle envie.

 Chouette 17 octobre 2009 à 22:50 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
SUR LE CHEMIN DU RETOUR DE LA CAPITALE


Vous vous imaginez, grand-mère et moi, marchant dans les rues commerçantes de la capitale, chacune avec les casseroles à la mains!
Oui, mais pas n'importe lesquelles!
Des "Creuset!"
Pure fonte et la couleur orange émaillé, le bord et les oreilles des poignées flambées d'un brun chaud, virant pour moi enfant, vers le rouge-noir brûlé comme l'écume du chaudron plein de boudin noir!

Jamais je n'aurais osé lui dire que cette couleur ressemblait à des bords d'écume de boudin, je pense qu'elle aurait été vexée et même très fâchée!

C'était son idée! Quand elle l'avait dans la tête, comme disait grand-père, elle ne l'avait pas ailleurs! J'étais très souvent le tampon amortisseur entre-eux!

J'avais le bonheur d'assister à toutes ses fantaisies, qui sortaient vraiment de l'ordinaire, mais c'était réellement vécu et le plus souvent très cocasse!

Attendons toujours de voir quelle allait être la réaction de grand-père...quand nous arriverions à la maison!
Je voyais son sourire d'ici, mais je savais d'avance que je n'avais pas le droit à la parole. Mais sans mot dire... je régulais leur modeste vie, leur relation ne fut pas toujours aisée!
Non, vous ne pouvez pas l'imaginer!

Ses casseroles elles étaient plus belles à admirer qu'un bijou!

Nous sommes péniblement arrivées à la gare, toujours tout à pieds! Grand-mère était une sacrée marcheuse!
Contente et assise dans le train, je me hâtais à déposer le colis le plus encombrant que j'ai pu porté de ma vie d'enfant!

Mes mains brûlaient de douleur par le frottement de la corde!
Les portes à peine fermées...je m'étais presque endormie! Mes chaussures du dimanche...je ne sentais plus mes pieds, j'avais des cloches aux talons.
Grand-mère ne les voyait même pas, elle caressait le papier d'emballage de ses casseroles!

Je dû la convaincre de les mettre sous le siège afin d'éviter qu'elles ne tombent! Elle m'obéissait quand elle y trouvait des avantages et du profit!
Une sacrée... rusée grand-mère! Moi, par la même occasion, je pus déposer ma tête sur ses genoux!

Je fus réveillée par l'agent qui venait poinçonner les tickets. Grand-mère le connaissait, il avait fait son service militaire avec mon oncle, son père était l'ami et le partenaire de cartes à jouer de grand-père.
Il n'y avait que quelques personnes dans notre compartiment, quand tout à coup...je remarquai que grand-mère voulait ouvrir l'emballage et faire étalage de son achat!
Je tirai illico le colis vers mon côté! Elle se sentit obligé de le lâcher! Elle comprit que c'était interdit!
L'agent, je m'en souviens il s'appelait Henri, s'assit à côté d'elle. Content d'avoir terminé sa journée, il descendrait du train avec nous.
Ils échangèrent quelques nouvelles de nos familles respectives... pendant ce temps là...je glissai encore légèrement le colis de casseroles qui était au pieds de grand-mère, vers le côté de ma banquette!

Il était hors de question qu'elle déballe ses casseroles! J'aurais eu trop honte!

Je l'adorais...Mais dans certaines circonstances, elle était totalement ingérable.

Grand-père avait beau me la confier...je ne pouvais pas, enfant, la rééduquer.
Enfant je ne m'en rendis pas compte, mais avec le recul, c'était la réalité! Ce n'était pas mon rôle d'enfant quel que soit l'amour que je pouvais lui porter!

Nous avons eu la chance qu'Henri, venait d'acquérir une petite auto, de mémoire je pense que c'était une petite R 4! Fier de sa nouvelle auto, il nous proposa aimablement de nous déposer devant notre porte, puisqu'il habitait la rue voisine! Quelle joie!
Il me casa à l'arrière avec les casseroles!
Je fis un saut en criant : youpi !!! J'ai retiré mes chaussures...j'étais à pieds de chaussettes, comme disait grand-mère!
Nous voilà arrivés! J'avais compris le petit manège! Grand-mère invita Henri à boire un café en guise de remerciements!

Pour faire avaler la pilule, avant même que grand-père ne puisse demander ce que pouvait contenir ces deux colis de POIDS...grand-mère, elle .....faisait la carpe!
Elle se précipita à la cuisine pour offrir le café ....elle sortit avec précipitation... sa boîte à gaufrettes faites maison! La seule chose qui la préoccupait : ses casseroles!

Les compères servis, grand-mère disparut!

A pieds de chaussettes...je l'ai retrouvée dans la cuisine avec ses cinq casseroles alignées par ordre de grandeur...sur la table! Elle plia délicatement le papier d'emballage...un petit coup de fer à repasser, il servirait encore!
C'est vrai qu'elle pouvait être fière...elles étaient belles!
Elle était gaie et souriante!
Elle avait le même visage, comme quand elle regardait une vitrine de grand magasin!
Comme à chaque fois qu'elle avait fait un achat, elle avait son sourire béat...elle me faisait penser à une petite fille ayant reçu sa St Nicolas!

Sur les mêmes pointes de pieds...je suis allée jeter un coup d'oeil pour voir où en étaient les compères dans leurs discussions!
Pour que le calme qui régnait momentanément perdure...je proposai d'aller chercher la bouteille de gouttes à grand-père ! Il était d'accord, Henri opina du chef...je filai chercher sa petite douceur préférée, il sortit pendant ce temps là, deux minuscules verres et ils se servirent avec modération !

Je rejoignis grand-mère...toujours en extase, une chamoisette à la main, elle frottait très délicatement ses casseroles!

J'avais été compréhensive...grand-père ne connaissait toujours pas le contenu de ses colis de poids...je voulais qu'elle revienne à la réalité!

Des casseroles c'est pour cuire et mettre sur le feu...moi je veux qu'elle soigne mes cloches aux pieds...mes coupures aux mains! J'avais très faim et demain je dois aller à l'école!
Par bonheur, j'avais quand même reçu la nouvelle robe que je pus mettre dès le lendemain pour aller à l'école! Je la sortis rapidement et la mis pour la montrer à grand-père!
Il me trouvait grandie...je lui trouvais un regard triste...comme un pressentiment? J'avais déjà dix ans et demi! Mon départ devint imminent? J'en avais le pressentiment!

Quand allions nous manger?
A quelle heure ? ... si elle continuait à caresser ses casseroles?
Je retournai voir grand-père, Henri venait de sortir, je rangeai la bouteille!

Grand-père prit la direction de la cuisine pour y déposer les petits verres à laver.
Il restait béat ... ahuri... devant l'étalage!

Grand-mère le rassura immédiatement que c'était payé avec la part d'héritage de sa mère et non pas avec le budget du ménage.
Il avait son sourire des bons jours...c'est vrai...les casseroles vides sur la table et pas de dîner prêt...ça pouvait être irritant!!!

Grand-mère avait des belles casseroles à admirer et nous n'avions pas à dîner!

Je voulais que grand-père garde sa bonne humeur... je lui pris la main, nous sommes descendus à la cave couper les tranches de jambon maison, prendre quelques oeufs à cuire sur le plat, le bon pain complet fait maison, un bol de soupe aux légumes du jardin!
Le voyant sourire je ressentais une grande joie!

J'étais quelques fois attristée quand il me traitait de petite rusée...il ne se rendait pas compte combien je me démenais en tours de passe-passe pour que nous soyons heureux à trois, en protégeant grand-mère et masquant ses bêtises!

Je décidai même grand-mère à réchauffer la soupe dans la plus petite de ses nouvelles casseroles!

Elle le fit...avec réticence, à moi d'ajouter en claironnant avec audace : demain je donnerai toutes tes vieilles casseroles au marchand de ferrailles et les sous seront pour moi!

Grand-père me donna raison, grand-mère opina à contre-coeur!
Grand-mère se rendit compte que j'avais évité LA scène à propos de ses casseroles...grand-père avait gardé la note guillerette, le souper fut des plus agréables !

C'est vrai que les casseroles de grand-mère étaient vraiment très belles!

Il m'en reste une! Elle semble inusable...elle à plus de 50 ans!

J'avoue que quand je l'utilise il y a toujours une émotion qui surgit et je la laisse me submerger avec plaisir!

 Chouette 29 octobre 2009 à 16:05 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
LE FUTUR DEPART ?

Je devenais de plus en plus intriguée!

Ma mère faisait des aller-retour comme elle n'en avait jamais fait! Jamais je ne l'avais vu aussi souvent!
Jusqu'à deux fois par semaine? Alors que pendant près de dix ans je la voyais une heure par an? Sauf à l'âge de 9 ans, j'ai vécu un trimestre scolaire chez elle, l'enfer! J'avais une peur bleue d'elle!

Ses allées et venues m'intriguaient et m'inquiétaient, surtout qu'elle discutait seule à seule avec grand-père, son père par la même occasion!

Grand-mère ne semblait pas avoir son mot à dire! Elle qui habituellement me racontait tout...était devenue complètement muette !!!
Des messes basses...c'était ma conclusion!

Lors de sa dernière visite...j'avais compris quelques bribes de leur conversation, où il était question de versements d'allocations familiales?

Je venais juste d'avoir onze ans et je n'étais pas encore au courant de ce terme, ni de ce que cela voulait dire.

Après son départ, je trouvais que grand-père avait l'air grave, il ne me dit pas un mot!

Grand-mère semblait être plus au moins au courant, suite au départ de ma mère, mes grands-parents eurent une discussion à mon sujet, mais à mon insu!

Je n'étais pas encore au courant de quoi que ce soit!

Comme si j'en avais eu le pressentiment après son dernier départ...il me semblait que mes jours chez mes vieux... étaient comptés!

Jusqu'au jour où je surpris une conversation, alors que mes grands-parents pensaient que je jouais au jardin :

J'entendis la dernière phrase de grand-père, " nous la gardons, elle ne l'aura pas!"

" Grand-mère répondant : Michielke, c'est sa fille, elle n'est pas à nous!"

Je me cachais derrière la porte de l'arrière-cuisine pour entendre la suite!

" C'est ça, elle était bien contente de s'en débarrasser quand elle l'a déposée chez nous...maintenant qu'elle peut travailler elle veut la prendre pour l'aider à élever son troupeau de gosses?"

Nous étions fin avril et l'école se terminait fin juin!

J'étais horrifiée par ce que j'entendais...grand-père devait être en très grande colère contre elle, pour tenir de tels propos?

Oui, mon départ devint imminent! J'en étais attristée!

Jusqu'au jour où ...ayant gardé le secret trop lourd à porter... de ce que j'avais entendu , je courus vers grand-père me jetant dans ses bras en pleurant à chaudes larmes!

Il eut beau me rassurer...me caresser les cheveux...rien ne put apaiser mon chagrin...de devoir très bientôt les quitter !

Pas un mot ne fut prononcé...Seuls nos regards avaient compris notre immense chagrin à tous les trois...que nous allions très bientôt être séparés pour de vrai et pour toujours!!

Je me jetais dans les bras de grand-mère! A deux nous pleurions tout notre saoul...grand-père ne put même pas nous consoler...lui-même avait déposé ses lunettes pour éponger ses larmes...

Ce fut vraiment là...dès cet instant... le grand drame de notre vie à tous les trois !

Aucune parole ne fut échangée à propos de mon départ qui devenait imminent!

Mes grands-parents attendaient la prochaine visite de ma mère, peut-être la semaine suivante? Pas un mot, aucune explication, ni quand? Ni pourquoi ce déracinement?

Comme de fait la semaine suivante elle vint en visite, sommant grand-père de préparer toutes mes affaires pour le dernier jour de la fin de l'année scolaire!

Je n'eus pas droit à la parole, elle me gronda même en m'interdisant de pleurer, malgré ses yeux gris très clair...enfant je les voyais... noir comme du charbon!

Elle me reprendrais, elle me dresserais et je la suivrais! C'était ses derniers mots avant de prendre la porte en la claquant si fortement que j'en eus peur!
Même pas un baiser...aucun geste de tendresse...aucune compréhension! C'était presque du sadisme du haut des mes 11ans! J'étais horrifiée...quand à ce qui allait suivre à mon retour définitif chez elle!

Après son départ...nous étions tous les trois tétanisés et pétrifiés...nous commencions notre décompte des jours qui nous restaient à vivre ensemble...l'ambiance fut plutôt triste ce soir là...

Annoncer à mon institutrice que je ne reviendrais pas en septembre...et annoncer à mes amies de classes que nous allions être séparées à tout jamais! Ce qui fut d'ailleurs le cas!

Comment pouvait-on parler à un enfant de cette manière et entièrement le déraciner?

Le pire était à venir.....

 Chouette 03 novembre 2009 à 23:12 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Voilà qu'arrivait déjà le dernier jour d'école!

Un jour habituellement magique pour tous les enfants en fin d'année scolaire!

La remise des bulletins...les récompenses...des livres et encore des livres!
Des prix d'excellences en néerlandais, français, déclamation et de dissertation dans les deux langues.
Ce jour là devait être un jour heureux!
Ce fut le dernier avant longtemps!
Mes valises étaient prêtes, il n'y en avait que deux, ma garde-robe était modeste et se résumait au stricte nécessaire, mais je partais avec l'essentiel : l'amour de mes grands-parents!

Je me rappelle de toute la douleur ressentie lors de cette journée particulière!
Pour me donner de la force : je savais que je n'avais qu'à penser a mes grands-parents...ensuite je me sentirais ...forte de leur énergie et de leur amour!

Encore aujourd'hui ils veillent sur moi...toute ma vie j'ai fais confiance à la Providence...dans les moments les plus difficiles de ma vie...toujours ils ont été près de moi! C'est peut-être un peu mythique, mais ils auront leurs place dans mon coeur jusqu'à mon dernier soupir!!

La reine-mère venait me chercher au train de 19h12 pour m'emmener définitivement avec elle dans sa famille!Mon grand-père m'avait dis, elle attend son septième pour juillet! Naïvement, je lui demandais? Septième quoi?
Frère ou soeur, ma petite Andy!

Mes grands-parents, comme chaque année étaient venus à la distribution des prix, comme nous appelions cela autrefois!

Habituellement, nous participions à une petite pièce de théâtre, soit quelques scènettes d'une histoire...cette année...moi qui adorais y jouer un rôle...je ne retrouvais même plus mes mots, j'étais trop perturbée par le départ!
Mes valises étaient prêtes... mais le coeur n'y était pas...

Dès que la fin de la remise des prix, les scènettes terminées, venait l'heure des adieux!
Mes institutrices, toutes présentes...aucune sans mouchoir!
Toutes alignées en rang d'oignons, les 3 de mes classes maternelles, ensuite les 5 de mes primaires! Chacune m'offrit un livre en plus de ceux que j'avais déjà reçus!

Je reçus tant de baisers...je suffoquais...de larmes...toutes pleuraient...jamais je n'en avais vu pleurer autant à la fois!

Juste derrière le rang d'oignons, j'aperçus mes grands-parents reniflant également leurs larmes, de mémoire je pense que personnellement jusqu'aux obsèques, de grand-père et de grand-mère, je n'avais jamais vu autant de monde pleurer en même temps!

Venaient encore toutes mes compagnes et amies de classe!

Celle que je regretterais le plus, c'est mon institutrice... qui m'a toujours gardé sous son aile depuis ma 1ère maternelle, quand j'avais oublié de mettre ma culotte!

C'était une journée très éprouvante, je pense que toute ma vie elle restera ancrée dans ma mémoire!

Il était 16h30 quand nous quittions l'école! Mes meilleures amies m'accompagnèrent avec mes grands-parents...portant mes livres mais surtout pour rester le plus longtemps possible ... avec moi...
Je pus accompagner mes deux meilleures amies à la cité ouvrière... étonnant! Saluer leurs mamans qui m'avaient toujours si bien accueillies...encore des pleurs et des larmes...impossibles de partir! Toutes ma vie je me rappellerai des grandes tartines que nous y dévorions après l'école!

Mes amies et moi avions déjà trouvé une cachette au cas où...mais exceptionnellement cette fois là...je crois que grand-mère avait compris que je tenterais une mise en scène...elle avait raison...elle était venue me rechercher!!

Arrivées à la maison, nous trouvions grand-père en train de faire semblant de se moucher...alors que nous voyions bien que nous venions de le surprendre... en train d'essuyer ses larmes...ses lunettes posées sur la table, trop flagrant, impossible de cacher son chagrin!
Grand-mère voulait absolument que je mange quelque chose avant de partir...impossible d'avaler quoi que ce soit...même pas un bonbon!!!

La reine-mère ne tarderait pas à arriver! Je préparais un grand sac avec tous mes livres, si je partais...je ne partirais pas sans eux!
Dès que j'eus entendu sa voix dans l'entrée, j'ai filé grimpant quatre à quatre les escaliers jusqu'au grenier! Il y avait trois malles de type de voyage de marins...une vieille garde de robes...des choses diverses! Je découvris dans le coin le plus obscur... un miroir posé sur un meuble, j'eus l'idée d'en retirer les tiroirs de glisser un vieux linge et de le glisser contre le mur ensuite de grimper dedans par l'arrière dans le vide laissé par les tiroirs...qui pouvait m'y trouver?

Personne, même pas grand-mère...je la soupçonne ...d'avoir fait semblant de ne pas me trouver... pendant que la reine-mère hurlait dans la cage d'escaliers...qu'elle allait rater son train!

J'imagine d'ici, que grand-père devait-être tout sourire...quand grand-mère est redescendue elle criait si fort ...elle n'est pas dans la maison ; allons voir dans la grange ou l'écurie des chevaux?

L'heure avança sans aucun doute, je présume que la reine-mère devait vociférer toute sa colère à mon égard sur mes grands-parents...mais nous avions du coup un sursis d'au moins deux mois avant la rentrée scolaire!!!
J'avais encore le bonheur de participer aux moissons!!

Je suis restée tapi jusqu'à bien tard dans cette armoire, qui sentait la naphtaline! Je ne me rappelle plus, je m'étais peut-être même endormie...non pas de fatigue, mais quelle tension pour une journée de cette importance?

J'entendis quelqu'un monter les escaliers...je restais tapie...grand-père me disant avec sa voix la plus rassurante possible : " Andy, tu peux sortir, ta mère est repartie...mais la prochaine fois, je pense que tu devras partir avec elle, elle est capable de venir avec les gendarmes!
- Grand-père, tu dis ça pour me faire peur?
- Non, Andy, c'est la loi, c'est ta mère!
- Toi, grand-père tu peux rien faire pour moi?
- Non, ma petite chérie,la loi?...c'est la loi!!




 Chouette 12 novembre 2009 à 22:37 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
" La loi! La loi! J'avais à peine onze ans...était-ce un âge pour aborder des sujets de loi?
Des problèmes de grandes personnes?

M'enlever de chez mes grands-parents? Pas de père? Inconnu de moi, une mère presque inexistante, combien de fois l'avais-je vue depuis ma naissance??

Que devais-je faire de tout ça? Rien!

Aucune réponse à un enfant!

Que des réponses d'adultes : C'EST LA LOI!!

C'est grand-père qui me mit ce soir là, exceptionnellement au lit!
Il me fit comprendre...le répéter...le redire des milliers de fois...qu'il m'aimait!! Je le savais depuis toujours!

Mais il n'avait aucun pouvoir pour me garder près d'eux?
Je ne le trouvait pas assez fort! Impuissant!
Incapable de se battre pour je puisse rester auprès de lui!
Avec mes yeux, couleur vert d'eau ...ils devaient être noir charbon face à l'impuissance de grand-père!

Oui, j'étais fâchée contre lui...du haut de mon mètre vingt cinq tout au plus...

Lui, attristé de voir mon visage fermé, moi de le juger par son impuissance, face à la loi!!

Petit à petit, je repris ma vie de petite fille insouciante...à la campagne!

La moisson battait son plein...mon bonheur de voyager d'une ferme à l'autre...les amis...les tablées...les grands pains...les immenses omelettes aux lardons...les bottes...les meules...les jeux de cache-cache dans les bottes de foin!

Je crois que cette moisson là...fut certes celle dont je me souviens encore à ce jour...la plus belle...elle fut aussi la dernière!!!

Quelques jours avant la rentrée scolaire...les jours étaient définitivement comptés!

La reine-mère arriva un matin tôt en voiture devant la porte, elle était accompagnée d'une assistante sociale!

Je n'eus ni le temps ni l'opportunité de m'enfuir, je venais juste de terminer mon petit déjeuner!

En quelques mouvements...les deux valises...même pas le temps d'embrasser mes deux meilleures amies... à peine le temps d'étreindre mes grands-parents... d'étonnement...presque enlevée...kidnappée...sans me rendre compte que je ne les reverraient pas de sitôt!!!

En voiture? C'était très intelligent! A pied, en train?
Oui, je me serais enfuie! Rien n'aurais pu m'enlever de chez mes vieux!

Le voyage : un véhicule de sourds et muets!
Ni la reine-mère, ni l'assistante sociale? ( si elle l'était réellement?) Personne ne pipait mot!
Je me souviens que cette dame à prit de l'essence et qu'elle est restée derrière la porte des toilettes pour que je ne puisse pas m'enfuir.

L'accueil...le beau-père, il ne parlait que le français! Moi, le néerlandais!
Il tenta quelques mots...j'avais compris, (puisque je parlais un peu le français) mais... je fis semblant de ne rien comprendre!
Il y avait déjà cinq enfants, six avec moi qui venait d'arriver! Le septième qui allait naitre dans trois mois!
Nous étions à ce moment ci, trois garçons et deux filles!
J'avais bien vu que le ventre de la reine-mère s'était arrondi depuis sa dernière visite!
C'est grand-père qui me l'avait dit, mais....je n'étais pas sensé le savoir!

Je fut étonnée de découvrir que le beau-père semblait avoir peur de la reine-mère, parce qu'elle lui interdisait de m'adresser la parole!
Je ne compris rien à rien et encore moins pourquoi!!

Personne n'avait le droit de m'adresser la parole??? Serions-nous dès à présent une famille de sourds et muets?

Je n'y comprenais rien du tout!

Mais....j'allais savoir et comprendre très vite que c'était déjà le premier stade du dressage!!!

La veille de la rentrée scolaire, j'apprenais que j'allais changer de langue en classe! Je m'en doutais, mais je savais qu'en moins de deux mois j'aurais le maximum en français!

Le pire?

Les étiquettes nominatives sur mes cahiers recouverts de papier bleu! Je devais changer de nom!

Dorénavant je porterais le nom de mon beau-père! Interdit de prononcer mon nom et de dire à mes frères et soeurs que je n'avais pas le même nom qu'eux!

M'appliquant à recouvrir mes livres et mes cahiers..je m'étais juré que je garderais mon nom, le nom de mon grand-père!
Je m'appliquais à écrire les plus belles lettres possibles!
Mon cartable rangé dans le hall d'entrée, nous les enfants étions tous au lit! Interdiction à eux de m'adresser la parole!

Je tentais de trouver le sommeil...je pleurais en cachette...quand tout à coup je fus tiré du lit par les cheveux! La reine-mère me sortit à coups de règle!!

J'hurlais! Elle me dit de me taire!
Le beau-père le regard hagard...n'osait intervenir!
La reine-mère : un regard rempli de haine!

Au milieu de la table tous mes cahiers éparpillés les étiquettes arrachées!!!
Je m'appliquais à écrire les plus belles lettres de mon nom sur une nouvelle étiquette!!!

Coups de règles sur les fesses : interdit d'écrire mon nom!
( pas sur les doigts pour que l'institutrice ne puisse voir les traces des coups! le lendemain)

Elle s'était juré de me dresser, j'en eus déjà un bref aperçu!
J'étais obligée d'écrire le nom de mon beau-père!
Quand toutes les étiquettes étaient écrites au nom...ne m'appartenant pas, je pus enfin aller dormir, les cuisses en sang!!!

Le lendemain, tous à la queue leu leu...à l'école!

Exceptionnellement, la reine-mère nous accompagna ce jour là jusqu'à l'école!!!










 Chouette 14 novembre 2009 à 15:07 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Tous les six à l'école!

Je fus présentée à ma nouvelle institutrice, elle me semblait gentille et souriante dès que je l'eus vue.

C'était mon premier sourire depuis quatre jours...Nous étions tous en rang...lorsque retentit la cloche actionnée par une nonnette pliée en deux! Je restais perplexe...était-elle bossue? ou la cloche si lourde...

Mon esprit vagabondais...je me souvenais de la cloche que nous actionnons enfants rentrants du catéchisme!
A l'insu du curé nous étions suspendus à 4 ou 5...nous étions trop légers...la cloche trop grosse?

Mon esprit...Tout à coup l'institutrice m'appelait par mon nouveau nom...je n'entendis rien...je sursautais lorsqu'elle me dit :" Andy? tu rêve? "

Je ne sus quoi dire et elle me disait de m'asseoir à côté d'une fille avec des très longues tresses brunes.
Je lui demandais discrètement : tu appelles ? ta nom ?
Elle semblait avoir compris et me répondit: Angeline!

Madame demanda le silence complet et nous demanda à chacune à notre tour de nous présenter.

Elle eut cependant la gentillesse de dire que je ne parlais pas encore très bien le français en demandant à tous d'être bienveillants et gentils!!

N'osant rien dire, j'étais intérieurement très heureuse et me disait qu'ici au moins je serais aimée!
Les uns après les autres...les élèves se présentèrent...arriva mon tour : Andy...S....je dis mon nom, j'étais très troublée!

Madame me repris aussitôt, mais non Andy c'est H.....!
Oui, oui, dis-je d'une voix hésitante...du coup, perturbée je ne savais plus un seul mot de français...j'étais prête à pleurer, j'avais presque honte, je n'en pouvais rien!

Les présentations terminées, nous avons pris nos cahiers...Madame commença par une dictée...pour voir où en était notre niveau!!
J'eus peur!
Angeline, comprit immédiatement que j'avais un problème...pourtant Madame avait bien dit que je parlais le néerlandais après l'accueil en classe! Je la rassurais, elle m'autorisa à copier sa dictée!
Moi, fière, je refusais! J'aurais les points que je mérite...après je verrais!

Madame me demanda de reprendre les cahiers de dictée à chacune pour la correction!

Je fus contente d'entendre la sonnette de la récréation!
Je vis ma soeur, elle me courrait après...moi sauvage...je n'avais pas encore l'habitude! Les frères étaient de l'autre côté du bâtiment!
Elle connaissait bien le français, elle semblait ravie d'avoir une grande soeur, moi...il me fallut un certain temps d'adaptation!

Le dilemme...personne ne pouvait m'adresser la parole à la maison, à l'école, ma petite soeur me poursuivait partout, encore heureux elle n'était pas dans ma classe!

La sonnette retentit...Retour en classe : livre de lecture!
Nouvelle difficulté à surmonter! Je balbutiais calmement les mots à lire...Madame me félicita...j'en restais apaisée! J'avais eu si peur!

Je dois avouer que ce premier jour d'école fut un très beau jour pour moi...et tous ceux qui suivirent, jusqu'au vacances de la Toussaint.

Le seul endroit où je me sentais heureuse c'était à l'école!
Ma difficulté d'adaptation à la vie de famille...l'isolement!
Personne ne m'adressait la parole, la reine-mère ne me souriait ni ne m'embrassait, depuis mon arrivée!

J'avais le droit de manger seule à la cuisine, tous étaient rassemblés à la salle à manger!
J'avais le droit après l'école, de ramener la fratrie à la maison, ensuite d'éplucher les pommes de terre et les légumes du souper!
Ensuite, manger séparément, laver et coucher les plus petits!
Je dois reconnaitre que mon seul bonheur, c'était de m'occuper de mes deux derniers petits frères qui avaient 14 mois et 2ans et demi!
A cette période là, j'ai réellement découvert la beauté de la pureté de la petite enfance innocente!

Une fois tous les petits au lit...la vaisselle, seule dans la cuisine!
Ensuite seulement faire mes devoirs! Je me souviens qu'un soir je me suis endormie...j'ai eu l'impression que ma tête avait fait un tour complet de la gifle....reçue de la reine-mère!
Encore heureux! Je ne sortais plus jamais ma règle de mon cartable!J'avais compris depuis le début!!

Le summum! Depuis que j'avais rejoins cette belle famille...je faisais tous les jours pipi au lit!! Tous les jours au lever...j'eus droit à la raclée matinale!

Dès lors, la reine-mère décréta que je dormirais au grenier...sur un sac de paille, à même le plancher, sans draps!!
Chaque jour je changeais la paille! Tel un cochon dans sa soue!!

Là, vous n'allez pas le croire!!! Pour tout horizon, la lumière entre les interstices des tuiles du toit...une minuscule lucarne...trop petite ...je ne pus rien voir d'autre que madame la lune à ses diverses étapes!

Nous eûmes très souvent la visite des parents de mon beau-père! Sa mère semblais m'aimer et m'apprécier! Si bien que, lorsqu'ils restaient à diner, elle voulait que je sois près d'elle! C'était une toute petite douceur pour moi!
Mais cette vie devenait de plus en plus invivable...

Je ne voulais pas être la Cosette du 20ème siècle....

J'avais prévu depuis quelque jours...de fuguer...


 Chouette 14 novembre 2009 à 18:35 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
C'était le dernier jour d'école avant le week-end de la Toussaint!
J'avais reçu les premiers résultats scolaires, qui pour moi étaient plus qu'espérés!
J'avais eu 7,5 pour la première dictée en français et un 9,5 en mathématiques. Il n'y eut que l'institutrice et Angeline pour me féliciter!

A la maison mon beau-père s'était hasardé à y jeté un coup d'oeil! La reine-mère le traita de mêle-tout! J'en fus blessée! Elle pas un mot!

Je ne resterais pas une minute de plus dans cette famille, inexistante pour moi!
J'avais un grand sentiment de solitude entre le grenier, la cuisine!
Mes seuls plaisirs, l'école et le bain des deux petits...qui me faisaient rire aux éclats!
J'étais sommé de me calmer dès que la reine-mère se rendit compte que nous nous amusions follement!

J'avais décidé de partir cette nuit!

Après la vaisselle, je n'avais pas de devoirs, j'irais dans la remise regonfler les pneus du vieux vélo...

Je n'avais aucune idée de la distance...je me lèverai quand il ferait encore nuit noire...je pédalerai à en perdre le souffle...mais j'irai rejoindre mes grands-parents!

Dès que tous furent au lit, je descendis, sans faire de bruit! Il y avait deux marches à éviter, elle craquaient...je les avaient comptés...
Surtout ne pas me tromper, j'avais une peur bleue!

Si la reine-mère se réveillait...elle me tuerait...

Les pneus semblaient ne pas s'être dégonflés! Veiller à ce que le chien ne se mette à aboyer...j'avais demandé un os...la veille en allant à la boucherie!

Fallait-il que je deviennes si futée...pour pouvoir respirer? Vivre? Ou survivre!

Oui, cette nuit serait la bonne!

Je donnais l'os au chien, fermais délicatement la grille du jardin...je courrais à en perdre haleine...

Poussant le vélo à la main! J'avais eu si peur en partant que je me rendis tout à coup compte qu'il fallait que j'y monte!!!
Je me mis à pédaler du plus vite que je pus...à croire que je puisse être poursuivie?
Je m'en sentais capable et assez forte ...mais dans la nuit noire...j'avais quand même la trouille!

Je ne sais plus combien de temps il me fallut pour arriver...mais je suis arrivée au petit matin...
Grand-père était déjà levé...il passa la tête par la fenêtre...il crut avoir vu un fantôme??
" Andy? C'est toi?"
" Grand-père, ouvres, oui, oui, c'est moi!!!"

" Il rentra le vélo et le cacha immédiatement dans l'écurie à chevaux...ensuite il m'étreignait dans ses
bras...je crus étouffer!!"

" Après tous nos cris de joies...grand-mère crut également que j'étais mon propre fantôme...

A son tour elle m'étouffait dans ses bras...nous pleurions de joie cette fois...j'étais vraiment très fatiguée...

Ni l'un, ni l'autre ne crut un seul instant que j'étais revenue et que j'avais parcouru toute cette distance à vélo dans la nuit!

Et oui! J'étais revenue! J'étais avec grand-père et grand-mère...c'est tout ce qui m'importais à l'instant!

Bien sur, après plus de deux mois de séparation il fallait que je leur raconte mon arrivée...l'école...j'osais à peine parler des gifles et des coups de règles de la reine-mère!

J'avais faim, grand-mère me prépara un délicieux petit-déjeuner!

Ils continuèrent leurs interrogations...j'éclatais en sanglots et je racontais toute la vérité!
Le pire! Ils croyaient que je mentais...
J'hurlais de douleur...mes grands-parents ne me croyais pas!!!

Qui pu croire qu'un enfant souriant, affable et aimable dans la vie quotidienne puisse être battue?
PERSONNE!
Je dus montrer mes cuisses...mes fesses et les marques du martinet sur le dos...alors seulement ils comprirent que j'avais échappé et fuis le pire!

Ils me cachèrent...pendant trois jours...dès que la sonnette tintait...je filais à l'écurie, je revenais dès que tout danger fut écarté...

Le quatrième jour...la reine-mère était accompagnée par le curé du village...incroyable mais vrai...celui-là même qui avait le droit de me frapper avec le martinet...



 Chouette 15 novembre 2009 à 22:21 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
Je m'étais cachée sous la table les deux bras croisés autour des jambes de mon grand-père!

La reine-mère voulait absolument me ramener de force...je ne bougerais pas...aucun mot ne sorti de la bouche de mes vieux...qui se demandaient : quand pouvons-nous à nouveau vivre en paix!
Ma grand-mère tremblait presque de peur...elle avait toujours eut très peur de ma mère...elle était haute comme trois pommes...que déjà elle la faisait trembler!

Oui, je me doute et je peux la comprendre, être orpheline de mère à huit ans et se retrouver avec une belle-mère?
Moi, je n'y pouvais rien! Plus je grandissais, plus je pensais que je devais expier une faute que je n'avais pas commise...Devrais-je être un secret de famille toute ma vie?
C'était une tare d'être une bâtarde! Je me mettais à la place de ma mère orpheline...qui pour moi n'était pas une mère... donc j'étais autant orpheline qu'elle ??

Tels que les évènements se présentaient...Je dus me résigner à suivre la reine-mère qui jura à mes grands-parents, devant témoin...le révérend abbé, que plus personne ne me battrait!
Ils n'y a qu'eux qui la crurent!
Moi, je me doutais qu'en rentrant,l'enfer serait encore
pire qu'en partant...ce fut le cas!

J'étais mineure, je n'avais aucun choix, subir!

Je retournais à l'école, le seul endroit de respiration et de vie satisfaisante! Comme j'adorais l'école, dès la sonnerie de la récréation de l'après-midi...je pouvais commencer à décompter les minutes à flipper de trouille... avant de rentrer à la maison!
Un jour après l'école mon institutrice me demanda de retirer mon écharpe que je portais autour du cou été comme hiver! Je m'y refusais!
Elle me disait qu'elle allait tout faire pour que ça cesse...que j'allais être placée...je ne comprenais rien, elle me faisais peur!
J'enlevai l'écharpe, elle aperçut des traces de strangulations...je ne disais pas qui ?
Je ne dénoncerai pas!
Un jour nous eûmes la visite de deux gendarmes!
Ma mère et le beau-père furent interrogés individuellement.
Vint ensuite mon tour! Ils me menacèrent de prison si je ne disais pas la vérité!
J'eus très peur! Je n'avais pas encore douze ans...aller en prison? Pour tout le mal que je n'avais pas fait?
Les adultes sont-ils tous fous??
J'eus si peur, que je dû dire la vérité!
Lorsqu'ils furent sortis...la reine-mère enceinte de six mois, hurlait sur le beau-père de prendre le manche de balai et de me battre autant de fois qu'elle lui dirait!
Je crus un instant qu'elle était devenue folle?
Pourquoi autant de haine? Elle hurlait des insultes...auxquelles je ne comprenais rien, la seule phrase qui m'est restée en mémoire...la pire que j'ai entendue :
"Même un assassin n'aurait pas fait ça à sa mère?"
Je n'avais tué personne! Me traiter pire qu'un assassin?
Je l'ai trouvée monstrueuse dès cet instant!
Cette phrase est encore ancrée dans ma mémoire aujourd'hui, j'ai appris à vivre avec en me déculpabilisant, vivre avec sérénité...j'étais une enfant et donc innocente dans tous les sens du terme!
Incompréhensible! Comment une mère pouvait dire des horreurs pareilles à un enfant?
Elle hurlait...encore...encore...encore quand le beau-père s'arrêtait...de me battre. Ses yeux noir charbon plein de haine?
Il me cassa trois manches sur le dos...ensuite je pouvais aller me coucher ensanglantée sur mon sac de paille au grenier!
Le lendemain, je suis allée à l'école, j'ai demandé à voir la directrice, je lui racontais ce qu'il m'était arrivé après le départ des gendarmes...je me doutais que c'était elle et mon institutrice qui les avaient envoyés...

Tous avaient manqué de vigilance...ce jour là je sus à peine marcher!
Je ne sais si les évènements se sont croisés ou si c'était un concours de circonstance...du jour au lendemain ce qui me sauva, la reine-mère dû rester couchée, jusqu'à la fin de sa grossesse.(c'est ce que l'on m'a donné comme raison, je n'ai jamais su la vérité)
Les garçons furent placés au Coq , les filles à la Panne en internat à la Mer du Nord!
Nous y sommes restés jusqu'à la fin de l'année scolaire de novembre à juin de l'année suivante!
Je me suis senti revivre...Triste de ne plus voir mes grands-parents avant le mois de juillet, mais ravie d'être loin de la reine-mère!
Je me souviens d'avoir reçu une seule fois la visite du beau-père sur cette longue période, m'annonçant que j'avais encore une petite soeur, nous étions donc 3 filles et 4 garçons!
La reine-mère n'est jamais venue pendant toute cette période!
J'avais peur d'elle, mais le paradoxe incompréhensible c'est que je l'avais toujours aimée et que je l'aime encore aujourd'hui!
Etranges les parcours de vie de chacune!
Je comprenais sa douleur d'avoir perdu sa mère...moi, je l'excusais presque de me maltraiter??
Etrange réaction...pour un enfant!
Alors même, qu'elle était ma mère... ma mémoire de nourrisson se souvenais peut-être de cette mère, très gentille...peut-être?
Je l'avais peut-être mise sur un piedestal, c'est cela qui m'avais peut-être donné la force de vivre... avant qu'elle ne me dépose chez ses vieux?
C'est l'âge et la sagesse qui m'ont emmenés à cette réflexion...parce que jamais la reine-mère et moi, n'avons parlé de ma vie avec elle avant mon arrivée chez mes grands-parents!
Je passais une superbe année à la mer du Nord!! L'institutrice, agréable et gentille! La surveillante des dortoirs, toute aussi gentille!
Les nonnes toutes des rosses! Ceux qui faisaient pipi au lit, le matin au petit déjeuner devaient se présenter avec les draps mouillés sur la tête...triste défilé!!
Je me rappelle que j'adorais chanter...il y avait une chorale...je priais tous les saints du ciel pour pouvoir en faire partie!
Mon plus beau jour : chanter la messe de Pâques du haut du jubé à côté de l'orgue!
Je me rappelle encore du ressenti des vibrations dans la poitrine ... de l'ardeur avec laquelle je chantais...presque à tue tête...je me sentais vivre et exister!
A y repenser, cela peut sembler anodin...mais le chant était un moyen d'expression fabuleux quand nous manquions d'affection et de tendresse dans cet internat!
Ce fut une très belle année scolaire, je me sentais bien et heureuse à ma manière!
Mes résultats scolaires extras pour mes grands-parents! Je ne sais pas pourquoi, ni comment, mais je passais mes deux mois d'été avec eux! Aucune explication, je devais me contenter de tout ce qui m'arrivais...sans jamais pouvoir poser des questions...les réponses? Je n'y songeais même plus! Quel enfance massacrée!!
Quel bonheur d'être à nouveau chez les grands-parents... après toute une année de grande solitude affective!
Je ne savais pas encore ce que me réservait la nouvelle rentrée scolaire...nous étions déjà sept et la reine-mère attendait son huitième enfant...
CARPE DIEM...j'étais heureuse pour l'instant présent...

 Chouette 23 novembre 2009 à 22:14 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette

J'eus la grande joie de refaire les moissons cet été là!
Au comble de mon bonheur revoir mes meilleures amies, pouvoir jouer, les rencontrer et moissonner ensemble pendant plus d'un mois!
Je pus avec joie revivre l'insouciance d'un enfant de 12 ans et j'en profitais...mes amies étaient les bienvenues...nous retournions avec plaisir dans nos jeux durant la moisson de ferme en ferme!
La fin du mois d'août...je retournais chez la reine-mère!
La rentrée scolaire approcha à grand pas.
Je devais passer en secondaire, mais je restais à l'école du village faire une 7ème? Qui consistait à apprendre à laver-repasser-rapiécer-nettoyer-coudre-tricoter-faire la cuisine, moi, qui aimais les études? Qu'est-ce que je faisais ici?
Pour aider la reine-mère, je n'allais plus à l'école le lundi, lessives de la tribu! Les langes en tissus? Imaginez vous les grandes bassines dans lesquelles... trempaient les langes...en hiver l'eau était gelée...ensuite les mettre à bouillir à la savonnée...je vous épargne les langes à caca..
Rien à voir avec les pampers d'aujourd'hui!
Le vendredi, nettoyage de la maison...nous étions déjà 10 avec les parents!
Je terminais l'année scolaire...j'avais 13 ans...la reine-mère décida de travailler à l'extérieur me laissant seule à la maison avec les deux derniers qui avaient à peine 1 et 2ans et demi, y était inclus la charge des tâches ménagères.
Les 5 enfants qui me suivaient étaient à l'école...
Moi, je n'avais plus le droit d'aller à l'école, elle avait décidé pour moi!
J'étais... malgré moi...devenue la Cosette des temps modernes!!
L'année scolaire terminée...nous déménagions et changions de région.
J'allais avoir 14 ans, la veille de la rentrée scolaire, nous préparions les cartables, tous...sauf le mien!
J'osais poser la question? Et moi??
Demain matin, je te conduis aux Fromageries GERVAIS emballer des petits suisses! (sic)
Presque plus scolarisée depuis 2 ans, j'en avais 14...que me réservais l'avenir?
Effectivement, le lendemain, je rencontrais le Directeur de la Fromagerie!
Présentations faites...la reine-mère s'en alla et je fus accompagnée par une contre-maitresse de l'atelier d'emballage!
Visite de l'usine! Belle perspective! J'avais envie de pleurer et de m'enfuir! Je savais que ce fut vain...je pris patience et tachai de faire mon travail le plus correctement possible!
3000 caissettes à fabriquer par jour à la chaîne...j'avais à peine 14 ans! Quand je vit défiler les caissettes en bois...je voyais Charlot dans le film des temps modernes! En sortant j'étais ivre..... de caissettes!
Ce travail consistait à assembler des planchettes de bois pour y placer 6 tubes de papier pour les 6 petits suisses de 50 gr chacun qui roulaient sur des tapis vers la production du frais!
J'en ai même jamais gouté un gramme de ce fromage blanc très crémeux...il n'y avait que les riches qui achetait ce produit de luxe à l'époque!
Les caissettes étaient de la taille d'une boîte de cigares...mais le double en hauteur!
L'assemblage s'effectuait avec une agrafeuse quasi automatique et actionnée avec une pédale...je n'avais pas encore mon permis de conduire...je ne savais pas où étais le frein...elle continuait son boulot et une agrafe sur deux dans mes doigts...le rythme et la cadence...l'agrafeuse n'avait pas de frein!

Le premier jour, j'en assemblais péniblement 1800! La contre-maitresse me menaçait déjà rien qu'à y penser elle recomptait les caissettes, elle me semblait débile!
Epanouissant? Autant d'agrafes dans les doigts que sur les planchettes des caissettes...
La reine-mère me traitant d'incapable, qu'allait-elle faire de moi? La bonne à rien? Mais la bonne à tout faire à la maison!
Quel paradoxe...j'avais à peine 14 ans!
J'y ai très souvent repensé quand mes filles ont eues
14 ans, je les regardais, je me jurais, elles, jamais!
Je les aimais trop! Elles ont poursuivies leurs études.C'est ma fierté!
J'étais interdite d'école? Vivant entre la cuisine et le grenier...dans cette histoire...j'y perdais mon latin et j'étais complètement désemparée!
Il fallait que je me sorte de ce marasme! J'eus le culot de demander un entretien personnel avec le Directeur de Gervais...qu'il m'accorda!
Je lui racontais ma triste vie, Cosette, les coups!...Oui!
La Providence me faisait signe à l'horizon!
Il connaissait personnellement le Juge de la Protection de la Jeunesse et toute la machinerie fut enfin mise en route! Je n'avais plus peur de la reine-mère...dès ce jour là!
J'allais enfin être protégée! J'eus un entretien avec le Juge, il me rassura, me sécurisa...il me proposa une sorte de marraine, dame à qui je pouvais me confier, dire ce que je souhaitais faire ou envisager! Je suis restée en contact régulier avec elle jusqu'à son décès il y a cinq ans.
J'allais avoir 15 ans, l'enfer allait se terminer...enfin!
La reine-mère déchue de ses droits maternels, plus un seul coup, enfin libérée, plus personne ne m'adressait la parole pendant cette période de transition, ,trois ou quatre mois, c'était très long j'étais comme une pestiférée même les petits qui m'aimaient, elle les avaient montés contre moi pour se venger! Ils m'en ont reparlé il y six mois!

Sous la Protection du Juge je fus placée dans une famille d'accueil où je restais jusqu'à mes 16 ans!
Etre la bonne à tout faire? Quelle perspective d'avenir? Non! J'avais d'autres ambitions, je lisais déjà énormément! J'évoluais à pas de géant avec une soif intarissable d'apprendre et de savoir !
Un hasard heureux, fit que je rencontrais un jour la Directrice de la maison " La mère et l'enfant" . Maison où fut placé ma mère, enceinte de moi. Elle avait très bien connu la reine-mère, elle n'était pas encore directrice, mais infirmière à cette époque, elle se souvenait de m'avoir pouponnée! Avec des années de recul et plud d'objectivité ce fut un piège affectif...J'allais lui rendre visite régulièrement, je finis par quitter la famille d'accueil avec l'accord du Juge et débutais comme puéricultrice avec un groupe de 5 enfants de 18 mois! Enfants que les mères ne voyaient plus et qui étaient en attente d'adoption ou de décisions juridiques complexes, du fait qu'ils n'étaient pas tous abandonnés. C'était une étape importante elle m'ouvrait d'autres perspectives d'avenir! Psychologiquement ce n'était pas le lieu idéal pour moi de progresser! J'eus régulièrement des entretiens avec ma tutrice déléguée du Juge de la Protection de la Jeunesse!
Le travail était assez conséquent et difficile par moment, des horaires de sept heures du matin à dix neuf heures du soir...une pause uniquement pendant la sieste des enfants pour un salaire de famine! Manquant d'outils pédagogiques, je me sentais trop jeune pour continuer dans cette voie! Je voulais étudier!
Je voulais et c'était mon objectif...dès que je me serai un peu reconstruite, apaisée et encore plus sécurisée, reprendre des études, en accord avec ma tutrice! J'y restais une an et demi! J'avais 17 ans1/2 quand j'ai quitté!
Seule dans la vie, il fallait que je subvienne à mes besoins! Elle me trouva une formule travail-études, je partis en milieu hospitalier comme aide-soignante et un tiers temps étude pour me remettre à niveau pendant dix mois!
Je décidais de travailler dur et de passer le jury central, je travaillais tout en étudiant et je fus reçue!Je voulais être infirmière! J'avais l'avantage que l'école d'infirmière était annexée à l'hôpital où je travaillais!
Dès que j'eus quitté la reine-mère, tous mes congés je les passais chez mes grands-parents!
Ils étaient heureux de me voir évoluer de grandir et de devenir femme!
Comme je travaillais deux week-end par mois, mes grands-parents m'aidaient financièrement en me donnant occasionnellement une petite enveloppe! Elle me permettait d'améliorer l'ordinaire dans les moments un peu plus difficile! En période d'examens, je ne savais pas travailler plus,mes grands-parents prenaient alors le relais en prenant soin de moi! La Providence!
Ce fut une très belle époque d'évolution, d'apprentissage à l'autonomie!
Je me sentais aimée et appréciée pour celle que j'étais en train de devenir! Je me sentais fière, parce ce que je pouvais enfin me réaliser...c'étaient toutes les bases que mes grands-parents m'avaient apportés et inculqués!
Cette fierté, c'était pour eux! Nous étions heureux du chemin que je j'avais parcouru... malgré les périodes de galères!
Je suis restée plusieurs années avant de retourner dans la tribu! La reine-mère a eut un 10ème enfant en vie...j'allais avoir 18 ans!

J'ai appris sa naissance quand j'étais moi-même maman à 20 ans!
Le chemin fut parsemé d'embûches, la victoire était au bout de la route! Rien, plus rien ne m'arrêtais! J'étais heureuse et tout ce que j'avais reçu qui me rendais rayonnante, ce qui eut un impact très positif sur ceux qui m'entouraient et pour moi!...
C'était tout l'amour reçu de mes grands-parents qui m'avais fait tenir debout, ils me soutiennent encore à ce jour!
Je dis et répète très souvent CARPE DIEM , qui est le vivre l'instant présent, l'instant passé n'existe plus... la Providence c'est l'espérance du lendemain!

Toutes ces images qui ont traversé ce voyage à remonter le temps, ce fut parfois si pénible, impossible à certains moments d'écrire ne fusse qu'un mot, toutes les images me revenaient en mémoire, il y eut des moments de très grandes douleurs!
Mais bénéfique... comme une seconde naissance...
Merci à vous tous... qui m'avez lu d'une manière assidue!
Je remercie en particulier Die Lorelei...
Je venais à peine d'arriver sur le forum! Pour débuter j'avais simplement narré les obsèques de ma grand-mère!
Elle m'attribua 4 étoiles...je restais interdite...je me demandais: oserais-je?
A tâtons...j'ai revisionné le trajet, le parcours hors du commun à entreprendre...le partager avec ceux qui ont appréciés...ceux qui éventuellement ont l'honnêteté de critiquer l'écrit? Oui, j'y suis ouverte, si elle est constructive! Je n'y croyais pas ... je me suis lancé le défi : oui tu peux le faire...tu en es capable...je m'y suis jetée à corps perdu... c'était une nécessité impérative...vers une renaissance!!
Voilà comment, chacun, là où il vit, là où il est, sur le Forum, dans son quartier, son lieu de travail...sa famille, avec un ami (e), il peut tel un petit POUCET semer sur son chemin...des petits cailloux...il y aura toujours quelqu'un pour en ramasser un...ou deux...

Aujourd'hui, je fais une petite pause... il me reste à prendre un peu de distance afin de me ressourcer pour être et rester objective pour écrire la suite!

Je reprendrai la suite juste avant la naissance de ma fille...étape particulière dans la vie d'une femme enfant...
L'essentiel qui m'est apparu en traversant tant d'années c'est le bonheur qui m'en est resté et d'être celle que je suis aujourd'hui! Merci la Providence!
Comme un petit POUCET,je dépose des petits cailloux...

A suivre...

 Chouette 10 décembre 2009 à 16:27 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
A l'aube du printemps!

Andy ne se doutait pas un instant que ceux qui l'entouraient, puissent être hostiles au fait qu'elle avait décidé de le garder !

Il est vrai qu'elle avait beaucoup changé ces deux derniers mois. Elle qui était si vive, si dynamique, semblait lasse ces dernières semaines. Elle était peut-être tout simplement fatiguée. A peine sortie de l'adolescence, cela pouvait arriver à n' importe quelle collègue. Il y avait déjà deux ans qu'Andy travaillait dans le service de chirurgie !
Elle ne s'enorgueillissait aucunement, mais intérieurement elle fut heureuse de pouvoir montrer de ce dont elle était capable ! C'était une fierté légitime, même si elle était devenue plus secrète.
Elle intrigua pas mal de personnes ! Elle avait le port altier, mais n'était pas fière pour un sou !

Elle avait une certaine retenue, une certaine éducation et une manière aristocratique dans le verbe et le geste ! Il est vrai qu'elle intriguait tout le monde !

c'est qu'elle avait une telle sensibilité à fleur de peau, que l'on devinait presque, pour celui qui tentait de s'attarder, qu'elle n'avait certainement pas eu une enfance très facile.
Le plus étonnant c'était son éternel sourire d'une telle douceur, avec une personnalité bien trempée... impossible qu'elle soit désagréable ! Lors de la constitution hebdomadaire des équipes de soins, plusieurs de ses collègues finissaient par se disputer pour vouloir faire équipe avec elle!
Andy était la coqueluche de tous et de bien d'autres étages de la clinique !

Elle était de nature réservée et n'était pas prompte à faire des confidences. Il faut préciser qu'à peine arrivée dans le service, elle avait confié un secret à une collègue ! A sa plus grande surprise le lendemain, elle apprît que toutes ses collègues étaient déjà au courant. Elle l'avait surnommée la peste depuis, alors qu'elle avait cru pouvoir lui faire confiance !
Oui, elle était empathique, mais de là à parler de sa vie personnelle...il y avait plus qu'une distance, depuis cet incident! Mineur, selon la peste, majeur, pour elle et toute l'équipe!
La peste était devenue de plus en plus jalouse d'Andy, alors qu'elle ne faisait rien pour susciter cette attitude ! Au contraire, pas rancunière, elle avait même accepté de faire équipe avec elle pour les toilettes de la semaine! La peste refusa, lorsqu'elle vit son nom sur le tableau des soins des équipes formées, par la chef de service!
Andy, ne savait que dire ou faire, la seule chose qui importait, c'est que les soins soient effectués!
Elle trouva une élève Ė infirmière tout comme elle qui venait d'arriver en stage et elles exécutèrent ensemble les tâches à faire, mais finirent bien plus tard qu'à l'habitude!
Toutes les collègues étaient déjà à l'office pour le café! Andy et l'élève les rejoignirent,la chef de service lui demanda immédiatement :
- où est la peste ? Elle a refusé de faire équipe! Je ne sais pas où elle est!
On retrouva la peste chez le chef du personnel, elle lui demanda à changer de service!
Il ne lui restait qu'à faire le service de nuit en gériatrie! Qu'elle accepta en traînant les pieds...elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle Ė même, puisqu'elle était réellement peste, l'étage entier en fut soulagé, même les toubibs!

Andy était la préférée de la chef de service, comme elle était la plus jeune dans le service et c'était presque une évidence qu'elle la protège! Souvent les collègues disaient d'elle, qu'elles auraient aimé avoir une fille telle qu' elle!
La vie ne semblait pas lui avoir fait de cadeau, mais elle semblait être la bonté même comme un don du ciel de par sa générosité naturelle.

Naïve, certes, sans aucun doute, elle ne savait ou ne se rendait pas compte que dans les quelques semaines à venir, elle ne pourrait plus garder le secret! Si lourd et pesant à garder, il deviendrait très bientôt visible et tous seraient au courant!
Courageuse, Andy avait déjà passé le cap essentiel à ses yeux : pouvoir le garder, personne ne pourrait plus lui enlever! Quoi qu'il arrive, jamais plus, elle, ne serait seule!

De retour dans son petit appartement elle ôta ses chaussures avec soulagement. Il n'était pas très grand, ce premier endroit où elle se sentait enfin chez elle.

Elle qui n'avait vécu jusqu'ici, qu'avec le sentiment d'être une juive errante...entre ses grands-parents et sa mère, chez qui tantôt un trimestre scolaire ensuite deux seules années au grenier!
Andy ne s'était jamais sentie désirée !
Dès qu'elle avait appris sa grossesse, elle voulait son indépendance! Son courage et l'envie de progresser avaient fait le reste.
Cet appartement était son petit nid! Elle l'avait meublé petit à petit avec du mobilier acheté ça et là lors de brocantes en plus tout ce qu'elle avait reçu d'amis bienveillants.
Un canapé pliant lui servait de lit dans son petit salon. Elle avait également repeint tout l'appartement avec sa couleur préférée! Une bibliothèque avec ses livres... si grande elle prenait tant de place!...
Pour rien au monde elle ne s'en serait séparée!
L'unique chambre était déjà tapissée pour l'arrivée de son bébé... il y avait déjà le petit lit, la commode, les premiers petits vêtements commençaient à s'y amonceler.

Ses grands-parents furent bienveillants avec elle, l'aimant telle qu'elle était et ne la jugeant pas!
Ils lui donnèrent son carnet d'épargne, sur lequel tous les lundis matin à l'école elle mettait les étrennes et des petites sommes d'argent reçues par des personnes âgées pour lesquelles elles faisaient les courses dans son quartier quand elle était enfant!
Toutes les pièces amassées les une après les autres, faisait un beau petit magot!
Elle l'utiliserait avec parcimonie afin que son bébé ne manque de rien !
Dans la salle de bain elle avait pu placer une lingère avec un miroir, elle s'y regarda très fréquemment d'un coté puis de l'autre, caressa son ventre! Tapotant légèrement à gauche...à droite...puis se mit à caresser ce qui lui semblait être la tête...ou une main...ou un petit pied!...
C'était devenu un jeu : à deviner...c'était sa manière de dire bonjour à son bébé!

Sa joie était à son comble, elle avait l'impression qu'elle était communicative, bébé lui donnait l'impression de danser avec elle...de gambader et de tambouriner sur la paroi de son ventre arrondi!
Encore quatre mois et demie d'attente, mais depuis la semaine dernière plus rien n'était pareil : les premiers chatouillements qu'Andy pensaient être des gargouillements digestifs ...c'était bébé qui commençait à lui dire qu'il était bien là et de préférence, la nuit!

Ce qui au départ était un accident était devenu sa vraie raison de vivre!

Elle s'allongea sur son divan, ferma les yeux et pensa à sa rencontre avec le père. Elle qui avait crût qu'il l'aimait autant qu'elle l'aimait ?

Il avait simplement profité de sa naïveté...l'entraînant dans un guet-apens, la basculant sur le banc afin qu'elle perdit l'équilibre, il lui mit la main sur la bouche afin qu'elle ne crie pas, tout en se débattant...sans aucune préparation...aucune parole échangée...simplement abuser d'elle...la violer!
Le retour à pieds nus! En se débattant elle avait perdu son unique paires de chaussures! Elle ne ferma pas l'úil de la nuit! Non, ce n'était pas un cauchemar, ni un rêve éveillé, c'était réellement arrivé!

Il lui arrivait fréquemment de ressentir des émotions fortes, d'avoir des envies de pleurer pour un rien! Elle ne savait pas toujours si c'était des larmes de joie ou de tristesse mais elle ne fit rien pour les retenir!
Etait-ce l'état de toutes les futures mamans?
Elle ne le savait pas et était encore trop pudique pour poser ce genre de question! A qui aurait-elle pu la poser? Sa mère? Inexistante dans sa vie?
Sa grand-mère...elles n'avaient jamais abordé ce sujet, elle était limitée et encore plus pudique ! En ce temps là, on ne parlait pas de ces choses là... chez ces gens là!

La solitude lui était devenue pesante. Peut-être aussi parce qu'elle ni personne ne l'attendait! A nouveau sa prise de conscience de la solitude ressurgit. Les fantômes du passé allaient-ils à nouveau revenir l'empêcher de dormir?
Elle se réveilla et se rendormi assez vite! Bébé lui lança quelques petits coups de pieds...comme s'il la prévenait régulièrement :

- Je suis là moi, tu n'est pas toute seule!

Cette nuit elle rêvait, tantôt elle voyait un petit garçon aux cheveux bruns comme elle, tantôt une petite fille ! Serait-elle aussi jolie que sa maman? Elle avait l'impression de faire une photo imaginaire, tantôt l'une tantôt l'autre ! Ce n'était qu'un rêve...mais elle était déjà impatiente de voir comment il ou elle serait? A qui ressemblerait Ė t-il? Ou elle?

A d'autres moments, elle s'éveillait angoissée...peur que son bébé ait le regard du père...au moment où elle s'était débattue...cette image l'obsédait de temps à autre! Elle craignait que la ressemblance l'empêcherait d'aimer l'enfant tel qu'il serait? Comment en être sûre? Cette question la taraudait fréquemment!

Pour s'en dissuader, elle se leva et retrouva deux photos de sa petite enfance pour se rassurer! Ensuite, elle pu se rendormir paisiblement.

Elle se leva de très bonne heure ce matin là pour reprendre son service. Dès qu'elle fût vêtue de blanc, il était certain que l'on pouvait commencer à voir qu'elle était enceinte! D'ailleurs, sur son passage, les collègues d'autres étages...murmuraient en silence...t'as vu?
Andy n'en avait cure!
Dès son arrivée dans le service ce matin là, la chef de service l'appela! Elle la suivit...que pouvait-elle bien avoir à lui dire? Sans aucun ménagement elle l'interpella sur un ton désagréable :

- En tant que fille mère, Andy, nous ne pouvons pas te garder à l'école d'infirmières, nous allons te conduire dans une maison pour jeunes filles dans ton état! Elle la regarda médusée, consternée et répondit :
- J'ai tout fait pour garder cet enfant, de peur qu'on me fasse avorter et maintenant vous voulez vous débarrasser de moi?
- Toutes celles qui ont avorté ici, marchent la tête droite et se permettent de me toiser?
Devrais-je avoir honte d'avoir gardé mon enfant?
- Bravo, belle mentalité pour une clinique catholique!

Andy était en colère! Sa chef tenta de la calmer, rien n'y fit! Perplexe et décontenancée, elle resta clouée devant la forte personnalité d'Andy! Elle la compara en pensée à une louve, protégeant son petit!
- Elle finit par lui demander : qu'est ce que toi tu désires?
- Moi, je veux continuer mon travail et mes études à temps partiel... j'accouche en juillet puisque j'aurai passé mes examens en juin et j'aurai mon diplôme d'infirmière hospitalière!
Je serai capable d'être autonome et indépendante avec mon bébé!...

Consternée, elle n'eut même pas l'occasion de lui expliquer comment c'était arrivé!
Andy avait fauté...les mauvaises langues!
Andy fut appelé chez le chef du personnel, elle put reprendre son service à temps plein et elle avait obtenu une prime pour payer la garde de son futur enfant pendant ses heures de service après la naissance.
Sa plus grande déception, l'école d'infirmière avait émit son veto : fille mère, elle fut exclue des cours, nous étions en mars, c'était tout simplement scandaleux!
Oui cela existait autrefois !

Par contre...c'était accepté et connu de tous de voir des filles de bonnes familles aisées prendre l'avion le vendredi après-midi pour la Suisse et reprendre les cours le lundi matin!
Comme si de rien n'était!

C'est donc à regret qu'Andy devait quitter l'école d'infirmières à trois mois de l'obtention de son diplôme!
Elle à continué à bosser jusqu'au dernier jour de l'accouchement...elle a quitté le service à 16h et à 17h15...elle était en salle d'accouchement!
Au petit matin à 01h20, naissait sa petite fille!
Le travail fut long...mais Andy était fière d'être devenue maman!
Elle sanglota dès qu'on eut déposé sa fille dans ses bras...non pas de tristesse...elle fut soulagée, le premier regard ne fut le bonheur! Elle ne reconnut ni ne voyait les yeux du père, elle se sentait soulagée et heureuse!...

Andy avait été très déçue par sa chef de service, même qu'elle l'eut assistée à son accouchement!
Elle l'appréciait, l'aimait, mais la déception fut trop forte.
Elle lui en voulu tellement ...à trois mois de son diplôme...Impardonnable pour elle! A tel point qu'après la fin de son congé de maternité, elle demanda à changer de service!

Elle avait appris de source sure que la clinique allait prochainement ouvrir un service d'urgences! Elle posa sa candidature, le chirurgien en chef de la clinique qui avait beaucoup d'estime pour elle accepta immédiatement et il en fut même très heureux!
Elle eut l'occasion de l'inaugurer de démontrer ses capacités d'organisation et son efficacité dans des situations graves, urgentes et très difficiles!
Son salaire fut augmenté, ce qui n'était pas négligeable, seule avec un enfant! Elle redevenait épanouie et semblait heureuse!
Pour le Tribunal de la Protection de la Jeunesse, Andy avait le droit d'être tutrice légale de sa fille, le Juge considéra qu'elle avait la maturité d'assumer un enfant!
Elle était encore mineure, elle dû choisir un subrogé tuteur, qui devint le parrain de sa fille qui était chirurgien dans la clinique où elle travaillait. Il avait déjà quatre garçons et pas encore de fille.
C'est là que les vautours se mirent à l'entourer et à l'encenser!
Ils auraient bien tentés d'adopter sa fille!
Plutôt mourir! Jamais!

Andy se sentait protégé par le Juge, avec lequel elle s'entendait très bien, elle prit contact avec lui pour lui relater son inquiétude.
Il l'a soutenu jusqu'au bout! Il l'émancipa et elle devint la seule responsable de sa petite fille!

A revoir cette réalité aujourd'hui, pouvons-nous croire que cela a pu exister?

Andy travailla sans relâche elle ne put bien sur jamais reprendre ses études.
S'occupant tout son temps libre de sa fille,..elle sortant occasionnellement avec sa meilleure amie.

Arriva ce qui devait arriver! Elle rencontra un beau jeune homme de son âge! Ils discutèrent et firent connaissance! Il l'invita le samedi suivant, elle lui répondit ne pas être libre parce qu'elle avait une petite fille !

Méfiante, elle s'assura qu'il soit sérieux mais c'était lui qui était tombé amoureux fou d'elle.
Il avait d'ailleurs prit l'habitude de venir régulièrement frapper à la vitre des urgences à l'occasion venir lui voler un petit baiser pendant ses heures de services...en cachette!
Il voulait absolument rencontrer sa fille! Andy, très prudente refusa dans un premier temps, sa fille avait déjà plus de deux ans, il n'était pas question qu'elle voit défiler de futurs papas potentiels...que de passage !
De cela, il n'en était pas question elle avait des principes, oui! C'était son droit!

Après quelques semaines Andy s'accorda une sortie avec sa fille en présence de son amoureux, ce fût une superbe rencontre!
Il était fou de joie de rencontrer cette jolie petite fille qui le lui rendit avec ravissement!
Quatre mois après...elle portait son nom...
Maman et Papa se marièrent le mois suivant...construisirent une belle famille! Un an et demi après naissait sa petite súur ! Quatre ans plus tard, son petit frère !
Nous avons formé une famille heureuse et unie !

Ce n'était pas un conte de fée, mais LA réalité d'une très jeune fille qui s'est battue pour garder son enfant et qui tenta de réussir sa vie le mieux possible!
Sa petite fille a aujourd'hui quarante quatre ans!
Le plus beau cadeau de sa vie!
N'allez pas croire, qu'elle aimait moins ses autres enfants nés par la suite, non! Ils appartiennent aux deux parents!


 Chouette 06 janvier 2010 à 20:31 Envoie un message √† Chouette Voir le profil de Chouette
A l'aube le brouillard se lève...le soleil se lève à l'est!


LES SOUVENIRS QUI NOUS FONT RENAITRE...

Par l'écriture...mettre des mots sur les souvenirs les plus douloureux, les plus beaux mais tous refoulés, tapis au fond de nous...ils nous parlent mais nous ne les écoutons pas, nous ne savons pas comment les lire!...

Que ce soit par la verbalisation où par l'écriture les souvenirs...tous ont leur importance!

L'écriture m'a fait prendre conscience que je me suis réappropriée ma vie...cet acte à été tel un nettoyage complet de mon disque dur cérébral! Je l'ai débarrassé de toutes ses couches de poussières accumulées pendant tant d'années...

Nos souvenirs sont notre fondement, ils décident de nos choix et influencent notre destinée.

Les souvenirs restent gravés en nous par la force de nos émotions accumulées qui s'inscrivent sur le disque dur de notre mémoire...L'inconscient a un ascenseur très insidieux et efficace!

Les souvenirs nous délivrent, lorsqu'ils font tout à coup surface...c'est qu'il est temps de les écouter...prendre le temps de se poser...de se les remémorer...Cela ne sert jamais de les repousser!...

Les mots, qu'ils soient dits, écrits où chantés...quels que soient les modes d'expressions...les souvenirs nous donnent des énergies nouvelles...celles qui étaient cachées...celles qui n'avaient jamais été révélées avant la prise de conscience de leur importance!...

Ces souvenirs retrouvés au lieu de les refouler... il faut juste apprendre à leur donner un sens!

Depuis que j'ai pris le temps de déposer mon sac à dos remplis de gros pavés...je sens que je suis devenue légère...

Aujourd'hui c'est avec un sac à dos de mots légers qui ne pèse pas...je cultive mon jardin de lettres les unes derrières les autres jusqu'à la musicalité des mots que je vous ai distillés à petites doses au gré de mes inspirations jusqu'à aujourd'hui!

Des mots tantôt légers...occasionnellement graves...mais toujours avec l'optimisme et l'espoir à l'horizon de chaque texte...je crois...

Maintenant, sereine et renaissante...j'aimerais trouver la force des mots puissants et magiques qui fleurissent tels des roses...même en hiver!

FIN!





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Un Retour au Pays de l'Enfance est classée dans le genre Aventure.

Commencée par Chouette,
le 06 septembre 2009. L'histoire est composée de 16 participations.

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